AU COMTE DE BRIE.XNE
Mario, :hj juillol 1 653.
( extrait. )
C'est une estrange hypothèque que celle que M. le Prince a offerte de Stenay et de Clermont pour ses levées d'Angleterre, et M. de Bordeaux ' n'aura pas peine de faire cognoistre, en ce pays-là , que c'est une pure illusion, puisque chacun sçait que ce sont des places qui appartiennent au Roy, et que d'ailleurs M. le Prince n'a point de bien dans le royaume qui ne soit acquis à Sa Mld par droit de confiscation. Vous luy en pourrez toucher un mot, s'il vous plaist, et luy tesmoigner aussy qu'il doit presser le gênerai 2 pour le faire expliquer, n'estant pas à propos de laisser traisner si longtemps cette affaire, pour les raisons qui luy ont esté mandées desja d'autres fois.
Pour ce qui est des trois mille Irlandois, il n'y a pas apparence de fournir ce qu'il faudroit, à raison de 18 patagons à Zt8 sous la pièce, suivant le traité qu'ils disent3 avoir faict avec M. le Prince; mais il seroit du service du Roy que MM. les Surintendans se disposassent à donner quelque fonds, par le moyen duquel, si Sa Mié ne pouvoit pas profiter entièrement de cette levée, l'on pust empescher, au moins, les ennemis de s'en prévaloir par l'application et l'adresse avec laquelle M. de Bordeaux pourroit mesnager cette affaire; et j'estime qu'il ne seroit pas mal que la Reyne prist la peine de leur en dire un mot, si, après que vous l'aurez informée de Testât de la chose, Elle l'a ainsy agréable.
1 Ambassadeur de France en Angleterre. 3 II a été question ci-dessus, p. 6a5,
' Il s'agit probablement du général an- note 1, des Irlandais qui avaient d'abord
glais chargé de lever des troupes pour la servi dans l'armée des princes et étaient
France.Ceslevéesdevaientsefaireenlrlande. ensuite entrés dans celle du Roi.
Août i i>r>.'(.
GGXGVI.
Arch. nat. , KK, t. 19.21, f° Ulxo \".