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Archives des Affaires étrangères (Allemagne), tome IV, p. 492-697. — Copie du temps.
A M. DE LONGUEVILLE
[Paris,] 9 septembre 1 665.
(extrait.)
Mazarin regarderait comme dangereux de ne pas communiquer aux Suédois les négociations qu'on pourrait entamer avec la Bavière :
Je sçais bien que la conclusion en sera rendue plus difficile; neantmoins nous ne pouvons pas nous en deffendre, puisque non seulement les traitiez d'alliance nous y obligent, mais nostre propre interest; il est bien vray qu'ils n'en ont pas usé envers nous avec tant de scrupule, qu'ils ont conclud un traitté avec l'électeur de Brandebourg, qu'ils ont offert plusieurs choses à celuy de Saxe pour en faire un autre, sans nous le communiquer, et qu'ils ont rompu la paix avec le Danemarck, nous laissant exposez à touttes les forces de l'Empire, sans nous en dire un seul mot; mais il seroit périlleux de leur rendre la pareille et de leur donner jamais aucun sujet de plainte semblable, pour ne leur fournir pas un prétexte en quelque façon plausible d'adhérer aux grandes offres que la maison d'Austriche leur a tousjours fait pour les porter à s'accommoder séparément. Vous voyez bien de quel préjudice cela nous seroit, puisque mesme le duc de Bavière, que nous aurions pensé de gagner, à quoy qu'il se fust obligé, ne manqueroit pas de nous eschapper, quand il nous verroit sans alliez. H est sans doute que la France est dans un estât de gloire et de puissance beaucoup au-dessus de la Suéde, et il semblera à quelques uns un paradoxe de dire que c'est au supérieur à souffrir du plus foible; mais, dans ce rencontre et en plusieurs autres que j'ay remarqué souvent, c'est une vérité très-bien fondée. Toute la hayne de la maison d'Austriche est contre nous; il n'y a rien qu'ils ne sacrifient gayement pour
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se venger de cette couronne. Nous pouvons bien leur continuer la Septembre guerre avec nos alliez; mais nous ne nous joindrons pas avec ia maison ,6 15d'Austriche pour ruiner la Suéde; ouy bien1, elle, avec nos ennemis contre la France, selon les sujets et prétextes qu'ils s'en forgeroient et les advantages qu'ils en pourroient retirer. Et quoy que la justice soit entière de nostre costé, à cause de la conduite qu'ils ont tenue envers nous, tout, en effect, rejailliroit à nostre préjudice pour la facilité et 1 advantage que nos alliez auroient de se joindre à nos ennemis pour nou;- faire du mal.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tome I, f° hl\i recto. — Copie du temps.