‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 2)Chapitre 13 sur 81 · LU · texte numérisé non relu

LU

Bibl. nat., ms. f. fi*., Mélanges de Colberl, t. 5i A, f** aSg. — Minute.

À M. DE TLRENNE.

Sedan, 9 août 1667.

Je viens de recevoir vostre lettre d'hyer, à cinq heures du matin. Je ne vous ay envoyé personne pour vous dire mes pensées, parce que j'attends icy M. le mareschal de La Ferté, et comme je croy qu'il pourroit bien estre dans le dessein de se reposer le reste de la campagne, après que je l'aurai veu, on prendra resolution sur toutes choses, et je vous en donneray part incontinent. Aussy bien ne peut-on pas esloigner de ces quartiers-cy les troupes dudict s' Mareschal jusqu'à ce que l'on ayt reparé les brèches de Montmedy, qui est à présent une place toute ouverte.

Je me resjouis de l'advantage que vos partisans^ ont emporté sur les ennemis. Je suis seulement fasché de la blessure du sieur de Podwitz^; mais de la manière que vous m'en escrivez, j'espère que ce ne sera rien. Je vous diray sur ce sujet que l'on m'annonce, de Flandres, il y a environ un mois, qu un grand parly de la garnison d'Avesnes, ayant

^ Les soldats envoyés en parti. Iq Chronologie militaire nomme PodewiUz

^ Ce personnage, qui n'a pas été men- ou Podewilts. Il fut nommé maréchal de tionnë jusqu'ici, est proiiablement celui que camp en 166& et mourut en 1690.

rencontré deux cents chevaux de l'armée du Roy, les avoit entièrement Août 1607. deffaits et que tous les officiers [estoient] prisonniers. Je ne croy pas que cela soit; je vous prie pourtant de me mander la vérité.

Mazarin termine en donnant des renseignements sur ies forces des ennemis.

Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5i A, T ait v". — Minute.

À M. DE TURENNE

Sedan, i3 août 1667.

J'ay receu vostre lettre d'avant-hyer avec le duplicata. Je croy que vous ne pouviez prendre une meilleure resolution que celle que vous m'escrivez. Nous attendons dans aujourd'huy ou demain des nouvelles d'Allemagne pour nous déterminer à ce que nous aurons à faire ^ Ce pendant les troupes que Ton retient de deçà, engageant tousjours les ennemis à laisser un corps dans le Luxembourg, vous eu aurez moins sur les bras dans ce que vous voudrez entreprendre. Neantmoins, aussytost que j'ay receu vostre lettre, j'ay depesché au camp pour faire destacher de la cavalerie , et le s' de Genlis ^ partira demain à la pointe du jour avec onze escadrons pour aller au Chesne* et de là suivre le chemin de Guise, où il attendra de vos ordres, et, si vous croyez qu'il doit prendre plus à droite pour aller à la Capeile pour vous joindre plus aisément, vous n'aurez qu'à luy envoyer au-devant pour le luy faire sçavoir. Je vous a y renvoyé Jacquier*. Je vous prie que nous ayons fort souvent de vos nouvelles, et je prendray soin de vous en donner des nostres.

* Il 8 agissait du voyage du Roi à Metz, ^ Probablement Le Ghesne - Populeux , dont Mazarin a parle plus haut. chef^ieu de canton du dëp. des Ardeniies,

* La Chrtmoîogie militaire mentionne Flo- arr. de Vouziiçre.

rimond Brâlard, marquis de Genlis, mar^ * Munitionnaire de Tarmée. (Voyez sur

chai de camp en i646, mort en i685, à lui le tome VII, p. 3i. des Uttres de Ma-

quatre-vingt-trois ans. zarin.)

Aoât 1A57.

Bibl. n«t., ms. f. fr., Mihmget de Colbert, t. 5i A, f* aSi. — Minute. À M. DE SAINT-GENIEZ'.

Sedan, ik août 1667.

• (ritrait.)

Après lui avoir parle des levées de troupes que Ton peut faire en Suisse et en Allemagne, Mazarin continue ainsi :

J ay veu la lettre que vous a escrite M. le prince de Baden *. Ce n estoit pas à moy de luy donner part du mariage de M. le comte de Soissons *, mais à M°^ la princesse de Carignan *, à qui je l'ay insinué diverses fois, et si elle ne Ta pas voulu faire, c'est d'elle et non pas de moy qu'il peut se plaindre. Je suis fasché qu'elle ne change point de sentimens à son esgard. Vous l'asseurerez [neantmoins'^] que je ro'appliqueray ^] si fort à trouver la conjoncture propre pour [les] raccommoder tout-à-fait, en sorte qu'il soit satisfaict, que j'espère d'en venir à bout; et pour ce qui regarde les interests du Roy en Allemagne, ISa M**^ est fort persuadée que, sans en estre sollicité, il les embrassera tousjours avec zèle, et il n'y a personne en qui, dans les occasions. Elle prist plus de confiance qu'en luy.

Mazarin parle ensuite à Saint-Geniez de la garnison de Brisach, dont il avait le commandement; il insiste sur la nécessite d'y maintenir la discipline. Il voudrait que les jeunes gentilshommes allemands vinssent s'y former à Tart militaire.

Si l'on y pouvoit establir une académie ^ ajoute le Cardinal, j

en

^ Voy. sur ce personnage, t IV, p. 484, * Marie de Bourbon -Soissons. (Voy.

note 3, des Lettres de Mazarin. p. 99.)

' Voy. çi-dessus, p. 98. * Mot douteux. *

' Eugène-Maurice de Savoie. ( Voy. t VII, ' Mot douteux,

p. &70.) ^ Éooie où se formait la jeune noUesse.

serais tres-aise, et j envoyerois mesme des maistres de Paris pour ap- Août 1657. prendre à monter à cheval et les autres exercices. Je vous prie d'en parler avec le sieur Colbert ^ el de me mander les moyens et Targent que [vous pensez] qu'il fallust employer pour cela.

Aff. ëtr., France, t. 274, f* 446 v*. — Copie du temps.

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