M\7. W'.IV VIII
IMPRIMERIE lATIOIALt.
Janrier iG58. a recew ordre d'Espagne d'entendre tout ce qu'on luy voudra dire à l'csgard de la paix et offrir de depescher un courrier à Madrid pour apprendre les intentions de son maistre sur les propositions qu'on luy fera.
Je sçay, en outre, que Pegnaranda dira que le roy Catholique a tousjours donné les mains aux moyens qu'on luy a proposez pour traiter la paix et que, dernièrement, le Pape s'estant interposé, à l'insinuation de la France, pour l'aire la paix à Rome, Sa M^ Catholique y avoit consenty.
On me mande aussy que le mesme Pegnaranda auroit bien voulu qu'on luy eust donné permission de proposer une suspension d'armes de sept ou huit mois, parce qu'estant asseuré que le Roy ne l'accepteroit pas, il se seroit servi de ce refus pour rendre la France odieuse, faisant connoistre qu'elle s'esloignoit des expediens qui pourroient donner bientost le repos à la chrestienté.
Il sera donc à propos qu'estant informez, comme vous estes, de la manière dont Pegnaranda prétend se conduire sur le faict de la paix, vous preniez de bonne heure vos mesures pour empescher qu'il n'en tire aucun advantage1; ce qui vous sera aysé si, entre autres choses, vous prenez le soin de descrier ce que dessus et particulièrement auprez de M. de Mayence, auquel il ne faut pas douter que Pegnaranda ne s'adresse le premier.
Mazarin soutient, dans la suite de la dépêche, que le roi d'Espagne ne veut pas réellement la paix, et que la prétendue proposition de traiter à Rome, faite par la France, est complètement fausse. Quant à la suspension d'armes, il en montre l'impossibilité', et termine par ce paragraphe e'erit de sa main :
Je suis obligé d'adjouter que le père Saria n'a mandé autre chose à
1 La façon dont Mazarin s'y prit, pour du i5 avril; ces coudi'ions furent rejelées
atteindra ce but, l'ut de faire proposer lui- par l'ambassadeur d'Espagne, comme inju-
même , par l'archevêque do Mayence , à Pe- rieuses pour son maître , et celui-ci se trouva
naranda des conditions de paix que le Car- par suite mettre les torts de son côté à
dinal énumère plus loin, dans sa dépèche l'égard du collège électoral.
Pegnaranda, de la part de l'électeur de Mayence, en ce qui regarde la Janvier i65«. capitulation, si ce n'est que S. Alt. Elect. luy donneroit une juste satisfaction là-dessus; et comme cela est précis, j'ay jugé à propos de vous le mander.
CLïL
Bibl. nat. , ms. f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 52, f° 39; minute. — La minute est surchargée dans plusieurs passages et d'une lecture difficile.