‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 98 sur 145 · V M. DE VENDÔME · texte numérisé non relu

V M. DE VENDÔME

Fontainebleau, U mai 1 653.

(EXTIU1T.)

Je ne doute pas de vostre joie du succez de l'affaire de Brouage et d'Oleron1; mais quand vous sçaurez qu'à la sollicitation de l'ambassadeur d'Espagne-, l'Angleterre s'estoit décidée à envoyer du secours, elle sera augmentée encore, j'en suis seur. Sa Majesté a pris la resolution de blocquer Bordeaux. Il est de la dernière importance que toutes les forces agissent de concert. Ghouppes3, à son retour de Madrid, a dict que, s'ils ne reussissoient par cette voye, ils tenteroient le secours de Bordeaux par diversion eu attaquant une place sur la frontière de. Guvenne. Ce dessein-là ne nous fera pas grand mal. Je vous prie de m'envoyer, sans perte de temps, les regimens que nous attendons.

1 Du Daugnon venait de traiter avec la 3 Comparez les Mémoires du marquis

Cour, i Voy. ci-dessus, p. 5p,4.) Il lui livrait de Cliouppes, t. II, p. a/i et suiv. de l'édit.

la ville de Brouage et l'ile d'Oléron. de 1753. Cliouppes était, à cette époque,

* L'ambassadeur d'Espagne eu \ngle- engagé dans le parti des princes; il ne tarda

terre était don Alonzo de Cardenas. pas à l'abandonner pour s'attacher au Roi.

lettres

Mai Hi .").'{.

GCLXVII.

Bibl. liai., mss. f. Baluze, l. 216. — Original signe.

À J.-B. COLBERT

[Fontainebleau], 6 mai i653.

(extrait.)

Je vous envoie cy-jointe une lettre que j'ai reçue de M. de Xaintes1 afin qu'après lavoir vue , vous nie mandiez vostre advis sur ce qu'il escrit du nommé Hubert2, parce que, s'il est advantageux , comme il me marque, d'employer ledict Hubert, je seray bien ayse de le faire à sa considération.

Vous verrez aussyce qu'il dict du sieur Baron; cela mérite bien qu'on y fasse reflection, et vous direz, de ma part, à M. Servien que j'estime qu'il est à propos de ne s'engager pas avec luy pour le convoy de Bordeaux3, etmesme, en cas qu'il y eust desjà quelqu'engagement,ilsera bon de s'en défaire, sous quelque prétexte, sans rien tesmoigner de ce que M. de Xaintes m'en a escrit ni de ce que je vous en mande icy. Vous considérerez ce qu'il me mande touchant l'arrest du Conseil dont il dict qu'il est besoin pour prendre sur le bureau de Charente4 le supplément du fonds qui manquera dans la ferme des trente cinq sols5.

' Louis de Bassompierre, évêque de Saintes de 1 648 à 167G. Il avait été, comme on t'a dit, le principal intermédiaire pour la conclusion du traité avec le comte du Daugnon.

1 On voit par la réponse de Colberl ( t. I", p. 20A, du recueil de M. P. Clément) qu'il était question de donner à Hubert le soin de veiller aux intérêts qu'avait Mazarin à Brouage.

3 Le convoi de Bordeaux était un impôt qui se levait sur certaines denrées transportées par mer , et spécialement sur les vins ,

eaux-de-vie , etc. Le nom de convoi venait de ce que. dans l'origine, les marchand* payaient une taxe pour faire escorter, ou comme on disait à cette époque, convoyer par des vaisseaux de guerre les navires de commerce.

1 Le bureau où l'on payait les droits pour les denrées transportées par la Charente.

r' On désignait, sous le nom de ferme des trente-cinq sous, une des fermes du sel de Brouage. (Voy. le t. 1", p. 5-2o, du recueil des Lettres de Colbert, par M. P. Clément.)

Mazarin entretient ensuite Colbert de ses intérêts dans diverses affaires et entre Mai i653. autres dos vaisseaux qu'il possédait et qu'il avait envoye's dans des pays étrangers. Il lui écrit à ce sujet :

11 faudra songer de bonne heure à donner ordre à ce qu'il y aura à faire à Nantes et à la Rochelle, afin que les deux vaisseaux, revenant de Portugal, puissent faire le voyage de Hollande; ce que j'espère qui se pourra en toute seureté, puisque l'on est sur le point d'adjuster toutes choses avec les Anglois. Ce pendant, comme la reyne d'Angleterre est pressée par ceux qui tiennent ses pierreries ' de les retirer , ou de payer, au moins, les interests, si elle ne veut qu'ils les vendent, j'ay promise M. Servien que vous enverriez, vendredy prochain, par l'ordinaire de Hollande, une lettre de 20,000 florins, qui devra estre appliquée au payement des interests, moyennant quoy on aura le temps d'envoyer ensuite la somme qui sera nécessaire pour le principal. Mon intention est donc que vous adjustiez le tout avec M. Servien et que vous remettiez absolument la somme de 20,000 florins en Hollande, au meilleur compte que vous pourrez pour ce qui sera du change. La reyne d'Angleterre paye huit pour cent des dictes pierreries engagées en Hollande.

CGLXVIII.

Bibl. Mazarine, ms. 1719, t. V, 2e partie, f" 89-91. — Copie du temps.

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