‹ Lettres des Bénédictins de la Congrégation de St-MaurChapitre 132 sur 197 · BERNARDET · texte numérisé non relu

BERNARDET

prieur de Vilbelfol.

A Blois, le 6« may lyjg.

A Blois, le 7 aoust ijjg.

Monseigneur.

J'ay eu l'honneur de marquer à votre Grandeur, que M*^ Audonneau ayant questioné la Mercier pour ses règles, il avoit dit que ce qui luy étoit arrivé étoit suffisant pour opérer sa guérison. C'est elle qui me l'a dit dans les commencements. Je ne luy en ay pas parlé depuis, parceque c'est une femme agguerrie par le parti et qui nie tout ce qui luy paroit défavorable. Vous verres. Monseigneur, son caractère dans les apostilles que j'ay mises aux marges de l'ouvrage que je vous enverray par un voiturier, la semaine

prochaine. M^ le Doyen a pour témoins de ceque vous avancés sur son compte mgr Tévéque, m** de Bouville» lieutenant criminel, Madame d'Amboise, mère du prélat, et m^ de Launoy, chantre en dignité, qui, quoique ami abusé par le Doyen et dévoué à fn^ Paris, m'a avoué luy avoir entendu dire ceque vous avancés, et où me Ta-t-il avoué? à l'hôpital, en descendant un jour l'escalier du bureau, il y a près d'un an. Comme ces m" ne se font point de scrupule de mentir, je doute qu'il continue à faire cet aveu. Dans la lettre que vous avés lue du Doyen, je n'y trouve de vray que l'aveu qu'il fait, qu'il a la vue basse, qu'il n'a pu remarquer si le tein de la Mercier étoit livide, qu'il n'a jamais lu vos lettres, et qu'il est certain que les forces sont revenues à cette femme. Successivem[en]t tout le reste est faux. Ayant la vue basse au point de ne pouvoir distinguer en plein jour la couleur du visage de la Mercier, quoique très près d'elle, comment a-t-il pu, de la chambre où il étoit, voir à travers une fenestre fermée à double vitre et au travers un mur, si cette femme étoit soutenue par quelqu'un ou non? Les plus clairs voyants n'auroient pas pu l'appercevoir. On luy démontrera la fausseté de cequ'il avance, par les personnes mêmes qui la conduisirent; l'une s'appelle la Bourreau, l'autre Marie Dorçau. La Mercier elle même m'assura ce jour, que cette marche l'avoit beaucoup fatigué.

La Mercier, dans le commencem[en]t de son arrivée à l'hôpital, me dit qu'elle n'avoit eu la i'^ année de sa maladie ses règles que 2 ou 3 fois. Cela est avoué par les certificats imprimés, et après, elle n'eut plus rien. Aussi la maladie augmenta successivem[en]t. Cette femme m'a encore avoué qu'avant sa maladie il y avoit

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du tems qu'il ne paroissoit rien. Les douleurs redoublées un jour ou deux avant le commencem[en]t de la guérison n'étoient autre chose que Teffervessence du sang en mouvement, qui produisit pour lors l'évacuation, légère, *on le veut, mais suffisante pour faire cesser la convulsion tonique des membres. On ne s'en apperçu[t) que le 15, au soir, en la changeant, et non dans le transport de son lit à un autre. La pudeur, y ayant un homme, empéchoit qu'on ne s'en apperçû[t], et Ton ne pu [sic] s'en appercevoir plutost, puisqu'on n'y avoit pas regardé plutost. Ainsi on avance mal apropos que c'étoit là l'effet et non la cause de la guérison. Ces évacuations dans le sexe sont toujours causées par de grandes douleurs; à plus forte raison dévoient elles être grandes dans une personne affligée comme la Mercier, et quand on allègue que ce redoublem[en}t de douleurs arrivoit de tems en tems, on le veut, mais c'étoit un effort que faisoit la nature qui à chaque fois n'alloit qu'à un certain point, soit par son peu de force de luy même, soit par quelqu'obstacle qui a été à la fin moins grand. La nature est si bisarre dans ses opérations, que les plus habiles gens n'y connoissent rien, et elle même opère plus de guérisons que l'art.

Tous les médecins du Monde diront, comme m'» Renaume, Bailli et du Moulin, que la maladie de la Mercier, telle qu'on leur en a fait le récit, est incurable. En effet, un bras déséché, un oeil pourri ne peuvent être rétablis par la nature. Il faut du surnaturel pour cela. Nous voions des certificats où l'on trouve ces* exagérations, ainsique beaucoup d'autres. Les premiers qui ont été donnés, sont moins exagérés, et ils énoncent seulem[en]t »que l'oeil droit étoit tourné en haut sous la prunelle, qu'on n'en

voioit que le blanc et les filamens rouges, que les bras et les jambes, étoient roides et sans mouvement*.

A l'égard de l'orteil, vous verres. Monseigneur, dans la page Xlll des pièces justificatives, que cet orteil étoit blessé, qu'il faisoit grand mal à la Mercier, que ce que la certificatrice appelle calus, terme qui luy a été suggéré, n'étoit autre chose qu'une enflure dure, ordinaire après de pareils maux, laquelle enflure tenoit l'orteil roide et un peu courbé. La Mercier tomba malade un peu après; cet orteil demeura, par la contraction des nerfs, courbé comme il l'étoit; pendant 4 ans, l'humeur qui causoit l'enflure appellée faussem[en]t calus a eu le tems de se dissiper.

Les 3 ou 4 autres miracles sont de pures sottises. Le couroux de cet homme en question pouvoit bien être un jeu, la maladie peu de chose. Il se trouva mieux, dit on, au bout des 3 jours de neuvaines; cependant, il remit à venir remercier la Mercier jusqu'à ce qu'il fût mieux rétabli. Le mal au sein est exagéré: cette femme ayant un gros corps de baleine qui peut à peine plier, para le coup de la chaise et empêcha le pommeau de la chaise de porter contre, en sorte qu'il n'y eut aucune cicatrice ny meurtrissure. Cette femme, qui ne chercha pas qu'à faire paroitre des merveilles, en effet saisit l'occasion de cet événem[en]t. Elle avoue pourtant que toute la nuit elle souffrit beaucoup malgré le remède à miracle, et qu'elle se trouva guérie le lendemain. Cette maladie est tout d'un coup qualifiée comme, vous Tavés vu, de cancer.

A l'égard des 9 dents, j'ay eu l'honneur de marquer à votre Grandeur cequi en étoit et que c'étoit des dents des coins, que ces sortes de dents reviennent à bien

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du monde, que ces dents là ont été long tems à se former, suivant son témoignage même qu'elles luy ont fait grand mal. Ce qu'on m'attribue là dessus est une pure calomnie. Il luy en manque encore quelques unes qui ne poussent point, et je ne sçay s'il est vray que les autres soient venues, comme on le dit. Quand cela seroit, il n'y a rien de là d'extraordinaire. La femme du s^ Guenois, no[tai]re à Blois, m'a assuré en avoir eu 4 à 36 ans, Madame D'Amboise m'a aussi assuré, qu'un de ses parents à ;o ans en avoit eu plus de 10. J'en citerois sans nombre. Vous [pouvez] compter, Monseigneur, sur l'exactitude de mon 1^^ mémoire: quelque critique qu'on en fasse, il n'en est pas moins vray, car j'ay eu bien soin de ne rien dire de mon propre fond ny sur des bruits incertains.

En examinant attentivem[en]t les productions, tant anciennes que nouvelles, de ce pr. M., on trouvera avoué presque tout ce que j'avance. L'Extrait de la lettre qu'on cite de moy est infidel, les réponces aux interrogatoires du s^Selleron fabriquées par luy même, le certificat d'Amiot signé de luy, à la vérité, sans qu'il aye lu ny entendu cequ'on luy a fait signer. C'est un homme qui n'avoit pas de raison pour lors, qui pour une pièce de 6 liards a signé et signera tout ce qu'on voudra. Marie Lidoreau déclare qu'on l'a surprise et qu'elle a signé sans savoir de quoy il s'agissoit, qu'elle avoit fait depuis son possible pour retirer son certificat, après avoir pris conseil du Doyen, son directeur, qui entretient cette fille dans le culte Pariste. Comme je n'ay vu qu'en courant le dernier imprimé dont votre grandeur me parle, et qu'il ne m'est pas possible de me ressouvenir de bien des choses, sur lesquelles les éclaircissements pourroient être utiles.

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je VOUS prie, Monseigneur, de faire en sorte de me faire tenir cet ouvrage, si vous le pouvés. Je le renverray à Paris ou le payeray. Je n'en ay cependant besoin que pour vous être utile, autrement je m'en passeray. Je suis, [etc.].

BERNARDET, prieur de Vilbelfol.

A Blois, le 7 aoust 1739.

Monseigneur.

Ma réponce à celle que votre Grandeur m'a fait l'honneur de m'écrire auroit été plus prompte sans les nouvelles circonstances suivantes, dont je voulois vous faire part après les avoir pezésavec toute l'attention possible.

Pour reprendre les choses de loing, il est à remarquer que la pr[étendue] miraculée est arrivé [sic] à l'hôpital de Blois le 9 9bre 1757, qu'elle avoit pour lors une mine qui me fesoit croire, et à bien des gens, que cette femme seroit incommodée le reste de ses jours. Cependant, les forces sont revenues peu à peu, le teint et l'embonpoint aussi; cependant, vers la fin de janvier 1735, elle commença à dire, qu'il avoit plus de 2 mois qu'elle ne dormoit ny jour ny nuit, que c'étoit à cause qu'elle avoit cessé de dire que sa guérison venoit de l'invocation du Bienh[eureux] m*" Paris, qu'elle voioit bien qu'elle avoit tort, que

dorénavant elle ne cesseroit de le prier, etc. Depuis ce changem[en]t, elle a dormi par la suitte tranquille* m[en]t; à l'entendre dire cependant, elle souffroit après beaucoup, pendant 4 semaines et plus, que ses nouvelles dents commencèrent à pousser. Vers le mois d'aoust suivant, on s'est apperçu que son embonpoint commençoit à diminuer, cequi a continué jusqu'à présent. Le dégoût s'en est mêlé si fort qu'au mois d'avril de la présente année elle ne pouvoit presque plus manger de viande; au mois de juin suivant elle n'a plus voulu manger. La mauvaise mine faisoit craindre le retour de sa maladie. C'est peut être cette raison qui avoit engagé ses amis à tenter son enlèvem[en]t de l'hôpital, dont le jour fut assigné au 16 juillet dernier, après avoir fait prendre ci devant tout son équipage. Ce jour là, 16, à $ h. du matin, pendant ma messe, elle sortit déguisée avec la cappe et les coiffures de la Seilleron, si renommée par ses certificats. Le portier l'ayant apperçue dans la rue entrer chez Bourgeon, boulanger, pour s'ajuster, couru [sic] après, la fit rentrer. La cappe et les coiffures sont restées en dépost à l'hôpital ; la marque de la Seilleron y est. Cette fugitive tomba malade le lendemain. La maladie se déclara par un grand mal de tête et des vomissements; les nerfs et les muscles du cou, de la mâchoire, des oreilles devinrent gonflés en sorte qu'on n'y pouvoit toucher sans la faire crier. Elle devint après sourde pendant 2 jours, se troubla aussi en sorte qu'elle ne connoissoit pas le monde. Elle fut saignée dès le sammedi 1 8 du pied ; la saignée fit assez bien. Mais elle ne pouvoit, à cause de la contraction des nerfs, avaler ny eau ny bouillon, et elle a été trois jours sans rien prendre, jusqu'au lundi 20, après midi.

Ce jour là, elle eut une convulsion des nerfs terrible, les mâchoires se serroient si fort qu'on ne pu [sic] jamais les deserrer avec une cuillère d'argent. Cette convulsion dura environ 3 h., après quoy elle ouvrit la bouche, jetta du sang caillé et prit après quelque bouillon, ce qu'eHe a continué de faire, cependant avec de grands efforts, pendant dix ou 12 jours. La saignée du pied, du bras, les emplâtres vésicatoires ont été employés tout apropos, mais il n'y a eu que le mal de tête qui aye diminué. La surdité est toujours entière; l'épine du dos luy fait grand mal. La malade ne laisse pas de marcher, quoique depuis 7 jours il ne luy soit rien entré, à ce que l'on croit, dans le corps, qu'une livre de lard qu'elle a fait fondre par petits morceaux dans sa bouche, ne pouvant avaler autre chose. Aujourd'huy, 7 aoust, elle a commencé à prendre du lait, de la bouillie, des échaudées, du biscuit, après avoir jette du pus sorti de la poitrine. Ce qu'on remarque en cette femme, c'est qu'il n'y a point de fièvre; elle soutient, elle, le contraire. Elle souffre des picotem[en]ts dans toutes les parties intérieures dn corps. Une cuisse luy faisoit hyer grand mal. On ne sauroit luy toucher tout le long de l'épine du dos, aux muscles et aux nerfs du cou, de la mâchoire et le long des oreilles sans la faire crier. Cependant, on ne voit aucune enflure, excepté à la langue, qui depuis 5 jours ne l'est plus tant qu'elle l'a été après les i«" jours de la maladie. Elle dit qu'elle s'est trouvé plusieurs fois dans cet état pendant sa grande maladie, que cela duroit des 5 jours, des 15 jours. Elle dit qu'elle éprouve à présent, de tems à autres, dans ses jambes et ses cuisses, des fourmillements (ce sont ses termes) froids comme glace, et qu'ensuite la chaleur revient à

peu près comme il arrive lors qu'on a la jambe engourdie. Voilà, Monseigneur, ceque jay cru devoir vous marquer, pour que le public soit instruit que cette femme n'a jamais été guérie radiciailem[en]t , que le principe de la i^ maladie subsiste toujours. Cest un acide qui attaque le genre nerveux et qui pourra bien réduire le sujet au même état où elle a déjà été; car on remarque tous les jours qu'il y a du progrès dans les simptomes. M*" Éméri, médecin habile de cet hôpital et de l'hôtel Dieu, qui traitte cette femme, prétend [que] sa maladie actuelle vient du même principe que l'autre, qu'il est accoutumé, depuis 50 ans qu'il exerce la médecine, de voir de ces sortes de maladies, qu'il en a traitté de plus terribles qui ont été guéries, non par les remèdes dont on usoit, mais par la nature seule. Il m'a promis de m en donner une liste, si je le souhaitte. 11 a vu le procès verbal de la maladie et guérison, tel qu'il fut dressé le 27 &^" 1737 devant Gaillard. Il n'y trouve rien que de commun. A l'égard de la fièvre, il prétend que c'est une fausseté et que c'est un défaut de lumière dans ceux qui ont dressé l'acte, faute d'être au fait de la médecine. Il prétend que l'évacuation dont on apperçut les indices le 15 S^^ étoit suffisante pour opérer la guérison, et que même la nature pouvoit encore l'opérer sans cela^ attendu que l'intérieur du corps étoit bon et qu'il n y avoit que les muscles et les nerfs extérieurs d'at* taqués. Voilà un petit mémoire écrit de sa main, où il y a quelques guérisons extraordinaires. Il m'en a nommé bien d'autres d'actuellem[en]t vivants, cequi fait voir l'imposture de celle qu'il certifie, qu'il publie partout qu'il n'a jamais dit ceque je luy ay fait dire

dans une lettre. II m'a assuré n'avoir parlé à cette fille depuis plus de 6 ans.

J'auray soin d'être exact à informer votre Grandeur de cequi me paroitra mériter quelque attention. Je prie le Seigneur de bénir votre zèle pour sa gloire et de vous donner toutes les lumières nécessaires pour deffendre son église. Je suis, [etc.].

BERNARDET, prieur de Vilbelfol.

Monseigneur.

N ayant pas voulu me servir du carosse de Blois, crainte des suites de la curiosité, et mon voiturier n étant parti que ce matin pour Paris, où il arrivera mardi 2; à 4^ après midi, je n'ay pu vous faire tenir plutost l'ouvrage que votre grandeur m'a demandé. Mgr notre évéque ne vous aura pas, sans doute, fait encore réponce. C'est M' Éméri, médecin, qui est la cause de ce retardem[en]t. Ce m' s'est chargé de donner un sistème de la maladie de la pr. M. et de faire voir, que sans évacuation la guérison pouvoit s'opérer. Ses grandes occupations et son grand âge ne luy ont pas encore permis d'exécuter sa parole. Je le vis hyer; il me dit qu'il reviendroit aujourd'huy .me voir et m'apporteroit son ouvrage, auquel il ne manquoit plus que l'état de la maladie actuelle de cette femme, qui a commencé le 17 de juillet dernier et continue. Il y a

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aujourd'huy 4 jours qu'il ne luy est rien entré dans le corps, et cependant elle marche aujourd'huy sans le secour de personne, quoiqu'elle aye dû être très fatiguée d'un voiage de 15 lieues qu'elle a fait pour voir sa mère, par le moien d'une charette. Voicy comment, le 20 de ce mois, la voyant à dix henres du matin plus mal qu'à l'ordinaire, par une enflure considérable survenue à l'estomach et par la difficulté de pouvoir avaler même de l'eau, je me servis de toute mon éloquence pour la ramener à la soumission de l'église et pour luy persuader qu'elle devoit abandonner un culte reprouvé par notre s^ père le pape et par tout le corps des pasteurs auxquels elle devoit l'obéissance, comme dépositaires de l'authorité de J. C, etc. Mes efforts devenus inutils, et craignant un vacarme dans cette ville par sa mort qui me paroissoit prochaine, sur le désir qu'elle me témoigna de vouloir voir sa mère, je fis sur le champ équiper une charrette couverte et facilitay son évasion sans qu'on apperçu [sic] rien, ny en ville ny à l'hôpital. Le dessein fut pris et exécuté en moins d'une heure. Je m'attendois par là à être délivré d'un grand embarras, espérant qu elle ne seroit pas en état de revenir et qu'elle mourroit avant qu'il fût 4 jours. Quand mon coup fut fait, je fus voir m^ De Blois à sa campagne, qui fut fort chagrin de cette nouvelle. Je repartis sur le champ et renvoiay après la voiture, qui étoit prête d'entrer à Moisi, et la femme a été ramenée hyer à 8** du soir. Voilà ceque j'avois fait pour un bien qui auroit épargné bien des scènes, qui arriveront infalliblem[en]t, car on n'administrera point à cette femme les sacrements. M*^ de Blois, pour se tirer d'affaire, n'agira pas conséquem- ]m]ent pour la sépulture ecclésiastique, que je compte

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refuser. Bien d'autres ecclésiastiques feront de même et n'obéiront pas. Il faudra s'addresser à des I[ansénistes]. Tout ce train auroit été évité si elle étoit morte à la campagne» surtout à Moisi. La cour n'auroit certainement pas désapprouvé cette démarche. Il auroit bien mieux valu laisser cette femme dans son pays que de la mettre dans un hôpital comme celuy cy, qui ne ferme point et où il n'y a point de lieu pour enfermer personne, parceque ce ne sont que de vielles maisons jointes ensemble.

Notre médecin vient enfin de me remettre sa lettre à mgr notre évéque, contenant 3 bonnes pages. Si le tems de la poste ne me pressoit, je la copierois pour en instruire votre Grandeur. L'évacuation, suivant luy, n'étoit point nécessaire pour la guérison, et il fait voir de quelle manière .elle a pu s'opérer suivant les principes de l'art. Une religieuse, actuellem[en]t vivante à Blois, a été, à ce qu'il dit, 7 ans cataleptique; elle est guérie très promptement sans remède.

Je vous prie. Monseigneur, de ne faire usage de certains faits que j'avance dans les apostilles de l'ouvrage que je vous envoie qu'avec précaution, parceque, parlant sur des ouis dire, cela pourroit engager dans des discutions sans fin.

J'ay l'honneur, [etc.].

BERNARDET, prieur de Vilbelfol.

A Blois 22 aoust 1739.

Si j'avois vu cequi est dit de ce pr. mir. dans la 20. lettre, avant l'impression, j'aurois fait remarquer l'inconvénient qui en devoit résulter. Il seroit bon que je visse l'énoncé des faits de la réplique avant

l'impression, crainte de fournir encore matière à des discussions. Les certificats et autres pièces justificatives des 2 ouvrages méritent d'être examinés attentivem(en]t pour faire sentir le mensonge, l'exagération et l'omission des circonstances desfavorables à la merveille. Pour les Réflexions Théologiques, on n'en dit rien. On voit ce qu'il y a à répondre. Le curé deSemerville est un élève du s' Gautier Doyen, il est fils d'un paysan; c'est un jeune homme rempli d'orgueil, anthousiasmé à un tel point qu'il a la cervelle renversée à demi, et bien aux 3 quarts.

C'est trop s'avancer que de dire: »sans évacuation le miracle paroit certain «. Le Doyen ne questiona point la Mercier, ne «l'entretint pointe; il fut simple spectateur et auditeur des questions de m' de Blois et des réponses de la dite femme, et au sortir de l'hôpital, étant monté dans le carrosse de m*^ de Blois, il dit qu'il n'y avoit point là de miracle, qu'il falloit être bien crédule, etc. M' Delannoy, son ami, qui se laisse conduire, m'a dit l'avoir entendu de ses propres oreilles. Il y a apparence qu'il niera le fait, tant il est vray que Nemo jansenistd rtiendacior ; jura, perjura, secretum prodere noli est une leçon que le parti sçait bien faire valoir.

W rév[cque] de Bethléem, i l'abbaye de S» Germain à Paris.

J'ay été bien long tems, monseigneur, à répondre à la lettre que vous m'avés fait l'honneur de m'écrire.

CRUSSOL A LA TASTE ÏZZy

Deux raisons m'en ont empêché: \e voulois avoir une lettre de m"^ Hémerjs médecin de l'hôpital, qui me confirmât que la famme de Moisy retomboit dans le même estât où elle étoit avant sa prétendue guérison miraculeuse, ainsi que me Tavoit dit le chirurgien de l'hôpital, laquelle lettre je n'ay pu avoir que depuis deux jours; vous examinerés l'usage que vous en pouvés faire.

La seconde raison étoit bien meilleure: j'espérois que cette famme retomberoit antièrement dans la même estât où elle étoit, et quoi qu'on en dise, je suis persuadé qu'elle y reviendra tôt ou tard, ce qui seroit la preuve la plus complète qu'on peut donner. Le s' Bernarnet [sic] a pensé détruire toutes mes espérances de ce costé là, par un trait qui n'a point d'exemple. Jeudi passé il prit la résolution de la renvoyer à Moisy. Voisi la raison qui le détermina à prendre ce parti: le chirurgien luy dit, que cette famme risquoit de mourir dans peu de jours; l'incertitude où il étoit de la conduite qu'il tiendroit avec elle pour la confession et les sacrements, luy tourna la tête; il crut qu'il n'y avoit qu'à la renvojer [sic] ; charmé d'avoir trouvé cet espédient, il le mist en exécution le matin, et veint m'en faire part à 5 heures du soir. Après luy avoir dit ce que je pensois de cette conduite, je luy ordonnois de partir sur le champ pour l'aller faire revenir; et le momant d'après son départ, ne crojant[sic] pas devoir m'an raporter à luy, j'envojé [sic] avertir le subdélégué, afin qu'il anvojât [sic] un archer pour la ramener^ et un chirurgien afin qu'il décidât, si l'on pouvoit sans préjudicier à sa santé la ramener à l'hôpital, où elle arriva le vandredi au soir. Ce vojage [sic] luy a fait du bien; elle s'en porte un peu mieus, ce qui ne

m'enpêche pas de croire qu'elle ne retombe ou ne meure incessamment. Le parti ne manquera pas d'attribuer l'un ou l'autre au vojage[sic]. II en sera ce qu'il pourra.

Je n'ay jamais pu voir un d[emi]er écrit qu'on a débité, dans lequel on a inséré une lettre du dojen [sic], dans laquelle il dit n'avoir jamais rien avancé contre le miracle, de la façon dont vous l'avés mis dans votre lettre. Il peut dire, que ce n'est point de cette façon, car efectivement il ne dit rien à l'hôpital. C'est à moy à qui il dit, estant dans mon carosse avec m' de Lanoy, chantre, qu'après avoir vu cette famme il faudroit être bien crédule pour panser qu'il peut y avoir rien de merveilleus dans sa guérison, discours que je répétai à mon arrivée à l'évéché à plusieurs personnes que je trouvai avec ma mère. Vous pouvés mettre dans votre lettre, que c'est moy qui vous l'ai dit et que la chose est notoire à Blois. Le p. Bemardet, le prieur de Villebelfol, vous aura écrit sur tout le reste. Ne le crojés[sic] que sur ce qu'il aura vu, car pour les discours qu'il peut faire tenir aux uns et aux autres, je crois qu'on asarderoit quelque chose à partir de là. Sur les faits de l'évacuation qui a présédé son soulagement, elle me l'a avouée à moy même en présance du bureau de l'hôpital; après me l'avoir niée, je luy dis qu'elle mantoit, puisqu'elle l'avoit déjà avoué à l'ancien curé de Romilli, ce qui la détermina à en convenir. Elle m'avoua aussi qu'elle avoit les jambes anflées. Je fus témoin aussi, qu'on fut obligé de l'aider à monter et qu'elle avoit une peine étonante à marcher; elle étoit même entreprise de tous ses membres. Sur toutes ces choses vous pouvés dire les tenir de moy, aussi bien que l'histoire de ses visions. Je croi que

lorsque vous aurés travaillé ce qui regarde cette affaire, vous ferés fort bien de me l'envojer [sic] ; je verai s'il y a quelque chose d'asardé. Les diférentes relations sont quelque fois sujettes d'être augmentées ou diminuées. Ce n'est pourtant que sur ces relations que vous pouvois[sic] écrire. Je m'en étois raporté jusques ici à m*" Bernardet pour ce qui regarde cette affaire; mais son antreprise me fait voir qu il est bon de sçavoir avec luy à quoi s'en tenir. Si vous voulés quelque éclaircissement particulier, vous n'avés qu'à me le demander; je vous répondrai article par article et sur le champ. J'ay Thonneur d'être, [etc.].

FR. DE CRUSSOL, Év. de Blois.

A Blois ce 23 aoust 1739.

Je crois qu'il ne faudroit faire usage que de l'androit de la lettre qui parle de Testât présent. Ce vieux médecin est bon, mais il est bien vieux. Ce qu'il dit pour le présent me paroit bon; je ne comprans rien au reste.

Monseigneur.

Je ne puis rien vous dire sur l'état actuel de la pr. mirac. de Moisi, parcequ'elle s'est évadé [sic] dès le 4 d'octobre dernier^ par les intrigues des personnes de

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son parti. Cela a disposé mgr notre évéque contre tnoy, de façon que nous n'avons plus de relation ensemble et que je ne suis plus à Thôpital de Blois, où le seul amour pour les pauvres m'avoit conduit. Je comptois y finir mes jours à leur service et leur laisser tout ce qui me seroit resté de biens: Mais les persécutions du parti ont fait tourner les choses autrement. Malheureusem[en]t pour la religion et le bien de ce diocèse, Mgr notre évéque joue dans tout cela un roUe qui, avec plusieurs autres circonstances, met tous les esprits en mouvem[en]t» en sorte qu'il n'aurait jamais d'agrément dans ce diocèse si le bon Dieu n'y met la main. Il est parti pour Paris le dernier jour de Tannée. Vous pourrés, Monseigneur, avoir réponce, dans peu, de la lettre que vous luy avés écrite, car il est assez exact de ce côté là, malgré la multiplicité de ses affaires.

Voicy tout ce que je puis vous dire au sujet de la femme de Moisi, depuis le 16 aoust dernier. Ce jour là, m'appercevant que sa maladie devenoit plus sérieuse et que ny moy ny aucun ecclésiastique ne pouvions obtenir l'esprit de soumission, instruit d'ailleurs des cabales de cette ville, au désespoir de me voir harcelé de tous les côtés et d'être en spectacle dans tout le monde par les écrits scandaleux du parti, je fis un coup de tête, sans consulter personne, affin de transporter ailleurs une scène qui n'auroit point eu de suitte, croiant par là faire plaisir à la cour et encor plus à mgr l'évêque. Je sentois bien à quoy je m'exposais de la part de la cour, que j'instruisis à l'instant de mes vues. Je permis donc à cette femme d'aller voir sa mère à Moisi. Je luy fournis même une voiture, et je pris mes mesures, ou pour la faire revenir

BERN-AROET A LA TASTE 2 J i

en cas que mon projet ne fût pas goûté, ou pour la faire enlever par le parti même en cas quelle eust vécu seulem[en]t à Moisi quelques jours. Je fus communiquer au prélat, qui étoit à la campagne, ce que javois fait. Il en fut très fâché, comme il convenoit qu'il le fit paroitre, par rapport à la cour. Cela l'indisposa contre moi, en sorte que j'envoiay sur le champ rechercher cette femme, qui revint le lendemain au soir. Voiant mes nouveaux embarras et la façon dont le prélat prenoit les choses, je luy écrivis qu'il me feroit plaisir de jetter les vues sur quelqu'un pour me remplacer à l'hôpital. Je quittay cette maison le. 12 7^^, prévoiant bien que le prélat ne feroit aucune démarche pour me donner quelque consolation et que d'ailleurs j'aurois bien d'autres assauts à soutenir, si cette femme venoit à s'échapper une j* fois.

Elle sortit efFectivem[en{t pendant mon absence, le 4 8^" suivant, par le moyen d'une clef que la supérieure, par un bon motif, eut la témérité de donner. J'arrivay à Blois 24 *»t«"^«*i après cette sortie. Tout concouroit à persuader, qu'il y avoit de ma part de la connivence. Mgr vint à l'hôpital; il fît assembler le bureau où l'on dressa un procès verbal de l'évasion, après lequel le prélat nous proposa d'expulser la supérieure. Nous fûmes si frappés d'étonnem[en]t, qu'un de nous ne fut pas plutôt de retour chés luy qu'il se mit au lit et est mort 3 semaines après. Pour moy, j'eus encore assez de force pour représenter qu'une demoiselle de 75 ans, qui rend à l'hôpital des services importants depuis 55 ans, qui est de condition et honorée de tout le monde, méritoit qu'on excusât une faute dont la faiblesse de l'âge étoit cause. J'essayay une vivacité qui me fit prendre le parti de silence;

après quoy cependant le prélat prit une voie plus douce, et se contenta d'exiger que la supérieure fût déposée, cequi me fit plaisir, parceque d'un autre côté cela la mettoit à Tabri de plus grand châtiment

Mgr n'avoit que faire de tout ce train là: ce n'étoit point, en un sens, son affaire, mais celle des administrateurs, auxquels cette femme étoit confiée par la lettre de cachet, et non à luy. 11 m'a cru l'autheur de cette évasion. Je n'y ay eu aucune part que d'être bien maltraité, en conséquence d'icelle, par le prélat qui auroit pu s'y prendre autrement. Je suis toujours administrateur, mais j'ay cru qu'il ne me convenoit pas d'en faire les fonctions.

Voilà, Monseigneur, tout ce que je puis vous marquer sur ce qui s'est passé depuis la dernière que j'ay eu l'honneur de vous écrire. La miraculée est à Paris, à ce qu'on dit, peut être pas loin de votre abbaye. 11 en est icy résulté un bien: c'est qu'on n'en parle presque plus, excepté cependant qu'une femme, qui fait des cartes, qui s'appelle Le Blond, vend de ses portraits enluminés; il y en a de plusieurs attitudes, comme de son thaumaturge. Je me feray toujours un véritable plaisir. Monseigneur, de vous donner les lumières sur cette histoire que je pourray avoir. C'est bien de l'honneur pour moy d'être trouvé bon à quelque chose pour la deffence de la Religion, pour laquelle je suis prêt à sacrifier tout. Je ne crains point la dépence à ce sujet: s'il faut faire un voiage à Paris pour vous être utile à quelque chose, je vous prie de me le marquer; j'y seray bien vite. J'ay l'honneur d'être, [etc.].

BERNARDET, prieur de Vilbelfol.

A Blois, le 17 janvier 1740.

p. CRUSSOL A LA TASTE 2)3

[Le commencement manque] des oreilles.

Ainsi l'auteur de la feuille a eu tort de dire qu'il y eût trois choses nécessaires pour qu'elle entendit. Tune desquelles étoit que la sourde eût les yeux fixés sur la bouche de la personne qui luy parloit. Je n'ai aucune connoissance des seignées, médecines, des douleurs de tète, abcèz et autres incommodités, encore moins des trois dents cassées, Je sçay seulement qu'il n'y avoit rien de si aisé que de les casser, car gens, qui ont vu sa bouche depuis la naissance miraculeuse de ses dents, m'ont assuré qu'elle n'avoit jamais eue [sic] que de très mauvais chicots pourris, ce qui me fît penser, qu'il ne devoit point luy être revenu des dents, ainsi qu'on l'avoit proclamé, n'étant point naturel que la nature se fut joué à produire des petits chicots, pourris et noirs. Le curé du fauxbourg de Vienne ne sçauroit passer pour extravaguant que dans l'esprit de l'auteur des nouvelles eclésiastiques. Je crois qu'il s'en console. La veuve Mercier a été effectivement, quelques jours, sans rien prendre. On se contentoit, ainsi qu'elle avoit demandé elle même, de luy donner des petits mourceaux de Ihard extrêmement cuits, qui, se fondant peu à peu dans sa bouche, luy procuroient quelque nourriture. C'est ainsi qu'on la nourrissoient à Moysi dans le tems de sa grande maladie. A l'égard de tous les discours des femmelettes, des prêtres, etc., faisons leur le plaisir de les laisser croire, contentons nous de nous souvenir toujours que c'est la femme au pigon(sic],

à l'inconnu de Nantes, (l'on dit que l'inconnu qui a donné le coup de poind sur la tempe étoit de Nantes), au coup de poind du prieur de Villebellefol, qui parle, ou que l'on fait parler. Le voyage de la veuve à Moysi est véritable; son retour l'est aussi; mais les propos qu'on me fait tenir à ce sujet sont très faux. Je ne voudrois point taxer l'auteur des nouvelles eclésiâstiques de chercher à calomnier atrocement des personnes qui doivent luy être sacrées et respectées, s'il est chrétien, et à vouloir répandre l'odieux sur ce qu'ils font et sur ce qu'ils disent. Il est pourtant notoire à Blois que le chirurgien de l'hôpital fut envoyé pour ramener la chère veuve du parti, avoir soin de sa santé durant le voyage, avec ordre de la faire rester où il la trouveroit, pour peu qu'il jugea que le voyage pourroit l'incommoder, et de rester auprès d'elle jusqu'à ceque elle seroit en état de revenir. La précaution d'envoyer le chirurgien qui avoit acoutumé de la traiter, l'ordre de laisser la malade où on la trouveroit, si on craignoit pour sa santé, n'a rien qni ressemble à celuy de la rammener morte ou vive. On écrit, quelquefois, dans son caracthère, c'est ce qui fait prendre l'échange. Elle arriva à l'hôpital en assez bonne santé, dont je ne fus nullement surpris, ainsi qu'on le prétend. Je ne l'ai pas plus recommandée dans cette occasion, que dans un autre, d'en avoir soin.

C'est à tort qu'on prétend que Mr de Rouillon voulut séduire cette bonne femme, en luy promettant d'avoir soin d'elle, de sa fille et de sa mère. C'est le personnage que le party a fait à son égard, au point qu'on a persuadé à cette bonne femme que des particuliers lui avoient faits des laits [sic] considérables, entrautre d'une bonne métairie dans le Diocèse d'Angers.

C'est elle même qui l'a dit à plusieurs personnes de rhôpital; ainsi nous pouvons espérer que nous la ver-> rons, quelque jour, une grande Dame.

'Il n*y a rien à dire sur ce que, ayant mangé pendant trois jours, après une abstinance totale de neuf;* et ayant pris «de la terre du tombeau de son inter cesseur, elle rendit l'abcèz qu'elle a voit au dessus de la mamelle guauche [sic] , qui s'évacua pendant huict jours. Tout ce que je sçay, c'est que la malade a été très long tems à guérir.

J'admire la simplicité qu'on donne à la pauvre veuve Mercier. Elle n'oze point ouvrir, pour sortir de l'hôpital, un seul verrouil, elle croiroit faire un crime que de contribuer à ^on évasion; tout ce qu'elle put faire est de profitter de la liberté qu'on veut luy donner, et la porte étant ouverte, la captive, bénissant Dieu de sa délivrance, s'échappe, comme un passereau du fiUet des chasseurs.

Qui ne croiroit, à lire cet article des nouvelles, que cette femme respecte assez les loys et les volontés du prince, pour n'oser sortir d'un lieu où elle est par son ordre; si le commencement de la feuille ne nous aprennoit, qu'elle s'est travestie et sauvée dans la première occasion, sans le secours des personnes de l'hôpital; mais ce n'est qu'une bagatelle à la qu'elle il ne faut pas faire attention.

Il y a apparence. Monseigneur, que nous allons être inondés de prodiges. Notre bonne veuve a toutes les maladies qu'elle veut, quelquefois celles qu'elle ne veut pas, et est entre les mains des gens qui luy fourniront de la terre en abondance; elle leur fournira des maladies de même; ainsi, attendons nous à beaucoup de miracles. Elle commence assez bien, à ce

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qu'il me semble; Dieu veuille la conserver long tems dans sa retraite. Je luy souhaitte beaucoup de santé. J'ay l'honneur d'être, [etc.].

FR., év. de Blois.

A Paris, le }• mars 1740.

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