‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 106 sur 145 · À M. L'ÉVÊQUE DE TULLE · texte numérisé non relu

À M. L'ÉVÊQUE DE TULLE

Paris, a juin i653.

(extrait.)

Le Cardinal apprend avec beaucoup de joie le bon succès de l'affaire de Lormont3 et les suites avantageuses que l'e'vêque fait espe'rer touchant Libourne.

1 On trouve, dans les Mémoires de Lenet s Voy. sur l'évêque de Tulle, ci-dessus,

(p. 602 de l'édition citée), l'instruction p. 61 3, note 1.

donnée à Trancas et Blarut envoyés en An- 3 Auj. bourg du dép. de la Gironde, glelerre par les Bordelais. Trancas y est arrond. de Bordeaux, canl. du Carbonqualifié de conseiller au Parlement. Blanc.

DU CARDINAL M \ZVKIiY 625

Boni» cl autres places. Suivent des détails sur les Irlandais1 qui devaient entrer Juin i(>5:<. m Bervice du Roi bous Les ordres du duc d'York. Mazarin ajoute:

Il ne faut pas croire que le traité [avec les Irlaudois] puisse demeurer secret , veu qu'il est impossible que la chose ne soit sceue à Bordeaux, et que, de là. il n'en ayt esté donné advis à Londres, tandis que nous taisons nos efforts pour ostertout ombrage aux ministres du nouveau gouvernement d'Angleterre et restablir la confiance et le commerce. Nous nous contredisons ouvertement par une conduite qui nous contraint d'avoir des pensées toutes contraires, nous rendant suspects comme des gens qui aguerrissent chez eux le frère du roy d Vngleterre- et un corps considérable pour ayder à restablir ce roy dans son trosne, svtost que nos affaires nous permettront de l'entreprendre.

Toutes ces raisons empeschent que Sa Majesté ne puisse ratifier un traité qui seroit d'une conséquence tres-prejudiciable aux affaires du Hoy et nous obligeront à trouver un biais pour accommoder cette affaire, afin qu'on ne donne pas lieu de se plaindre de l'inexécution de ce que M. de \ endosme a promis. Et on songe, pour cet effect, que le mieux seroit de faire marcher en deçà3 les troupes irlandoises, lesquelles, par d'autres motifs, il est bon de tirer de ces quartiers-là. .le n'ay pas faict semblant de ces considérations dans le public; au contraire, je n'ay rien oublié pour faire valoir l'application de M. de Vendosme à bien servir le Rov ; mais, au fond , luy-mesme conviendra qu'elles sont trop essentielles pour ne pas y avoir esgard.

' Cinq cent soixante-quinze Irlandais. les ordres du duc d'York; ce qui aurait commandes par le colonel Dillon, s'étaient irrité Cromwell et les Anglais. rendus au duc de Yendôme et avaient livré ~ Leduc d'York, frère de Charles II, roi le château de Lormont qu'ils étaient chargés titulaire d'Angleterre, avait servi dans Tarde défendre. On voit . par la suite de cette niée de Tuienne. Les Mémoires publiés sous lettre, que ce corps irlandais devait, en son nom fournissent d'utiles renseignements exécution du traité conclu avec le duc de sur les campagnes de ce général. Wndôme, servir dans l'armée rov aie sous J C'est-à-dire vers le nord de la France.

MAZAhIN. ». 7g

iwppmrim iatiohalc.

Juin 1 653.

CCLXXV1II. Aicli. nat., KK, l. 1221, f° 4io. — Minute.

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