‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 3)Chapitre 15 sur 123 · I. 273, l'° 10,/i; copie tlu temps · texte numérisé non relu

I. 273, l'° 10,/i; copie tlu temps

k LA REINE.

Slenay, 6 août 1G57.

(extrait.)

Tout ce que je puis vous dire, c'est que Montmedy nous appar-

' Il y a bien prolongé et non prorogé avait été primitivement fixée au ik aoùl

dans le manuscrit. i657 et qui était déjà reportée au mois

1 Le manuscrit donne ici Croisic. d'octobre, fut définitivement fixée au 8 jnil-

3 A faire le voyage de Metz. let 1 658.

4 La date de l'élection de l'Empereur, qui D Par son élection à ta dignité impériale.

tiendra bientost; on a attaché encore trois mineurs, et la place va Août t<)57. estre ouverte de tous costez; mais je ne responds pas que le gouverneur entende raison1. Sa maistresse, qui est avec luy-, devroit estre satislaicte de l'honneur que son galant s'est acquis, et pourroit bien le conseiller à n'exposer pas le sien par son opiniastreté qui mettra la place en hazard d'estre emportée d'assaut; en ce cas, je ne sçay pas si les soldats auront grand respect pour sa dicte maistresse.

Le Roy retourne au camp pour presser le plus qu'il se pourra, car je vous asseure que tout le monde a grande envie de revoir Sedan. Je vous rends tres-humbles grâces de la lettre qu'il vous a plu de m'escrire. Le Confident et Monsieur l'ont veue, et ils ont esté tres-satisiaicts des nouvelles. Au reste, vous avez un fils auquel on a peine de respondre, demandant des choses tout-à-fait extraordinaires, et les \nges [la Reine] mesmes ne pourront le contenter. #*##•

Bibl. nat. , ms. f. fp. , Mélanges de Colberl, t. 5i A, f* a&4 v*; minute. — Passages à chiffrer soulignés.

À M. DE TURENNE

Slenay, 6 aoûl 1C57.

(extrait.)

Après avoir parle' de l'effet produit par les mines et de la continuation des travaux du siège de Montme'dy, Mazarin continue ainsi :

Je ne manderay pas à M. de Gastelnau de s'advancer que je ne

1 Ce gouverneur s'appelait Malandri; il avait été, comme on disait, a nourri page du roi d'Espagne; il était capilaine dans ses gardes lors de sa nomination à Montme'dy, qui ne remontait pas à plus de deux mois. Il avait eu ce gouvernement par la mort de Bère. Tous les mémoires du temps s'accordent à louer son courage.

2 Voy. les Mémoires de M"' do. Montpeiisier, t. 111, p. 120. Elle dit du gouverneur de Montmédy : "Il s'alloit marier le jour que l'on investit la place. Ses parents et ses amis s'y étaient rendus pour signer le contrat de mariage; ils fuient obligés d\ demeurer. On dit qu'après qu'il fut blessé, on l'emporta; il se confessa, reçut ses sa-

n 'on •! r.

Aoùi tèëtj. sçache que le coi'ps des ennemis passe la Meuse, et je m'asseure que, si vous voyez prendre cette route-là à leur armée, vous prendrez vos mesures pour vous rendre plus lost icy qu'elle n'y sçauroit estre.

Je croy certainement que le dessein des ennemis estoit de vous prendre les devans et marcher droit icy pour tenter le secours de Montmedy, et que les mouvemens que vous avez faicts l'onl empesché de l'exécuter.

J'ay veu ce que vous croyez qu'on pourroit faire après la réduction de Montmedy, et suivant Testât auquel seront alors toutes choses et particulièrement [suivant] la posture des ennemis, on laschera de prendre la meilleure resolution. Je vous diray seulement que Montai ' se trompe dans le calcul qu'il faict de nos forces par sa lettre qu'il escrit au prince de Gondé. Gar je vous responds que nous aurons plus de huit mille hommes au delà de ce qu'il dit.

Je suis bien aise de ce que vous me mandez que le corps anglois est en bon estât. M. l'ambassadeur, qui est icy, m'asseure qu'on avoit envoyé de Londres deux cents hommes de recrue, et il n'a pas esté fasché d'apprendre le mauvais traictement qu'ont receu des ennemis les cinquante Anglois malades qui alloient à S1 Quentin; car cela servira à exciter de plus en plus tout le corps anglois contre eux, et, s'il est vray, comme on dict icy, que le duc d'York a tué un de ces pauvres malades de sang froid, il n'y a pas apparence que, par ce moyen, il réussisse à attirer au service du roy, son frère, ceux de cette nation qui sont engagez dans celui du Roy2.

Si on continue de brusler, comme on a faict dans le Boulonois, à

crements; il voulut qu'où le reportât mourir sur ta brèche; et [on dit] que sa maîtresse (en langage actuel, sa liancée) ne le voulut point quitter, quelque péril qu'il y eût. Il exhorta tous les officiers à se bien défendre et servir le Roi.»

1 Voy. sur Montai, t. VI, p. çf4, des Lettres de Mazarin.

2 L'acte de barbarie que raconte ici Ma-

zarin ne paraît rien moins qu'authentique. Le duc d'Yorck, cela va sans dire, n'y fait aucune allusion dans ses Mémoires; mais les mouvements de l'armée espagnole dont ce prince faisait alors partie, et les localités où elle campa pendant le mois de juillet et le commencement d'août , rendent peu vraisemblable sa rencontre avec un convoi de blessés se dirigeant vers Sainl-Quentin.

Riblemont1 et à Vadencourt2, d'enlever des gens dans Paris3 et de tuer Août i657. et exercer des miaulez contre les malades , nous serons contraints d'oublier la courtoisie Françoise et de songer aux moyens de rendre les ennemis plus humains et plus tr-ai tables. On m'a dit que le chevalier Reynolds a desja proposé de leur déclarer qu'il ne veut nul quartier avec eux, et je croy que cela leur donneroit bien à penser.

Les nouvelles que nous avons d'Italie portent que l'armée du Roy'1 avoit investi Alexandrie, le 7 du mois passé. C'est une grande entreprise à une armée qui n'a que neuf mille hommes de pied et sept mille chevaux. Je ne sçay pas ce qui en arrivera; mais s'il est vray que la fortune seconde d'ordinaire la hardiesse, elle doit bien favoriser ces messieurs qui commandent l'armée du Roy en ce pays-là.

Bibl. naL, ms. f. fr. , Mélanges de Colberl, t. 5i A, f° icj5. — Miaule.

Sleaay, (i aoûl 1 657.

Le Roy, en arrivant au camp devant Montmedy, celte apres-disnée, a eu le plaisir d'entendre battre la chamade, des qu'il a esté aperceu de la place, et la capitulation a aussy tost esté faicte5. Les assiégez

Ribemonl. (Voy. t. V, p. 64G, des Lettres de Mazarin.)

1 Village du dëp. de la Somme, air.

d'Amiens.

' Allusion à l'enlèvement du financier Girerdin par Gheméraut-Barbezières, qui avait eu lieu à la (in du mois de mai précédent, enlèvement que Barbezières paya d'ailleurs de sa tète. (Voyez le lome VII, p. /i 79 , /1S1 et 4(j8.)

Celte armée était, comme on l'a vu

dans le tome précédent, sous le commandement du due de Modène. La lenlative dont il est ici cpiestion n'eut pas de suite.

5 Voy. les Mémoires de M"' de Montpensier, 1. 111, p. 120 (édit. Charpentier), et celles de Mondial (éd. Micliaud. p. 3*3). Les ofliciers espagnols chargés d'obtenir du \\ai une bonne composition, ayant vu leur demande repoussée, menacèrent de mourir sur la brècbe et de vendre cbèrement leur \ie. «Le cardinal Mazarin. dil Montglat, voulant as-

Août i657. parlent demain à quatre heures du malin. MM. de Lislebonne et de Varennes partiront à l'instant pour vous aller rejoindre avec ce qui avoit esté destaclié. M. de Grandpré s'en retourne avec cinq cents chevaux à son poste près de Kethel. Je depesche aussy tout présentement à M. de Castelnau, qui est arrivé à Attigny1, afin que, sans perdre un moment de temps, il s'en retourne auprès de vous.

Depuis, j'ay receu vostre billet de ce matin qui ne m'oblige à autre response que ce que je vous mande cy-dessus.

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