‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 3)Chapitre 1 sur 123 · IMPRIMERIE NATIONALE · texte numérisé non relu

IMPRIMERIE NATIONALE

M UGCG XGIV

AVERTISSEMENT

C'est dans la période qu'embrasse ce volume — du icr juillet 1667 au i5 août 1 658 — que Mazarin force enfin l'Espagne à se reconnaître vaincue et à demander la paix. En même temps, par d'habiles négociations, il réduit à l'impuissance la branche allemande de la maison d'Autriche. Enfin il ne cesse de travailler, quoique avec moins de fruit, à la pacification de l'Europe septentrionale.

La correspondance du Cardinal est le guide le plus sûr, nous pourrions presque dire le seul, pour suivre le travail délicat de notre diplomatie en Angleterre, qui contribua fort au triomphe de Turenne sur les Espagnols. C'est aussi par les instructions de Mazarin qu'on pénètre le fond des intrigues qui agitèrent l'Allemagne au cours des années 1657 et 1 658. Les lettres du Cardinal à MM. de ïerlon et de Lumbres, ambassadeurs en Suède et en Pologne, font connaître le rôle de la France dans la vieille querelle, toujours ouverte entre ces deux couronnes; rôle difficile, tout de modération et de concorde, entre un allié que nous ne pouvions iibandonner tout à fait, mais qui s'efforçait de nous compromettre avec lui plus ouvertement qu'il ne convenait à notre politique, et ses adversaires polonais, soutenus du Danemark, de I Autriche el de la Russie.

AVERTISSEMENT

Confirmation de l'alliance avec Olivier Cromwell; prise de Mardick (1667). — Nouveau traité conclu le 28 mars 1 658. — Bataille des Dunes (16 juin 1 G 5 8 ) ; prise de Dunkerque. — Maladie du Roi. — Siège el prise de Gravelines.

On a vu, dans le tome VII des lettres de Mazarin, que le Cardinal, après avoir conclu, en mars 1657, avec le colonel Lockart. représentant d'Olivier Cromwell, un traite' d'alliance offensive contre l'Espagne avait, sous divers prétextes, différé de l'exécuter. De là des plaintes très vives de Cromwell et de son ambassadeur, même des menaces sérieuses de rupture. Mazarin s'en émut et s'occupa, dès le mois de septembre 1 6 5 7, de remplir avec vigueur les engagements qu'il avait pris.

La forteresse de Mardick fut assiégée et enlevée en peu de temps aux Espagnols (octobre 1 6 5 8). On craignait un retour offensif des ennemis, qui occupaient Gravelines et Dunkerque et y avaient concentré des troupes. La correspondance de Mazarin montre avec quelle sollicitude il mit à l'abri d'une attaque la place de Mardick qui devait être livrée aux Anglais. Il convainquit ainsi Cromwell de sa sincérité et le décida à renouveler l'alliance primitive, qui n'avait été signée que pour- un an. Le nouveau traité fut négocié, pour la France, par Servien et Brienne. Signé le 9 S mars 1 658 , il était promptement ratifié par les deux puissances 1,.

Le préambule rappelait que, l'année précédente, le Roi de France et le Protecteur d'Angleterre avaient résolu d'entreprendre le siège de Dunkerque et de Gravelines, mais que les troupes jetées

1 Le texte de ce traité, rédigé en latin tinualion du traité de 1657 , n'en parle pas

et en français, se trouve aux Affaires étran- dans son Histoire du Protectorat de Croniivell

gères (Angleterre, t. 69, p. 254 et 299). Le Corps diplomatique de Dumont l'a éga-

M . Guizot, qui l'a considéré comme la con- lement omis.

AVERTISSEMENT

dans ces places par les Espagnols s'étaient trouvées trop nombreuses pour permettre de les attaquer avec succès. Cependant les deux contractants, désireux d'exécuter le projet ajourné, fixent le commencement du siège de Dunkerque entre le 20 avril et le 10 mai au plus tard de l'année courante. L'armée française sera chargée de bloquer la ville par terre, pendant que la flotte anglaise interceptera tous les secours par mer. Si l'un des deux alliés manquait aux conditions stipulées, il serait obligé de rembourser à l'autre les dépenses faites en vue de l'expédition. Les vaisseaux de la Grande-Bretagne devaient ensuite concourir au siège de Gravelines, pour lequel le traité déterminait aussi des dates extrêmes. Six mille Anglais serviraient sous les ordres du général français. Enfin les articles concernant le maintien de la religion catholique dans les places livrées à l'Angleterre étaient confirmés par le nouvel accord.

Mazarin, ses lettres le prouvent, s'empressa de concourir en personne à l'exécution de ces clauses. Il vint avec le Roi s'établir d'abord à Calais, puis à Mardick1 et pourvut à l'approvisionnement de l'armée. Cromwell ayant envoyé en France son gendre, lord Falconbridge, pour complimenter le Roi, une ambassade française, dont faisait partie Mancini, neveu du Cardinal, partit à son tour, sous la conduite du duc de Créquy, pour remercier le Protecteur2. Cet échange de politesses et de présents atteste la bonne intelli-

1 Le Roi y resta pendant une partie du siège. Les lettres de Mazarin prouvent (pie Voltaire s'est complètement trompé quand il dit que ffle cardinal mena Louis XIV près du théâtre de la guerre, sans lui permettre «l'y monter, quoiqu'il eût plusde vingt ans. 6e prince se tint dans Calais ». (Siècle do Louis XIV, cliap. vi.)

1 Voltaire, fort mal renseigne' sur les événements de cette époque, prête, à ce

propos, à Mazarin une lettre bien connue et toute fantaisiste dans laquelle le Cardinal aurait dit à Cromwell (Siècle de Louis A 71 , chapitre n) irêtre affligé de ne pouvoir lui rendre, <'n personne, les respects dus au plus grand homme du monde». Il n'y a pas un mot de ce ul dans la lettre authentique du 12 juin t(i58, publiée par M. Guizot. (T. Il de son Histoire du protectorat d'Olivier Cromwell, 9" édition, p. 6-3(3.)

IWrMVEFIK ,nin,tii

iv AVERTISSEMENT.

gence qui régnait désormais entre les alliés et qui servit puissamment à la réussite des plans communs.

Les Espagnols ne négligèrent rien pour les faire échouer. Don Juan d'Autriche s'avança jusqu'à Furnes (1 o juin 1 658) à la tête de l'armée des Pays-Bas; il avait avec lui le prince de Condéetles Français qui suivaient sa fortune l. Le maréchal d'Hocquincourt, donl on a vu la trahison en 1 655 , vint l'y rejoindre, et s'étant avancé jusqu'aux lignes de l'armée du Roi, dans une reconnaissance imprudente, il fut mortellement atteint2. Quelques jours plus tard Turenne sortait de ses retranchements et livrait à Don Juan la fameuse bataille des Dunes où les Espagnols étaient complètement défaits.

On voit ici combien il importe de n'ajouter foi qu'à des documents authentiques. Loin de se montrer jaloux de la gloire de Turenne, comme l'ont prétendu quelques historiens3, Mazarin lui transmit avec une chaleur affectueuse les félicitations du Roi, auxquelles il joignait les siennes. La correspondance du Cardinal avec le général victorieux continue sans interruption pendant les années 1 658 , 1659, 1660 et prouve que jamais leur confiance réciproque n'a subi le refroidissement imaginé par des courtisans aigris et admis par des écrivains crédules.

La prise de Dunkerque suivit bientôt la victoire des Dunes (2 k juin 1 658 ). La place fut remise aux Anglais, suivant les conventions, mais les privilèges des habitants leur furent confirmés, et la religion catholique maintenue. Retz et les ennemis ordinaires du Cardinal ne manquèrent pas de l'attaquer à cette occasion; Servien fut chargé de leur répondre et Mazarin surveilla lui-même cette polémique4.

1 On trouve le récit très complet et, on .? Voir, dans le présent volume, la letlre

peut dire, définitif de cette campagne dans de Mazarin à Talon, du 1 h juin 1 G58.

l'Histoire des princes de C.otidr. par M. le ' Voir p. 4ââ,nole3.

duc d'Aumale. ' Voir p. fl 53.

AVERTISSEMENT. i

La meilleure réponse à faire aux libelles fut d'ailleurs la continuation des succès militaires, un moment suspendus par la maladie du jeune Roi1, qui se poursuivirent par le siège et la prise de Gravelines (29 juillet-27 août 1 658).

Négociation pour l'élection du successeur de Ferdinand III (1657). — Ambassade du maréchal de Gramonl et d'Hugues de Lionne (1G57-1608). — L'empereur Léopold est nommé (18 juin 1 658); capitulation qui lui est imposée par les électeurs. — Ligue du Rhin (août 1 658).

La mort de Ferdinand III (1657) avait éveillé l'ambition de plusieurs compétiteurs au trône impérial. Mazarin rêva de profiter de cette circonstance pour enlever à la maison d'Autriche une dignité quelle possédait depuis plusieurs siècles. La France étail alors représentée à Francfort par Robert de Gravel, profondément instruit des affaires d'Allemagne, fort en crédit auprès des électeurs-archevêques de Cologne, Mayence, Trêves et en général de la haute noblesse rhénane.

Ces petits princes, ruinés par la guerre de Trente ans qui avait transformé leur pays en désert, recevaient comme la manne les pensions du trésor français. Mazarin se flattait, en achetant leur influence, d'obtenir la majorité dans le collège électoral. Celk assemblée se composait, on le sait, de huit membres : trois ecclésiastiques, cinq laïques (Bohème, Bavière, Saxe, Brandebourg el Palatinat). La présidence appartenait à l'électeur de Mayence, archichancelier de l'Empire.

Le titulaire de cette dignité, l'archevêque Philippe de Schœnborn, passait pour un habile politique, dont le suffrage, toujours aux enchères entre la France et l'Autriche, était exploité par lui

1 Los lettre, de Mazarin sur celte maladie méritent (Rire lues. — Voir p. /187 et sni\ .

vi AVERTISSEMENT.

comme une ferme lucrative. L'électeur de Cologne, Maximilien de Bavière, e'tait gouverné par les deux frères Fùrstenberg. Quant à l'électeur de Trêves, Charles-Gaspard de Leyen, il avait beaucoup moins d'autorité en Allemagne que les deux précédents. Parmi les laïques, Léopold, roi de Bohême et de Hongrie, aspirait à la couronne impériale qu'avait portée son père Ferdinand III. L'électeur de Bavière demeurait hésitant entre sa mère, qui le poussait dans les bras de l'Autriche, et sa femme, princesse de la maison de Savoie, qui l'engageait à courir pour lui-même les chances d'une compétition avec le Roi de Hongrie. L'électeur de Saxe se montrait favorable au parti autrichien; au contraire, le Palatin était un des pensionnaires de la France. Quant à Frédéric- Guillaume, électeur de Brandebourg, un des personnages les plus fins de cette époque, il dissimulait et traitait successivement avec les deux partis.

Pour obtenir la majorité dans ce collège où siégeaient cinq catholiques, il fallait un candidat de cette religion. Mazarin jeta d'abord les yeux sur le duc de Neubourg, Philippe-Guillaume de Bavière1, comte palatin du Rhin, duc de Juliers et de Bergues, dont la puissance était moindre que les titres. Dépouillé de Juliers par les Espagnols, confiné à Diïsseldorf, dans son duché de Bergues, il s'était toujours montré zélé pour les intérêts français.

Seulement il n'y avait guère d'apparence de le voir réussir en face de l'hostilité déclarée des électeurs de Bohême, de Saxe, de Trêves et de Brandebourg; ce dernier, ayant naguère enlevé aux Palatins de Neubourg le duché de Clèves, tenait avant tout à le conserver. Le Cardinal, désespérant de vaincre une opposition aussi sérieusement motivée, finit par abandonner ce prince et songea tour à tour à pousser la candidature de l'électeur de Bavière ,

1 Né en ifii5, ce prince mourut en 1690.

AVERTISSEMENT. vu

qui finalement se déroba, et à mettre sur les rangs Louis XIV luimême. Le Roi de France pouvait compter, disait-on1, sur les électeurs de Mayence, Cologne, Trêves et sur le Palatin.

Mazarin, pour donner corps à ce projet, conduisit le Roi à Metz (septembre et octobre 1 65 7 ), en même temps que le maréchal de Gramont et Hugues de Lionne se rendaient à Francfort, après avoir visité les principaux électeurs 2. Ces négociations compliquées se poursuivirent jusqu'à la réunion de la diète en 1 658. A cette époque, le Cardinal reconnut l'impossibilité d'enlever au roi de Hongrie la dignité impériale. Il avait échoué dans son premier projet, il réussit dans le second qui consistait à lier d'avance les mains à l'empereur par une re capitulation», en lui enlevant toute faculté de secourir les Espagnols dans leur lutte contre la France3. A cette condition seule et après avoir pris les engagements exigés de lui, Léopold, roi de Hongrie, fut élu empereur et couronné le 3i juillet 1608 par l'électeur de Cologne.

Afin d'assurer l'exécution des clauses contenues dans la capitulation, plusieurs princes d'Allemagne formèrent la ligue dite rr du Rhin 77. Les deux électeurs de Mayence et de Cologne'1, le duc de ÎNeubourg, le landgrave de Hesse-Cassel , les trois ducs de la maison de Brunswick (Hanovre, Lûnebourg, Wolfenbûttel), en constituèrent le noyau. Le Roi de France y accéda comme landgrave d'Alsace, le 1 5 août 1 858 ; le roi de Suède, comme duc de Brème, souverain de Wismar et d'une partie de la Poméranie, suivit son exemple.

1 Voir les lettres à Gramont et à Lionne. et sur les moeurs de l'Allemagne à celle

* L'ambassade de Lionne à Francfort a époque. été racontée, d'après les documents origi- ' Les principales conditions de cette canaux, par M. Valfrey dans son ouvrage pitulation sont indiquées dans les mémoires llu/fiies de Lionne et nés ambassades (I. II). du maréchal de Gramont. Les mémoires da maréchal de Gramont sont ' L'axchevôqne-électeor de Trêves n'en pleins de détails curieux surces négociations /il partie «pie plus tard.

vin AVERTISSEMENT.

La ligue eut pour président nominal larchevêque-électeur de Mayence; en réalité, Louis XIV en fut lame. Ainsi se noua, sur les bords du Rhin, cette alliance qui donnait à notre pays la prépondérance en Allemagne. L'habileté de Mazarin et des négociateurs qu'il dirigeait consista à se présenter toujours comme le défenseur des libertés germaniques à l'égard de la maison d'Autriche; et le fait est — tellement la demi-sincérité est chose fréquente en diplomatie — qu'il y avait dans cette attitude plus de vrai que les hommes d'Etat français ne le croyaient peut-être eux-mêmes. La ligue du Rhin fut le complément des traités de Westphalie.

Négociations clans le nord de l'Europe. — Mort, de d'Avaugour (septembre 1657); il est remplacé par le chevalier de Terlon. — Coalition contre la Suède. — Invasion de Charles-Gustave en Danemark; traité de Roskild (26 février i658) conclu sous la médiation de la France et de l'Angleterre. — Il est rompu

(août 1 G58).

Au moment où une redoutable coalition se formait dans l'Europe septentrionale contre le roi de Suède, la France perdait l'ambassadeur fidèle et dévoué qui la représentait auprès de ce prince. Le baron d'Avaugour mourut à Lubeck (11 septembre 1657)1. Il était souffrant depuis plusieurs mois, et Mazarin lui avait adjoint le chevalier de Terlon, qui lui succéda2. Gomme d'Avaugour, il eut pour mission d'entretenir l'alliance entre les deux pays et d'engager Charles-Gustave à se réconcilier avec le roi de Pologne. Le rôle de notre ambassadeur était difficile en face de l'ambition obstinée du roi de Suède; celui-ci, cependant, se voyait attaqué par une coalition des plus dangereuses. Tandis que

' Voir la note sur d'Avaugour dans le le commencement du xvne siècle. Ou a putome V des Lettres de Mazarin, p. 796 , 796. blié ses Négociations de i656a 1661 (2 vol. 2 Hugues de Terlon, né à Toulouse vers in-12, Paris, 1 68 1 ).

AVERTISSEMENT. i*

les Moscovites envahissaient laLithuanie, que les Danois attaquaient le duché de Brème et que les Polonais se relevaient, l'électeur de Brandebourg, croyant voir la fortune se déclarer contre Gharles- Gustave, l'abandonna. Il signa avec la Pologne le traité de Welau l (îq septembre 1607). Il s'engageait à rendre à celte nation les palatinats que lui avait cédés Charles-Gustave, à condition que Jean-Casimir le reconnaîtrait comme souverain indépendant de la Prusse ducale. Le roi de Pologne ratifia ce traité à Bromberg.

Malgré la défection de l'électeur de Brandebourg, le roi de Suède ne perdit pas courage. Laissant ses généraux tenir tète aux Moscovites et aux Polonais, il se jeta sur les Danois. Son lieutenant Wrangel les avait déjà chassés du duché de Brème; lui-même envahit le Holstein (septembre 1 G 5 7). Il s'était adressé à la France pour en obtenir des secours; mais, à cette époque, Mazarin absorbé par le siège de Mardick et par les négociations d'Allemagne pouvait malaisément lui venir en aide. Sa correspondance prou\e cependant qu'il ne se désintéressa pas de la lutte. Il prodigua à Charles-Gustave mieux que des témoignages d'admiration pour son énergie : de'larges subventions pécuniaires2. Il fit plus : pour diminuer le nombre des ennemis de ce prince, il pressa la reine de Pologne de se réconcilier avec lui, au lieu de se soumettre à la tyrannie de l'Autriche3. Il s'efforça enfin d'empêcher l'alliance entre l'électeur de Brandebourg et le roi de Hongrie et chercha au contraire à rapprocher Frédéric-Guillaume du roi de Suède \ Il agissait en même temps en Hollande pour éviter que la république des Provinces-Unies n'excitât ou ne soutînt le Danemark contre le souverain Scandinave5.

1 Petite ville de la Prusse ducale. ' Lettré ;i Bloûdel, <fu 1 '1 novembre

! Lettres au chevalier de Terlon , en date 1 657 . • les (), 2,3 et 2G novembre 1657. J Lettre à de Tliou , du 16 novembre

1 Lettre à de [..timbres , en date du 1 6 no- 16^7. vi'mbre 1657.

x AVERTISSEMENT.

Sans négliger l'appui diplomatique de la France, ce dernier comptait avant tout sur la supériorité' de son armée. Accoutumé à braver les rigueurs de l'hiver, il traversa les Belts sur la glace, entra dans le Sleswick, s'empara de l'île de Fionie et menaça le Jutland (janvier 1 658). L'intervention des ambassadeurs de Louis XIV et de Gromwell parvint à mettre un terme aux hostilités. La paix fut signée à Roskild ou Roschild1, sous leur médiation (26 février 1 6 5 8) 2. Le Danemark se retirait de la coalition et confirmait la cession faite à la Suède des provinces de Scajiie, Bleckinge et Aland; il y ajoutait l'île de Bornholm et le gouvernement de Drontheim. L'entrée des Belts devait être ouverte aux Suédois qui n'auraient aucun droit à payer; les autres nations ne pourraient franchir ces passages.

Le traité de Roskild déplut très vite aux deux parties. Le roi de Suède voyait avec regret lui échapper la conquête de Copenhague et de tout le Danemark3; Frédéric III, roi de Danemark, ne se résignait qu'avec peine à une paix humiliante, et la Hollande, qui se trouvait exclue de la Baltique, le poussait à ne pas se soumettre à des prétentions qu'elle jugeait exorbitantes. Aussi quelques mois à peine s'étaient écoulés, qu'après des négociations infructueuses, cette convention était rompue, et Charles-Gustave se précipitait dans de nouveaux hasards.

1 La ville de Roskild est située dans l'île France me veut donner des bornes et me

de Seeland. prescrire jusqu'où je dois aller, et l'An-

2,Voir la lettre du 20 juin i658, où gleterre aussi; mais je me mettrai en étal

Mazarin félicite le chevalier de Tcrlon de la de ne prendre pas leurs lois, r, Voir cette

conclusion de ce traité. dépêche dans YHisloire de France sous le

3 11 disait hautement, d'après une dé- ministère de Mazarin, par M. Chéruel;

pèche de l'ambassadeur Terlon : rr La tome III, p. 356.

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