‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 74 sur 145 · CLXXXVI1I · texte numérisé non relu

CLXXXVI1I

MF. étr., France, t. 269; t. 3t> du recueil des Lettres de Mazarin, f° 3g5 v°. — Copie du temps.

À M. DE TURENNE

Sedan, 10 novembre i6f>s , â g heures du soir. (extrait.)

Ce billet est pour vous dire qu'ayant faict toutes les diligences ima-

Novembre i65a. ginables pour sçavoir ce queFuensaldagne avoit destaché pour envoyer à M. le Prince, j'ay trouvé tout-à-faicl faux l'advis des trois mille chevaux; mais bien que, le 5 du courant, il fit partir des quartiers où il estoit, avant que de venir à Beaumont, les trois regimens de cavalerie que je vous ay mandé estre des plus forts de son armée, qui sont celuy d'Arscot (sic), celuy qui estoit de Palaviccini, et un qu'il me semble avoir ouy dire estre de Gouslin (sic), et en outre trois bons regimens d infanterie italienne et espagnole, et nous avons vérifié que c'est ce corps qui passa à un lieu appelé Moron1, qui appartient à M. de Grandpré, dont une femme d'icy donna l'advis à M. de Varennes.

Le comte deFuensaldagne, avec tout le reste de ses troupes, a attaqué Beaumont, où il avoit amené huict pièces de canon; H (Beaumont) se rendit hyer, et quelques cens soldats qui se defendoient ont esté pris à discrétion et emmenez à Montmedy. Si M. de Grandpré m'eust voulu croire, on n'y en eust laissé que dix, parce qu'il n'y a pas un plus meschant lieu au monde que celuy-là.

Aff. élr., France, t. 269; t. 3o du recueil des Lettres de Mazarin, f° lioi.

AU MARÉCHAL DE LA FERTÉ

Sedan, 11 novembre 16.32.

(extrait.)

Sainte-Menehould tenoit encore hyer, et, si la maxime estvraye que, lorsqu'on n'advance pas dans un siège, l'on recule, nous pourrions espérer que M. le Prince ne remporteroit que de la honte de cette entreprise. Depuis un premier secours, on m'asseure qu'il y en est entré encore deux autres. Cependant que Sainte-Menehould se sauve ou qu'il se perde, on doit mettre toutes pièces en œuvre pour renforcer l'armée:

1 Le nom est ainsi écrit dans la copie. Il faut lire probablement Mouron , aujourd'hui village du département des Ardennes, canton de Grandpré.

DU CARDINAL MAZARIN. 'i5.r>

je im oublie rien de mon costé, et j ay escrit à tous mes amis de la Novembre 1 65* frontière de Picardie pour les prier de m'assister en ce rencontre, et je Miis bien trompé si cela ne produit un petit corps assez bon, puisque les inareschaux d'Aumont et d'ilocquincourt ont plus de quatre cens chevaux, qu ils me peuvent envoyer sans aucun risque. Enfin je De m'applique à autre chose et remue tout pour laisser les affaires en estât dans cette province, avant que de m'en aller à la Cour, afin qu'il ne soit pas si a\se à \1. le Prince de venir à bout de ses desseins, comme il se l'est proposé.

Ce de quoy je vous prie de faire vos efforts pour assembler1 le plus de troupes que vous pourrez et de vous rendre à l'armée où nous nous pourrons voir et résoudre, tous ensemble avec M. de Turenne, ce qu'il \ aura à faire pour prendre ensuite ma route du costé de la Cour, avec la satisfaction de ne laisser pas cette province en proye aux ennemis.

GXC.

Bibl. nat., ms. f. fr. . t. C891 , 1° 3oi ; original signé, fin autographe. — Bibl. Mazarine, 111s. n° 17H). t. III, f° 187 v°. — Copie du temps.

V M. LE ÏELLIER.

Sedan, 12 novembre i65j -.

Je ne vous diray pas des nouvelles de ces quartiers, puisque je vous envoyé copie de partie des billets que j'ay escrits à M. de Turenne3 pour l'advertir à tous momens des mouvemens du corps de Fuensaidagne, lequel je tiens fort embarrassé, estant pressé furieusement, et par les olficiers et soldats espagnols et italiens, de les ramener en Flan-

1 Tel est le texte du manuscrit; il fan- la novembre. La copie porte ta date du 1 3.

drait. pour la régularité de la phrase, rem- ' Le déchiffrement de ces billets, qu'on a

placer les mots pour assembler par c'est vus ci-dessus, est conservé, en partie, à la

d'assembler. Bibliothèque nationale, dans les papiers de

1 Dans l'original, la lettre est datée du Le Tellier, comme je l'ai indiqué.

'i5(i LETTRES

Vovembrei65s. dres on quartier, ainsy qu'ils présupposent1 leur avoir esté promis, «m ne l'estanl pas moins de M. le Prince pour avoir ces troupes, à cau^< • le l'approche de nostre armée et de la résistance de Ste-Meneliould . qui est tout-à-faict extraordinaire.

11 n'est pas besoin de vous dire le desplaisir que j'av de ne pouvoir obéir sytost que je le souhaiterois au commandement qu'il a plu à Leurs Majestez de me faire de me rendre auprez d'EIles; mais j'ay, au moins, cette consolation que mon séjour en ce pays n'aura peut-estre pas esté tout-à-faict inutile à leur service dans une conjoncture où il sembloit que la province fust comme abandonnée en proye aux ennemis.

On me vient d'asseurer que les troupes de Picardie ont joinct M. de Turenne, et celles de Normandie aussy; mais j'ay quelque aprehension que, M. d'Elbeuf y estant en personne, cette multiplicité de généraux ne cause quelque embarras préjudiciable au service du Roy.

Je fais toutes les diligences dont je me puis adviser pour fortifier I armée, et mesme j'ay depesché à tous mes amys de la frontière de Picardie, pour les prier de venir promptement et d'amener le plus de troupes qu'il sera possible des garnisons des places, les pressant làdessus, comme pour une chose qui, outre le service du Roy, me regarde en mon particulier, ayant creu que Leurs Majestez ne trouveroyent pas mauvais que mon zèle me fist prendre cette liberté qui n'a, en effect, autre but que le bien de leurs affaires.

J'ay veu ce que vous me mandez de vostre voyage de Limoux -. H faut que je vous réplique de nouveau qu'il est mal aysé de croire que M. le duc d'Orléans veuille se reunir sincèrement à Leurs Majestez. voyant qu'en mesme temps il lesmoigne tant d'attachement pour ceux dont Elles ont tant de sujet de n'estre pas satisfaites, et tant d'aversion

1 Qu'ils prétendent. l'autorité royale et à exciter la guerre civile.

2 Ce fut pendant ce voyage à Limoux au- J'ai cité des extraits de la correspondance près du duc d'Orléans que Gaston avoua à de Le Tellier avec Mazarin dans l' Histoire Le Tellier les intrigues de Château neuf et de France sons le ministère de Mazarin , t. I" , du Coadjuteur pour l'engager à résister à p. 356, note î, et p. 368.

pour mov qu'il sçail estre honoré de leurs bonnes grâces et les avoir Novembre i65q. fidelemenl servies.

Je voy, par les lettres qui sont venues de Paris en dernier lieu, que les libelles \ durent à l'accoustumée , et mesme j'apprends qu'il se faict tous les jours plusieurs vols dans la ville et les environs, que l'on impute aux troupes du Roy, quoyque ce soit pcut-estre un artifice des Factieux et des partisans de M. le Prince. Vous sçavez ce que je vous a\ escrit plusieurs Ibis sur ce sujet et particulièrement pour ce qui regarde les libelles. Outre qu'il n'y a personne dans le Conseil qui ne sçache mieux que vous le moyen d'en arrester le cours, je ne doute point que M. le Procureur gênerai n'y travaille de son costé; mais je ne puis m'empescher de vous dire encore cette fois que j'estime qu'on ne doit rien oublier pour y mettre remède et sans delay; non plus que pour ce qui regarde les vols dont je vous ay parlé cy-dessus. Et pour cet elTect, il nie semble qu'il ne faudroit rien espargner pour mettre le chevalier du Guet1, le Prévost de l'Isle [de France], le Lieutenant criminel de robe courte2, et autres semblables officiers, en estât de pouvoir faire régner la justice; et s'il faut pour cet effect leur donner de quoy augmenter le nombre d'hommes qu'ils doivent avoir, je croy qu'on n'y doit pas hésiter, n'y ayant aucune despense qui puisse estre mieux employée que celle-là.

Je ne sçay que vous dire de Barcelone; mais je suis en de grandes transes nonobstant ce que vous m'escrivez, M. de Joyeuse, qui vient d'arriver de Rheims, asseurant que la Gazette de Paris3 parloit de la

1 On donnait ce nom au commandant de la garde chargée de veiller à la sûreté de Paris. Le guet royal se composait, au commencement du xviii' siècle, de cent soixante cavaliers et de quatre cent soixante-douze fantassins.

1 Lieutenant du prévôt de Paris, chargé de faire arrêter les meurtriers, les vagabonds et les gens suspects. Il avait à ses ordres une troupe d'archers ; on l'appelait de robe courte ,

parce qu'on le considérait comme un chef militaire; c'était un moyen de le distinguer des magistrats, qui portaient la robe longue. 3 On trouve dans la Gazette de 1 65-2 , p. 1081 , un mémoire intitulé : Articles de la capitulation accordées entre le maréchal de la Mothe, vice-roi de Catalogne, pour Sa M" Très- Chrestienne , et Don Juan d'Autriche pour la reddition de la ville de Barcelone. Ces articles sont précédés d'un préambule où l'on a ré-

iwpr.iMtrui natiosalc.

/i58 LETTRES

Novembre i65a. reddition de ladicte ville aussy bien que de Gazai; mais je vous advoue que si ces deux malheurs-là sont véritables, j'ay trop de passion pour le service du Iloy pour avoir aucune joye de ma vie, voyant qu'il est presque impossible de remédier à ceux qui arriveront ensuite à l'Estat, et je vous diray, en outre, du meilleur de mon cœur, que Dieu m'auroit l'aict une grande grâce d'abréger mes jours pour ne me laisser pas voir tant de funestes eflects de la rage des mauvais François1.

Mais je me veux encore flatter de l'espérance que ces nouvelles ne seront pas véritables. En cas qu'il en fust autrement, je ne vous puis mander autre chose, pour ce qu'il y auroit à faire, que ce que je vous ay escrit de Bouillon, et de prendre promptement les précautions nécessaires avec la maison de Savoye, afin que, par l'apprehention des Espagnols, ou par leurs cajoleries, elle ne se laisse pas aller à faire quelque union avec eux au préjudice du Roy.

Bib). nat. , ms. f. fr. , t. 6891, f° 3io; original chiffré, fin autographe. — Bibl. Mazarine, ms. n° 1719, t. III, f° ig4. — Copie du temps.

À M. LE TELLIER

Sedan, 19 novembre iG59.

(extrait.)

Langlade2 est enfin arrivé icy, après avoir faict un grand tour, et m'a rendu vostre depesche du he de ce mois. Je voy par ce que vous me mandez que je ne dois plus douter de la perte de Barcelone, ny de celle de Gazai, et comme vous sçavez, mieux que personne, combien je me suis tourmenté, de vive voix et par escrit, pour destourner ces mal-

smné (p. to8i-io85) les principaux évé- perdre à la France Gravelines, Dimkercpie.

nements du siège. La ville de Barcelone Barcelone et Casai, sans parler des places

s'était rendue dès le 1 3 octobre 1 65a. de Champagne, Saint-Porcien , Hethel et

1 Mazariu désigne les Frondeurs et sur- Sainte-Menehould. tout leurs chefs, dont la révolte avait fait 2 Voy. ci-dessus, p. a5i, note -2.

DU CARDINAL MAZARIN. /i59

heurs, voua n'aurez pas douté non plus que la douleur que j'en ay ne Novembre i65«. soit extresme. Je vous asseure qu'elle est de la nature de celles qui ne aepeuvenl exprimer que parle silence. Il faudroit bien queje lusse insensible si. sçacbanl mieux que qui que ce soit les peines, l'argent et le sang que ces deux places ont cousté à la France, j'estois capable de consolation les voyant perdues, faute d'avoir pourveu à temps aux choses qu'il estoit facile de faire pour les sauver.

Je crov pouvoir advoùer sans vanité ce que vous avez bien voulu me marquer par vostre lettre, que ma présence à la Cour nous auroit pu garantir de ce mal, et je suis au desespoir qu'ayant creu, avec beaucoup d'autres, que mon esloignement changeroit la face des alFaires au dedans du royaume à l'advantage de Sa Majesté et à la confusion de ses ennemis, et en ayant esté, en effect, universellement loué, comme d'un coup de partie, ce mesrae esloignement nous ayt causé un si notable préjudice au dehors.

Il faut que je vous dise que, parmy tous mes desplaisirs, ce n'est pas le moindre que celuy que j'ay de voir le tort que ces mauvais succez feront à la réputation de la nation françoise parmy les estrangers, où il me semble d'entendre renouveler l'ancienne remarque qu'elle sçait bien faire des conquestes, mais non pas les conserver, et, au contraire, exalter la fermeté des Espagnols, qui ne sont pas rebutez, ny de la fatigue d'un siège de quinze mois, ny de l'affront qu'ils avoyent receu trois fois de suite à Gazai. Car enfin, quoyque cecy ne soit pas nostre plus grand mal, je suis trop bon François pour n'estre pas touché au vif de tout ce qui va au desadvantage de la nation.

Les ordres du Roy, que vous me mandez avoir esté donnez pour arrester les progrez des ennemis du costé du Roussillon, sont fort bons, pourveu qu'ils soient exécutez; car je voy que chacun s'en dispense avec beaucoup de facilité, et si, par quelque punition exemplaire, on ne met les choses en estât que, pour le moins, on soit en repos pour l'exécution lorsqu'on aura donné les ordres, il est impossible absolument de soustenir les affaires, et croyez qu'il n'y a rien à quoy l'on doive plus s'appliquer qu'à ce point; car j'ose dire que de là dépend le

.'i60 LETTRES

Novembre i(i $■>.. restablissement de toutes choses, estant asseuré que, si une fois on peut faire en sorte que ceux à qui l'on ordonne obéissent sans réplique, et <jiie l'on ne soit plus obligé à capituler avec*eux, il reste encore assez de moyens au Roy pour rabattre l'audace de ses ennemis estraugers et domestiques.

Je croy que vous aurez receu ma dernière depesche, puisque le lieutenant de la ville de Rheims me mande vous l'avoir envoyée par courrier exprez. Vous aurez veu que j'csperois, et avec quelque fondement, que nous aurions un bon succez à Slc-Menehould ; mais comme les troupes de Normandie n'avoyent pas joint M. de Turenne, et que celles de Picardie n'estoyent arrivées qu'à la veille de la reddition de la place ', il ne put rien entreprendre. J'ose pourtant m'advancer encore à vous dire que, dans peu de jours, M. le Prince recognoistra qu'il n'a pas bien pris ses mesures pour exécuter ses projets, ou nostre malheur sera tout-à-faict extraordinaire; et j'estime qu'on tombera bien d'accord avec moy, que, si l'armée du Roy a quelque advantage sur M. le Prince, il ne faut pas craindre que les factieux remuent rien dans Paris, comme ilsferoient sans doute s'il arrivoit autrement et que ledict Prince continuast à faire des progrez, de façon que, travaillant incessamment comme je fais icy, afin que MM. de Turenne et de La Ferté soyent en estât de le poursuivre, quand mesme Fuensaldagne ne se retireroit pas (ce qu'il fera neantmoins infailliblement), je croy par là contribuer beaucoup au calme de Paris.

Un courrier que M. de Montmege a depesche sur la mort de M. de Rouillon-la-Mark2 et qui partit de Paris jeudy dernier, a débité icy quantité de nouvelles; mais je ne sçay pas sur quel fondement, et entre autres le mariage de M. le marquis de Richelieu3 avec Mlle de Reau-

1 La place de Sainle-Menehould s'était 3 On a déjà dit que Jean-Baptiste-Amador

rendue le 1 3 novembre i65a. Vignerot ou de Vignerod. marquis de Ri-

" Henri-Robert de ia Mark, comte de chelieu, né en i63a, épousa, le 6 novem-

Braine, dit le duc de Bouillon, était mort à bre iG5 -2, Jeanne- Baptiste deBeauvais. fille

son château de Braine, près de Soissons, le de Pierre de Beauvais, seigneur de Genlilly,

7 novembre i65-2, à l'âge de soixante-dix- et de Gatberine-Henriette Bélier, première

sept ans. femme de chambre d'Anne d'Autriche.

DU CARDINAL MAZARIN. /i61

vais, ft (pic l'on avoil envoyé (1rs lettres de cachet, à Madame de Che- Novembre 1 65s. VTeuse el à M. de Ghasteauneuf1 pour les faire sortir de Paris; si cela .■-t. je juge que c'aura esté suc ce qu'on aura descouvert qu'ils faisoyent quelque ûouvelle cabale, el je nie le |)ersuade d'autant plus que Langlade m'a dicl qu'il s'en formoit de tres-dangereuses, sans m'en pouvoir apprendre neanlmoins rien de particulier. Mais s'il est vray, comme tout le monde me l'escrit et comme aussy il y a grande apparence, que jamais le cardinal de Retz ne s'est tant remué qu'à présent . courant mesme travesty la nuit, ainsy qu'il faisoit autrefois, quand il nous tailloit tant de besogne, je ne scay pas comment Leurs Majestez hésitent à luy faire commandement de s'en aller à Rome; car si on le luv donne en sorte qu'il cognoisse que c'est avec resolution de pousser la chose à bout, je ne doute pas qu'il n'obeysse. Et comme l'on a veu par expérience que tous les bons traitemens et les grâces extraordinaires qu'on luy a départies pour ramener son esprit et borner son ambition ont esté inutiles, et que rien n'est capable de le faire changer d'humeur ny de le destacher de l'intrigue, de la faction et du desordre, il est certain que, tost ou tard, il en faudra venir là, et, en ce cas, il vaudroit beaucoup mieux pour le service du Roy que ce fust plus tost que plus tard, avant mon arrivée à Paris. Et aprez ce que vous avez pris la peyne de m'escrire qu'il a faict avec M. le duc d'Orléans, vous et toutes les personnes de bon sens tomberez dans le mien, que, si on luy donne temps, y ayant à Paris quantité d'esprits mal disposez et une guerre civile allumée dans le royaume, il ne faut pas douter qu'il ne fasse naistre quelque desordre auquel il sera difîicile de remédier. Le soin mesme qu'il prend à présent de tesmoigner qu'il ne veuf s'attacher qu'à sa profession, et de prescher dans toutes les paroisses, n'a pour but que de s'accréditer avec le peuple, afin de se remettre en estât de faire du mal à la première occasion. Je vous prie de représenter ce que dessus à la Reyne, de ma part, et luy dire que tout ce qu'on fera

1 Le marquis de Chàteaunetd avait reçu, suivante. Quant à la nouvelle de l'exil de en effet, le ia novembre t65a. l'ordre de M'"" de Clievreuse, je ne crois pas quelle se retirer en Berry, où il mourut l'année fût fondée.

ïm LETTRES

Voveïnbréi65s. à l'esgard d'autres personnes suspectes ne servira de rien, si on laisse au cardinal de Retz la liberté de brouiller comme il faict; et il arrivera la mesme chose qu'il y a quatre ans, que, le Parlement estant plus coupable que les autres compagnies de la ville de Paris, on prist resolution, contre mon advis, de chasser des conseillers desdictes compagnies1 et d'espargner le Parlement. Il faudroit commencer, à mon sens, par luy faire dire positivement, par le moyen de Mm'' la Princesse de Guemené2, que le Pioy veut absolument qu'il l'aille servir pour quelque temps à Rome, le bien des affaires de Sa Majesté le requérant ainsy ; qu'il y va mesme de l'interest dudict Cardinal d'y aller au plus tost pour faire cesser quantité de bruits qui courent à son préjudice. Et pour luy donner lieu de faire ce voyage avec la dignité convenable à son rang, Sa Majesté luy fera ponctuellement payer non seulement les vingt mille livres que l'on a accoustumé de donner aux cardinaux françois, mais aussy mille escus par mois d'extraordinaire, qui seront payez par quartier à Paris entre les mains de telle personne qu'il nommera pour les recevoir. Et en cas qu'il fasse difficulté à cela, il faudroit luy en envoyer l'ordre , et faire cognoistre en mesme temps au public que le Roy ayant descouvert les nouvelles menées qu'il faict pour troubler le repos de la ville de Paris et obliger Sa Majesté à s'en retirer, Elle a voulu rompre ses mauvais desseins, afin de n'oublier rien pour maintenir le calme dans Paris, et y continuer son séjour. L'on pourroit mesme imprimer la lettre qu'on luy envoyeroit pour cet effect, y ayant des raisons de reste pour la rendre bien plausible.

Que s'il souhaitoit de se retirer plustost à Commercy 3, je me remets à ce qu'il sera jugé plus à propos; mais je supplie tres-humblement la Reyne de ne se flatter pas sur ce que la princesse de Guemené luy a

1 Ces compagnies étaient la Chambre des fut la princesse palatine qui pressa Retz de comptes , la Cour des aides et le Grand Con- partir pour Rome. ( Voy. les Mémoires de seil, qui avaient conclu , en i648, l'union Guy Joly, édit. Michaud et l'oujoulat, p. 81 avec le parlement de Paris. et suiv.)

2 AnnedeRohan.(Voy. ci-dessus, p. 120, 3 Le cardinal de Retz était seigneur, ou , note 2.) D'après les Mémoires de Guy Joly, comme on disait alors, damoiseau (donti-

pii était alors ami et confident de Retz, ce cellus) de Commercy.

diol que iedict Cardinal n'avoitplus de crédit, et ne songeoitqua aller Novembre i65< à Rome, parce quasseuroment cela se l'air t exprez, afin que Leurs Majestei en estant persuadez ne s'appliquent pas a prendre les précautions nécessaires contre le mal qu'il ponrroit l'aire. Enfin je suis bien trompé si le Ro\ n'a toujours en teste le cardinal de Retz, soit pour les rentes1, soit pour les Estals-Generaiix, ou pour les proscrits2, el celuyc\ aura lousjours des ressources pour se rendre considérable. H ne faut pas aussy douter que, s'il vient à bout défaire un party formé, il ne tasse union avec M. le Prince; ce qui l'en empesche à présent, n'estant autre chose que la crainte qu'il a que M. le Prince ne fasse pas cas de luv aprez qui! se sera déclaré, s'il n'est en estât de se soustenir de luy-mesme.

Et à propos des Lstals-Generaux, je me sens obligé en conscience de dire que le Roy n'a point de temps à perdre à faire arrester Annecy3, parce que c'est celuy de tous qui faict le plus de bruit sur cette matière, sur les instructions du cardinal de Retz. Je vous prie d'en advertir Leurs Majestez, et d'ailleurs c'est le bras droit dudict Cardinal et un exécuteur aveugle de toutes ses volontez. Je ne vous recommande pas le secret sur tout cecy, parce que la chose le demande assez d'ellemesme.

La resolution que le Roy a prise d'aller au Parlement* sur le sujet de M. le Prince, et de le faire avant mon retour, a esté fort bonne.

Je vous remercie des nouvelles que vous m'avez envoyées qui sont fort curieuses; mais vous vous souvenez bien, à l'esgard de toutes les

1 Les rentiers et le Parlement s'agitaient parce que les rentes de l'Hôtel de Ville n'élaient pas régulièrement payées.

1 Les membres du Parlement qui avaient été exceptés de l'amnistie dans la séance royale, tenue au Louvre le 2 9 octobre i65q.

1 Charles d'Ailly. seigneur d'Annery. Retz parle dans ses Mémoires (édit. des Grands Ecrivains de la France , t. II , p. 592 . et t. III .

p. 2/17) des services qu'Annery lui avait rendus.

4 Le Roi s'était rendu au Parlement le i3 novembre i652, et y avait l'ait lire une déclaration contre les princes de Condé et de Conti et contre la duchesse de Longueville, qui n'avaient point pris l'amnistie dans le délai fixé; ils avaient été déclarés coupables de lèse-majesté et leurs biens confisqués.

■Wi LETTRES

Novembre i65a, personnes qui v sont nommées, que nous nous estions tousjours bien doutez des mesmes choses que nous sçavons avec certitude.

Il est constant qu'il n'y a point de troupes qui ayent (dus travaillé à la prise de Stc-Menehould que celles des reghnens qui portent le nom de S. A. R. ', et quoyque Gedoin2 fust arrivé à Chaalons avant l'attaque de la place, M. le Prince ne les a jamais voulu laisser aller qu'elle n'ayt esté rendue. Il est certain aussy que, dans cette armée-là, et parmy les Espagnols, il se dict publiquement qu'on renvoyé lesdictes troup afin qu'elles ayent de bons quartiers d'hyver en France, et quelles puissent revenir les joindre pour la prochaine campagne, estant bien asseurez que S. A. R. ne voudra pas manquer à la parole qu'elle a donnée à M. le Prince et à M. de Lorraine de ne se séparer jamais de leurs interests. Mais, aprez ce que vous me mandez avoir recogneu des bonnes intentions de S. A. R. , j'ay l'esprit en repos pour ce regardlà, et j'attribue à la violence de M. le Prince le séjour desdictes troupes au siège de Sle-Menehould , et à l'artifice de luy et des Espagnols les bruits dont je vous parle cy-dessus, afin de nous donner de la mesfiance et nous obliger à prendre des précautions qui puissent choquer S.A. R.

Je croy qu'on sera satisfait à Paris de la vigoureuse deflense de Ste-Menehould; car, à la vérité, elle ne pouvoit estre plus grande, n \ ayant jamais eu deux cens hommes de guerre dans la place. M. le Prince m'a renvoyé icy les Irlandois et les autres qui en sont sortis, et ne leur a pas voulu permettre de se retirer en aucun autre lieu , leur ayant dict qu'il falloit qu'ils me vinssent faire une visite, et que je les recevrois bien. En effect, j'en ay usé ainsy parce qu'ils le meritoyent et je leur ay faict donner de l'argent et tout le bon traitement que j'ay pu.

' Le duc d'Orléans avait rappelé les ré- ' On trouve , dans la liste des maréchaux g iments qu'il avait dans l'année de Condé, de camp, un personnage nommé Gédoiu en exécution du traité signé avec la Cour; (Philippe). Il mourut le 38 avril 1080. mais on voit, par cette lettre, que Condé D'après ce passage de la dépêche de Maies avait retenus pour le siège de Sainte-Me- zarin, Gédoin était spécialement attaché au nehould. duc d'Orléans.

01 CARMIN \l MAZARIN. 465

. . . ■! ■ — - — — ■ — r- Novembre 1 65a.

GXGIL

Ml', cir. . France, t. 969; 1. .'!o da recueil des Lettres de Mazarin, V 4o8 v".

\ ONPEDEI,

Sedan, 20 novembre i65a.

(EXIBÀIT.)

lo sono ancor qui, o Dio m' inspira di non partiro, due giorni sono, corne haveva risoluto di fare, poiche diflicilmente liavrei potuto évitai e un cattivo rincontro. havendo havuto avviso da più parte, ma particolarmente da M. de Giojosa1, clic Aoo cavali del arma ta de! Prencipe m' attende vano al passagio, e clic (jueslo corpo doveva essor rinforzato dalla guarnigione di Relhel; nia. scrivendo particolarmenle di tulto queslo a M. Le Tel lier'2, non vi aggiungero altro se non che si èscoperto ancora che M. di Persan3 tien gente sopra la rivière d'Aisne in tutti i luoghi dovesi puol (sic) passafe, corne ancora sul caniino a nian dritta che va a [Sissonne] ', a fine d' esser avvertito quand' io m' avanzero; ma essendomi arrivati 200 cavalli di Liegi ho risoluto di partire, qualcunque cosa possa arrivare, e di condurre ancora le mie nepoti, poiche altrimente potrebbero corre risquio di far ancora un lungo soggiorno in questo luogo.

Considero che mi sarebbe di molto utile che si publicasse per Parigi che la più forte raggione ch'io habbia per trattenermi qui è travagliare a metter il nostro essercito in stato di poter arrestare i progressi de nemici ed impedir loro di prender posli sopra la Marne, con i quali ha-

1 Voy. sur M. de Joyeuse-Grandpré, ci- ' Ce nom de lieu a été écrit Esessone dans

dessus, p. ù33, note 3. la copie et est évidemment altéré. Sissonne

1 Voy.. p. 458. la lettre du 19 novembre était le lieu où s'étaient réunis Condé, Fuen-

à Michel Le Tellier. saldagne et le duc de Lorraine, pour ar-

Vby. sur le marquis de Persan , le t. IV, rêter leur plan de campagne. (Voy. ci-des-

p. 60. note 3. des Lettres de Mazarin. sus, p. 43o. texte et note 1.)

UiHO, — v. 5(J

IMI'MUfMC HAII

Novembre 1 65a. vrebbero potuto fare continue scorreriere sino aile porte di Parigi, ecl il voler in ogni modo esser sicuro che le arme nemiche saranno allontanate da quella citta. Rimetlo pero a voi d' usarne corne giudicarete più a proposito, e posso assicurare che la partenza da questa provincia che sono stato costretto di differire, quando non apportasse altro avvantaggio al servitio del Re, valerà almeno un rinforzo di 3 mila e cinque cento huomini ail' essercito, havendo, oltrele levatech'hô fatto, scritto a tutti miei amici in Picardia ed in questi contorni che, senza il loro soccorso, io non potrô eseguire gl' ordini délie Loro MMla d'andare alla Gorte, e vedo per esperienza che cio ha prodotto 1' efletto c' haveva sperato poiche ogn'unosi mette in stato d'assistermi.

Io non hô parole per render gratie alla Regina per tutte le bonta che ha per me, volendo ch' io ne sentà gl'efïelti, non solo nelle cose grandi, ma nelle piccole ancora.

Se la mia famiglia non potrà allogiare nel quartiere che haveva al Palazzo Reale, risolvo di metterla alla casa mia1, e per cio scrivo a M. Golbert di fare travagliare a quello sarà necessario e di sapere da voi e da Belardino (sic)3 dove sono i legni da letto, mattarazzi (sic)2 ed altre robbe grosse che furono lasciate al Palazzo Reale, affine di servirsene per i letti délie mienepoti, degentilhuomini e d'altri. Vi prego dunque d'assisterlo in quello potrete sopra di cio, affine di non esser obligato a ricomperare le medesime cose che devono esser in natura.

Io non entro a parlarvi délie perdite di Gazale e di Barcelona per che è una materia troppo funesta per tratarla, oltre che non servirebbe che ad affligermi davaiitaggio , riconoscendo sempre più che, se si fosse voluto, si sarebbero con facilita impedite. Io non sô chi ne habbia la colpa; ma sô bene che, se fossi stato alla Gorte, il Re ne sarebbe ancora padrone.

1 Le palais que Mazarin faisait alors p. ao4 et 217 de l'édit. de M. P. Clément), construire était situé rue Richelieu et est que Bernardin dirigeait les travaux du paaujourd'hui la Bibliothèque nationale. lais Mazarin.

2 La forme ordinaire est Bernardine On 3 Matelas. La forme donnée par les lexivoit , par la correspondance de Colbert (t. Ier. ques est : malerassi.

DU CARDINAL iM \ZARIN. A67

Crederei clie fosse bene che le Loro MMla lasciassero godere a MM. di Novembre i65a. Roquelaure1 e di Crequi- le prorogative di duca e che cio si facesse primé del inio ritorno. \i prego di dirne una parola alla Regina per mia parte, senza pero che se ne penetri da altri cosa alcuna, rimettendomi pero a quello S. Mla giudicherà più a proposito. Io vi giuro che nessuna cosa mi dà tanta pena ne! mio ritorno corne la quantita de i pretendenti e i termini con i quali ogn uno vuol havere tutto; il che è si vero che riceverei ad una singolare gratia se le Loro MMta volessero permettermi che io non m' intrigassi di nessun' altra cosa che di servire senza carattere di primo ministro, e credetemi che non potrei riceverein questo inondo gratia che mi mettesca più in riposo quanto questa. Ma rimetto a parlare più fondatamente al mio arrivo [ed] a scriverene avanti più distintamente per vedere se fosse possibile di pratticare questo pensiero assicurandovi sopra l' anima mia che non hô altra ambitione che di vedere composti i moti del regno e di ritirarmi (sic)3, corne vi ho detto più volte.

Io non sô se sia vera la voce che corre qui del matrimonio del marchese di Richelieu con Madla de Beauvais4. In caso che sia, vi prego . senza che sene penetri la minima cosa da alcuno , di dirli che le Loro MMU non authorissino questa attione, o almeno che differischino di farlo finche habbia havuto 1' honore di representar quello c havro da dirgli per loro servitio.

Direte ancora a S. Mla che, se non si prende prontamente la risolutione di far sortire di Parigi, o d' una maniera o d' una altra, il card1 di Retz, ricaderemo ben presto nei medesimi disordini passati; ma avvertite che nessuno sappia che voi parlate di questa materia alla Regina e che S. Mu non ne mostri del suo canto cosa alcuna.

La perdila di Cazale riquiedeche se ne faccia gran dolianza al Papa, poiche sicuramente vi ha contribuito più di nessun' altro. Bisogna an-

' Voy. ci-dessus, p. 272 , note 5. primée par Mazarin, était-elle bien sincère?

1 Voy. sur M. de Créqui, le t. IV, p. 536, On peut en douter, note 6 , des Lettres de Mazarin. 4 Voy. sur le mariage du marquis de Ri-

3 Celte pensée de retraite, souvent ex- chelieu. ci-dessus, p. £60, note 3.

Novembre i65a. cora teiiei- fermo in quello riguarda M. Corsino1, non permettendo che sia ricevuto in Provenza e facendo conoscere altamenle in Borna che li caltivi succcssi cho la guerra civile lia cagionala alla monarchia m diverse parti non devono far credere al Papa di poler condurre a fine i pensieri clie pote6se havere contro la Francia, poiche il Re saprà bene, seriza inancare al rispetto e riverentia clic hà per la Santa Sede, parare i colpi ed impedire i mali efi'etti délia cattiva intentione c hà il Papa contre» la Francia e délia sua dichiarata partialita per i Spagnuoli, ed, a dire il vero, è a tal segno che, per lavorirli. il Papa dimentica quello ch'è stato in ogni tempo si necessario per la liberta d' Italia, poiche havendo dato le mani ail' impresa di Cazale, alla quale i suoi predecessori e tutti i principi d' Italia si sono si vigorosamente opposti, lia consentito uell' islesso tempo di farli ottenere quello che cou tanta ostinatione hanno procurato d' havere c per poter poi con più facilita sodisfare ail' ambitione che hanno di rendersi padroni di tulto e particolarmente d' Italia.

Bibl. nat. , ms. i. i\\, t. â3,2oa, f° 65; original, en partie chiffré. — Aff. e'tr. , France, t. 269, l'° h\h ; t. 3o du recueil des Lettres de Maiarin. — Copie du temps:

À L'ABBÉ FOLQLET.

Sedan, ai Doveiobre iG5a.

Je receus liyer en mesme temps vos deux lettres des 3o octobre et 5e de ce mois et celle de M. le Procureur-général. Tay beaucoup d'inquiétude de vostre indisposition, quoyque j'aye lieu d'espérer qu'elle n'aura point eu de suite. Je vous remercie des nouvelles que vous me mandez. J'espère que nous nous verrons bientost, si vostre santé vous le permet, puisque la Beyne me faicl l'honneur de m'escrire que vous viendrez au-devant de moy, et je remets alors à vous entretenir au

1 Ce personnage, nommé Corsim ou Corsino, avait été envoyé en France par Innocent \ , en qualité de Nonce, sans l'autorisation du Roi. 11 fut arrêté à Marseille.

Ion;; sur toutes choses: cependanl je n'ay qu'à vous convier (le eonli- Noverobrei65! nuer à agir comme vous avez l'aict jusqu'à cette heure, puisqu'il ne se pont rien de mieux. Je suis surpris de ce que vous me marquez que M. le Procureur-generai ne comprend rien à ce que je luy ay escrit touchant M. de Lionne, puisqu'il me semble m'estre assez bien expliqué en luy disant . comme je luy réitère encore, que je suis tousjours dans les mesmes sentimens que j'ay laid tesmoigner audict sieur de Lionne mesme1, et que. comme je sçay qu'il en est fort satisfait, je croy par conséquent que mondict sieur le Procureur-général le doit estre aussy. Vpie/ tout il faudroit bien que j'eusse perdu tout crédit auprez de Leurs Majestez si je ne venois à bout de leur faire résoudre le retour ■ li' M. de Lionne à la Cour. Je croy pourtant tres-à-propos pour sou ad van ta ge mesme qu'on ne sçache pas que j'aye cette intention.

Je ne fais point de response plus particulière à M. le Procureur-général, parce que, comme nous nous verrons bienlost, je remets (ont à la vive voix, vous priant seulement de le remercier, de ma part, de toutes le- marques qu'il me donne de son amitié et de luy dire que je suis ravy de le voir si appliqué à tout ce qui peut contribuer à restablir l'authorité du Roy au point où elle doit estre.

Il court icy un bruict que M;l,: de Chevreuse- est morte. Je ne le puis croire, puisque vous ne m'en mandez rien; mais si, par malheur, la chose estoit vraye, je vous prie de faire en sorte que La Bachellerie :' aille trouver Mnie de Chevreuse, de ma part, pour luy en tesmoigner mon desplaisir, qui effectivement me seroit tres-sensible, et je vous seray obligé si vous prenez la peine de passer aussy cet oflîcc1 vousniesme encore plus particulièrement. Vous cognoissant comme je fais, je m'imagine avsement de quel ton vous aurez parlé à M. le cardinal

: On a VU, dans le tome IV, p. 333 et ' Charlotte <le Lorraine. Iillr> de la du-

suiv. .des Lettres de Mazarin, les plaintes chesse de Chevreuse, avait e'të enlevée

très vives du Cardinal contre de Lionne. 11 presque subitement, le 7 novembre iG52.

l'avait fait disgracier par la Reine. Il le fit 3 La Bachellerie était gouverneur de la

rappeler dans la suite et s'en servit pour Bastille,

les négociations les plus importantes. ' De vous acquitter du même oflice.

Novembre 1 65a. de Retz chez la personne où vous lavez veu, et je ne doute point qu'estant aussy bien informé que vous estes de quelle sorte les choses se sont passées, vous ne luy en ayez dict librement vos sentimens. Je compteray cela parmy tant d'autres choses de cette nature que vous avez faictes pour l'amour de moy, dont je ne perdray jamais le souvenir. Cependant il seroit à souhaiter que ledict sieur cardinal ne s'appliquast qu'à faire son devoir et à bien servir le Roy, ou du moins qu'il ne donnast pas tout à l'inclination qu'il a de faire des cabales et de troubler le repos des autres.

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