‹ Lettres des Bénédictins de la Congrégation de St-MaurChapitre 5 sur 197 · FR.AYGULPHE LE ROUGE, M.B. I · texte numérisé non relu

FR.AYGULPHE LE ROUGE, M.B. I

*) Ajouté d'une autre main (jusqu'à »humblement«). **) o: Moine bénédictin indigne.

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FRANÇOIS MERLAC A CHANTELOU.

Au Réuérend Père

Dom Claude Chantelou,

Relig» Bénédictin en l'abbaye de S« Germain des prcz

à Paris,

Mon Réuérend Père.

Tay receue [sic] auec grandissime ioye v[ost]re l[ett]re circulaire du 26 S'*" der[nie]r, qui veut que i' informe V. R. du nombre des exemplaires des déclarations latines sur nostre saincte règle, r'imprimées par ordre de nostre très R. P. S[upérieur] G[énéral] suiuant celuy du chap[itre] général. Pour la ioye que i'ai receue, ie ne sçaurois pas vous Texprimer, me ressouuenant auoir esté v[ost]re condisciple dans n[ost]re Congréga[ti]on et qu'auez eu la bonté d'auoir touiours eu amitié pour moy particulière, que vous supplie vouloir me conseruer.

Vostre très R. P. S. G. et le R. P. Ass[istant] D. Ant. Esp. me marquent du 16 9^"* der[nie]r qu'ils ont donné ordre de nous envoyer des liures. l'espère que cela se sera faict auec v[ost]re participa[ti]on, et qu'ainsi ne serons pas mal partagez et pour la quantité et pour la qualité, outre les liures de Choeur et d'église. J'auray particulière affection, co[mm]e ay, pour ceux qui portent v[ost]re nom et autres de nos RR. PP. Pour les déclara[ti]ons, il aura esté bon d'en mètre six dans vne baie ou le faire que, si ne les y auiés mises, ie supplie V. R. vouloir attendre qu'ayons receus les d[it]s liures, ayant possible obliga[ti]on de vous en demander les mètre dans ce balot.

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Je supplie bien fort V. R. faire catalogue bien fidèle de tous les Hures qui s'enuoyent, remetant les balots aux rouliers ou messagers, et enuoyer le d' Cathaiogue auec le prix des Hures par le Courrier auec l[ett]re d'aduis, afin qu'on sçache ce qu'on doit receuoir, car il se trouue des balots esuentées et probable[men]t di]ninu[ti]on de Hures, outre qu'il faut sçavpir de quels libraires ils ont esté pris, pour esuiter les Confusions iournalières des comptes, co[mm]e i'ay en diuers Mon- [astéjres qui ont ra[ti]on de f[ai]re des catalogues des Hures qu'ils reçoiuent efîectiuement et n'en payer pas dauantage. Cecy n'est pas pour l'inthérest particulier de Caunes, n estant qu'un petit trou si pauure, que je veus croire que la congréga[ti]on y donnera ces liures, et par ainsi: à cheual donné, comme on dict, ne faut pas regarder les dents. C'est pour vn ordre général, ce que ie dis auec confusion de moy mesme, n'estant pas à moy en donner, mais mon petit sentiment.

Le R. P. Ass. D. A. Esp. aura dict à V. R., comme la posse[ssi]on céans a esté prise auec plaisir vniuersel d'un chacun, nottament de M" les anciens, auec tous lesquels nous sommes en parfaicte vnion; en tout as« sistons nous deux aux offices qu'ils font, mais qu'ils désirent que nous fassions bientost, à quoy Dieu pouruoira et nos RR. PP.

Il y a en ce Mon"^* des belles reliques et honnestement d'argenterie; il reste au trésor vne fort ancienne bible, quantité de manuscrips, nottament de droit, dont fairons Inuentaire que communiqueray à V. R. 11 y en eu [sic] dauantage, mais c'est quelque chose que cela reste. Pour documens, il y en a fort peu. V. R. m'obligeroit fort de se donner la peine de me marquer ce qu'elle en sçait pour [?] sa fondation et antiquités, parceque

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cela nous donneroit des belles lumières et nous seruiroit de pierre de touche pour voir si quelques mémoires qu'on pourroit trouuer ou raport que des personnes pourroient nous f"^, soit Religieux ou autres, seroit dans la vérité des d[it]s Documents; possible s'en recouureront. Il se dict que feu m' l'abbé les fist porter au Chasteau de Rieux; nous aurons besoin d'amis pour en recouurer ce qui se pourra. J'enuoye le verbal de posse[ssi]on à n. très R. P. S. G., co[mm]e il m'a commendé. Je demande aussi la participa[ti]on en vos s[aint]s sacrif[ices], qui suis, (etc.)

F. FRANÇOIS MERLAC, M. B.

De Caunes, ce ii x*^*"* 1663.

le supplie V. R. asseurer le R. P. D. Jean Guirbaldi que ie voudrois bien estre dans son souvenir co[mm]e il est au mien en qualité de son très humble seruiteur et Confrère.

A Mon Révérend Père

Le R. P. Dom Ignace Philbert,

Prieur de l'Abbaye de S. Germain des préz etc.

A Paris.

Mon Révérend Père.

L'aggréable response de V. R. m'a esté rendue seulein[en]t le 21. du courrant, quoy qu'elle soit datée du

12. du mois dernier, auec toutes les pièces néanmoins y mentionnées et jointes et bien cachetées. Desquelles je remercie très humblem[en]t et très affectueusem[en]t V. R. et luy promets de ne les employer, tant en ce pays icy qu'en Allemagne, qu'à l'honneur de V* sainte Congréga[ti]on. Mais auant que de passer plus outre auec ma response, je souhaitte à V. R. ce nouuel an et encor au moins trois bonnes douzaines d'ensuyuans, très heureux et comblés de toutes les bénédictions du Ciel et de la terre, et puis je luy diray, que je suis à la vérité sensiblement touché de la disgrâce arriuée en la prépara[ti]on de la Conférence qui se deuoit tenir entre vos RR. Pères et les n[6t]res, par l'Vnion des deux Congréga[ti]ons. Je prie Dieu de tout mon coeur d'en faire naître vne au[tr]e occasion pour traitter et conclure de la d[it]e Vnion; et cependant je feray de mon côté tout ce que je pourray pour le persuader à tous nos RR. PP. et Confrères d'y contribuer aussi tout ce qu'ils pourront: croyant tousjours fermem[en]t que ce seroit le plus grand bien de IVne et de rau[tr]e des Congrégations. Je l'ay desjà persuadé à plusieurs depuis mon retour d'Allemagne.

Quant aux Manuscrits de question, qui ont coutté tant de peines, frais et traueaux, je serois bien marry de les voir renuoyer sans s'en estre seruy auparauant. C'est pourquoy j'ay pensé à deux expédians que V. R. pourra proposer à vos RR. Pères Supérieurs Majeurs, et voir s'ils sont receuables. Le premier seroit de faire compulser les d[it]s liures par l'authorité du juge de la question en la présence de la partie aduerse, laquelle il faudroit faire citer à cette fin. Et par ainsi la copie ainsi compulsée seruiroit autant que les Originaux. Et en ce cas on pourroit aussitost renuoyer les d[it]s

Originaux au tamp prescrit et promis. Il ne seroit jà de besoing de faire copier tous les d[it]s liures, seulement en tirer des Extraits de ce qui pourra seruir à la cause. L'au[tr]e moyen, si cestuy cy n'estoit faisable, seroit de m'escrire les raisons pour lesquelles Vos R. R. n'ont pu encor vuyder ce procès, mais qu'elles espéroint de le pouuoir faire dans vn an ou dans deux ans après que les deux au[tr]es jà accordés seront écoulés, et que partant il me falloit prier Messieurs les Propriétaires de consentir à ce que les d[it]s Hures vous soient laissés et confiés encor pour deux au[tr]es ans, sans préjudice des obligations données, qui demeureroient tousjours en leur force et valeur, etc. Sur ce j'écrirois à tous les d[it]s Messieurs les Propriétaires et les prierois pour le bien et l'honneur publique de n[ost]re s. Ordre de les laisser encor pour deux ans à Vos RR., afin qu'ils ne facent saisir la rente annuelle que Mons. l'Abbé de MUnster a en la ville Capitale de Bauière. Ces Messieurs ont vn si grand désir (et g[é]n[ér[alem[en]t tous les au[tr]es Bénédictins d'Allemagne), que ce différand soit jugé à l'honneur de l'Ordre, que je crois fermem[en]t qu'ils y consentiroient très volontier. Ne perdez donc courrage en si beau chemin. Je suis marry extrémem[en]t que le R. P. Dom Quatremaires n'est plus à Paris pour solliciter l'affaire, puis qu'il la possède parfaitement bien.

On m'assure céans, qu'vn certain honneste et docte Ecclésiastique, nommé Mons. de S^ Hilaire, Bachelier en S^* Théologie, Précepteur des Enfans de Mons. le Marquis de Feuquières, Gouuerneur de la Citadelle, Ville et pays de Verdun, fort bien cognu en ce Monastère, qui a assuré par diuerses fols d'auoir vn ancien Manuscrit, beaucoup plus ancien que Thomas à Kempis,

mesmes qu'il croyoit estre plus ancien que Gersen mesme. Nous ne sçauons pas, si p[rése]ntem[en]t il est à Paris ou à Feuquières auec Messieurs les d[it]s enfans, à raison qu'il y a longtamp que Mond[it] S^ de Feuquières est absent de Verdun. V. R. en pourra apprendre des nouuelles assurées à Paris.

Je prie Dieu auec tous nos RR. PP. et Confrères de destourner la furieuse tempeste et bourasque menacée, non seulement de v[ost]re ancienne et Illustre maison, ains aussi de toute vostre sainte Congréga[ti]on.

Mais j'ay esté surpris de n'auoir trouué le R. P. Dom Brachet dans v[ost]re Catalogue du dernier Chapitre, ny parmy les RR. PP. Assistans, ny les Visiteurs, ny les Sup[ér]ieurs. Le voylà donc en vn grand repos et bien deschargé de grans soins et trauaux. Je luy en congratule de tout mon coeur. Je sçay par expérience, depuis 4 ou 5 mois que je suis ainsi deschargé, le grand bien et contentem[en]t que cela apporte a vne âme religieuse.

Tous nos RR. Pères et Confrères, notamment le R. P. D. Antoine Jenin, renuoient le salut à V. R. auec vsure et auec leurs très humbles baisemains. Je fais le même, et demeure pour le reste de mes jours, (etc.)

FR. ANTOINE DE LESCALE, Moine B[é]n[é]dictin Indigne.

Mon R. P.

Je p[rése)nte mes très humbles respects au R»"* P. Supérieur G[é]n[ér]al et à tous les au[tr]es RR. Pères desquels j'ay l'honneur d'estre cognu, et principalement au R. P. Brachet, que je n'oublieray de ma vie.

14 G. FLAMBART A R. QUATTREMAIRES

Voycy le R. P. Dom Claude Garaudel, p[rése[ntem[en]t n[ost]re P. Soubprieur, qui fait ses particulières recommenda[ti]ons à V. R.

G. FLAMBART A R. QUATTREMAIRES.

Au Révérend père

Dom Robert Quattremaires, Relig[ieu]x,

TAbbaye de S^ Germain des Prez

A Paris.

Rome ce 19 féb' 1669.

Mon R^ père:

Je r[ép]onds en fin à vos 2 dernières, après auoir fait tout le possible pour tirer Esclaircissement des pointz y c[on]tenuz.

J'ay veu la chronique ms. de Marian qui est à St, Isidore, qui semble commencée à changer de main en l'an 1479, pag. 265. Cest Argument paroist faible, corne me Ta fort bien dit le père Araldo, bibliothécaire, parceque c'est chose assez ordinaire d'emprunter la main d'Aultruy; et il le fault voire en ce rencontre, parceque les Informa[ti]ons qu'on faict icy pour la Canoniza[ti]on de la B. M. de Cortone ayant obligé de faire Inquisition du temps de la vie et de la mort de Marian, on a trouué dans vne chronique ms. du p. de l'ordre de S* François, nommé p. Apollinare, Florentin, que Marian estoit décédé seruant les pestiférez neir hospedale del

G. FLAMBART A R. QUATTREMAIRES I^

Ceppo 20 de Juillet l'An 1523. C'est dans la préface de cette chronique ms. qui n'est que des choses de I2 prouuince [sic] de Toscane, fol. 2 et 63. Je dis au p. Bibliothécaire qu'il paroissoit difficile, qu'estant alors d Vn si grand Aage on l'eust ainsy exposé, etc. Il me repartit, que parmi eux il n'y auoit rien d'extraordinaire^ et qu'ils auoient des Relig[ieu]x de 106 et 110 Ans, et qu'il en cognoissoit deux encor viuans.

Ce Henry Villot dont vous me faictes mention et que vous dites auoir escrit q[ue] Marian claruit anno J400, i'ay veu son ouurage dans S* Isidore, mais J'y ay veu et leu 1404. Je n'ay pas remarqué l'Édition. Ce que vous auez encor mis qu'il auoit escrit des Homes Illustres de Florence, n'est pas appuyé par ce mesme Liure, qui met d'Homes illustres ordinis frandscani.

Marian, Tomo (seu qfuojd idem est) lit, 4, fol. 383, versa pa^na, il y a au bas, dans la marge, vne Addition de 7 ou 8 lignes où, parlant de Raynultius de Corbario, après auoir dit q[ue] le pape lui auoit assigné des officiers et vne Court fort honorable, met ces motz: Et sic in suâ Curia biennis supferjuiuens in pace

quieuit vbi v m scripsit librum de Chrfistji Imita-

ftijofnje; où I'ay trouué 3 choses à remarquer:

La I*'*, que depuis ce mot vbi inclusivem[en]t iusqu'à celui d'Imitatione inclusiuem[en]t, l'ancre et la main paroist non seulem[en]t, en mon aduis, manifestemfenjt changée, mais il semble que quelque vn ayt voulu tout effacer, et le p. Araldo en est demeuré d'accord auec moy.

La 2^« est que Wadingue, escriuant sa Chronique que nous auons imprimée, et qui auoit en main et deuant les yeux le ms. de Marian pour guide, s'est c[on]tenté*

l6 G. FLAMBART A R. QUATTREMAIRES

de mettre la mort de ce Raynultius et dans sa d[ite] Chronique n'a faict nulle mention de la substance ni des paroles de question cy dessuz, et le d[it] p. Aroido me c[on]fessa que cela augmentoit n[ot]re c[on]iecture; q[ue] ces d[ites] paroles auoient esté supposées ou paru telles à Wadingus, qui les auoit mesprisées ou du moins iugé peu dignes d'estre mises dans vne histoire de c[on]séqu[e]nce et qui doibt estre d'Authorité parmi les Doctes.

La 3' est qu'encore que Wadingue n'ayt faict aulcune

mention du c[on]tenu en ces paroles Vbi v . . .

Imitatfijofnje dans sa chronique, néantmoins, ayant plus[ieu]rs années aprez escrit des Escriuains de son ordre, il dit q[ue] ce Raynalutius scripsit opusculufm] de Chrfistji Imita[ti]o[n]e lit. I; cest I peut signifier vnum vel vnicum et a auoir du Raport à ce mot q[ue] j'ay cy dessuz marqué auec des pointz, estant si effacé que nous ne l'auons jamais peu lire ni en deuiner les Caractères, sinon qu'il paroist que la i*" est vn v et la dernière vne m, et qu'il pourroit y auoir vnum, vmcum ou vtilem, mais je croirois plustost vn des 2 premiers, et la longeur [sic] de l'espace me feroit plustost voire vnicum qu' vnum et que cela aura donné occasion au p. Wadingue de mettre opusculum .... lib. /.

On peut enfin dire q|ue] Wadingue ayant ce Ms en main quand il escriuit son p[rinci]pal ouurage, qui est son histoire, qu'il y a toute Apparence que ces motz n'y estoint point, et qu'escriuant son Catalogue plus[ieu]rs années après et cette Addition ayant esté faicte au ms., il l'auoit insérée au d[it] Cathalogue, et cette Addition paroist encor appuyée par vne différence visible de l'ancre et des Caractères.

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Le p. Araido croit qu'on pourroit encor trouuer quelque chose de ce Raynultius dans la vie de Jean XXII composée par François Bosquet.

Vous aurez sceu qu'icy le mariage de Mgr. de Verneuil ayant esté sceu et corne il auoit perdu sa q[ua]lité essentielle au c[on]tract auant qu'il eust esté c[on]firmé, q[ue] le c[on] tract a esté iugé nul et sans force et, par c[on]séq[ue)nt, hors d'estat de pouuoir estre c[on]firmé, vn p[rinci]pal orateur manquant, qui est l'Abbé, qui ne subsiste plus; ainsy a esté dit que de toute nécessité de droit il en failloit [sic] attendre vn aultre. On trauaille icy à le nous faire, car il est arriué vn Courier de Pologne qui a aporté le Breuet de no[m]ina[ti]on du Roy en fauueur (?) de sa Majesté polonaise; mais corne on a oublié d'apporter le p[ré]sentem[en]t pour la Création de pension de looooo S pour Son A[ltesse] de Verneuil et que cela est nécessaire pour la lui asseurer, on est obligé de sursoir pour l'attendre, car sans cela on auroit expédié les Bulles auant le Caresme. Je suis, (etc.)

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