‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 33 sur 285 · I.WMV · texte numérisé non relu

I.WMV

AIT. dtr., Pays-Bas, t. 37 (sans indication de page ai de folio). — Copie <ln temps.

À M. DE NA VAILLES.

Gompiègne . 1 <> aorembre 1 65

J'ay receu vostre lettre el veu ce < | u t s'esl passé dans les entretiens que vous avez eus avec le mareschal d'Hocquincourt; mais les choses sont présentement en | tel | estai ', <|u'il a\ a personne au monde qui puisse conseiller le Roy de sortir de cette affaire sans estre positivement asseuré que ledict sieur Mareschal n'aura jamais aucune pensée contre son service; et vous sçavez que de simples paroles là-dessus, quand on

esl venu au point OÙ nous sommes et que le Roj SÇait de certaine science, les mesures que ledict Mareschal avoil prises au préjudice de ce qu'il doit à Sa M1', sont de (bibles garants.

' Le manuscrit parle : en bon estât; mais, sans insister BUT l'irrégularité* de la phrase, on ne peut admettre (pie l'affaire d'Hocquincourl fût alors en bon estât.

■Azimir. - m. 1-

t.rMirut

Novembre 105:). Je ne doute pas que ledict sr Mareschal n'ayt esté fort touché d'apprendre l'arrest1 de Mmc de Chastillon, et parce que je sçay qu'il a beaucoup d'affection pour elle et aussy parce qu'il juge bien que, par ce moyen, le Roy sçaura le détail de toutes choses, puisque ladicte dame sera obligée de nous esclaircir de tout le contenu des lettres en chiffre qu'elle escrivoit à M. le Prince et audict s1" Mareschal, dont les originaux sont entre les mains de Sa Majesté. Mais lorsqu'il vous propose que [il sera]2 de mes amis, pourveu que je procure la liberté de ladicte dame, j'ay sujet de croire qu'il se moque, puisqu'il sçayt bien que toutes les peines que je me suis données, depuis douze ans, pour avoir son amitié n'ont servy de rien; que, malaysement, on se peut persuader qu'il souhaite celle d'un homme pour qui il a tant de mespris et contre lequel il vomit continuellement tant d'injures, et que, d'ailleurs, [à ce qu'il dict], l'ayant trouvé sy eslevé et en sy grande posture, je me suis servy du crédit qu'il a plu au Roy et à la Reyne de me donner auprez de Leurs Majestez pour le ruyner et le mettre luy et sa famille dans le mauvais estât où il est.

Je vous déclare pourtant que, sy le mareschal d'Hocquincourt se veut résoudre à donner satisfaction au Roy, comme il est obligé par toutes sortes de raisons, je luy permettray fort volontiers de n'estre pas de mes amys3, et je ne laisseray pas pour cela de continuer de bon cœur à le servir de tout mon pouvoir et contribuer avec joye à tous ses advantages, et cela je vous le dis sincèrement, et vous pouvez librement lui engager vostre parole qu'il n'y aura nulle faute.

Au reste, il sera bien malheureux s'il n'a personne qui le conseille à se remettre dans son devoir, puisque, sans faire le fanfaron, j'ose respondre que , s'il en use autrement, les ennemis, à la vérité, en pourront tirer quelque advantage; mais, infailliblement, ce sera sa ruine entière, tant pour les biens que pour l'honneur, et celle de sa famille,

1 L'arrestation. chai et non de celle de M"" de Châlillon.

2 Le manuscrit porte : qu'elle est, au lieu (les copies sont remplies d'erreurs.

de : qu'il sera; mais on verra par la suite de 8 Nouvelle preuve qu'il s'agit bien ci-

cette lettre qu'il s'agit de l'amitié du Mare- dessus de l'amitié du Maréchal.

et après ce que l'on a faict à l'esgard de M. le Prince ' el de M. le comte Nofembret65 d'Ilarcourt, il me semble que ce n'est pas une trop grande bravoure2 de parler de la sorte.

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