‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 32 sur 285 · LXXXVII · texte numérisé non relu

LXXXVII

AIT. étr. , France, t. 272, f° 58.

À LA REINE

(extrait.)

Compiègne, 9 novembre 1 655-

M. de Tu renne vint icy hyer1 et s'en est retourné, ce matin, de

1 Comparez les Mémoires de Turenne , p. A7/1, édit. Michaud et Poujoulat. Les Mémoires parlent de l'entrevue sans en indiquer la date. Voici le passage : «• JVÏ. de Turenne, qui alla trouver la Cour (lisez : le Cardinal) à Compiègne, conseilla à M. le Roi de ne point faire approcher l'armée de Péronne et de ne point donner sujet à M. le maréchal d'Hocquincourt à entrer en liaison avec les ennemis. M. le Cardinal avoit sur le cœur de voir que le Roi traitât avec un de ses sujets qui demandoit deux cent mille écus, et que le gouvernement d'une des deux places restât à son fils ; mais quand on regardoit Péronne et Ham entre

les mains de M. le Prince, toute l'armée d'Espagne prête à le soutenir et l'assiette des esprits de presque toutes les personnes de qualité de France qui ne demandoient qu'un désordre, ou pour se mettre contre la Cour, ou pour se faire acheter très-cher, M. de Turenne crut devoir porter l'esprit de M. le Cardinal à un accommodement. » Ainsi . d'après les Mémoires de Turenne, ce général aurait conseillé de traiter avec Hocquincourt , tandis que Mazarin voulait employer la force. Si l'on en croit la correspondance de Mazarin, il semhle que c'était surtout la Reine qui s'indignait de voir le Roi réduit à traiter avec un de ses sujets.

DU CARDINAL MAZARI.Y 129

bonne heure. La résolution, qui a esté prise, c'est de s'asseurer au plus SoT«Bbi«i65E tost He Corbie, Montdidier et Ham,y envoyant des compagnies des gardes, et voir ce que les ennemis feront durant trois ou quatre jour-, et se préparer ce pendant pour estre en estât d'employer utilement l'armée pour réduire le mareschal d'Hocquincourt, ou. au moins, l'empescher de mettre les ennemis en France et leur donner commodité de subsister.

Je ne doute pas qu'auparavant de recevoir ce billet, \ons n'ayez esté informée par l'abbé Fouquet «le l'adventure de la dame de Ricoussc, (|iii s'est escliappée; mais je cro\ qu'on lama reprise. Gela nous servira beaucoup avec llocquincourl . ainsi que vous apprendrez par ledict abbé, qui scail toutes mes pensées sur la conduite qu'on doit tenir en cette affaire.

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