LU
Bibl. nat. , ms. f. fi*., Mélanges de Colbert, t. 5i A, f° 21G; minute. — Afl". élr., France,
t. 972, f° 198; copie du temps.
À M. DE GRAVEL
Stenay, a août 1 G07.
(extrait.)
Nous qui avons inlerest d'empescher les Espagnols de disposer de l'Empire, ainsy qu'ils ont faict jusqu'à présent, nous ne devons pas espérer d'en venir à bout, si quelqu'un des princes de la maison d'Autriche parvient à cette dignité.
Recommandation de seconder les ambassadeurs dans toutes leurs démarches. Indication de l'argent dont il pourra disposer.
On m'a escrit, de Vienne, que Wolmar1, après avoir visité les Electeurs ecclésiastiques, de la part du roy de Hongrie, avoit mandé qu'ils s'estoient assez tenus sur les termes généraux; mais qu'il n avoit pas laissé de bien recognoistie qu'ils esloient tous portez en faveur de M. l'Archiduc2. Je croy pourtant qu'il s'abuse, ou, au moins, je le desire fort; car, autrement, toutes les peines que nous prenons ne serviront qu'à se faire moquer de nous, et le Roy auroit grand sujet de se plaindre de ceux qui l'auroient engagé en une affaire dont ils sçavoient bien que Sa Mt<; ne sortiroit pas à son honneur. Mais j'ay une telle confiance en la capacité et sincérité de M. l'électeur de Mayence,
1 Wolmar était ambassadeur du roi de son d'Autriche, autant emporté et sans Hongrie auprès de la diète. crCe Wolmar, bornes qu'on le puisse être." 11 se troudit Gramont, était un docteur que l'Empe- vait dans Brisach dix-neuf ans auparavant, reur avait fait baron; mais l'on peut dire lorsque celte ville fut prise par le duc Berque son grand nombre d'années ne lui avait nard de Saxe-Weimar, et l'on eut beaucoup pas tempéré le sang, étant, par ses dis- de peine à l'empêcher d'être pendu, cours et par ses écrits en faveur de la mai- s Léopold , oncle du roi de Hongrie.
(|ue, sur ce que vous m'avez escrit de sa part, j'ay respondu et res- Août 1657. ponds tous les jours au Roy que tout se passera à son contentement, puisque Sa Ml(i ne faict que suivre aveuglement les conseils que ledict sieur Electeur lui donne sur toutes choses, et que MM. ses ambassadeurs en useront de mesme, réglant leur conduite en la manière que S. A. El. leur dira estre nécessaire.
Mazarin insiste ensuite pour que les traités relatifs aux levées de troupes en Allemagne soient exactement exécutés. Avis sur le séjour du cardinal de Retz à Cologne, sur des achats de chevaux et sur les sommes à payer à l'électeur de Trêves. Il pense qu'il n'y a aucun fondement à faire sur l'électeur de Bavière. Quant à une ligue des princes allemands, on ne peut y songer, sans y faire entrer le roi de Suède et l'électeur de Brandehourg.