F. GABRIEL FLAMBART, M. B
l'ay encor veu Mgr. Suarez qui m'a dit, aussy bien q[ue] le p. Araido, n'auoir jamais rien veu de ce Raynultius, et qu'il n'en reste aulcun vestige en Auuignon où il est mort.
Relisant vos 2 lettres où vos mettez Devotum scripsit librufmj, ce mot pourroit bien estre celui que j'ay ponctué, et qu'au lieu de ce que j'ay soubçonné estre vn V que ce pourroit estre vn d. Mais come vous dites Vt affirmât Marianus F/or[entinus] , je ne sçay où vous Tauez pris, car il n'est ni dans son histoire ni en son cathalogue, j'entends parler de ce mot deuotum. 11. 2
l8 ANT. ADAM A CL. MARTIN
Je n'ay garde de donner à Mgr. Suarez v(ot]re 2 ** ouurage sur ce différend, car en ayant 3 copies du i*% nous n'en auons aulcune du 2"^.
Au très Révérend Père Dom Claude Martin Asistant du très Rév** P. gén^ de la Congrégation de S» Maur à St Germain des prez
à Paris
Mon très Réuérend Père.
Je croyois que la Ciuilité et la bonté de V. R, qu'elle me témoignât, il-y-a quelque tems, en m'enuoyant une des lettres circulaires qui regardent le dessein de l'impression de S^ Augustin, n'auroit point d'autre Effet que d'augmanter le nombre de vos bontez à mon Égar, après m'auoir causé de l'admiration. Mais, à la uérité, je me suis trompé, et votre humble bonté a eu tout autre succez que je ne pouuois attendre, car enuiron deux ou trois semènes après que j'us reçeu cette lettre, Mg"" Derieux, retournant des Estats et faisant icy collation, la nouuelle impression de S^ Augustin estant tombée sur le tapit, il voulut uoir cette lettre circulaire,, qu'il amporta et promit qu'il enuoiroit, aussitôt qu'il seroit arriué, vn fort célèbre Ms. de S. Augustin où il-y-a plusieurs beaux ouurages. Si il ne l'a pas fait encor, il n'y auroit qu'à l'en faire souuenir par
une lettre de ciuilité, de quelqu'n de nos RR. PP. Voyià l'issue de la bonté et la ciuilité donc [sic] V. R. auoit vsé à mon Égar, et un digne effet d'un méritte que je n'étois pas capable de reconnoître. Le R. P. Visiteur qui n'a pas moins de bonté pour moy que V. R., retournant du cours de Visite et passant par icy, on luy parla de cette fameuse et rare Bibliothèque de Garcassonne, donc j'auois écry à V. R. et donc je n'ay point receu de réponce. Voyant donc que d'un costé l'on recherche les Mss. de S* August[in], et de l'autre que le R. P. D. Gabriel Gerberon me demandoit dans son Billet plusieurs Liures et Gopies de S* Anselme, d'Ediner, de Herueus, autheurs pour les deux derniers assez inconnus et difficiles, à cause d'autres qui portent le même nom, comme aussi de S* Anselme, y-en-ayant un autre qui fleurisoit en même tems, cela l'obligea de me commander de m'informer plus certennement, non seulement de la réalité de la Bibliotèque, mais encor de ceux qui en auoient les clefs, et de sçauoir si on y pouroit auoir entrée, ce que supposé, le R. P. Prieur m'y pouvoit enuoyer faire un tour. Je me suis informé de tout cela par lettres, qui est en effet comme on me l'auoit dit et au P. sindic ses Imprimeurs de Monpelier qui Tauoient uoulu acheter il y a quelques années. Les clefs sont entre les mains des sindicques de la Cathédrale; néanmoins je n'y ay pas encor été, tant parce que je n'ay pas bien pressé pour cela; que j'atendois, espérant que peutêtre V. R. ou nos RR. PP. m'enuoiroint ordre pour y chercher spécialement quelques Mss. de S. Augustin plus rares ou quelqu'autre chose; et que peutêtre V. R. ne le jugeoit pas apropos, quoyque Elle m'ait enuoyé un mémoire qui demande la copie des Mss. des autheurs Bénédictins assez rares.
C'est pourquoy, mon obstant Tordre du R. P. Visiteur, je me suis fort peu pressé pour cela, outre que je n'ay pas encor eu réponce pour sçauoir si tous les sindiques étoient à Carcassonne, mais je ne m'en suis pas fort empressé.
V. R. a eue [sic] la bonté de me marquer dans sa dernière, que l'on trouuoit mes Raysons fortes pour attribuer le liure de similitudes à S* Anselme, que le P. Théophile luy auoit osté comme n'étant pas de luy en aucune manière. Il faudroit en uérité que Vos RR. PP. fussent bien difficiles, si ils ne se rendoient à l'authorité de S^ Bonaventure que j'allègue pour le moins 40 fois, de S* Ansel[me] en plusieurs endroits, et de S. Antonio qui dit, co[mm]e j'ay remarqué, que s* Anselme surpase tous les SS. PP. dans ce liure. 11 faut néanmoins bien prandre garde, si l'on se sert de mes Raysons, de ne pas mettre celle où je dis que les derniers Chapitres ont étez ajoutez long-temps après S^ Anselme, puisque l'on ne le trouue cité par aucun ancien Auteur. Il faut oster cela, parceque j'ay trouué un de ces derniers Chapitres cité par S* Bonauenture. Cela néan-moins ne fait rien du tout contre les autres raysons ny ne préjudicie point. Je souhaitterois fort sçauoir le sentiment du R. P. D. Gabriel Gerberon touchant un liure De Sacramentis de S^ Anselme, qui se trouue dans quelques Imprimez et donc le P. Théophile n'a seulement pas dit un mot pour prouuer que le liure n'étoit pas de S^ Anselme, mais il s'est contenté de le rejetter comme incontestablement faux; et néan-moins le liure se trouue cité par un des plus g*^* Docteurs de l'Eglise et qui uiuoit fort peu après S* Anselme et donc il fesoit tant d'estime qu'il en raporte des paches [sic] entières. C'est le Docte S* Bonauenture, qui cite formellement
le Liure des sacremens et l'attribue à S* Anselme. Si V. R. demandoit au R. P. D. Gabriel, peutêtre il auoueroit à V. R. qu'il n'a non plus songé à le donner à S* Anselme que le P. Théophile, néan-moins cette seule authorité (j'ay néan-moins encor toutes les autres preuues qui peuuent confirmer cette autorité) suffiroit au préjudice de plusieurs autres apparentes sur quoy l'on se fonde. J'ay toujour été dans le sentiment, mon R. P., que c'étoit l'un des plus beau et des plus puissant moyen [sic] pour faire la uéritable et sincère recherche des ouurages d'un Père, de uoir auec soin et peine les autheurs ou SS. PP. les plus considérables qui ont parlez ou citez ce Père; j'auoue bien que c'est la méthode la plus difficile, laborieuse et pénible, mais elle est aussi la plus belle, la plus docte et la plus conuinquante que l'on puisse faire, car en effet tous les autres moyans sont extrêmement fautifs. Les Mss. à quoy il semble que nos RR. PP. de Paris mettent toute leur confiance et leur appuy, sont remplis de corruptions et de défauts; si cela n'étoit pas, d'où uiendroit des ouurages que nous trouuons dans quatres et s^(*l Pères de l'Église comme je le marquois à V. R. par ma dernier [sic] très expressément du liure De Membris Dei, que je trouue en quatre Pères mot à mot; sans doute qu'on se Ta pas copié des Imprimez. 11 faut donc qu'on ait trouué des Mss. Ils peuuent encor marquer par une Infinité de moyens, que j'omes, de peur d'ennuier V. R., pour luy dire qu'elle m'auouera sans doute que c'est toujour un très g[ran]d auantage et une excuse qui passe par tout, quand bien on se seroit trompé auec S. Bonauenture et S* Thomas, etc., quand la Chose ne peut pas être éclaircie d'allieurs; que si Ton n'a des Mss il est encor dèsauantageux de confirmer les Mss.
par l'authorité de quelque g[ran]d Père et ancien Auteur qui aura parlé d'un tel ou tel liure; et mettant au commencement d'un liure, par exemple de S* Anselme, que le liure est cité par tels et tels Pères et Autheurs, V. R. ne m'auouera t'elle pas que cela fera uoir à tous les lecteurs, que ceux qui ont fait cette Impression ne sont pas de simples Copistes, mais des Personnes doctes et sçauanteS; qui témoignent de très grandes lectures, et qui ont pesez les choses, comme l'on dit, ad pandas SanctaariL Pour moy, uoylà mon sentiment, et quoyque je m'en sois éclaircy aux plus grands hommes que j'ay peu trouuer, je n'en n'ay trouué aucun qui ne soit tombé dans mon sentiment. Néanmoins, autant que je peu conjecturer de ce qui est uenu à ma connoissance, ce n'est point du tout le point principal de nos RR. PP. qui trauaillent à S^ August[in]. Je suis néan-moins très assuré qu'ils n'y réusiront jamais auantageusement, qu'ils ne prenent ce moyen et qu'ils ne facent une très curieuse recherche dans les Anciens Pères qui ont le plus connu et leu S. Augustin, pour tirer quasi tout ce que l'Antiquité a dit de S* Augustin et de ses liures. Par Exemple, je dis, qu'il faudroit tirer toutes les citations qu'a fait S. Thomas, non pas des passages, mais des lieux où il cite les liures de S^ Augustin, ainsi de S. Bonauent[ure], de Beda, Fulgence, Prosper, &c., ensuitte chercher les autres raysons que l'on peut auoir pour chacque liure; puis dans l'impression au deuant de chacque liure de S^ Augustin, (je parle de ceux qui sont en controuerse principalement) l'on pouroit dire: ce liure est cité par S* N., S* N., S* N., etc., ce qui seroit d'un poid merueilleux et feroit uoir une profonde érudition, grande recherche et lecture. Et pour montrer à V. R., que cela n'est pas si difficile que des Paresseux
s'imagineroient, c'est que je m'ofFre en moins d'un mois, que j'aye mon tems, de donner à V. R, toutes les citations des Hures de S^ Augustin qui sont dans les 24 volumes de S* Thomas. Je ne prétens nullement parler des citations que l'on a fait aux marges, qu'il n'y aurait qu'à décrire, non, je parle des citations faites de la main de S^ Thomas et qui sont insérées dans le corps de ses ouurages, et pour vous témoigner ce -la, c'est que je feray vne semblable collection des citations des liures de S< Augustin, de tant d'autres Autheurs que Ton uoudra, et où il n'y aura aucune citation à la marge; il est uray que cela est difficile et pénible, mais je suis très assuré que je le feray: que l'on
m'assigne 20 — 30 Autheurs, quels qu'on uoudr *)
du tems, je uous rendray toutes les citations faittes
par eux mêmes dans leurs ou **) omettre aucune.