‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 23 sur 145 · À LA CROISETTE · texte numérisé non relu

À LA CROISETTE

Melun, 18 juin i65a.

Je viens de recevoir vostre billet davant-hyer, el Leurs M1" ont eu beaucoup de joye de voir que M. de Longueville veuille travailler à faire tirer au Roy, de la Normandie, le secours d'argent dont je vous ay escrit. C'est un service de la dernière importance dans cette conjoncture, dont Kilos auront une parfaite recognoissance; mais la nécessité est si grande que l'assistance vaudra le double, si elle est prompte.

\uiis ne serez, je in asseure, pas fasché d'apprendre que le Koy, ayant ordonné à M. de Turenne d'aller droit à M. de Lorraine, et de le

de Paris. Il \éctit jusqu'en 1712. C'est un et de Comté", qui accusaient ie duc de Loidés personnages que Saint-Simon a le |>lus raine de trahison. ( Voy. les Mém. de M"' de maltraités. Montjipusiei', t. II, p. 8a , édit. Charpentier.) \la/arin vert parler du duc d'Orléans ! Ce chef des Mazariiis.

Juin 166a. combattre, s'il ne vouloit signer le traité que l'on desiroit1, ledict sr duc a\l mieux aymé pïèndre ce party que de s'exposer au hazard d'une bataille. On l'obligea d'abord à renvoyer les troupes des princes et à rompre le pont qu'il avoit sur la Seine, de plus de se séparer des princes et de ne les assister ny directement ny indirectement et de se retirer à la frontière par la route qu'on luy donneroit. Il est desjà en marche pour cet effect, et il nous a faict confirmer qu'il veut exécuter, de bonne foy, ce dont il est convenu et suivre la route qu'on lin a envoyée, laquelle finit à Mouzon, où il doit passer la Meuze.

Les princes paroissent au desespoir destre privez d'un secours si considérable par cette retraite de M. de Lorraine, contre lequel ils se plaignent hautement. Il est vray qu'on nous mande que les Espagnols ont résolu de destacher un corps pour l'employer plustost à nous faire la guerre en France qu'à attaquer de nos places frontières. De ce costécy, on n'oublie rien pour se préparer à les bien recevoir, et nous espérons estre en estât de le faire par le moyen des troupes qu'amené M. le niareschal de La Ferté et de partie de celles de Montrond, qui seront bientost icy, sans compter ce que l'on faict venir de Guyenne, qui doit estre desjà en marche. Celles qui estoient dans Estampes ont pris, à ce qu'on nous rapporte, la route de Saint-Cloud. M. le Prince y est en personne, et on croit que son dessein pourroit bien estre de se saisir du poste de Pontoise. On en a donné advis aux habitans; on a escrit aussy à M. d'Idby 2 d'y avoir l'œil et de les assister en cas de besoin, et je vous le mande afin que M. de Longueville en soit informé, y ayant quelque interest, puisque c'est un poste si proche de son gouvernement3.

Comme on ne croid pas à propos de faire à présent de nouvelles levées, d'autant plus qu'on n'a pas d'argent à y employer, (et lequel, en tout cas, seroit bien plus utilement employé pour remonter douze

1 Ce traité imposait au duc de Lorraine , 2 Ou Digby. (Voy. sur ce personnage,

comme on l'a vu, p. 1 a5 , noie 2 , l'obliga- l. III , p. 456 , note 2 , des Lettres de Ma&arin.) lion de sortir de France après la levée du ' Dans la hiérarchie ecclésiastique . Pon-

siège d'Élampes. loise dépendait de l'archevêché de Rouen.

DU CARDINAL M IZARIN. 129

cens cavaliers que nous avons desmontez dans l'année), on n'envoyé '»» aucun ordre à M. de Longueville (tour lesdictes lovées, que vous me mande/, qu'il feroil avec beaucoup d'affection, si le Boy en avoit affaire; de <[uov je vous asseure qu'on luy a la mesme obligation que s'il les avoil l'aides, el parce qu'on pourroit, avec le temps, en avoir besoin. on seroil bien ayse de sçavoir quel corps M. de Longueville pourroit Former, en combien de temps et par quel moyen; car vous sçavez que nous n'avons rien1 en Normandie, et la somme, dont je vous ay escrit, -croit destinée pour employer à des despenses pressées auxquelles nous ne sçavons comment pourvoir d'ailleurs.

Je vous envoyé, avec le chiffre, la copie de la response que le Roy a laide aux députez du Parlement'2. Je vous prie d'asseurer M. de Longueville qu'il n'a point de plus véritable serviteur que moy, et de me croire, en vostre particulier, le meilleur de vos amys.

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