‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 95 sur 145 · ALLA SIG" MARGARITA MAZARINI MARTINOZZI, SORËLLA DI S. EM · texte numérisé non relu

ALLA SIG" MARGARITA MAZARINI MARTINOZZI, SORËLLA DI S. EM

ROMA

Parigi, 18 aprile i653.

Dal sigur ambasciadore et dal sig1' padre1, \. S. sentira la cagione che mi lia fatto risolvere di far venir Laura, mia nipote, in Francia con supposto che V. S. sià per sentir con gusto ch' io pensi d' accommodaiquesta figlia, che essendo maggiored' età di tutte 1' altre2, dovevà anche essei'e la prima maritata, com' in efTetto è stata sempre la mia intentione;ma le cause, ch'hà havuto il prencipe prefetlo di non ritornare a Roma, hanno fatto differir il suo accasamento; di che dobbiamo render gratie a Dio perche la risolutione, ch' hà fatta il cardle Barberino ed il medesimo prencipe, fà conoscere con quanlo disgusto haverissimo veduta questa figlia in mano di persone, che cosi mal a proposito si allonlanano dal servitio del Re, al quale sono tanto obligate.

H disegno che V. S. e la sigra Girolama 3 havevano havuto di far un viaggio sin in Provenza, sarebbe a proposito in questa congiuntura per accompagnai' Laura ; ma sono moite le cause che mi obligano a consigliarle di soprasedere un poco in questo loro desiderio : 1' una è che, se bene la duchessa di Mercurio si prépara per andar a ritrovar il duca suo marito, le altre due sorelle4 non 1' accompagnaranno (sic), perche

1 Le père de Mazarin , auquel est adressée du Cardinal, avait épousé Michel-Laurent

la lettre précédente. Mancini. Leur fille. Laure, était mariée au

- M. Amédée Renée paraît croire , au con- duc de Mercœur ; les autres , Olympe , Marie ,

traire, que Anne-Marie Martinozzi était Hortense et Marie-Anne, eurent un rôle im-

Paînée de Laure Martinozzi , probablement portant. Il sera question de leurs mariages

parce que Anne-Marie fut mariée en 1 654 dans la suite des lettres de Mazarin. et Laure en 1 655. J Les deux sœurs de la duchesse de Mer-

1 Hiéronyme (Girolama) Mazarini. sœur cœur, dont parle ici Mazarin. étaient pro-

DU CWIDINAL M;\zvni\.

traltandosi cli maritarle presentemente, non devonoallontanarsidiqui, \vhi i(ir>3. e cosi non potrebbero1 haveril gusto di veder lutte le lorofiglie, ed io non so se potessi soffrire di sentir le mie sorelle in Francia e non poter le vodere, oltre che vi sarebbe forai qualche inconvenienza clic venissero in questo regno e ne partissero senza haver l' lionore di far riverenza alla Regina. Credereiper tantopiù a proposito che rimettessero questo viaggio a miglior congiuntura, che sarà facilmente quando il Re s' avicinarà {sic) alla Provenza, perche ail' hora potranno riverir le Loro MM' . vedranno tulte le loro figlie maritale, ed io ancora havrô questo contento de rivederle, corne sopra ogn' altra cosa desidero. Io non Entende di far forza alla loro volonta; ma quando le para buono il mio ronsiglio, sarà necessario che Y. S. pensi aile persone, cosi huomini corne donne, che dovranno accompagnai Laura sin' in Provenza, e di là ritornarsene lutte a Borna, poiche Laura reslarà con la duchessa di Mercurio, e qui sarà proveduta délia famiglia 2 necessaria. V. S. potrà andar disponeiido lutte le cose e stabilir il giorno délia partenza per far andar la galera di Genova a Civita-Vecchia , in caso che il sigrambaseiadare non ne possà haver una dal Papa, perche col ordinario sequente l'arô che si provedà il denaro necessario, e scrivero quello di più mi occorrerà in questa materia. E fra tanto salulo V. S., per fine, di tutto cuore e le prego da Dio ogni maggior félicita.

bablement Olympe et Marie Mancini ; la première fut mariée au comte de Soissons, et la seconde, au connétable Colonne. Des deux dernières Mancini, Horlenseet Marie-Anne, l'une épousa Cbarles de La Porte, fils du maréchal de La Meilleraye, qui porta, après son mariage, le titre de duc de Mazarin, et 1 autre. Marie-Anne, devint duchesse de

1 Mazarin, s'adressant à ses sœurs qui ne pourraient pas voir leurs filles réunies, met le verbe (potrebbero) à la troisième personne , au lieu de la seconde.

2 Le mot famiglia a, dans ce passage, le sens de maison et de domesticité. On sait qu'on appelait, au XVIIe siècle, domestiques tous les gens qui étaient attachés au service des princes.

Avril 1 (i.").'i.

CGLXIII.

Bibl. nal. , ms. f. fr. , t. '11 des Mélanges de Colbert, f° 181 v". — Minute.

A M. DU PLESSIS-BELLIERE

Paris, aa avril 1 653.

Vous verrez, parles depesches de M. Le Tellier, l'intention du Roy touchant les troupes, et MM. les commissaires du Roy2 vous communiqueront aussy l'instruction qu'on leur envoyé pour ce qui regarde l'assemblée des Estats [de Languedoc], afin qu'agissant de concert, on puisse mesnager les choses plus advantageusement pour le service du Roy. J'ay seulement à vous prier, comme je fais de tout mon cœur, de tenir soigneusement la main à ce que les officiers mettent les compagnies en Testât qu'ils doibvent et de n'y rien oublier.

On a donné l'ordre aux choses qui peuvent estre nécessaires, ainsy que M. Le Tellier vous mandera plus particulièrement. C'est pourquoy je ne m'estens pas là-dessus ny sur ce qui regarde l'employ de vostre personne, puisqu'il vous informera de tout.

Je ne doute point qu'à présent les barques préparées pour Roses3 ny soient arrivées, y ayant longtemps que le s* Chapelain4 a envoyé à Toulon les ordres de M. de Vendosme pour faire partir les vaisseaux qui leur dévoient servir d'escorte. Je sçay bien qu'il ne se peut rien adjouster aux diligences que M. l'evesque d'Àgde5 a faictes pour le

1 Du Plessis-Beiïière commandait les troupes réunies dans le Languedoc et le Roussillon pour agir en Catalogne. (Voy. sur du Plessis-Bellière, le t. II, p. 10/16, des Lettres de Mazarin. )

2 Ces commissaires étaient MM. de Vertamont et Boucherat. François de Vertamont, ou Verthamont, conseiller au Parlement de Paris en 1667, maître des requêtes en 1 653, mort en 1697. Louis Boucherat, né

en 1616, conseiller au Parlement de Paris en 1 6 A 1 , maître des requêtes en 1 6 h 3 . puis intendant en Languedoc, conseiller d'État en 1 662 , chancelier de France en 1 685 , mort en 1699.

3 Roses ou Rosas, ville de Catalogne.

4 Secrétaire du duc de \endôme, qui était grand amiral de France.

5 François Fouquet. (Voyez ci-dessus, p. 83, note 4.)

secours de cette piace; mais je [l'ignore pas aussy ce que vous y avez Avril i653. contribué, qui ue m'oblige |>as peu.

Je vous remercie de l'advis que vous me donnez touchant les traverses que M. d'Alb> ' trouve dans les affaires qu'il a au Conseil du Roy. Il n'est pas juste que, servant Sa M1 avec tant de zèle, il ne soit pas considéré et traité favorablement. D'ailleurs il est trop de mes amys pour ne pas taire mon possible afin d'y remédier. Je n'ay pu m'enipescher de luy dire un mot, dans la lettre que je luy escris'2, pour me plaindre un peu de ce qu'il ne m'en a rien faict sçavoir. Je suis, etc.

GGLXIV.

Bibl. Mazarine, ms. 1719, t. V, 2° partie, f" 79. — Copie du temps.

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