‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 3)Chapitre 4 sur 123 · AU COMTE DE BRIENNE · texte numérisé non relu

AU COMTE DE BRIENNE

Stenay, 12 juillet 1657.

Vous serez bien aise de sçavoir nos advantures et Testât de ce siège et d'en rendre compte à la Reyne. Le Roy fut hyer au camp, et M. le

1 Le mot petite est bien dans le texte , dans le sens de facile.

' Dans le manuscrit des aff. étr. (France, t. CCLXXIV). Cette lettre porte la date du h juillet 1657. A cette date, Mazarin n'était pas à Stenay, mais à la Fère. La véritable date est celle de la minute.

3 L'armée de Turenne était, le 1 0 juillet, campée près d'un village nommé Malsy. rrDe Malsy, dit Bussy-Rabutin , nous vinmes à

Lusoir, près la Capelle; et suivant les avis que nous avions des ennemis, nous changions de postes; cependant, ajoute- t-il, nous étions dans la plus grande oisiveté du monde, et cela nous réduisit à jouer depuis le matin jusqu'au soir. . . v Mémoires (éd. Lalanne), t. II, p. 3o.

4 Turenne dit pourtant que le Roi rrfut toujours à Stenay, allant de temps en temps se promener pour voir le siège*.

mareschal de La Ferté, qui avoit menacé de donner un disner à la Juillet 16.57. dragonne, fit pourtant fort bonne chère à Sa M"; et à ceux qui avoient l'honneur d'estre avec Elle. Le Roy voulut faire le tour de la circonvallation, et comme il estoit suivy de bon nombre de personnes, il ne manque pas de venir quelques volées de canon qui rejouyrent fort Sa Mtd, mais non pas tant ceux qui voyaient le péril où Elle s'exposait, quoyque, Dieu mercy, le tout se passa (sic) sans aucun inconvénient. Elle partit du camp l'apres disnée pour aller coucher à Marville1, qu'on luy avoit figuré fort proche et lui estre commode pour le logement. Il est vray que, pour y arriver, il fallut bien marcher six heures et défiler2 de quart d'heure en quart d'heure, et enfin l'on parvint au quartier, qui est un lieu tout ruiné; ce qui a faict résoudre le Roy à venir aujourd'huy dans cette place (de Stenay), non sans beaucoup de peine à se résoudre de ne pas repasser par le camp.

Pour ce qui est du siège, on travaille tant qu'on peut, et les ennemis, de leur costé, font tous leurs efforts pour se bien deffendre. La nuict passée, on avoit attaché le mineur3 à un petit travail, qui est dans le fossé. Les ennemis, à force de feux d'artifice, l'ont obligé à se retirer. On se prépare à le rattacher cette nuict, et l'on a pris toutes les précautions pour l'y maintenir. La résistance des ennemis est grande; mais Ton a bonne opinion du siège, et cela ira seulement à quelques jours de plus ou de moins. Au reste, parmy toutes ces fatigues, le Roy ne se porta jamais mieux. Vous en pouvez asseurer la Reyne, et je vous prie de croire aussy, de vostre part, que je suis parfaitement, etc.

1 Auj. d(:|). de la Meuse, caiil. de Mont- avait joué <'l qu'une brèche était ouverte, il

médy. n'y avait plus guère d'espoir pour les as-

1 Marcher à la file. sie'gé"s fie tenir davantage; c'est pourquoi les

3 Nous avons dit, dans le I. VII, p. 277, efforts de l'ennemi tendaient-ils à empêcher

nqle I, ce que signifiait celle expression le mineur, par tous les moyens possibles,

rattacher le mineur». C'dtait le commence- de creuser l'excavation où il devait loger sa

ment de la fin, parce qu'après (pie la mine poudre.

Juillet i O57.

Bibl. nat., iris. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 61 A, f° 125 v°; minute. — Aff. étr., France,

t. 272 , f° 1/18; copie du temps.

À LA REINE

Stenay, 12 juillet 1657.

Je ne vous escrivis pas hyer, parce qu'il estoit impossible, ayant esté [tout le jour]1 en marche pour aller loger à Marville, qui est un lieu que le Roy avoit choisy, contre i'advis de tous, à cause qu'on luy avoit dict qu'il estoit plus proche du camp; mais, Dieu mercy, Sa Mté a recogneu qu'il estoit plus esloigné que celuy-cy (Stenay); que le chemin estoit tres-meschant et exposé à recevoir des affronts par la facilité que les ennemis auroient eu de faire des embuscades, estant logez à Virton2, et n'y ayant que des bois, et qu'enfin ledict lieu estoit une honneste prison pour Sa Mt,;, puisqu'il falloit faire garde nuict et jour, sans en pouvoir sortir à cent pas, sans une grande escorte. C'est pourquoy Sa M[â a eu la bonté de proposer Elle-mesme, ce matin, de venir icy, où au moins nous aurons commerce avec la France, ce qui estoit fort difficile de Marville et m'a empesché de vous escrire hyer.

A présentée le fais, commençant par de tres-humbles grâces de la lettre qu'il vous a pieu de m'escrire du 9. Le Confident en a faict la lecture avec moy, et il s'est retiré pour dresser le billet cy-joint. Je vous ay desjà mandé qu'il vous ayme plus que l'armée3 (et c'est tout dire), et que, pour marque de cela , vous n'avez qu'à luy faire cognoistre que vous desirez qu'il retourne, et asseurement il quittera tout.

Je me remets, pour les nouvelles du siège, à la lettre que j'escris à M. de Brienne4, et j'acljousteray seulement que tout le monde a

1 La copie porte tous les jours; mais te 3 Ci-dessus, dans ta lettre à ta Reine,

sens exige tout le jour, datée du lx juillet, p. 1 1.

' Petite ville du Luxembourg au nord- " Voy. la lettre précédente, du même

est de Montmédy. j0UIN p- 22.

voulu aller à la tranchée; que le maistre ! a eu deux canonniers tuez Juillet jG.37. auprès de luy; que mon neveu2 a faiily d'estre emporté d'un coup de canon, et que le marquis de Saint-Aignan3 qui y avoit mené son fils pour esprouver luy-mesme sou courage , a resté 4 un peu blessé d'un coup de pierre; de quoy je luy ay faict une forte réprimande5.

Je fais estât de vous depescher demain un gentilhomme pour vous informer plus en détail de tout ce qu'il est nécessaire que vous sç.achiez, et ce pendant je ne vous parleray pas ny des Anges [la Heine], ny de la Mer [Mazarin], ni de *, ni de*; car les lettres courent grande risque d'estre prises, et je vous prieray seulement de dire à la Reyne tout ce que je vous escris, vous asseurant que je suis sans aucune reserve, etc.

Bibl. nat., ms. f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 5i A, l'° 121 v° ; minute. — AIT. étr. , France, t. 291, f" 35o; original signé, et t. 271, f° i52: copie du temps.

À M. SERVIEN

Stenay, 1 3 juillet 1667.

( KXTRA1T.)

Je vous envoyé les pouvoirs conformément à ce que vous m'avez

' Le grand maître de l'artillerie était Charles-Armand de La Porte, fils du maréchal de La Meilleraye.

* Le comte de Soissons, neveu de Mazarin par suite de son mariage avec Olympe Mancini.

François de Beauvilliers , romte et non marquis de Saint-Aignan, comme récrit Mazarin, né en 1607. mort en 1679, duc en i663, et membre de l'Académie française, était alors lieutenant général. (Vov. sur lui le tome V, p. 9.72 et 27.3.)

1 Tel est bien le texte.

■UZARI*. Tlll.

i Le fils le plus connu du duc de Saint- Aignan est ce duc de Beauvilliers, ami de Saint-Simon, gouverneur du duc de Bourgogne, qui joua un rôle politique important durant les dernières années de Louis XIV. Mais il ne s'agit pas de lui dans ce passage, parce qu'en 1657 il était encore dans les ordres et pourvu de plusieurs bénéfices, dont il ne se démit qu'à la mort de l'aîné des ses frères, en 1666. Le comte de Saint-Aignan avait en 1657 deux autres enfants : François, comte de Séri, né en 1687, mort en 1 666 . et Pierre , chevalier de Saint-Ai-

mpniMF.rtif n*Tio,*ir

JuiiiH 1057. demandé. Comme il n'y a pas de seureté sur les chemins et qu'on eusl perdu beaucoup de temps à les envoyer à la Fère à M. de Brienne pour les signer1, le Roy a commandé à M. Le Tellier de le faire, afïin que MM. le mareschal de Gramont et de Lionne, les recevant sans delay, puissent partir aussytost; car, pour l'instruction, on la leur envoyera par un courrier exprès2. Vous prendrez donc la peine, s'il vous plaist, de leur dire, de ma part, que l'instruction du Roy est qu'ils se mettent en chemin sans plus de retardement, et quoyque je n'ay encore response, ny du costé de Trêves, ny de Cologne, touchant les intentions de ces Electeurs, néantmoins je crois qu'ils peuvent prendre cette route-là, afin de les voir, et ensuite l'électeur palatin et celuy de Mayence, avant que de se rendre à Francfort, si ce n'est qu'il soit nécessaire de voir aussy celuy de Bavière, de quoy l'on sera esclaircy assez à temps pour mander à ces messieurs ce qu'ils auront à faire. Ils auront mesme remarqué dans la copie que je vous ay envoyée de la lettre de M. l'électeur de Trêves, qu'il semble qu'il s'attende de les recevoir à Trêves; mais si, sur ce que j'ay faict sçavoir à l'un et à l'autre, on me faisoit cognoistre qu'il ne fust pas nécessaire de passer là, on sera à temps de prendre un autre chemin. Pour cet elïect, je croirois que le mieux de tout seroit de s'en aller droit à Metz, d'où, nonobstant les passe-ports, je serois d'advis qu'ils envoyassent au prince de Simay (sic) 3 pour luy demander quelque trompette et un

gnan, ne en 16Z11, tué au combat de Sainl- Gothard en Hongrie, en i064. C'est évidemment de l'un de ces deux-là que Mazarin veut parler, et quoique le second n'eut alors que 16 ans, son jeune âge n'était pas, d'après les mœurs militaires du temps, pour l'empêcher de prendre part à une bataille.

' Est-ce parce que Mazarin , en cette circonstance, s'est passé de lui? Toujours est-il que Brienne, dans ses Mémoires, parle de ce document qu'il n'avait ni rédigé ni signé, avec une aigreur mal dissimulée et considère l'ambassade de Gramont et de Lionne connu i

vouée par avance à un échec certain ; ce qui , du reste, était facile à prévoir pour Brienne qui écrivait après l'événement. ( Voy. éd. Micliaud, p. i54.)

2 Ces instructions, dont on parlera plus loin , furent rédigées et corrigées par Servien , d'après les indications de Mazarin. Elles sonl très étendues et portent sur les points les plus importants de cette négociation, du moins sur ceux que l'on ne craignait pas de proclamer hautement.

J D'après la forme «lu nom, 0:1 serait tenté de lira prince de Cliimay; mais il est

officier qui les accompagnast, ou à Trêves, ou à Strasbourg, suivant la Juillet ;<>.:>route qu'ils prendroient.

Je suis persuadé, comme vous, des bonnes intentions du résident de M. l'électeur palatin; il faudra seulement luy dire ce qu'il faudra qu'il fasse, afin que nous eu retirions l'avantage que nous en devons attendre dans cette conjoncture.

Bibl. nal., ms. f. fr. , Mélange* de Colbert, t. 5i A, f° 128; minute. — AU', été., France,

l. 272, f° 1/19; copie du temps.

À LA REINE

Slenay, i3 juillet 1657.

(extrait.)

Le Confident a eu la bonté de céder à mes raisons et [de] s'abstenir pour aujourd'hui d'aller à l'armée; mais, pour demain, il ne prétend pas seulement d'y aller, mais y passer la nuict pour voir sauter une mine qu'on aura achevée dans la demye-lune du bastion que M. de Navailles attaque. Il m'a fort sollicité pour aller voir certain poste bien advancé, tesmoignant qu'il y alloit de sa réputation d'en user ainsy; mais je luy ay laict cognoistre qu'il la perdroit, si l'on sçavoit seulement qu'il eust de semblables pensées. Il a trouvé bon que je luy parlasse avec liberté, et s'est rendu à mes raisons; mais je vous advoue que c'est une grande peine d'avoir à disputer des choses de cette nature.

Les ennemis ontfaict une grande sortie, à cinq heures apres-midy, avec cent cinquante de leurs meilleurs officiers et soldats et cinquante chevaux qui les soutenoient. Ils ont attaqué vigoureusement le travail de M. de Navailles. Les Suisses et le régiment des gardes escossoises gardoientla tranchée. Les nostres ont fait des merveilles; car le coinprobable qu'il s'agît plutôt des princes de tine de la maison de Bavière dont les do- Simmern on Zimmern, d'une brandie pala- inaines ('(aient voisins de Trêves.

Juillet i657. bat ayant duré une heure, elles ennemis estant venus opiniastrement pour arracher des fascines et entrer dans nostre logement ont esté repoussez et battus, en sorte que M. de La Ferté croit, avec beaucoup d'autres, que l'on en a mis plus de la moitié hors de combat, et je suis bien trompé s'ils ne sont plus circonspects à sortir à l'ad venir. Vous me ferez bien la grâce de croire que je ne laisse [l'armée] manquer de rien pour le siège. Je souhaite qu'il finisse bientost.

Bibl. nat., ms. f. fr. , Mélanges de Colberl, t. 5i A, f° 129; minute. — AfF. étr., France.

t. i5a, f° i5o; copie du temps.

À LA REINE

Stenay, ii juillet 1667.

.le vous avois escrit que je vous depescherois aujourd'huy une personne pour vous informer en détail de toutes choses; mais le Roy ayant remis d'aller au camp à demain parce que la mine ne peut estre plus tost preste à jouer, je remets aussy à vous envoyer cette personne au retour de l'armée1. Cependant il n'y a rien de nouveau depuis hyer au soir que je vous fis sçavoir tout ce qui s'estoit passé dans la grande sortie. On nous confirme seulement que les ennemis perdirent plus décent hommes et l'envie peut-estre de nous rendre de semblables visites.

Vostre ennuy pour'- l'absence du Confident ne peut estre comparé qu'à celuy de la Mer [Mazarin]. J'espère que l'un et l'autre finiront bientost d'une façon ou d'autre. J'ai faict lire au Confident ce qu'il vous a plus m'escrire là-dessus dans la lettre du 11, que j'ay receuc ce matin3; et il vous est tres-obligé de toutes les bontez que vous avez pour luy, et il est fort persuadé que vous l'aymez plus que toutes les choses du monde: aussy vous rend-il la pareille. 11 m'a commandé de

1 G'est-à-dire, lorsque nous reoiendrons de l'armée. — ~ Le signe abrégé peut être interprété par ou pour. — 3 Nous n'avons pas retrouvé celte lettre dans tes papiers de Mazarin.

DU CARDINAL iMAZARIN. 29

remercier Monsieur de ses complimens et de l'asseurer qu'il i'aymera Juillet 1657. tousjours, quand mesrne il ne lu y escrira pas.

Je vous supplie de vouloir prendre la peine de faire dire à M. le conite de Brienne de m'envoyer, par la première occasion asseurée, le chiffre qu'il a avec M. de Thon; et pour ce qui est de *, je vous conjure de croire ce que vous en sçavez1.

Bibl. nat. , nis. f. (t., Mélangea de Colbert , t. 5i A, i'° 1 3A. — Minute.

À M. DE TURENNE

Steriay, îk juillet 1 6 5 7 .

Le garde que vous m'avez depesché arriva hyer au soir e! m'a rendu vostre billet dont j'ay receu, aprez, le duplicata par un paysan. Le marquis de Grequy m'a donné les mesmes advis qu'à vous du mouvement des ennemis. Sa lettre est du 8, et quoyque l'on fasse courre le bruit icy qu'ils avoient marché derrière nous et que leur intention estoit de venir au secours de Montmédy, il me semble qu'il y a encore inoins de raison de le croire à cette heure que par le passé. En tout cas, l'on s'asseure que vous ne pouvez pas estre surpris, estant impossible qu'ils passent la Sambre, ou l'armée [entière], ou un corps qu'ils en pourroient dcslacher, sans que vous en ayez connoissance par | Guyse]2 ou le Quesnoy; et cela arrivant, quoyqu'il n'y aytpas grande apparence, le Roy ne doute pas que vous ne régliez \os résolutions sur celles des ennemis avec la diligence qui vous est ordinaire en semblable rencontre, c'est-à-dire en deslachant un corps si les ennemis en destachenl un, en venant avec toute l'année, s'ils marchent avec toute la leur pour venir icy; bien entendu que vous mènerez le corps angloi< cl que vous en laisserez un pour la seureté de la Somme, dans lequel

On s.iit (|ii»> ce ligne %■ désigne l'amour de Mazarin pour In Reine. — ' Ce nom est 1res

douteux.

iflei 1 6">7- il y ayt deux ou trois mille chevaux, laissant aussy bien garnyes les j)laces du Quesnoy, de Landrecy et la Capelle.

Pour ce qui est des troupes qui sont du costé du Boulonois, vous pourrez ordonner ce que vous croirez plus à propos; mais il est bon, à mon advis, de ne laisser pas Ardres depourveu. Si vous aviez un party de cavalerie à [Guyse]1, avec ordre d'avertir de tous les mouvemens que les ennemis pourroient faire de ce costé-là, vous pourriez aussy mander à Champagne, qui commande dans Chasteau-Iiegnault2, de vous envoyer toutes les nouvelles qu'il auroit; car il est très-bien informé, et il ne se passe rien dans son voisinage qu'il n'en ayt parlaite connoissance.

Je ne voy pas que l'on puisse envoyer à Rethel les douze escadrons que l'on avoit résolu de destacher de cette armée pour en renforcer la vostre, parce qu'asseurement il y a quatre mille hommes dans le Luxembourg, et la fatigue de nostre armée est plus grande qu'elle n'esloit il y a huit jours, puisque outre le bivac [sic) continuel qu'il faut que la cavalerie fasse, l'on en faict encore tous les jours à la queue des deux tranchées. On mande de Dinant3 que les paysans s'enfuient. Ce qui a faict encore croire davantage la marche de l'armée ennemye de ce costé-là, ou au moins de quelque corps considérable; mais vous n'en escrivant rien, la chose ne peut pas eslre. Je croirois bien que, ne voulant rien entreprendre ailleurs, ils pourroient bien destacher deux ou trois mille hommes pour envoyer dans le Luxembourg, afin de donner tousjours courage aux assiégez, ou estre plus en estât, après la prise de Montmedy, d'empescher l'exécution d'un autre dessein que nous pourrions avoir formé dans ce pays-cy; mais si cela est, vous pourrez aussy destacher un petit corps, comme je vous a y marqué cydessus.

11 y a trois jours que le prince de Simay (sic)lk fit advancer en de

1 Même nom que plus haut et même in- 3 Dinant e'tait une petite ville de Flandres

certitude de lecture. fortifiée, sur la Meuse, à a 3 kilomètres de

- Auj. village du dép. des Ardenncs, arr. Namnr. de Mézières. 4 Voy. ci-dessus, p. 26, note 3.

certains bois à une lieue et demy de ladicle place deux cens chevaux et trois cens hommes de pied avec des pouls de corde \ et l'on en l'ut adverty au camp par un soldat françois qui estoit avec eux, de sorte qu'ayant recogneu que l'on estoit bien sur ses gardes et qu'il estoil malaysé d'exécuter l'entreprise, ils se sont retirez, quoyque l'on die (|iie la mesme infanterie soit encore dans les bois. Ledict soldai esloil chargé "de pois [d'onguent]2, el il y eu avoit trente de mesme que lin : et c'est seulement de ce qu'il faut que les assiégez ayent besoin; car pour des munitions, je vous asseure qu'ils n'en manquent pas. 11 ne se passe pas de jour qu'ils ne tirent trois ou quatre cens coups de canon, quand mesme ils ne verroienl que deux hommes ensemble. Ils se deffendent avec autant de vigueur qu'ils ayent jamais faict. Ils ne font que continuer leurs sorties3, el la résistance de nos soldats jusqu'à présent a esté médiocre; car, pour les officiers, ils payent tous de leur personne. J'espère pourtant qu'ils [les ennemis] seront plus circonspects à l'advenir à leurs sorties, n'ayant pas bien réussi à celle qu'ils firent hyer à cinq heures du soir avec cent cinquante soldats ou officiers, la plus grande partie armez et soustenus par cinquante chevaux. Ils vinrent avec grande résolution à l'attaque de M. de Navailles, où ta régiment des gardes escossoises et les Suisses estoient de. garde. Le combat dura une heure. Ils tascherent d'arracher des gabions et des fascines de la teste de noslre travail. Enfin l'on employa en ce combat tes piques, les perluisanes et mesme l'espée; mais ils furent par la fermeté des noslres repoussez et battus en sorte que lotit le monde tombe d'accord qu'il y a eu plus de cent hommes des leurs hors de combat. In chacun a faict son debvoir, mais entre autres les officiers escossois et particulièrement leur colonel y ont acquis grande réputation, el le commandant suisse qui y a perdu son frère, et luy [a esté) fort blessé. le vous a\ois promis de vous mander ma pensée à l'esgard de la durée du siège, lequel, hors du travail du sapeur de mine qui est l'oit incertain à cause des grosses pierres qu'on rencontre à tous momens,

Probablement dans le seau d'échelles dt ' G'esl le seul mol que je puisse lire.

corde. I1 l'ont <lr continuelles sorties,

luillei 1657. n'est pas plus advancé qu'il y a huit jours, de façon que si, dans le lerme de douze [jours], la place peut estre reduicte sous l'obéissance du Roy, je croy que nous en pourrons estre contens l.

En terminant, Mazarin recommande de faire savoir au ge'ne'ral Reynolds que des ordres pour la solde des troupes anglaises seront donnés le lendemain à Paris, et qu'il y a impossibilité' de faire, cette campagne, une expédition du côté de la mer, comme le Roi l'aurait souhaité.

Rihl. nat., ms, f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 52 A, f° i3a; minute. — AIT. élr., France.

t. 272, f° 1 56 ; copie du temps.

\ M. SERVIEN

Slenay, 1 5 juillet 1657.

(extrait.)

J'ay receu , en mesme temps, vostre depesche du 9 de ce mois et celle du sieur Gravet (sic), escrite de Heydelberg, par laquelle il me mande à peu près les mesmes choses qui sont contenues dans vostre lettre. Je luy manderay de parler au résident de Suéde comme vous me marquez; mais je vous prie de vouloir escrire à M. d'Avaugour, par le premier ordinaire, ce que vous estimerez qu'il doive faire auprès du rov de Suéde pour l'obliger à faire agir fortement, de sa part, auprès de M. l'électeur palatin alîin qu'il se conforme aux intentions du Roy dans la prochaine élection, Sa Mld n'ayant autre but que de ne voir plus continuer l'Empire en la maison d'Austriche, par les raisons qui doivent bien plus convier tous les Electeurs, princes et Estats de l'Empire à la mesme chose, et particulièrement l'électeur palatin, qui en a esté traité comme tout le monde sçait2, et qui, sans la puissante protection que la France et la Suéde luy ont donnée, auroit esté des-

1 Celte lettre de Mazarin témoigne de J C'était l'empereur Ferdinand II qui

quelque impatience pour la longueur des avait enlevé la dignité électorale à Frédé-

opérations; Turenne, d'ailleurs, nous fait rie V, électeur palatin du Rhin, durant la

pari de ce sentiment dans ses Mémoires. guerre de Trente ans.

pouillé de tous ses Estais1; et2 ne suis pas en peine de délibérer à î'"11,1 (jui il douneroit son suffrage pour l'élection à l'Empire.

Vous pourrez mander au sieur d'Avaugour que je vous ay prié de prendre la peine de luy escrire, estant dans un lieu où il m'est impossible de le faire, non seulement par le peu de sourde" qu'il y a d'envoyer des courriers, mais aussy parce que les chiffres sont demeurez à ia Eère. ■ Les diligences, qu'il me semble qu'on peut taire encore auprès dudict Electeur pour le ranger à ce qui est de son service, et fendre vaines celles que les Espagnols feront pour l'engager dans leurs interest avec une infinité de promesses qui n'auront nul effect, seraient de s'adresser à la personne, de laquelle il y a lieu de croire que procède en partie le refroidissement dudict Electeur. J'entends Mmo la princesse palatine3, laquelle, non par faute de zèle pour le service du Roy, mais pour n'avoir pas esté recherchée en ce rencontre, aura peut-être decredité le sieur Pauvel ', duquel on se servoit pour conduire à bon port la négociation avec son maistre; et comme ladicte princesse a eu le malheur de voir la reyne de Pologne5, sa sœur, et le duc de Mantoue0, son neveu, s'engager, comme ils ont faict, et le dernier si mal à propos et contre son honneur dans le party austrichien, elle s'employera fortement pour empcscher que son beau-frere ' n'en use de mesme et fera cognoistrc, par ses diligences à celte occasion, à quel point elle a regretté et luy a esté sensible la resolution des autres. Jl faut donc que vous preniez la peine de la voir8, sans perdre un

,bo7

1 La France et la Suède lui firent rendre I" palatinat du Rhin , à la paix de Wcslphalie. Quant au haut palatinal, il fui donné ii la Bavière, qui conserva la dignité électorale. 11 y eut huit Électeurs au lieu de sept.

1 Et a, dans relie phrase, lo sens de aussi. ( lussi ne 8uis-je pas , etr. )

3 Anne de Gonzague. (Voy. t. V, p. Ao.)

4 Pauvel ou Pawel riait résident de l'électeur palatin à la cour de France.

Il a ét«: question dans le tome précé-

dent, p. hhà et 530, du traité que la reine de Pologne avait conclu avec l'Autriche.

' Charles II de Gonzague, duc de Manloue de 1687 à 1 665. Ce l'ut, lui qui vendit deux ans plus tard à Mazarin toutes ses possessions en France, duchés de Nevers, 15eihel , Mayenne, etc.

7 \nne de Gonzague avait épousé Edouard de Bavière, frère de l'électeur palatin et fils de Frédéric V.

La princesse palatine vivait, comme on le sait, ii la cour d'Anne d'Autriche.

Juillci i65-. seul moment de temps, et je responds que vous l'engagerez à tout ce que vous voudrez, particulièrement si vous l'asse lirez que cette affaire, ayant le succez que M. l'électeur palatin doit souhaiter encore plus que nous, vous luy ferez payer une année de sa pension, et vous luy pourrez dire aussy, s'il vous plaist, que j'en seray caution.

M. le mareschal de Gramont a beaucoup de pouvoir sur son esprit '. et, s'il veut prendre la peine d'agir en ce rencontre, comme je l'en prie et qu'il y a interest, puisque cela peut conduire à la bonne issue de la négociation qu il a entre les mains, j'espère d'autant plus que tout se passera bien.

Outre cette diligence, je croy que ce pourra estre une forte raison que de se laisser aller à donner quinze ou vingt mille escus plus que les cent mille escus dont on a parlé; bien entendu qu'il ne faut pas bazarder cette somme sans estre bien asseuré de l'effect des promesses que M. relecteur palatin nous avoit données. En quoy, il faut prendre toutes les précautions imaginables, et l'on ne doit pas appréhender que le sieur Electeur fasse difficulté d'y consentir, s'il n'a envie de manquer à ce qu'il nous promet. Il faut asseurer tousjours Pauvel de la bienveillance du Roy, et qu'il en recevra des marques, Sa M' estant asseurée, comme elle est, de son affection, et vous pourrez le faire agir en la manière que vous jugerez le plus à propos pour mieux contribuer à la bonne yssue de cette affaire.

1 Le comte de Guiche, lits aîné du Maréchal, passait à cette époque pour l'ami le plus intime de Philippe de France, duc d'Anjou. De leur côte', la princesse palatine et M"" de Fiennes e'taient dans une étroite confidence avec ce prince, si bien qu'à en croire Bussy (Mémoires, II, 76), on disait même -que Madame de Fiennes avait ménagé pour

la Palatine les premières amours du duc d'Anjou . . . r, Unis par le prince , dont l'un étail le favori et l'autre la maîtresse, Guiche et la Palatine devaient avoir ensemble des rapports continuels; et Mazarin engageait le Maréchal à employer à son tour l'influence qu'il avait sur son fils pour agir par son intermédiaire sur Anne de Gonzague.

DU CARDINAL MAZAR1N. 35

_________ Juillet 1657.

XX1IL Bibl. iiat , lus. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5i A, f'° i36: minute. — AIT. é"tr., France.

t. 272 , f° 1 58 ; copie du temps.

À M. DE GRAVEE.

Stenay, i ô juillet 1 65-.

(extrait.)

J'ay receu vostre lettre du 26 juin et veu ce que vous avez négocié avec M. l'électeur palatin, mais je vous avoue que je n'y comprends plus rien; car M. Seivien m'avoit mandé que son résident luy avoit dict que son maislre seroit d'accord de tout, moyennant les cent mille escus1. Cependant je vois que cet Electeur vous a parlé tout différemment, sans doute parce que les Espagnols luy offrent davantage que nous, avec anssy peu d'intention d'exécuter ce qu'ils luy promettent qu'ils firent l'autrelbis.

Vous luy pourrez taire sçavoir que, dans peu, il recevra response sur ce qu'il vous a proposé, et que MM. le mareschal de Gramonl et de Lionne, qui partent aujourd'huy de Paris, auront tout pouvoir de traiter et conclure avec luy, pourveu qu il se veuille contenter de conditions raisonnables, si ce n'est que, par d'autres moyens, on convienne avec luy- auparavant leur arrivée.

Je ne vous avois pas mandé de quelle manière vous deviez vivre avec eux, lorsqu'ils seront de delà 3. A présent, je vous diray que vous devrez en user avec eux comme vous feriez avec moy-mcsme, c'esl-àdire leur donner part de tout et exécuter ce qu'ils vous ordonneront, comme si je vous l'ordonnois en personne'1. Us auront toute confiance

Voy., .■m sujet de cette aégocuitiou pé- " Il est certain que Gravel se conforma il

coniaire, le lome VII. p. .r>->.r> unie •> . des la lettre aux instructions du Cardinal, et

Lettres de \la:mtH. (iramont lui rend pleine justice dans ses

On m mette d'accord avec lui. \lrmoires : rrSa façon de traiter, dit-il. plai-

1 tarivésen Allemagne, sait toul-à-fait aux Allemands, et l'on ne

JuiHei vbbj. en vous, et ils vous employeront, dans les occasions, auprès de M. l'électeur de Mayence et des princes, auprès desquels vous vous estes acquis du crédit. Je seray pourtant bien ayse que vous m'informiez de certaines petites choses qui ne regardent pas seulement les levées, les payements d'argent, que je vous pourray mander de faire, mais aussy de mille particularitez que vous jugerez à propos de me faire sçavoir. Vous prendrez soin aussy de voir souvent M. de Lionne pour luy dire tout ce que vous croirez pouvoir servir à l'advancement de la négociation.

Cependant, comme le résident de Suéde, qui est à Francfort, pourroit agir utilement auprès de M. l'électeur palatin, l'intention du Roy est que vous ayez à le convier, de la part de Sa Mlé, d'employer le nom et l'authorité du Roy, son maistre, et les raisons publiques et particulières qu'il peut alléguer pour retirer ledict sieur Electeur des engagements qu'il pourroit avoir pris avec la maison d'Austriclie, luy faisant cognoistrc qu'elle se moquera de luy cette fois aussy bien que l'autre, quand elle n'en aura plus affaire, et que l'interest de sa maison, de sa religion et de sa dignité le doivent obliger d'agir contre l'Austriche en cette conjoncture, sa maison ayant esté autrefois ruinée par les forces d'Espagne, sa religion estant opprimée non point par zcle, mais par cabale en tous lieux où les Espagnols ont crédit1, et sa dignité aussy bien que celle de res collègues ayant tousjours esté mesprisée et abattue par les ordres venus de Madrid. Ce qu'il y a de plus nécessaire en cecy est la diligence, et surtout n'oubliez pas de

peut mieux servir ni plus utilement qu'il a l'ait pendant tout le cours de la diète de Francfort. . . »

1 De lous les pays allemands , le Palalinat (-'tait celui où le culte avait le plus varié. La religion des électeurs palatins était le luthéranisme, mais avec beaucoup d'alternatives calvinistes. Deux fois, en soixante ans, le Palatinat avait été contraint d'embrasser les doctrines de Calvin et deux fois de les aban-

donner pour celles de Luther, toujours prudes moyens violents. L'éducation du prince palatin (grand-père de celui dont Mazarin s'occupe ici) avait été confiée, lorsqu'il était déjà âgé de neuf ans, par son tuteur calviniste, à des minisires de cette église, avec ordre tr d'arracher de l'esprit de leur auguste élève les hérétiques doctrines de Luther, par lous les moyens possibles, sana en excepter les coups de bâtons.

(aire comprendre audict sieur résident que le Roy ne songe pas à Juillet 1 65» l'Empire pour luy l, mais seulement à en exclure toute la maison d'Austriche, et d'y eslever quelque autre prince qui ne soit point dependant de la couronne d'Espagne.

11 est important que je sois au plus tost informé des sentiments de M. l'électeur de Mayence sur beaucoup de choses que je vous av mandé de luy dire. J'adjousteray seulement qu'il seroit bon de sçavoir précisément quelles sont les intentions dudict sieur Electeur à l'esgârd de l'eslevation 2 du Roy, et quand vous le verriez disposé à cela, ainsy ([lie vous m'avez escril autresfois avoir recognu qu'il estoit, tant par ses discours que par ceux de M. de Benneberg3, vous luy direz, de ma part, que je le conjure de ne vouloir, en aucune façon, permettre qu'il soit parlé de la dignité impériale pour le Roy, sans eslre asseuré qu'infailliblement la cliose réussira.

Vous luy direz aussy, en luy donnant part des prétentions de l'électeur palatin, que je sçay qu'on faict de grandes brigues, de la part des Espagnols, pour l'engager dans leurparty, luy promettant des choses qu'ils ne sont ny en pouvoir, ny en volonté de luy tenir; que nous faisons des contreballeries, et que MM. le mareschal de Gramonl et de Lionne mettront toutes pièces en œuvre pour l'engager à se conduire comme le bien général de la Chrétienté, le repos de l'Empire et son advantage particulier requièrent; mais que si, en tous cas, le peu de solidité qu'il y a dans son esprit le portoit à se laisser plusiost aller aux artifices des Espagnols qu'à la raison et à la réalité de ce que nous ferons effectivement pour luy, il faudra faire les derniers efforts pour avoir Bavière4, car, de celte sorte, il y aura cinq Electeurs unis pour la mesme fin, ayant confirmation, de divers endroits, que Bran-

' Il faut insister sur ce passage, qui ' Voy., sur ce personnage, principal mi

prouve qu'en juillet i(>.">y. Mazarin n- son- nislre «Je l'électeur <1<' Mayence, à qui Ma-

geail pas ii faire Aire Louis XIV empereur zarin avait fail promettre 1,000 pistoles, le

d'Allemagne; du rnoins.il ne l'avouail pas. tome VII. p. 5s3 el 5a6, des Lettres de

1 Le l<'\tp porte bien eslevatton. Il l'an- \lauirm. drail peut-être lire : élection. L'électeur de Bavière.

loi 1.657. debourg1, Cologne et Trêves2 agiront en la mesmc manière que M. de Mayence pourra souhaiter; et S. A. El. voyant le dernier, comme vous m'escrivez qu'il vouloit faire, il l'affermira de plus en plus dans les bonnes dispositions où il tesmoigne d'estre.

Vous avez fort bien respondu au comte de Fiirstemberg, et quoyque je luy aye desja faict sçavoir, par autre voye, les bonnes intentions que le Roy a pour luy, comme je ne me suis pas ad visé de luy rien dire de l'evescbé de Strasbourg3, il sera bon que vous preniez occasion de luv mander que, m'en ayant escrit, je vous ay donné charge de i'asseurer, de ma part, qu'il peut faire estai de l'assistance du Roy, et de la bonne manière, quand le cas escherra4.

Le reste de cette dépêche est rempli de détails sur les levées laites en Allemagne et sur les dépenses qu'elles occasionnèrent.

Publié d'après l'autographe, dans ï Iconographie française , t. II.

À J.-B. COLBERT

Steuay, îô juillet idû~.

L'on me dictque mon nepveu0 doit composer l'un de ces jours pour le prix de la classe. Je désire que vous le voyiez de ma part et que

1 Voy., dans les Mémoires de Brieime (é.lii.. Michaud, page 1 55 ) , une conversalion assez curieuse que ce secrétaire d'Iitat dil avoir eue avec Mazaiïn et Servien pour les persuader qu'ils ne pouvaient compter, à la diète, sur l'électeur de Brandebourg.

2 Sur l'archevêque-électeur de Trêves, ( iharles-Gaspard de Leyen , voy. le tome VII , p. 5ao, des Lettres de Mazarin.

3 François-Egon de Fiirstenberg devint.

en effet, évêque de Strasbourg en 1 663 : il mourut en iG8a.

1 Depuis iGoi, l'évèché de Strasbourg avait appartenu sans interruption à des princes autrichiens; on sait que ce siège épiscopal était l'un des plus lucratifs de France et d'Allemagne.

5 Alphonse Mancini, auquel Colberl s'était chargé de trouver un précepteur, comme on l'a vu aux pages 509 et 539 ^u 'ome précédent.

vous luy disiez que je veux estre informé de la manière qu'il en usera Juillet i65etmesme que je veux voir son thème, et que, s'il faiet bien, je luy donnera y des marques de ma satisfaction. Il me semble qu'il sort trop souvent du colegge et que luy-mesine s'en devroit excuser quand on le convie de sortir, sachant que je n'y prends pas plaisir et que ce n'est pas son bien. Quand viendra le temps des vacations1, je veux qu'il aille avec les enfans de M. Le Tellier dans la conversation desquels assurément il profitera beaucoup, et je m'asseure que M. Le Tellier le traittera comme s'il estoit son tresieme (troisième) enfant; enfin s'il travaillera (sic) pour estre honneste homme, je feray sa fortune; sinon, je ne m'en rnesleray pas2.

Hihl. nat. , ms. f. fr. , Mélanges de Colbert, f" i38 v°. — Minute.

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