‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 3)Chapitre 56 sur 123 · CLXV1II · texte numérisé non relu

CLXV1II

Bibl. nat. , ms. f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 5a , f° 82 v°; minute. — Aff. étr. . Angleterre, t. 59, f° 278; copie du temps.

Mars i658.

A M. DE BORDEAUX

(extrait.)

Vincennes, i5 mais iG58.

H y a trois sepmaines que la goutte me tient au lit avec de si violentes douleurs, que je n'ay peu m'appliquer aux choses les plus importantes. Ce mal m'a empesché de faire response à toutes vos despesches; mais je m'asseure que M. de Brienne n'aura pas manqué de vous faire sçavoir tout ce qui pouvoit estre nécessaire pour le service du Roy. Cependant je dois vous remercier de la ponctualité avec laquelle vous m'informez de toutes choses, et comme je ne sçay pas quel a esté le sujet de l'envoy du secrétaire de la reine Christine à Londres, je vous prie de me le mander et la response qu'on luy a faicte.

Je verray, ce soir ou demain, M. Lockart pour parler avec luy du renouvellement de l'alliance1. Ce qui me donne de la peine, c'est que le temps s'escoule insensiblement et que la lenteur que l'on apporte à signer ce traité n'en laisse pas assez pour pouvoir rendre complet avant la campagne le corps de six mille Anglois que nous devons avoir.

L'affaire de Hesdin2 nous pourra encore donner difficulté à exécuter

1 II s'agissait de renouveler le traité d'alliance conclu avec l'Angleterre en 1657.

5 Cette affaire de Hesdin est racontée par Gu\ Patin dans sa lettre du 22 mars 1 C58 à Charles Spon : fM. de Bellebrune, lui écrit-il, gouverneur de Hesdin, est mort ici (à Paris) en quatre jours; son gouvernement fut aussitôt donné au comte de Moret. jeune gentilhomme de fort lionne

grâce et qui est fort dans les intérêts de Mazarin, moyennant quarante mille écus.

qu'il a donnés à la veuve pour récompense. Il (Mord) est aussitôt parti pour en aller prendre possession; mais le lieutenant qui est dedans" ne lui a pas voulu ouvrir les portes; il demande une grosse récompense b, autrement qu'il sait bien ce qu'il a à faire. L'Espagnol lui offre cent mille écus. s'il veut

■ Il 8c iiniiiin ni La Rivière.

I ;i-dirc mie #ro*»c mmme d'argent comme compensation du 9M de Hctditi.

lit

Mars 1 658. los divers projets aussi promptement que l'on avoit espéré, mais j'espère 1 que nous trouverons les moyens de In surmonter. 11 sera bon que vous en disiez un mot à M. le Protecteur pour en sçavoir son sentiment. On dict que le lieutenant de roy de cette place a depesché un courrier à S. A. pour luy faire instance de s'employer auprez du Roy, afin qu'il en puisse avoir le gouvernement, soubs prétexte que, cela estant, rien n'empeschera qu'on ne puisse agir du costé de la mer au commencement de la campagne, ce qu'il présuppose qu'il nous seroit presque impossible si Hesdin estoit contre nous.

J'ay dict là-dessus à M. Lockart que non seulement j'estois asseuré que M. le Protecteur ne voudroit pas s'entremettre pour faire recompenser une trahison aussy noire que celle de ces gens-là; mais qu'au contraire j'esperois que S. A. jugeroit, à propos de leur response, que, bien loin de leur rendre office auprez du Roy, elle envoyeroit offrir vingt mille hommes à Sa M16 pour les punir de leur crime, et vous pourrez vous en expliquer de la mesme manière.

Mazarin termine en disant à M. de Bordeaux qu'il s'occupera de ses intérêts et sera heureux de pouvoir contribuer à sa satisfaction.

GLXIX.

Aff. étr., France, t. 270, f" i3y. — Minute ou copie du temps.

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