À M. LE MARÉCHAL DE LA FERTÉ
La Fère, 3o juin 1607.
(extrait.)
Les ennemis avaient feint d'aller au secours de Montmédy afin d'attirer Turenne et toute son armée de ce côté-là et de profiter de sou éloignement pour attaquer quelque place française. Mazarin ajoute :
En effet, ayant desrobé leur marche assez adroitement, nous avons sceu que toutes les troupes ont repassé la Sambre et l'Escaut et ayant laissé Bethune et la Bassée ont encore passé la Lys, et sont allées droit à Ardres, où il n'y a presque personne. On a destaché quelque cavalerie pour s'y aller jeter; mais je ne sçay si elle arrivera assez à temps. Celle de M. de Turenne s'est tellement affoiblie dans les marches qu'il a faictes, que je ne croy pas qu'il y en ayt la moitié en estât de servir; et comme à présent les ennemis sont à près de quatre vingts lieues de vous, vous n'avez plus besoin de retenir dans la circonvallation toute celle que vous avez, je vous conjure de nous en envoyer le plus grand nombre que vous pourrez, parce qu'elle sera fort nécessaire de deçà. Vous vous souviendrez que, quand nous fismes le siège de Stenay1, les ennemis se trouvant engagez ailleurs, nous n'avions pas plus de douze cens chevaux et nous voyons qu'à présent ils [les ennemis] sont encore moins en estât et en volonté qu'alors daller secourir Montmédy2, que
1 Voy. t. VI, p. aÔ9, des Lettres de Ma- ticalemeut : «que les ennemis sont encore zarin. moins en estât et en volonté d'aller secourir
2 La phrase est irrégulière, mais elle Montmédy qu'ils n'estoient alors d'aller ses'entend parfaitement. 11 faudrait gramma- courir Stenay ».
j'espère que vous réduirez bientost aux abois par les grands soins Juin 1*357. que vous prenez et par la vigueur avec laquelle vous faictes advancer le siège.
CCGXI1I.
Bibl. nat., fonds Baluze, l. lyfi. — Original.
A J.-B. COLBERT
[ La Fère, 3o juin i (1Ô7.
Mazaria donne, dans cette réponse à Colbert, des détails financiers qui dénotent ses habitudes mercantiles. Comme les ambassadeurs qu'on devait envoyei
en Allemagne étaient chargés de faire des présents aux ministres de> Klerleur-, Mazarin écrivait à Colbert :
On enverra vingt monstres d'or de différentes façons, et j'en prendray soin, en ayant quantité icy. Vous direz cependanl à Lescol qu'il m'envoye celles (ju'il a avec le prix, el mesme s'il ;i quelque autre <;alanterie d'or propre à faire des presens. .!•' vous envoie quatre baudriers, dont deux fort beaux <it fort riches, h trois espées; ,.,, ,.;|v. (|„/j| manque quelque chose aux espées et aux baudriers, vous prendre* soin de le faire raccommoder.