AMBASSADEUR PRES DES PROVINCES-UNIES
Compiègne, 17 nmi 1 05 7 .
(extrait.)
J'ay esté bien aise de voir ce que vous avez dict à MM. les Etats2. Je m'asseure que vous n'aurez pas oublié de faire respandre parmy le peuple les mesmes choses que vous avez représentées devant eux; mai;je n'aurois jamais creu que les personnes dont vous me parlez vous deussent abandonner si fort, puisqu'ayant tousjours tesmoigné beaucoup de zèle pour les interests de cette couronne, de laquelle ils ont receu, en tout temps, des traitemens assez favorables, il y avoit apparence qu'ils profiteroient de cette occasion pour donner au Roy des marques de leur recognoissance, d'autant plus qu'agissant pour faire donner à Sa Majesté la juste satisfaction qu'il demande, ils auroient rendu un service tres-considerable à leur patrie.
' Le président de Thou venait detre en- de lui succéder et acquit rapidement une
voyé en Hollande, en remplacement d'un grande influence , qui lui servit à faire réussir
diplomate éminent, Pierre Chanul, qui sa négociation.
avait été successivement ambassadeur à J L'assemblée des Ktats-Généraux des
Stockholm et à La Haye. 11 se montra digno Provinces-Unies.
DU CARDINAL M \XAIU.\.
Les nouvelles que nous recevons de Flandre ne sont pas cou- ** ''"formes à ce que vous me mandez, par un billet séparé, vous avoir esté dicl par un de vos amis, de la part du sieur Witt1; car felles portent que les Estais ne repareroieiit pas l'injure qu'on avoit faicle au Roy, et que bien que la Zelande et quelques antres provinces lesinoignassent de la disposition à le faire, neantmoins la province de Hollande, estant mal intentionnée et la maistresse des autres, les rangerôit toutes à son advis. On attend toutefois l'esclaircissement de tout cccy par la depesche que nous recevrons de vous cette semaine, mais cependant je vous repliqueray, en deux mots, que Sa Majesté est tousjours inesbraidable dans ce qui a esté es< rit , de sa part, qu'Klle ne lèvera pas les saisies et n'entrera en aucun traité avec MM. les Estais, (ju'EIle n'ayt eu satisfaction sur l'insolence de Ruyter*. Et, si MM. les Eslats ne se disposent pas à la luv donner, VOUS n'avez qu'à \<>us en revenir, vous servant de la lettre que je vous a\ envoyée pour avoir un passe-port de don Juan d'Austriche. Pétit-estre ces Messieurs s'apercevront-ils bientosi , à leur dommage, qu'ils sont auasx peu en estai de donner la lo^ sur mer que sur terre, ci qu'au lieu de venir fermer les embouchures dé nos rivières, ils verront possible9 pratiquer contre eux quelque chose à laquelle ils ne s'attendent pi
Nous prenons nos mesures pour armer, dans dois semaines <>u un
mois, quarante vaisseaux de guerre en Angleterre, et l'on en ar ra . en
France, vingt et quatre de ceux du Roy, donl I Admirai est de deux nulle tonneaux4, et je vous puis dire sans exagération que, de Bretagne, la
1 Jean de Witt, grand pensionnaire de Hollande, ne en 1 6a6, mort en 1 <» — ->. ( \ m.
l'Histoire tir Jeun de II///, par M. \ iilou in
Lefèvre-Pontalis.) 1 Cet amiral hollandais avait saisi les
vaisseaux français, dnnl dé Tl ou n'rlnmail
la restitution.
' PtMil-t-Ire.
' C'était le plus foi'i tonnage qrte l'on cul atteint jusque-là. La construction du
premier taisseaô amiral de i,< oo tonneaux
lu ('i)iiriiinir . sous le iatère de R îrbetii u .
avail été on événei il européen. Même
bous Mazarin, la plupart de nos vaisseaux de guêtre ne dépàssaienl pas 5 à Boo tonneaux. (.Vl,nl UÉe eve|»lion s'ils allaient a 1,000 ou i,aoo. On sait qu'aujourd'hui on évalue le totmage des navires, dans la marine militaire, extérieurement, par le nombre de mires cubes d'eau déplacés,
kM LETTRES
Rochelle, Normandie et Provence, l'on faictdesjà des propositions pour armer près de cent vaisseaux, aux despens des particuliers; et ce qu'il y a de bon, c'est que nous trouvons plus de fonds qu'il ne nous en faut pour la despense de nos arméniens dans les saisies qui sont desjà faites, après avoir desdommagé ceux à qui il est retenu des biens en Hollande.
Enfin, si ces Messieurs-là sont sages et si, sans vouloir poiniiller avec un grand Roy, auquel il ont les obligations que tout le monde sçait, ils se portent à luy donne]- une satisfaction, qui est si juste et qui ne leur couste rien, ils seront bien beureux; car, aprez, ils recevront, dans le traité qu'ils feront avec cette couronne, tout le contentement et tous les advantages qu'ils peuvent soubaiter. S'ils en usent autrement, et que, pour leur malheur, ils adberent aux suggestions des Espagnols, qui, en les piquant d'une fausse générosité pour les porter à une rupture avec nous, n'ont autre but que de nous jeter sur les bras un nouvel ennemy, lequel, à la vérité, ne nous fera pas grand mal, mais qui demeurera exposé à leur mercy, quand ils l'auront ains\ despouillé du principal appuy qui les empescboit de l'opprimer, vous pouvez déclarer hardiment qu'ils commenceront une guerre dont ils ne sortiront pas de sy tost, quand même ils voudroient, après cela, donner des satisfactions, dont l'on se contenteroit à présent.
L'ambassadeur d'Espagne, à ce qu'on me mande, se vante de pouvoir gagner, par argent, le pensionnaire Witt et de le porter autant contre nous qu'il semble nous estre favorable. Je ne sçay pas ce qui en est; mais si, pour conserver au Roy le service dudict Witt. il falloit employer quelque somme,' vous pouvez vous y engager, et j'auray soin qu'elle soit payée très-ponctuellement.
Si l'on vient à une rupture, à laquelle la province de Zelande et autres favorables à la France soient entraisnées par la puissance de celle de Hollande, vous pouvez tascber de les séparer et leur tesmoigner le gré que le Roy leur sçait de leur affection, en les asseurant
tandis qu'on l'évaluait autrefois par le jau- de ces deux modes d'évaluation est d'engeage intérieur, comme on le fait encore viron un quart, 2,000 C de jauge intérieure dans la marine de commerce. La différence correspondant à 2,5oo t' de déplacement.
DU CAKD1AAL MAXAl'.l.Y i65
ijuc Sa Majesté ne laissera pas de continuera vivre avec elles de mesnie Mai > u :» 7 . que cy-devant; que leurs effects leur seront rendus, et que leur profict sera encore plus grand qu'il n'estoit auparavant, puisqu'elles pourront seules faire le commerce que les Provinces-l nies faisoienl toutes ensemble; mais, en ce cas. il l'audroit ôtre asseuré que. de leur coslé, elles concourroient aussv à ce bon traittemenl par une resolution constante de demeurer tousjours dans le> interesl de cette couronne. Et, à propos de commerce, j'adjousteray que Ion n'aura pas grande peine, la rupture arrivant, de mettre l«'s Vnglois el ceux de Hambou en possession de tout le commerce que (aisoienl les Hollandois; <•< (pu me faict juger (pie les Anglois hmsum^, au lieu de travaillera I accommodement, pourroienl bien, bous main, travailler à porter les choses k la rupture.
\ll'. étr., France, i. 974, l -'i-. — Copie du temps.
\! PROCUREI R GÉNÉRAL.
1 , MU vl 1. |
Je n'aj rien à répliquer sur le faict de la bulle1, si ce n'esl que je ne croy pas à propos que l'on donne l'arresl du Conseil, ou lettres ilu Roy sans adresse qu'on a proposé | de donner pour | qu on ne précipite rien au Parlement, el «pie vous preniez le soi:', d'asseure M le Nonce que la huile ne sortira pas de vos mains, el qu'il ne doil pas appréhender qu'on hasarde rien qu'on ne soii entièrement asseuré qui la
chose se passera en la manière qu il peul souhaiter.
Ce que M. Talon- a adjousté aux conclusions esl artificieux el don-
1 Voy. les Mémoires du Père Rapin. Il ' Denis Talon, fils d'Orner raton, avail
l'agissait de la Imite qui déclarait i|iu' les succédé à *~ ■ n 1 père dans la charge d'avocal
cinq propositions condamnées s.' trouvaient générai au Parlement de Paris. (Voy. ci-des-
dans yAttfftistinus de Jansénius. sus, p. ■'
M 1/ LRIit. Vil.
Mai 16&7. nera lieu sans doute à former des ad vis qui ne vaudront rien; car il semble qu'il y ayt quelque chose, dans la bulle, contraire aux libériez de l'Eglise gallicane.
Après avoir rappelé ce qu'il a écrit à l'abbé Fouquel sur sa confiance absolue clans le Procureur général (voy. la lettre précédente), Mazarin continue ainsi :
J'ay supplié le Roy de vous donner deux cens mille livres à prendre sur le fonds que l'on aliène l, afin que vous ayez quelque revenu sur les rentes pour vous ayder à soustenir la despense que vous estes obligé de faire, et Sa Majesté a eu la bonté de vous accorder cette grâce, comme aussy à M. Le Tellier, pour cent mille livres. Je croy que vous trouverez bon que, en attendant que je vous procure quelque autre assistance, M. vostre frère l'abbé ayt sur ledicl fonds cinquante ou soixante mille livres. Je vous prie que personne n'ayt cognoissance de cela, et de me mander quelle expédition il faudra faire pour l'exécution.
GGLXX1.
Aff. étr. . Angleterre, t. 69 , fos 86 et suiv. — Copie du temps.
À M. DE BORDEAUX
Compiègne, 18 mai 1657.
(evîrait'2.)
Si les Hollandois rompent avec nous, à quoy il n'y a pas grande
1 Que l'on place en rentes perpétuelles. Ceci revient à dire qu'on leur remettait, à titre de gratification , des récépissés de versements , supposés faits par eux , de 900,000 , 100,000 et 60,000 livres. Théoriquement, les rentes sur l'hôtel de ville étant émises en ce temps-là sur le pied de 6 ou 5,5o p. 100, ces titres leur auraient seulement donné droit à des rentes variant de 19,000 à 3,6oo livres. Mais les rentes, à la iîn
du ministère de Mazarin, ne se capitalisaient plus effectivement qu'au denier dix (10 p. 100). Le versement d'un capital de 100,000 livres procurait donc au souscripteur un revenu de 10,000 livres. Il est vrai que plus tard il y eut de très fortes réductions dans les arrérages.
'" On trouve aux mêmes archives , France , t. 979, p. 108, une copie de cette lettre, sous la date du i5 mai 1687.
apparence, pourveu que les artifices des Espagnols ne prevaillent pas Ha 1657. aux bons conseils, non seulement il faudra prêter le nombre des vaisseaux que vous me marquez, mais plus de trente et des meilleurs. Il est vray qu'il faudra les avoir à bien meilleur compte que vous ue proposez, qui est beaucoup plus liant que le prix que l'ambassadeur en a demandé.
Au reste, je ne doute pas que M. le Protecteur ne soit bien informé de tout; mais il est certain que les Hollandois favorisent ouvertement le passage de la Hotte des Indes (d'Amérique) et travaillent sans aucun scrupule à remédier à tout ce que M. le Protecteur tasche de faire pour ht prendre. (Test une chose publicque, et dont ils ne font pas la petite bouche.
Mazarin parle ensuite de chevaux anglais qu'il désire avoir à on prù peu élevé, ;iinsi que d'un diamant dont il voudrai! connaître irla < | n ;t I î t • : el le prix». \ la fin de bs lettre, il revient encore sur la nécessité de se procurer, en cas de rupture avec ta Hollande, des frégates anglaises armées en guerre.