‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 3)Chapitre 14 sur 123 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Bihl. n;it. , ms. f. fr. , Mélanges de Golbert, t. 5l A, f° 2 23 v°; minute. — An", étr. , France.

f. 272 , f" 1 91 ; copie du temps.

À LA REINE

Stenay, 3 août 1 657.

(exthht.)

J'ay vcu une lettre que les Anges [la Reine] ont escrite de Paris [Sedan]1 à la personne que vous sçavez [Mazarin], la plus jolie et la plus obligeante du monde. 11 m'en a tesmoigné grande joye, et il a raison; car je sçays qu'il ne souhaite autre chose que d'avoir les Anges favorables. Je vous en entreliendray à mon retour, et vous prendrez plaisir au récit que je vous en feray.

Je croy que le Roy ira au camp, je n'en suis pas encore asseuré; car on attend une response de M. le maresehai de La Ferfeé pour sçavoir si les mineâ seront en estai de jouer ce soir. Enfin j'espère que nous

Les changements de noms de lieu et d'autres détails qui suivent avaient pour bui de dérouter ceux qui auraient intercepté la lettre.

loûi i<>r,-. pourrons estre de retour lundy; et ce pendant ce gentilhomme fera mes coin|)limens à Mademoiselle1, qui sera ce soir à Sedan.****

Aff. étr. , France, t. ay/i, f° 102. — Copie du temps.

A M. SEKVIEN.

Stenay, î> août 1 G~>-;.

( EXTRAIT

Je lais, au mesme temps, response à vos deux depesches du 28 du passé et du icr du courant, commençant par vous prier de ne prendre pas la peine d'escrire de vostre main, parce que j'en ay beaucoupe- à lire vostre escriture.

Vous sçavez avec quelle passion et sincérité j'ay souhaité de faciliter lout ce qui pouvoit engager M. l'électeur palatin dans une parfaite amitié et union indissoluble avec le Roy, et vous sçavez aussi si j'ay eu une juste occasion de me plaindre de ce que, à mesure qu'on estoit convenu de quelque chose et que l'on croyoit l'affaire conclue, on mettoit sur le tapis d'autres points à discuter; et si j'ay eu desplaisir de la manière dont on en a usé jusqu'à présent, je vous laisse à penser si j'ay esté surpris de la nouvelle proposition qu'il faict de donner de grandes sommes d'argent3 pour lever et entretenir une armée de huit mille hommes pour la défense de l'Alsace, et pour en assister les alliez de cette couronne; car je ne voy pas quel rapport a cecy à tout ce qui a esté traité jusques à maintenant, et si" la prudence veut qu'on prenne des précautions pour remédier à un mal qui n'est pas arrivé et «pion pourroit se procurer, pour y appliquer5 des remèdes hors de sai-

1 On trouve clans les Mémoires de M'1' de ' J'ai beaucoup de peine. L'écriture de

Montpensier (édition Charpentier, t. III, Servien est, en effet, peu facile à déchiffrer,

p. 106 et suiv.) tous les détails sur le voyage 3 Qu'on lui donne de grandes sommes

de cette princesse. Elle raconte son arrivée d'argent.

près de la Reine (p. 111 et suiv.); ce fut " Dans le sens et cependant.

le 1" août 1 657 que M"e entra à Sedan. b Le sens est : En voulant y appliquer, etc.

son. Outre que, lorsqu'on voudra nous faire la guerre en Alsace, ou Aoùi 165-7= attaquer les Estats de S. A. El., le Roy y envoyera, en quinze jours. une armée de vingt mille hommes, et on pourra alors convenir avec Sadicle Altesse qu'elle lèvera un corps de troupes, de son chef, qui pourra estre incorporé à l'armée de Sa M1'' pour la défense commune; de quoy on peut tomber d'accord présentement avec M. l'Electeur, pour exécuter la chose, quand le cas escherra.

11 devroit aussy considérer que les fondemens sont desja jetez pour faire une. nouvelle liaison entre cette couronne et le roy de Suéde, et que c'est en ce temps-là qu'on pourra conclure aussy avec M. l'électeur palatin une levée de troupes, aux conditions qui seront marquées dans le traite. Enfin MM. les Plénipotentiaires ont ordre de faciliter avec S. A. El. tout ce qui peut regarder l'affaire de l'élection du roy des Romains qui nous presse, et dans laquelle, asseurement, quelque honne parole qui luy soit portée de la part de la maison d'Austriclie. elle a plus interest que le Roy mesme de la voir terminer comme Sa Mld désire.

Et comme on veut bien traiter ledict Electeur et l'asseurer en sorte de l'amitié de Sa M1'1 qu'il en puisse faire estât en toute rencontre, et qu'il ne faut pas douter que l'ambassadeur de Suéde ne l'oblige à se conformer aux intentions de la France et dudict Roy en ce qui est de l'élection, il y a sujet d'espérer que MM. les ambassadeurs achèveront heureusement leur négociation à lleidelberg avec ledict prince, puisque la raison et l'interest dudict prince le veulent ainsy.

J'espère mesme qu'il y sera convié par ce que Mme la princesse palatine1 et que M. Pauvel luy aura faict sçavoir sur ce que vous luj axez dict dans les entreliens que vous avez eus avec luy; et il sera bon, si vous le jugez ainsy, que \ous l'informiez de ce que je vous mande sur la dernière proposition qu'il vous a l'aide.

J'ay eu plaisir de voir la lettre de [Croisic j2; elle contient des choseassez importantes, et il seroit bien nécessaire de sçavoir au vray si le

1 Anne de Gonzague. le nom esl écrîl deux lois Çroieic. Il ;t <l(;jà

La tus. parte Qrtùugi Mais, plus bas, (^quertiondece personnage, p. 64, aote 1.

\nùt ir..r)7. terme désigné pour commencer l'assemblée à Francfort sera prolongé1, comme ledict Groisic2 le marque, jusques à la fin d'octobre; car, en ce cas, le Roy pourroit donner ordre à quelque autre affaire, sans s'engager à Metz3, et à entretenir une grande armée dans le Luxembourg, sans rien l'aire'4.

Jay veu tout ce que M. le prince de Hombourg vous a esciit. lequel je remarque, comme il arrive d'ordinaire à tous les hommes, qu'il croit aysement ce qu'il souhaite. 11 ne se peut rien adjouster au zèle qu'il a pour le service du Roy; mais j'eusse bien voulu qu'il se lus! appliqué davantage qu'il n'a faict à la levée à laquelle il s'estoit engagé; car, aprez avoir tiré quatre-vingt-huit mille livres, nous sommes au commencement d'aoust, et il n'a encore envoyé que cent quarante hommes de pied et environ cent quatre-vingts chevaux.

Jay veu la copie des lettres de M. le duc de Neubourg, et je me confirme tousjours de plus en plus qu'il ne pourroit rien arriver de plus advantageux au Roy que l'élévation de ce prince5, lequel je croy tout plein de probité et de recognoi§sance.

Je vous envoyé l'ordonnance pour retirer les mille escus que vous avez advancez pour la pension de Croisic.

Bibl. nat. , ms. f. fr. , Mélanges de Colberl, t. 5i A, f° 193 v°; minute. — AU. élr, , France,

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