PRÉFACE
tïi livrant au public ce volume de la correspondance tenue par les bénédictins français de la Congrégation de St-Maur, dans la première moitié du i8* siècle, je termine le recueil que j'ai intitulé » Lettres inédites de divers savants, de la fin du 17^ et du commencement du 18* siècle* et dont la publication a commencé en 1 89O ; c'est un petit échantillon des documents littéraires de la Bibliothèque Royale de Copenhague servant à illustrer l'histoire des sciences et des lettres à l'époque de Bayle, de Mabillon et de Montiiaucon. J'espère qu'on fera au volume présent, qui se groupe, en quelque sorte, autour de la grande figure de Dom Bernard de Montfaucon, le même accueil plus qu'indulgent (j'ose même dire favorable) qu'on a fait à mon Choix de la correspondance de Pierre Bayle et aux lettres des Maurins écrites de 1652 à 1700.
Les renvois de ce volume sont les mêmes que ceux du volume précédent, où les titres des livres le plus souvent cités sont marqués dans la préface. Afin de céder aux désirs exprimés dans plusieurs recensions, j'ai fait accompagner cette seconde partie de la Correspondance bénédictine, d'une Table de toutes les lettres contenues dans les deux tomes de l'ouvrage.
Pour ce qui est du titre de mon recueil (» Lettres inédites«), j'ai à faire ici une petite restriction. C'est que je ne m'étais pas aperçu à temps que la lettre de F. délia Torre à Montfaucon, du 18 juin 1702 (n° I de ce vol.), était déjà
imprimée dans le Diarium ItatUum de Dom Bernard, et je demande pardon de cette incurie. Quant aux deux lettres de Manuel Martf à Montbucon et la réponse de celui-ci, je ne connais pas de vue les ïEpistola; Marttniï (17^8) où elles se trouvent déjà publiées, et je pense qu'il ne d^laira pas trop aux lecteurs de les rencontrer ici.
Outre les lettres de bénédiains français publiées par moi, notre Bibliothèque possède les documents suivants, ayant rapport aux mêmes religieux:
1) D. Robert des Gabetz à Mabillon, Breuil proche Commercy, 27 mars 1674.
2) Estiennot à Mabillon, Orléans, 27 janv. 1684, avec un supplément: 'Histoire de la Bibliothèque de St. Benoit sur Loire*.
;} b. Bigot à Mabillon, Rouen, 7 août 168;.
4) Mabillon à Save, îo sept. 1695.
i) Mabillon à J. Schiller, V. Kal. Jul. 1697.
6) G. de la Parre à Mabillon, 2^ janv. 170}.
7) Mabillon à G. de la Parre, 12 févr. 1701.
Ces lettres ont été publiées, entièrement ou en partie, par Dom Vincent Thuillier, dans les Œuvres posthumes de Mabillon et Ruinart*). Les n"' 6 et 7 sont des copies faites par Thuillier, et contiennent toutes des annotations de sa main.
8) Une lettre dont l'en-tête est: >D à D. J. Mabillon*
(de la main de Thuillier, à ce qu'il semble); cependant, elle n'est pas adressée à Mab. , mais ce religieux y est souvent mentionné, et elle traite de sa dispute avec Raneé touchant les études monastiques.
i)] Ln extrait, concernant Mabillon et adressé à lui, de 'L'utilité des voyages et de l'avantage que la recherche des antiquités procure aux savants* (tome II.), par Baudïlot de Dairval.
I l'jïats eu d'abord l'intention d"insérer les fragments non imprimé] pu Dom Thuillier, mais l'espace ne m'a pas permis de le faire.
lo) Un traité de la prononciation des lettres grecques, en forme d*épître, par le Fr. Isaac Moreau, adressé à D. Bernard Audebert, daté de »Sainct Pierre le Vif de Sens*. 1 1 ) Lettre autographe de Bouhier à Montfaucon, sur les Thérapeutes, Dijon, 5 févr. 1710.
12) Autre lettre autogr. de B. à Montf., sur le même sujet, Pouilly, 12 nov. 1710. — Touchant ces deux lettres, comp. la note de la p. 359.
n) Fr. Arcange Gobin à un »révérend père«, 28 oct. 1734,
touchant Mlle Thévenet (Convulsionnaire).
14) Thiboust, chanoine de Corbeil, également à un » révérend père«, du mois de mars 1735; elle se rapporte à la même personne, et il y est fait mention de D. Louis La Taste. En joignant ces quatorze pièces aux documents publiés dans les deux parties de ma Correspondance des bénédictins de la Congrégation de St-Maur, on aura probablement tout ce qui existe de lettres des Maurins français dans la Bibliothèque Royale. Je dis: probablement; car il se peut quequel que lettre qui se rattache à la célèbre Congrégation, mais sans signature ou sans en-tête, se soit fourrée dans un des paquets ou volumes de la section des manuscrits où on ne sattendrait pas à les trouver; mais il ne pourra pas s'agir que de deux ou trois morceaux.
Il est toujours difficile de garder, dans le commentaire d'une publication de documents qui ne s'adresse pas à un public fort restreint, la juste mesure entre le trop et le trop peu, et les notes qui accompagnent la i*"* partie de ce recueil de lettres des bénédictins, n'ont pas manqué de paraître »un peu sèches, bien qu'assez substantielles «, aux auteurs de quelques comptes-rendus critiques. Je crains qu'on n'aille adresser le même reproche à celles du volume présent. Cependant, c'est de propos délibéré que je me suis borné, le plus souvent, à de courtes indications biographiques et bibliographiques. C'est que je regarde mon recueil comme un supplément à ceux de Valéry et d'autres et aux ouvrages biographiques
des excellents connaisseurs de l'époque, qui ont écrit, dans ces dernières années, sur la société de St-Germain-des-Prés, notamment M. le vicomte de Broglie, auteur des livres si intéressants sur Mabillon et sur Montiaucon. Dans ces deux livres, on a le tableau vivant et général des études et vicissitudes des religieux de Tabbaye pendant les années de 1670 à 1740. Vu ceci, j'ai préféré laisser la parole presque exclusivement aux bénédictins eux-mêmes. Mais il y a aussi cela de particulier que je dois regarder directement mon livre comme un précurseur, celui du grand recueil de la correspondance complète des bénédictins de St-Maur, préparé par des savants français sous les auspices du Gouvernement de la République, — ouvrage de longue haleine, et qui tardera naturellement à paraître (c'est pourquoi je me suis avisé de publier le mien), mais qui sera, sans doute, définitif sur le sujet dont il traite. —
On se rappellera que c'est la Fondation Carlsberg qui a rendu possible la publication de l'ouvrage présent, et je répète aujourd'hui mes remercîments sincères à cette institution si bienfaisante aux études en Danemark. En même temps, je prie MM. Weeke et Baruel d'agréer, encore une fois, l'assurance de ma profonde gratitude, l'un pour m'avoir aidé (pour ce volume comme pour les volumes précédents) à déchiffrer des mots peu lisibles, l'autre pour avoir corrigé le texte des notes.
FILIPPO DELLA TORRE A MONTFAUCON
Epistoiâ Doctissimi viri D. Philippi a Turre, Episcopi Hadriensis, de nuper eruto Romae nobili monumento, ex Itaiico vulgari idiomate latine versa a D. B. de Montfaucon, cui epistola missa*).
Rom£ 18. junii anno 1702.
Cum multis necessitudinibus implicitus profectum meum Roma distulerim, pergratae mihi morae hodie videntur; nam pridie quam iter capessam, oblatam mihi occasionem scribendi, perinde tibi acceptam atque mihi jucundam fore existimo. Agitur de monumento quod viginti hinc circiter diebus primo a Porta Majori lapide deprehensum est. In vinea igitur quadam détecta est urna grandior marmorea, in qua tela ex Amianto con* tecta; est lini genus quod Asbeston Graeci vocitant; tela vero palmis Romanis novem longitudine, septem latitudine, pari ratione atque hodierna tela nostra contexitur, filis, cannabinae telae more, densioribus; sed
*) Copie de la main de Montfaucon.