A MME LA DUCHESSE DOUAIRIÈRE DE CHAULNES
Ribleraont (sic), 28 juillet 1 653.
J'ay receu la lettre que vous m'avez faict l'honneur de m'escrire, et quoyque je sçache que M. Le Tellier ne manquera pas de vous informer de toutes les choses que je luy ay dictes, je ne laisseray pas d'adjouster icy que vous devez avoir l'esprit en repos pour ce qui regarde
1 Jc-iin-Charles de Senneterre, comte de maréchal de La Ferlé. Il mourut en 169O. Brinon, nommé maréchal de camp en 1 65 1. à 88 ans. La Ferté partageait avec Tucommandait en Lorraine en l'absence du renne le commandement des troupes royales.
DU CARDINAL MAZAR1N. 653
vos interests et ceux do M. vostrc lils\ n'y ayant jusqu'icy personne qui Juillet i658. se puisse plaindre de moy pour s'estre lie à ma parole. Au reste, comme le Piov laid estai de partir d'icy aprez-demain pour se rendre en deux jours à Paris, et que je ne puis quitter Sa Ml,;, j'ose me promettre que unis me pardonnerez bien, Madame, si je prends la hardiesse de vous conjurer de venir à Cissy- (sic), puisqu'il est fort nécessaire que j'aye l'honneur de vous entretenir, et qu'il seroit malaysé qu'autrement je le pusse avoir sy tost.
J'adjouste encore ce mot pour vous supplier de contribuer de vostre possible pour que M. de Chaulnes vive bien avec M. d'Elbeuf, lequel asseurementen usera très-bien de son costé; et M. de Chaulnes considérera, s'il luy plaist, que ce seroit un mauvais début pour commencer à establir cette bonne intelligence que d'oster son régiment d'auprez de M. d'Elbeuf, outre qu'il seroit malaysé que ce corps servist si bien le Roy ailleurs que dans la province mesme3.
GCXGIV.
Aff. e'tr., France, t. 891, f° 176. — Minute.
V LA REINE
Riblemont (sic), 29 juillet i653.
Je vous confirmeray par celle-cy que le Roy, suivant ce que j'eus l'honneur de vous en escrire hyer4, partira demain pour aller disner à Laon et coucher à Soissons, et le jour aprez, à Paris, pourveu qu'on trouve des carrosses de relays aux lieux qu'on a mandé. Sa Mld et beaucoup d'autres personnes tesmoignent une grande joye de ce retour, et
' Charles d'Albert d'Ailly, duc de Cliaul- 3 Dans la province de Picardie, dont le
nés. (\ oy. ci-dessus, p. 5a4 , note a.) duc d'Elbeuf était gouverneur.
2 Je pense qu'il faut lire Stssy, auj. vil- ' Nous n'avons pas trouvé celle lettre du
lage du département de l'Aisne, arrondisse- 28 juillet. La lettre du 97 annonçait déjà le
ment de Saint-Quentin , canton de Ribemont. projet de retour du Roi.
<)5/j LETTRES
Juillet i653. vous eu sçaurez quelque chose lorsqu'on aura peu entretenir les Serafins [la Reine].
Le prince de Condé a eu la charité d'escrire à M. de Chaulnes1 et luy offrir son assistance, luy disant qu'il considère ce qui est arrivé à Alanicarnp et qu'il ne doit pas se fier en moy. Ledict sieur de Chaulnes m'a envoyé la lettre du prince avec les dernières protestations de sa fidélité, que j'ay faict fort valoir auprez du Roy, comme je devois, son procédé méritant Lien que Sa Mtd en tesmoigne de la satisfaction. Ce prince devroit désormais cognoistre que les recherches aux gouverneurs, les invectives et les manifestes ne sont plus de saison, ny les biais2 les plus propres pour meliorer (sic) sa condition.
M. de Grandpré fit hier matin une belle action avec cinq cens chevaux, ayant battu la grande garde des ennemis du costé de Saint- Quentin et poussé3 jusque dans leur camp. Nous y avons perdu trois officiers et treize cavaliers, et les ennemis plus de quinze [cavaliers] et vingt officiers. Le chevalier de Rohau ", qui estoit commandé avec cent maistres de mon régiment, y fit merveilles, et je vous prie de vous en resjouir, de ma part, avecMme la princesse de Guemené3 et Mmc de Ghevreuse0. A la vérité, son coup d'essay mérite bien cet office. Le Roy n'est pas encore esveillé, et je demeure vostre tres-humble serviteur avec respect *.
' On a déjà dit , ci-dessus , p. 5a h , note 2, 3 Dans ie sens de pénétré dans leur camp.
que le duc de Chaulnes était un des gouver- ' Louis de Rouan, qui, en 1 67A , fut
neurs qui inspiraient de l'inquiétude à Ma- condamné h mort et exécuté pour crime do
zarin. Dans la note citée delà page 5-24, trahison.
Charles d'Ailly ne porte encore que le titre 5 Anne de Rohan , mère du chevalier de
de chevalier de Chaulnes. Rohan.
2 Les moyens détournés les plus propres " Marie de Rohan, belle-sœur d'Anne de
à améliorer sa condition. Rohan.
=========================== Juillet i653.
GGXCV.
AU'. t;ir. . France, I. 891, f" 177. — Minute.