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Bibl. nat. . mss. fonds fr. 23,202, f° 377; original non daté; — Aff. étr. , France, t. 2G9, 1° 1 3 1 ; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin. — Copie du temps.
A L'ABBÉ FOUQUET
Melun, 17 juin i(J5a.
\ ous aurez desjà sceu, je m'asseure, à Paris, ce qui s'est passé avec M. de Lorraine et avec combien de sincérité on a procédé avec luy, puisque M. de Turenne, pouvant lu.y faire courre grand risque 2, comme iuy-mesme et le roy d'Angleterre3 l'advoueront, il a postposé4 cet avantage à l'exécution des ordres de la Cour, qui luy defendoient d'attaquer ledict sieur duc; mais [demanda] qu'il voulust rompre son pont, se-
1 Le sens esl : comme je m'en doute asst : . menaça d'une attarpie immédiate. Le duc de comme je le pense. Lorraine se soumit alors aux conditions im-
2 Turenne, après avoir levé le siège posées par Turenne.
d'Elampes, marcha vers \ illeneuve- Saint- :> Le roi titulaire d'Angleterre, Charles II .
Georges, où e'tait campé le duc de Lorraine, avait servi d'intermédiaire entre le duc de
pI le somma de sortir de France dans un délai Lorraine et le général français.
fort court, conformément au traité signé 4 Le sens de cette phrase est : Turenne
avecChàteauneuf. (Voyez ci-dessus, p. ng, a sacrifié cet avantage pour exécuter les ordres
note a.) Comme le duc hésitait. Turenne lf de la Cour.
Juin »65a. parer ses troupes d'avec celles des princes et se retirer à la frontière comme il s'est engagé de faire. Il ne parle point de venir à la Cour: mais il asseure qu'il est plus résolu que jamais d'achever son accommodement particulier, estant bien persuadé de l'advantage qu'il \ trouvera, et que l'on veut traiter à la Cour de bonne foi, ayant neantmoins déclaré que, pour certaines raisons, il ne veut point renouer son trait»'' que quand il sera esloigné de trois ou quatre journées; ce qui se (apporte avec ce que vous m'en escrivez. Les environs de Paris ne perdront pas à son esloignement l, et il sera bon de faire valoir ce que j \ a y contribué.
On a donné ordre pour la conservation de la maison de M. Le Prévost2; ce que vous luy pourrez faire dire de la part de la Reyne, et les autres choses que vous jugerez nécessaires, par telle personne que vous croirez propre pour cela; car nous ne sçavons pas icy qui y employer. Je vous prie de remercier M. d'Aligre 3, de ma part, de la bonne volonté qu'il me tesmoigne. Pour l'affaire de M. de Harlay \ envovez-moy le nom de la personne pour qui il demande l'abbaye, et jeu feray faire aussytost les expéditions. Je vous conjure de tascher de m'envoyer quelque argent; car, sans ce secours, je ne sçais ce que je feray.
Aff. étr., France, 1. 290. f° 292. — Autographe.
AU DUC DE LORRAINE
Mclun, 18 juin i65a.
J'ay esté tres-ayse de vous sçavoir en une si bonne disposition, et je
1 On peut voir, dans le Journal de Du- nié Le Prévost, qui était un des plus zélés buisson- Aubenay (t. Il, p. 238), les détails défenseurs de l'autorité royale.
des dévastations commises par les Lorrains 3 Voy. ci-dessus, p. &g, note 1.
aux environs de Paris. " Achille II, de Harlay, mort en 1 ti-7 1 -
2 II ne s'agit pas ici du Prévôt des mar- Son lils, Achille III , de Harlay, tut procureur chauds, mais d'un chanoine de Paris, nom- général et premier président du parlement
m'asseuve que, si vous me venez \oir, vous roeognoistrez que vous me Juin i65s faictes justice, quand vous croyez que j'ay une véritable affection pour vous, Il ne faul plus parler de colère de pari uy d'autre et remettre à vuider ce procès à nostre entrevue, .le non doute plus, aprez ce que vous m'en eseiive/. et ee que m'en a diet le sieur de Beaujeu. Plust a Dieu que vous pust réussir la conclusion do la paii générale; car outre la joye que tout le monde en auroit, la mienne seroit très-grande que ce l'ust pas vostre moyen. Travaillez donc et ne larde/ pas à m'en donner des nouvelles* ou, pour mieux dire, à me les porter. Vous aurez appris celles de Paris, où vous avez des amis1 qui crient autant contre vous comme ils font contre lesMazarins, et avec la mosmo raison. Je n'en suis pas trop fasché, et je vous asseure que le chef2 se déclare fort vostre obligé, el qu'il vous servira de la bonne manière.
LXH.
Ml. élr. . France. I. -2Ù{), f° i5i v°. — Copie du lemps.