‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 3)Chapitre 5 sur 123 · AL LIEUTENANT CIVIL · texte numérisé non relu

AL LIEUTENANT CIVIL

Slenay, i5 juillet 1657.

J'ay esté bien ayse de voir, par vostre lettre du 2 de ce mois, la diligence avec laquelle on a remédié au desordre que les pages et laquais vouloient recommencer dans Paris, en portant de nouveau des espées contre les deffenses de Sa Ml,;. Le Roy n'a pas approuvé que l'on ayt faict deslivrer les siens, parce qu'estant encore plus obligez que les autres à obeyr à ses ordres, ils meritoient aussy d'estre plus sévèrement chastiez '. Je n'ay pas manqué de faire valoir vos soins

1 Do* vacances; le mot k vacations 1 no (aient, ainsi que Mazarin le craignait déjà

se prend plus aujourd'hui dans cette accep- en i65?.

lion ancienne que lorsqu'il s'agit des tribu- Le s' Dreux-Daubray. (Voy., sur lui.

naux. le tome III. p. 00,7. et le tome Vil. p. lîoC».

Gel eofanl mourut l'année suivante, à des Lettres de Maxwin.) quatorze ans; il promettait avoir de I intel- \ ay. la \iuze historique de Lorel (lettre

licence, tandis que ses lions promettaient du a 8"'" juillet 1087); Guy Patin écrit éga-

n en avoir p;is <<i ont tenu ce qu'ils promet- lement : rr II y avoit ici dos laquait qui vou-

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lillei i r>r»7. on ce rencontre, comme je fera y en toutes les antres occasions où j'en auray matière, estant véritablement, etc.

Addition.

Le Roy me commande d'adjouster qu'il entend que vous fassiez faire perquisition de celuy de ses pages qui estoit de la révolte des pages et des laquais qui avoient repris les espées , et que vous le fassiez remettre en prison, parce que Sa MtL; a résolu de luy faire oster la livrée et de le faire chastier en sorte qu'il serve d'exemple. J'ay escrit au sieur Colbert de vous voir, de ma part, et de vous entretenir à l'esgard des autheurs des libelles et des imprimeurs. Je vous prie de luy donner entière créance et d'employer tous vos soins pour desraciner une semblable peste.

BiW. nat, ms. f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 5i A, f° 1&2; minute. — Aff. étr. , France,

t. 272, f° i5i ; copie du temps.

À LA REINE

Steoay, 1 5 juillet 1607.

Je prends la plume bien plus pour vous tenir la parole que je vous ay donnée de vous escrire tous les jours que pour avoir aucune chose à adjousler à ce que j'ay eu l'honneur de vous escrire hyer au soir. On n'a pas. esté au camp, parce que ce que le Confident y doit voir n'est pas encore prest1; mais M. le Mareschal asseure que demain, pour tout le jour2, il le sera. Apres quoy, je vous envoyeray un gentilhomme pour

loienl recommencer à porter des épées; ' Il s'agissait d'une mine que ton devait

mais ils en ont été mauvais marchands; ils faire jouer en présence du Roi, et qui joua

en ont eu le fouet par les carrefours, et seulement trois jours plus tard, même on saisit ici tous ceux qui portent des 2 Tel est le texte. Le sens est : demain'

épées". (Lettre du 10 août 1657.) au plus tard.

vous rendre compte de toutes choses en détail, comme je vous ay Juillet i65 mandé que je le ferois. Un soldat de la place, qui s'est venu rendre, asseure que, de la sortie de l'autre jour \ les assiégez ont perdu quatrevingt-douze hommes. Le sieur de Marivaut2 a esté emporté d'un coup do. canon.

Le Roy a esté à la chasse, et Sa Mk: prétend se baigner à dix heures. Il m'a dict positivement, sur ce que je l'entretenois de l'ennuy de la Reyne et de son desplaisir à cause d'une si longue absence, que le plaisir qu'EHe [Sa M16] a d'estre icy n'est pas comparable à l'envie qu'Ëlle a de plaire à la Reyne et que, si vous me mandez que Sa Mlc désire qu'il s'en retourne, il quittera tout pour [luy] obéir. Parmy les desplaisirs qu'on a dans vostre esloignement, ce n'est pas le moindre, çeluy de ne pouvoir escrire avec liberté à cause du risque que les lettres courent d'estre prises. Le Confident faict ses recommandations à Monsieur, de qui je suis tres-humble serviteur, et le vostre sans aucune reserve**.

BiW. nal. . ms. f. fr, , Mélanges de C.olbcrt, t. 5i A, f" 1/19; minute. — Aff. dtr. , France,

t. 272, f° 162; copie du temps.

À LA REINE

Slenay, 1 G juillet 1657.

Je viens de recevoir le billet du ik que j'ay faict voir au Confident, lequel je puis vous asseurer qu'il souhaite fort de vous revoir, et après ce que j'ay eu l'honneur de vous escrire hyer là-dessus, il n'y a rien ;i adjouster. Il est party ce soir pour s'en aller promener au camp, et il m'a dispensé de le suivre, sçachant que j'avois beaucoup à travailler. Le maresclial de Yilleroy est avec luy et M. le Premier3, et je vous

\ oj . . ci-dessus , la lettre à Turenne en de camp en 1 70a. C'est peut-être le fils de

date du 1 A juillet. celui dont parle Mazarin.

La Chronologie militaire ne mentionne 3 Le premier ecuyer Henri de Berinplien.

pas ce Marivaut. Elle cite un marquis de (Voy. t. V, p. 645, des Lettres de Maza-

Manvaul ou Marivaull, qui devint mareclial lin.)

aâ LETTRES

Juillet 1657. responds qu'il n'ira en aucun lieu où il y ait le moindre danger, et [il] sera de retour icy à la pointe du jour.

Je crois bien que j'y pourra y aller après-demain avec le Confident. car le travail qu'on faict sera en estât de nous donner de la joye; et quoyque ces sortes de choses soient incertaines, neantmoins ceux qui s'y. entendent asseurent que nous eu aurons contentement. Je diffère jusque-là à vous envoyer une personne de croyance1, dont je vous ay escrit; car à présent il ne pourroit vous mander rien d'asseuré, et alors je le fera y un jour plus ou moins2.

Je renvoyeray demain l'homme que M. de Brienne a depesché, et le Confident fera response à la lettre de Monsieur, que je lui ay rendue.

On me mande de Paris qu'on ne peut rien adjouster à la bonne intelligence qui est entre # [Mazarin] et * [ia Reine], et j'en suis bien ayse, car vous sçavez bien que je l'ay tousjours souhaité avec passion, et croyez-moy que, quelque chose qu'on vous ayt pu dire, * est une bonne personne.

Bibî. nat. , dis. f. fr. , Mélanges de Colbert , t. 5i A, f' i5a v"; minute. — Aflf. étr. , France,

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