‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 69 sur 285 · À M. DE GRAVEL · texte numérisé non relu

À M. DE GRAVEL

1 lompiègne, i ■> septembre i 656.

| I \ I Ht I I . I

Je vous dira\ que vous avez bien laid de ne vouloir pas parler îles interests de M. le duc de Modene à M. l'électeur palatin3. <pie M. le

' Il y a plusieurs localités de ce nom. Il pereor avait un corps d'armée préparé pour

est ici question de Pont-Lévéque sur l'Oise, marcher contre le due « 1« - Modene. arr. de Gompièguc, cani. de Noyon. ' Charles-Louis, électeur palalin de 1 64tj

On a vu ci-dessus, p. 334, que l'Em- à 1680.

Sept. i656. prince Robert' ne lust présent; niais, lorsqu'il j sera, je nous prk de n'abandonner pas cette allaite, car elle est trop juste pour n'espère) pas que S. A. El. n'oblige son frère à faire raison autlict duc.

JPay veu ce que vous m'escrivez de l'un des députes de \1. I électeur palatin et de rengagement qu'il a avec les ministres de l'Empereur. Il seroit bon que vous fissiez cognoistre adroitement à celle Altesse qu'estant dans ces sentimens, et pensionnaire du premier2, il u \ a pat d'apparence qu'il exécute fidelemenl les ordres qu'il pourra recevou d'elle3;» l'advantage de cette couronne.

Je vous puis asseurer qu'on n'a icv aucune disposition à croire les advis qu'on vous pourroit donner au préjudice de l'affection sincère (jue nous croyons fermement que M. l'électeur de Mayence'4 a pour les interests de cette couronne, et d'autant plus que le Roy n'a autre visée que de maintenir la paix dans l'Empire et empescher, autant qu'il peut despendre de luy, que MM. les Electeurs et autres princes ne soient blessez dans leurs libertez et privilèges; mais, avec tout cela, je ne veux pas laisser de vous advertir ponctuellement de tout ce qu'on nous dira contre la conduite du dict sieur Electeur, afin que S. A. El. en soit informée et soit par là de plus en plus asseurée de l'entière confiance que Sa M'-' a eu elle.

Je vous diray donc qu'en dernier lieu, quelque ministre de l'Empereur a lesmoigné que tous les Electeurs ont dissuadé l'Empereur de la resolution qu'il a prise contre M. de Modene, hors Mayence et Bavière5 qui l'ont approuvée secrètement, quoyque, en apparence, ils ayent faict semblant d'estre du sentiment des autres Electeurs; mais, quelque serment qu'on nous fasse que c'est la pure vérité, je la crois la plus grande imposture du monde.

Robert, prince palatin, père de Charles- ' Philippe de Schœnborn. (Vov. ci-des-

Louis, était fils de l'électeur palatin Frédé- sus, p. 2 46.)

rie V et d'Elisabeth, lille de Jacques, roi d'An- 5 Les Electeurs de Mayence et de Ba-

gleterre. Le prince Hubert mourut en 168 2. vière. 11 a été question ci-dessus de IV-

2 C'est-à-dire, de l'Empereur. lecteur de Mayence; l'électeur de Bavière

Le pronom Elle représente les mois était Ferdinand- Marie, qui régna de 1 65 1

Sa M", omis par le copiste. à 1679.

\){] CARDINAL M \X\rïl\ 351

Vous pouvez asseurer toujours MM. les princes de Bade, père el v -i>- (ils1, que je m'employeray, avec tout le soin imaginable, afin qu'ils puissent recevoir satisfaction dans une chose si juste que celle qu'ils demandent; mais si je ne réussissais pas silost à les servir <le la manière qu'ils désirent, je m'asseure qu'ils auront la bonté de m'excuser,

sçachant bien qu'il n'est pas forl aisé de persuader [à] M la princess

de Carignan2 ce qu'on veut.

CCVUÏ.

Bibl. mil. . n><. I'. fr. Mélange» de Colbert, t. "ni i3i minute. Passages ii <■ 1 1 1 11 - * - 1 soulign

\ M. DE Tl RENNE.

Compiègne i i lepteml pi

I UIIUII.

Il se prul faire que les ennemis, qui ne voudroienl pas, eu attaquanl Saint-Guislain , vous donner lieu de prendre ane place plus importante, el sçachanl d ailleurs qu'on \ a jeté du monde, eussent changé de resolution, donl nous serons bientosl esclaircis; mais ce

pendant j'eusse bien souhaité que. sans pensera l'attaque de la Capelle, si ce n esi (pi aulant qu d estoil nécessaire pour \ tenter nue surpi ise

ainsy que \<ms in aviez proposé, vous lussiez \enu.a\ec l'armée, vous

y poster entre le Gastelel el Cambray, afin qu'en \"us esloignanl de

la Lys. vous eussiez OS té aux ennemis la jalousie qu ils oui que l'on

y veuille entreprendre quelque chose, ^pres quoy, ils auroient apparemment pris la resolution daller à Saint-Guislain; el quand mesme

1 Guillaume, margrave ou marquis de prince Louis de Bade qui a été un des plus

Bade, nmri en 1677, à 6/i ;ms. Sun lils grands capitaines du mi' sied Perdinand-Maximilien (t. VI), avait épousé \>>\. sur la princesse de Carignan

en îii.")!!. Louise-Christiane fille do prince Marie de Bourbon-SoissoBB, 1. I\. p. 45,

Thomas de Sovoio-Garignan >•( de Marie noie i.des / \fazarin.

Bourbon-Soisson !>'• ce mari ige n qui! !<• L'inquiétude

Sçpi l656 vostre marche luy auroit donné le soupçon que vous en voulussiez à

la Capelle ou au Gastelet, je vous responds que cela ne les auroit pas empeschez d'aller à Saint-Guislain. veu qu'ils sont persuadez sans beaucoup de raison que la prise [de cette place] leur seroit plus advantageuse qu'ils ne recevroient de préjudice de la perte de l'une des deux places, lesquelles estant au prince de Condé ne tiennent pas tant au cœur des Espagnols que les leurs.

Peut-estre que vous aurez encore faict scrupule de marcher en deçà à cause que vous aviez esté affaibli, laissant un corps de troupes assez considérable du costé de Belhune et de la Bassée, et que les ennemis auroient pu prendre la resolution de vous venir combattre avec toutes leurs forces; mais à présent cette raison cesse, puisque le corps de M. du Passage, qui couche ce soir à Laon et qui seroit tout prest à vous joindre, est beaucoup plus considérable, et en quantité et en qualité de soldats, que celuy que vous avez laissé de delà.

Je vous représente toutes choses à mon accoustumée; mais vous ferez tout ce que vous jugerez à propos, avec asseurance qu'il sera approuvé.

Lorsque S1 Martin1 sera arrivé, j'adjusteray tout avec luy et j'envoyeray des ordres, afin que le corps de M. du Passage prenne le poste que vous me marquez.

Ce sera assez de prendre la resolution d'envoyer des bleds et des farines à Saint-Guislain dans sept ou huit jours; car, entre cy et là. on verra bien si les ennemis persistent dans le dessein de l'attaquer par force, parce qu'en ce cas2 il seroit hors de propos d'y en envoyer présentement. Il faut pourtant que vous considériez de bonne heure qu'en quelque temps qu'on veuille faire cette voiture3, qui sera grande, elle sera fort dilîicile, si on ne se sert de la plus grande partie des charrettes des vivres.

Vous pourrez respondre, de ma part, à M. d'Humides" qu il ser-

' Voy. ci-dessus, p. 289. ' Ce convoi de farines.

■ D.ms le cas où les ennemis ne persis- ' Louis de Crevant, marquis d'Hunières,

feraient pas dans leur projet. fui nomme maréchal de camp en i65o,

DU CARDINAL MAZARI.Y 353

vira en la campagne prochaine en la manière qu'il desne, pourveu Sept qu'il tienne la chose secrète. Je voudrois bien le contenter encore par le moyen que vous me proposez; mais si l'on songe seulement à faire la moindre démonstration là-dessus, cette année, nous aurons trente personnes sur les bras, dont les uns, estant considérables par leurs services et la plus grande partie par leur naissance, nous donneraient beaucoup d'embarras à vous et à inoy. Nous y pourrons peut-estre trouver quelque expédient, quand nous nous verrons.

Je suis très-fasclié de la mort du sr de Ragecourt1, car c'estoit un gentilhomme de mérite et un bon officier. J'en escris à M. Fabert, afin qu'il songe à choisir quelqu'un qui puisse bien remplir sa plaee.

AH', étr., Pays-Bas, t. .'{8 (sans indication de page ni de folio). —

Minute corrigée «le la main de Mazarin.

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