‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 112 sur 145 · A ROME · texte numérisé non relu

A ROME

Parigi, 19 luglio i653.

(extrait.)

Doppo scritto hô ricevuto una Jettera de! sigr card,e Antonio, il quale mostrà il medesimo pensiero di V. Ecc*a di servisi délia mia casa, che io li havevà ofîerta avanti di partir di quà; non sô se 1' habitatione sarà capace per 1' uno e per 1' altro, corne vorrei, sopra di che ella potrà intendersene col medesimo signore cardinale, e disporne corne vorrano, havendo io scritto a mio padre 2, e pregatolo a ritirarsi in un appartamento perlasciar tutto il resto délia casa libéra, non essendo a proposito, in modo alcuno, che S. Emza stià col prencipe di Palestrina 3, suo nipote, ne che vadà alla cancellaria che il card,e Barberino li hà offerta. Sua Emza mostra tanta fermezza e constanza nel servitio de! Re , e si offende in maniera che si possà pensar di lui il contrario, che non conviene in modo alcuno mostrar d' haver di lui un minimo sospetto, come in effetto non 1' habbiamo; anzi bisognà impegnarlo con farli conoscere la sicurezza che le Loro MMta hanno délia sua fede.

Il medesimo sigr cardle mi scrive che D. Olimpia havevà fatto ogni suo sforzo per impedir il ritorno di S. Emza a Roma, di che mi sono

1 Mazarin parle de lui à la troisième per- s Maffeo Barberini(voy. ci-dessus, p. 56», sonne , comme dans la plupart des lettres note 1 ). H était prince de Palestrine et grand chiffrées. d'Espagne. On a vu qu'il avait rompu avec

2 La letti'e de Mazarin à son père se trou- la France, que servait son oncle, le cardinal vera aux Analyses. Antonio Rarbeiïni.

maravigliato infinitamente, e, se questo tv> vero, V. Ecc" potrà di là coin- Juillet i66£ prendere che anco in questa donna non vi è sincerita ne gralitndine. In confirmatione «loi secreto che ho communicato a V. Eccza circa l' intelligent del tard1, Panfilio1, devo dirie che S. Em" rivelô al il cardinale Trivultio' il trattato del matrhnonio3 col Barberini, accio procurasse per tutti i mezzi possibili d' impedirlo, corne egli farebbe per sua parte, non convenendo in modo alcuno questa unione délie due case, ne al servitio del re Cattolico, ne al publico, perché il Papa, fortilicato con questo partito, si renderebbe intrattabile.

Bibl. nat.. ins. t. Baluze, t. 216. — Original signé.

A J.-B. COLBERT

(extrait.)

Compiègne, 18 juillet 1653.

Je vous prie de dire à M" les Surintendans que comme je seray obligé de leur escrire en faveur de plusieurs personnes qui auront recours à moy, ce sera une marque de croire la chose fort nécessaire lorsque je leur escriray de ma main.

Pour avoir la Fere4 et tenir la parole que j'ay donnée par le moyen

' Voy. ci-dessus, p. 632, sur l'intelligence du cardinal Panfilio avec les Espagnols. On trouvera, comme nous l'avons déjà indiqué, à la table alphabétique (au mol Panfilio), tout ce qui concerne ce cardinal, dont le véritable nom était Astalli.

1 Le cardinal Tri vulce. dont il a été question ci-dessus, p. 097, note 5, remplissait les fonctions d'ambassadeur d'Espagne à Rome. L'accusation portée ici par Mazarin contre le cardinal Panfilio d'avoir révélé à l'ambassadeur d'Espagne les secrets de la Cour de Rome fut probablement une des

causes qui déterminèrent le Pape à disgracier ce cardinal, en i654.

1 Je pense que Mazarin veut parler d'un projet de mariage de Lucretia Barberini avec un prince de la maison du Pape. Ce projet fut abandonné, et elle épousa, en i656, François d'Esté. Elle vécut jusqu'en

4 Le gouvernement de la Fère devait être donné à Mazarin sous le nom de la Reine. On a vu ci-dessus, p. 198, note 1, que cette place était entre les mains de Manicamp.

iniiipi i653. de M. le mareschal d'Estrée, il faut payer cent cinquante mille livres, et afin d'achever cette affaire sans qu'il puisse estre exposé à aucun inconvénient, il faudroilque la dicte somme fust preste dans tout le jour de dimanche prochain l. J'en escris un mot à MM. les Surintendans et je vous prie, en leur rendant le billet, de les conjurer, de ma part, à faire un effort en ce rencontre, leur donnant mesme de mes pierreries pour leur faciliter le moyen de la trouver; mais, en cas qu'il ne leur fust possible de la faire, ou en tout, ou en partie, je vous prie de prendre d'autres mesures et vous employer en sorte, soit en engageant mes pierreries, soit en vous prévalant de l'argent que j'ay à Lyon, que cette somme puisse estre preste dans le temps marqué cy-dessus, et nous ferons nos diligences afin que les louis soient receus à douze livres. Cette affaire est si importante pour le Roy et si bonne pour moy2, que je m'asseure que vous n'oublierez rien pour la faire réussir.

Au lieu de remettre à Florence l'argent que je vous ay dict, il faudra le remettre à Rome à Elpidio Benedetti, mon agent, et la somme doit estre de mille escus, monnoye de Rome. Je luy escris en quoy il les devra employer.

Sur une feuille volante séparée de la lettre :

Je vous fais ce mot à part pour vous dire qu'en cas que MM. les Surintendans, à qui vous ferez voir la lettre cy-jointe, ne se disposent à envoyer les cent mille livres, je désire que vous n'oubliiez rien pour m'envoyer en toute diligence ce que vous pourrez, vous servant pour cela des expediens que je vous escris, et d'autres que vous jugerez à propos; mais je ne doute point que MM. les Surintendans ne fassent l'impossible en ce rencontre. Vous vous souviendrez aussy de leur dire qu'outre les cent mille livres, vous en chercherez cinquante mille pour acquitter les lettres que je tireray sur vous pour payer

1 Le sens est : au plus lard dimanche pro- M. Pierre Clément (p. 206, t. Ier des

chain. Lettres-, Instructions et Mémoires de J.-B.

" On .peut comparer la réponse de Col- Colbert). Elle porte la date du 10, juil-

bert à Mazarin publiée dans le recueil de let iG53.

ceux ([ni les amolli prestées, afin que mes diets sieurs les Surintendans Juillet 1 «53.

ni un fonds pour cela. 11 sera bon de dire à la Heync de les presser. en cas qu'il en soit de besoin, et que S. M. croye que nous faisons une bonne affaire et Ires-importante pour le service du Roy.

Page 1