‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 37 sur 145 · POUR REMETTRE À FABERT ET ÊTRE COMMUNIQUÉ À CIIAVIGNV · texte numérisé non relu

POUR REMETTRE À FABERT ET ÊTRE COMMUNIQUÉ À CIIAVIGNV

Sedan, le dernier août i65a.

[11 faudra dire] que 3 a'2 luy est obligé de toutes les bonnes volontez qu'il luy tesm oigne;

Que luy3 sçait si on pouvoit l'aire davantage pour satisfaire M. le Prince, et l'obliger à se remettre en son devoir et estre amy de 3a;

Que 3 a est résolu de faire toutes les choses, sans rien excepter, pour relever l'authorité royale et mettre Sa M16 en estât d'estre obeye et de pouvoir donner le repos à ses sujets;

Que 3a attend avec impatience la response de l'électeur de Cologne pour s'en pouvoir aller à Bouillon, afin d'oster toute sorte de prétexte aux princes, quoyque ny le Parlement, transféré à Pontoise, nayt pas demandé au Roy que 3a sortist du royaume, ny que Sa Mt<; luy en ayt laict aucun commandement;

Que si on se contente des choses raisonnables, raccommodement se fera sans delay, le Roy ayant interest à faire" cesser promptement les troubles par un moyen qui produira infailliblement la paix générale ;

Que la Reyne et tous ceux qui ont l'honneur d'assister dans le Conseil ont la mesme intention, et qu'aprez ce que j'ay faiet auprez

1 A cette époque, Fabert servait d'in- - Ce chiffre désigne très certainement

lermédiaire pour une négociation entre Mazarin.

Cbavigny et Mazarin, comme on le voit 3 Luy paraît désigner Chavigay, comme

par la lettre suivante. dans la phrase précédente.

DU CVRDINAL MAZARIN. 189

de Leurs Majestez pour obtenir mon esloignement, il nie semble que Aoûi i65a. les princes pourroieot avec beaucoup de réputation faciliter les choses qui peuvent donner la paix;

Que je souhaiterois bien que la négociation de l'accommodement tombast entre les mains de M. de Chavigny, car le succez en seroit bon et prompt;

Que 3-3 souhaite de le servir en toutes choses, mais qu'il sera bien embarrassé de le faire tant qu'il (Ghavigny) sera dans le party des princes et que ceux-cy feront la guerre au Roy; et 3q aura d'autant moins de pouvoir en l'affaire de l'abbaye de Saint-Antoine', qu'il sçait que la Revue est engagée en faveur de M. le Garde des sceaux, et qu asseurement les instances pour faire cette grâce à M. de Ghavigny, dans 1 estât présent des choses, seroient mal receues et ne feroicnt aucun elfect; et il est bon que M. de Ghavigny sçache que, depuis la résolution (pie M. le Chancelier a prise'2, on crie plus que jamais à la Cour contre luy; de quoy il pourra estre informé d'ailleurs.

Bibl. Mazarine. ms. n° 1719, t. II, f° 45-2 v°. — Copie du temps.

À M. LE TELLIER

[Sedan], le dernier août i6ô-.>.

(evtiuit.)

Je vous fais ce mot à part pour vous dire que le capitaine des gardes de M. dePalluau, me pressant sur la prétention de son maistre \ m'a voulu faire accroire que vous luy aviez dicl qu'elle estoit juste, el

' Il s'agissait probablement de faire Pallnau, avait assiégé et pris la place de

donner l'abbaye de Saint-Antoine à une Montrond ; il demandait le titre de maréchal

des filles de Ghavigny. de France, qui ne lui fut accordé publique-

1 Je pense qu'il s'agit de la résolution ment qu'en i653. (Voy. surPalluau, maîtrise par le Chancelier de sortir de Paris. réchai de Clérembault, le t. Ier. p. a5 1 . des Pbilippp de Clérembault, comte de Lettres de Mazarm.)

Uiïi i65a. (jue l'affaire dcpendoit de moy, et d'autres choses semblables; àquo\ je n'ay adjousté aucune créance, et je luy ay faict cognoistrc que c'estoit une manière de laquelle on se servoit d'ordinaire pour presser les gens, et que je n'en avois pas affaire, ayant beaucoup d'estime pour luy et grande passion de le servir. Mon advis sur cette affaire est le mesme que je vous ay desjà dict : l'action mérite rescompense ; car elle est grande et utile dans la conjoncture présente, et, la guerre civile continuant, le bon traitement que l'on fera à M. de Palluau escbauffera un chacun à bien servir; mais le Roy en pourroit remettre l'exécution à la fin de l'année, et contenter M. de Palluau par une lettre d'engagement pour cette grâce dans ledict temps, dans lequel il pourra venir à la Cour la recevoir; et mesme par un brevet que, Leurs Majestez le trouvant bon, vous luy pourrez envoyer de ma part par le mesme capitaine des gardes, auquel je vous prie de ne tesmoigner pas que je vous aye escript ce qu'il m'a dict.

L'Ondedei1 m'escrit que personne n'approuvoit la resolution que j'ay prise de m'esloigner et que la Reyne estoit en disposition de se laisser persuader là-dessus. Il me mande aussy que mes meilleurs amis estoient au desespoir de ce que, au Conseil, je n'avois pas esté d'advis du rasement de Montrond. C'est une pièce asseurement qu'on me joue; vous en sçavez la vérité. Je responds sur ces deux points, comme je doibs; mais vous ne ferez pas semblant d'en avoir cognoissance. Tous ces discours ne servent de rien, et je luy ay mandé de ne s'y amuser pas davantage à l'advenir. Souvenez-vous aussy de dire à la Reyne que le moins que Sa Majesté aura la bonté d'entendre certaines choses, ce sera le meilleur et particulièrement sur ce qui est faict; et (quoy) que je sois persuadé plus que jamais que l'on ne pouvoit faire une action plus décisive que celle que j'ay faicte aprez l'establissement du Parlement à Ponthoise (et vous en avez bien veu l'effect), neantmoins, si la Reyne tesmoignoit d'en doubter tant soit peu, tout le monde feroit sa cour auprez d'EIle en la condamnant2.

1 Zongo Ondedei. (Voy. le 1. 1", p. 968, des Lettres de Mazarin.) — * Le sens est : tout le inonde ferait sa cour à la Reyne en condamnant l'action que j'ai faite, c'est-à-dire mon exil

Aoiïl i 65a.

ItUition de la main de Son Eminence.

Je ne suis pas encore asseuré si je partiray demain de ce lieu; car il faut que je prenne garde à Messieurs lesVittembergs, qui s'accommoderoient volontiers de nia personne, à ce que j'apprens.

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