‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 74 sur 285 · I.LIIl Ri · texte numérisé non relu

I.LIIl Ri

Sept. i656.

[ddition de la main de S, Êm. à la lettre de 1/. Brachet du t-j septembre if/'i<j'.

Je vous prie de n'oublier rien de ce <|iii pourra dépendre de \ous pour l'exécution des ordres du Roy que M. Le Tellier vous envoyé el de ce qui est contenu dans cette lellre, et de vous appliquer plus que jamais à mesnager les despenses; car l'on rencontre tousjours de plus grandes difficultez à trouver de l'argent. Il me semble qu'il n'y a pas raison de donner la somme que vous me marquez à la cavalerie qui a logé l'Iiyver passé dans le Montferrat, puisque les officiers n'ont pas mis les compagnies au nombre de trente vedetes-. En ce cas, ilsauroicnt droit de prétendre le payement complet, et M. le duc de Modem pourroit contenter, ayant engagé sa parole de les faire bien traiter, de leur ordonner quelque gratification.

Je croys qu'il faut prendre, prelérablement à tout, ce qui est nécessaire pour lliospital; car outre que la charité oblige à cela, il n'y a rien qui fasse un meilleur efl'ect dans les armées que de voir que l'on prend grand soin des malades et des blessez3.

Comme je n'ay pas veu que rien pust empescher la prise de Valence que le manque de munitions, je ne doute pas que, si le comle de Fuensaldagne" a pris quelque poste pour vous oster le moyen d'en

' Cette addition est au folio 371 du manuscrit des Mélanges de Colbert.

~ Le mot vedette est pris ici d;ms ie sens général de cavaliers qu'il avait ù cette époque, où il s'appliquait plus spécialement à la cavalerie légère.

; a Les soldats, écrivait Arnaud d'Andilly, voient que, dans leurs maladies, on a moins soin d'eux que l'on n'en a des chevaux . lesquels on fait panser soigneusement, parce qu'on ne les peut perdre sans qu'il en coule de l'argent pour en avoir d'autres.» L'organisation des hôpitaux militaires remonlail au ministère de Sublct.de Noyers, qui s'en était occupé activement (i63q) par ordre de

Richelieu, lequel estimait plus a, 000 soldats, sortant guéris de l'hôpital et en quelque sorte rompus au métier, que O.ooo recrues nouvelles. Toutefois le service sanitaire était encore presque nul en campagne. Les officiers riches avaient dans leur train des harhiers-chirurgiens; les soldats se contentaient de quelques empiriques, s'il s'en rencontrait sur les lieux. Les malades que l'on pouvait transporter à l'intérieur du royaume étaient parfois conliés aux soins des municipalités qui faisaient enjoindre ;hix chirurgiens du lieu, par arrêts des tribunaux, de (ries visiter et panser» sous peine d'amendes. 1 Voy. sur ce personnage, t. IV. p. Si.

avoir, M. le duc de Modene et M. de Mercœur n'ayenl pris à l'instant Sept iG56. Ja resolution de le combattre avec la meilleure partie de l'armée, et je voudrois bien que, la place réduite, ledict comte se mist dans l'esprit de l;i reassieger, comme on dict, ou qu il se portast en lieu qui nous ilonue moyen de luy donner bataille; car je suis asseuré que ces messieurs ne le marchanderaient pas, puisque, par toutes les apparences, on pourrait espérer un grand succez, qui nous ouvrirait le chemin à de plus grands advantages que nauroit faict la réduction de Valence. .!<• n appréhende en aucune façon les Ulemands; mais en cas qu'ils viennent et que toutes les forces ennemies s'unissenl contre \I. le due de Modene, il faut que M. le duc de Mercœur soit le promoteur de la proposition d'unir aussy toutes nos forces pour les aller chercher el combattre en quelque lieu qu ils puissenl estre.

ccxn

\ll'. étr. . Pays-Bas, l. 38 i sans indication de page ni de folio > ; minute '!<■ la main de R

— Passages à chiffrer soulignés.

\ M. DE Tl RENNE.

< lompiëcne, > s teptembi

Je feray exécuter ponctuellement toul ce qui esl porté par vostre lettre du iG',et, après ce que vous m'escrivez, je suis persuadé que vous ne pourriez prendre d'autre resolution que celle <|ue vous avez prise; el quoyqu'il y ayt quelque peu de différence à ce que je vous mandat hyer2, neantmotns vous voyez bien que, dans le fond . nous nous sommes rencontriez de mesme advis, el je cro\ que vous tomberez d'accord qu'il ne faut pas hésiter à mener un grand convo] de bled et de Farines à Saint-Guillain, el mesme < l'\ employer toute l'armée en cas que les

note '.) , des Lettres de Vazarin. — Il était répond Maxarin, s»' trouve aux Affaires

alors chargé du gouvernement du duché de étrangères (Pays-Bas, l. 3o,, pièce qii de

Milan. l'ancienne nomenclature).

' La lettre chiffrée de Turenne , à laquelle 1 Voy. ci-dessus, p. "iiiO.

Sept i656. ennemis prétendent prendre la place par famine; mais l'exécution de c.ecy doit estre remise aprez le siège que vous avez résolu de faire1, lequel j'espère que nous mènerons bien viste2; au moins puis-je respondre que vous ne manquerez d'aucune des assistances qui pourront dépendre de mes soins.

Je feray parler aujourd'hui Saint-Martin3 avec quelqu'un des miens, qui s'en ira tout droit à la Fere pour faire charger et mener à Vervins tout ce que vous faictes instance qui y soit jeudy, de bonne heure.

Je fais partir aussy, dans deux heures, des charrettes, des canons, des munitions de guerre, des grenades et d'autres choses que nous avons icy et qui vous seront nécessaires pour ce que vous allez faire, et les ordres sont si bien donnez que l'on arrivera à point nommé.

Tous les ordres aux gouverneurs pour assembler les prisonniers sont faits aussy, et j'envoyeray un exprez pour les porter, lequel aura soin par mesme moyen d'en solliciter exécution.

M. du Passage devait partir ce matin pour s'approcher du lieu que vous luy avez mandé, et pour ce qui est des compagnies des chevaux légers et gendarmes, on vous les envoyera aprez le départ de la reyne de Suéde qui s'en ira aprez demain, si ce n'est que le Roy, qui est tout-a-fait résolu de s'advancer sur la frontière et séjourner en quelque lieu, pVez de la place que vous attaquerez, ne les reserve pour son escorte.

Je me remets au surplus à la vive voix de ce gentilhomme.

1 Turenne avait résolu d'assiéger la Ca- avait envoyé Saint-Martin , lieutenant de

pelle. l'artillerie, à la Fère, où il croyait que le

5 Cette place se rendit le a 6 septembre, Cardinal était déjà arrivé, pour qu'il donnât

après quelques jours de siège. ordre de tenir des canons prêts et des outils

3 Voy. sur Saint-Marlin, t. VI, p. '.> i 'i , emmanchés en vue du siège qu'il commen-

note a, des Lettres de Mazarin. — Turenne çait.

S»-pt. i656.

Aff. étr. , Pays-Bas, t. 38 (sans indication de page ni de folio ). — Minute.

À M. DE TLRENNE.

Compiègne, ao septembre i656.

J'ay receu la lettre que vous avez pris la peine de m'escrire de Saint-Quentin1. Je n'ay autre chose à \ respondre si ce a'esl que tout ce que vous avez exécuté est entièrement conforme à ce que je voua avois mandé. Au reste, vous devez estre asseuré d'avoir ponctuellement tout ce qui vous sera nécessaire et dépendra de mes soins pour faire agir l'année, et vous n'aurez pour cela qu'à envoyer des charrettes.

Le s1' Talon, qui est au Quesnoy, me mande que les ennemis font courre le bruit de le vouloir attaquer9; mais je ne crois pas qu'ils le fassent. Neantinoius, j'ay bien voulu vous en donner advis, afin de n'obmettre rien de ce qui peut vous servir à vous faire prendre vos mesures là-dessus3.

Je ne fais aucun estât de l'advis que le s' Talon du Quesno) me donne, car il n'y a nulle apparence que les ennemis puissent songer à cette place-là; niais je crois bien que si le prince de ('onde est creu, leur année marchera pour le secours de la Gapelle, et d'autant plus qu'elle'n'est pas engagée en [telle J sorte au siège de Sainl-(iuillain qu'elle ne puisse venir presque toute entière; mais en ce cas j'esperois avec grande raison que nous pourrions remporter quelque advantage

1 Turenne avait cru devoir prendre an ("onde aurait en connaissance de sou deschemin détourné et par conséquent pins long sein et aurait pu jeter du secours dans la pour tomber sur la Gapelle, en dérobant sa place.

inarche aux ennemis. «Nous limes plus de De vouloir attaquer le Quesnoy.

trente lieues en trois jours, dit Bussy.-- S'd ! L'onglel s recouvert la première lettre

s'y était rendu directement, te prince de du mol là-dessus.

Sepi. i656. considérable. Je serois d'advis que vous retirassiez1 non seulement le corps que M. de Lislebonne- commande, mais généralement toute la

cavalerie qui est dans Arras, la Bassér et à Bethune; car, par raison et par tous les advis que j'ay, il n'y a rien à craindre de ce costé-là, el peut-estre que, suivant les nouvelles quej'auray, je depescheray pour faire marcher ladicte cavalerie; mais cela ne vous doit pas empescher de donner vos ordres, si vous résolvez de la faire joindre à l'armée, car, en mon particulier, je l'estime très-à-propos.

Les compagnies de gendarmes et de chevaux-legers du Ro\ sonl parties, et je pense que le Roy pourra encore amener quelque chose avec luy.

Nous avons la confirmation de la reddition de Valence3.

' Ce mot a ici te même sens que : vous rouissiez, à votre armée, en le retirant du lieu où il est, le corps que M. de Lislebonne commande

• François-Marie de Lorraine, comte de Lislebonne ou Lillebonne. (Voy. ci-dessus,

3 La ville de Valence en Italie, situe'e sur la rive droite du Pô , avait capitule' le 1 3 septembre, mais la garnison espagnole n'en

sortit que le îG. Mazarin n'avait celte nouvelle que depuis la veille ig septembre. Le courrier qui l'apportait était arrivé à Compiègne après le festin que le Roi donnait à la reine Christine. rrNogent. qui parlait toujours, «lit M"'" de Mottevitle, Ot remarquer que, cent ans auparavant, Valenciennes et Valence avaient de même été assiégées par tes Français, que déjà l'une n'avait pu être prise et que l'autre l'avait été. i

DU CARDrNAL M AZAÏUN.

AIT. éU\ , France, t. ■>.-]'\- V

CCXTI.

3q; copie «lu temps.

Bibl. nal.. Mélanges de Colberi

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