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Tout ce que je puis vous dire, c'est que Montmedy nous apparat y a bien prolongé et non prorogé avait été primitivement fixée au i& août dans le manuscrit. 1687 et qui était déjà reportée au mois
' Le manuscrit donne ici Crotsie. d'octobre, fut définitivement fixée au 8 juil-
^ A faire le voyage de Metz. let 1 658.
* La date de Mection de l'Empereur, qui * Par son élection à la dignité impériale.
tiendra bientost; on a attaché encore trois mineurs, et la place va Août 1657. estre ouverte de tous coslez; mais je ne responds pas que le gouverneur entende raison ^ Sa maistresse, qui est avec luy^, devroit estre satisfaicte de Thonneur que son galant s'est acquis, et pourroit bien le conseiller à n'exposer pas le sien par son opiniastreté qui mettra la place en hazard d'estre emportée d'assaut; en ce cas, je ne sçay pas si les soldats auront grand respect pour sa dicte maistresse.
Le Roy retourne au camp pour presser le plus qu'il se pourra, car je vous asseure que tout le monde a grande envie de revoir Sedan. Je vous rends tres-humbles grâces de la lettre qu'il vous a plu de m'escrire. Le Confident et Monsieur l'ont veue, et ils ont esté tres-satis* faicis des nouvelles. Au reste, vous avez un fils auquel on a peine de respondre, demandant des choses tout-à-fait extraordinaires, et les Anges [la Reine] mesmes ne pourront le contenter. ****
Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5i A, f* 9âA v*; minute. — Passages à chiffrer soulignés.
À M. DE TURENNE
SleDay, 6 aoât 1657.
(bxtuait.)
Après avoir parlé de Teffet produit par les mines et de la continuation des tra* vaux du siège de Montmédy, Mazarin continue ainsi :
Je ne manderay pas à M. de Gastelnau de s'advancer que je ne
* Ce gouverneur s'appelait Maiandri; il avait ëtë, comme on disait, «r nourri page?» du roi d'Espagne; il était capitaine dans ses gardes lors de sa nomination h Montmëdy, qui ne remontait pas à plus de deux mois. Il avait en ce gouvernement par la mort de Bère. Tous les mémoires du temps s'accordent h louer son courage.
* Voy. les Mémoires de M"' de Montpensier, t. III, p. 120. £31e dit du gouverneur de Montmédy : «rll s'alloit marier le jour que Ton investit la place. Ses parents et ses amis s'y étaient rendus pour signer le contrat de mariage; ils furent obligés d'y demeurer. On dit qu'après qu'il fiit blessé, on l'emporta ; il se confessa , reçut ses sa-
la
l«»MIHtIIII 1(ATI0«ltS.
Août 1657. sçache que le corps des ennemis passe la Meuse, et je m'asseure que, si vous voyez prendre cette route-là à leur armée, vous prendrez vos mesures pour vous rendre plus tost icy qu'elle n'y sçauroit estre.
Je croy certainement que le dessein des ennemis estoit de vous prendre les devans et marcher droit icy pour tenter le secours de Montmedy, et que les mouvemens que vous avez faicts l'ont empesché de l'exécuter.
J'ay veu ce que vous croyez qu'on pourroit faire après la réduction de Montmedy, et suivant Testât auquel seront alors toutes choses et particulièrement [suivant] la posture des ennemis, on laschera de prendre la meilleure resolution. Je vous diray seulement que Montai * se trompe dans le calcul qu'il faict de nos forces par sa lettre qu'il escrit au prince de Condé. Car je vous responds que nous aurons plus dç huit mille hommes au delà de ce qu'il dit.
Je suis bien aise de ce que vous me mandez que le corps anglois est en bon estât. M. l'ambassadeur, qui est icy, m'asseure qu'on avoit envoyé de Londres deux cents hommes de recrue, et il n a pas esté fasché d'apprendre le mauvais traictement qu'ont receu des ennemis les cinquante Anglois malades qui alloient à S* Quentin; car cela servira à exciter de plus en plus tout le corps anglois contre eux, et, s'il est vray, comme on dict icy, que le duc d'York a tué un de ces pauvres malades de sang froid, il n'y a pas apparence que, par ce moyen, il réussisse à attirer au service du roy, son frère, ceux de cette nation qui sont engagez dans celui du Roy^.
Si on continue de brusler, comme on a faict dans le Boulenois, à
crements ; il voulut qu'on le reportât mourir sur la br^he; et [on dit] que sa tnaitresse (en langage actuel, sa fiancée) ne le voulut point quitter, quelque péril qu'il y eût. Il exhorta tous les officiers à se bien défendre et servir le Roi.?)
' Voy. sur Montai, t. VI, p. 94, des Lettres de Mazarin.
* L'acte de barbarie que raconte ici Mo-
zarin ne parait rien moins qu'authentique. Le duc d'Yorck, cela va sans dîne, n'y fait aucune allusion dans ses Mémoires; mais les mouvements de l'armée espagnole dont ce prince faisait alors partie, et les localités où elle campa pendant le mois de juillet et le commencement d août , rendent peu vraisemblable sa i^enoontre avec un convoi de blessés se dirigeant vers Saint-Qoentio.
Riblemont^ et à Vadencourt^, d'enlever des gens dans Paris^ et de tuer Août 1667. et exercer des cruautez contre les malades, nous serons contraints d oublier la courtoisie Françoise et de songer aux moyens de rendre les ennemis plus humains et plus traitables. On m'a dit que le chevalier Reynolds a desja proposé de leur déclarer qu'il ne veut nul quartier avec eux, et je croy que cela leur donneroit bien à penser.
Les nouvelles que nous avons d'Italie portent que l'armée du Roy^ avoit investi Alexandrie, le 7 du mois passé. C'est une grande entreprise à une armée qui n'a que neuf mille hommes de pied et sept mille chevaux. Je ne sçay pas ce qui en arrivera; mais s'il est vray que la fortune seconde d'ordinaire la hardiesse, elle doit bien favoriser ces messieurs qui commandent l'armée du Roy en ce pays-là.
Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t, 5i A,^ 198. — Minute.
À M. DE TURENNE
Stenay, 6 août 1667.
Le Roy, en arrivant au camp devant Montraedy, cette apres-disnée, a eu le plaisir d'entendre battre la chamade, des qu'il a esté aperceu de la place, et la capitulation a aus^y tost esté faiete^. Les assiégez
- Ribemont. (Voy. t. V, p. 646, des Lettres de Mazarin.)
* Viibge du dëp. de la Somme, arr.
d'Amiens.
' Allusion à Tenlèvement du financier Girardia par Cbemëraut-Barbezières , qui avait eu lieu à la fin du mois de mai prë- «ëdeni, enlèvement que Barbezières paya d'ailleurs de sa tête. (Voyez le tome VII, p. 479,481 et 498.)
* Cette armée était, comme on Ta vu
dans le tome précédent, sous le commandement du duc de Hodène. La tentative dont il est ici question n'eut pas de suite,
* Voy. M Mémoires de Af "' de Montpensier, t. m, p. 190 (édit. Charpentier), et celles deMontglat (ëd. Micbaud, p. 3a 3). Les officiers espagnols chargés d'obtenir du Roi une bonne composition, ayant vu leur demande repoussée, menacèrent de mourir sur la brèche et de vendre chèrement leur vie. irLe cardinal Mazarin, dit Montglat, voulant as-
Août 1667. partent demain à quatre heures du malin. MM. de Lislebonne et de Varennes partiront à Tinslant pour vous aller rejoindre avec ce qui avoit esté destaché. M. de Grandpré s'en retourne avec cinq cents chevaux à son poste près de Rethel. Je depesche aussy tout présentement à M. de Castelnau, qui est arrivé à Attigny\ afin que, sans perdre un moment de temps, il s'en retourne auprès de vous.
Depuis, j'ay receu vostre billet de ce matin qui ne m'oblige à autre response que ce que je vous mande cy-dessus.
BiM. nal., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5i A, f 196 v*; minute. — Aff. ëlr., France,
t. Q72, f' a 06; copie du temps.
À M. DE THOU
Sedan, 8 août 1667.
(extrait.)
J'ay receu vos depesches des ai, 26 et 27 du passé, et la dernière m'a esté rendue par M. Gentillot^, qui m'a entretenu en détail de toutes choses, comme a fait aussy, tous ces jours, M. leRhingrave^ et il ne m'a pas esté difficile de leur faire toucher au doigt que les intentions du Roy estoient toutes sincères, n'y ayant pas d'apparence qu'il voulust donner ses ordres en tous les endroits du royaume, comme il a faict, pour oster les saisies et renvoyer les vaisseaux appartenant aux sujets de MM. les Estais, et qu'il eust songé seulement à en excepter la seule Normandie, où le sieur Gentillot m'a dict que les
surer la prise de cette place, les renvoya au (aaj. dëp. des Ardennes, arr. de Vouziers).
maréchal de La Ferlé, avec ordre secret de * Voy. sur Gentillot, d^abord mousque-
s entendre avec eux.n Ils sortirent tambour taire du Roi, passe ensuite au service des
battant et enseignes déployées, et furent Provinces-Unies, les additions du tome V,
conduits à Arlon. p. dis , des Lettres de Mazaritu
* Attigny, auj. village des Vosges, arr. ^ Voy. sur le Rhingrave, t. VI> p. ia8,
de Mirecourt. Il y a aussi Attigny-sur-Aisne des Lettres de Mazaritu
vaisseaux estoient seulement encore retenus^; car nous avons desja Août 1657. nouvelles que tous ceux qui estoient à Bourdeaux, à la Rochelle et en Provence mesme, estoient partis avec grande satisfaction du viceadmiral Ruyter, lequel avoit esté régalé et très bien receu à Toulon. Et je vous advoue que je ne puis comprendre comme les artifices de l'ambassadeur d'Espagne ont faict quelque impression sur ce sujet, veu que le Roy ne pourroit prendre un plus mauvais party que d'exécuter à demy ce que vous avez promis.
Le sieur Gentillot faict estât d'aller luy-mesme en Normandie avec une lettre du Roy, afin que, s'il resloit encore quelque chose à faire, il en puisse voir l'exécution devant que de s'en aller en Hollande, comme il fera en toute diligence, prenant la commodité de quelque vaisseau qui prendra cette route-là. Et s'il se trouve qu'il se soit commis quelque friponnerie dans les saisies des vaisseaux et d'autres biens appartenant aux HoUandois, le chastiement que le Roy en fera servira pour faire cognoistre qu'on apporte du retardement à ses volontez.
Enfin le récit que le sieur Gentillot fera de la conduite qu'on a tenue icy sur cette affaire, obligera sans doute les plus critiques et les plus mal intentionnez conti^ cette couronne à advouer qu'on ne pouvoit pas procéder, de nostre part, avec plus de candeur et de franchise qu'on a faict, et qu on ne peut rien adjouster à l'affection avec laquelle Sa M*^ est portée pour tout ce qui peut contribuer à entretenir une bonne intelligence avec MM. les Estats et leur départir des marques de son amitié avec la mesme bonté que Sa M*^ et les roys ses prédécesseurs ont faict, lorsque lesdicts Bstats tesmoignoient en estre les plus contents.
La dépêche se termine par des promesses de gratifications pour Gentillot et pour le Hollandais de Groot, et par des recommandations pour rétablir la ^aix entre les Provinces-Unies et le Portugal.
' C'est-à-dire, qui était h «ente contrée où les vaisseaux hollandais fussent .encore retenus.
Août 1 657.
IJX,
Bibl. nat., ms. f. fr., Mélmtges de Colberi, f. Si A, f* 198; mkiule. -^ Aff. ^*.; Franee, t. âya, r* 9io-9ia; eioçie da iamps.
À M. DE GRAVEL
Sedan, 8 aoôt 1667.
(eitiait.)
Pour ce qui est de la froideur que vous avez recogneu lorsque Ton a parlé de comprendre la Suéde et [le] Brandebourg dans la liaison projetée ^ MM. ies ambassadeurs ont des ordres précis du Roy pour la conduite qu'ils doivent tenir sur ce sujet, et vous en avez esté informé par advauce, me souvenant vous avoir escrit qu'il seroit toutà-fait ridicule de vouloir faire une union de divers princes catholiques et protestants pour conserver le repos qui a esté estably en Allemagne par le traité de Munster; de vouloir empescher à Tadvenir les contraventions qu'on y pourroit faire et reparer celles qui ont esté faictes; et de ne vouloir pas parler de la guerre que le Danemark faict à la Suéde, pour luy ester un bien qui luy sT esté adjugé par ledict traité^. Et M. l'électeur de Mayeuce est trop bien informé des affaires et trop équitable pour n'estre pas persuadé que la chose doit aller ainsy.
Vous aurez, sans doute, desja donné part à MM. les ambassadeurs de la response que M. de Mayence vous a faict sçavoir, par son capil^ine des gardes, qu'il avoit faicle aux sieurs d'Ettinguen^ et Wolmar, dont je m'asseure qu'ils n'auront pas manqué de la remercier et de luy dire tout ce qui le peut affermir dans les bonnes resolutions qu'il aura prises. Je seray bien aise qu'il sçache que j'ai eu beaucoup de joye, en mcm particulier, d'apprendre de quelle maoiere il en a usé et que j'espère une fin tres-heureuse d'un si bon commencement, ne doutant
^ La iigue des Électeurs et des princes ' C'est-à-dire, le dnchë de Brème,
de rAUemagne pour contraindre rEmpereur ' De la maison, d'abord comtale, puis
à respecter la paix de Westphaiie. princière d'C£ttingen, en Bavière.
point qae les diligences quil a faictes avec MM. les électeurs de Go* Août 1057. iogne et de Trêves, et par celles que je continue de faire avec lé comte de Fûrstemberg, il ne soit bien secondé de ces deux Electeurs; mais, au nom de Dieu , qu'il se souvienne que le Roy ne peut pas estre satisfait et que la paix en Allemagne et le bien de la Ghrestientc sont incompatibles avec la continuation de TEmpire dans la maison d'Austriche.
J'ay veu ce que vous me mandez avoir appris de l'envoyé de Savoye. Je ne m'eslonne pas de ce qui luy est arrivé à Munich, apprenant, de tous costez, que M™ l'Ëlectrice la douairière, et le comte Curte*, remplissent l'esprit de l'Electeur de tant d'appréhension, qu'il croit qu'il n'y auroit nulle seureté pour luy s'il parloit seulement de l'Empire. Vous direz pourtant, sur ce sujet, à MM. les ambassadeurs, de ma part, que M*"^ l'Ëlectrice la jeun^^ ne perd aucune occasion de presser son mary de profiter d'une si belle conjoncture que celle que Dieu iuy envoyé pour se faire Empereur, et elle m'a faict savoir qu'elle ne desesperoit pas d'en venir à bout, si elle estoit assistée puissamment de la France et des Electeui*s qui ne souhaitoient pas de voir continuer l'Empire dans 1a maison d'Austriche. C'est pourquoy il faudroit que MM. les ambassadeurs fissent toutes les advances imaginables là-dessus , faisant cognoistre audict Electeur qu'il ne dépend pas seulement de luy d'estre en quatre jours élevé à l'Empire, s'il le veut, puisque, les trois Electeurs ecclésiastiques et Brandebourg demeurant d'accord de luy donner leurs voix, il en aura cinq asseurées, compris la sienne, mais
' Le comte Curtz oa KarU ëUit, comme on Ta dit pli» haat, le principal ministre de IMIectear de Bavière.
' La jeune ëlectrioe de Bavière était une princesse de Savoie, Henriette Adélaïde, fille du duc Victor-Améde'e et de Christine de France, mariée le 22 juin 1682 à Ferdinand-Marie, électeur de Bavière. La correspondance de Gramont prouve qu elle élait renommée pour son esprit comme
pour sa beauté. Cette princesse ambitieuse , n'ayant pu être reine de France (chose dont elle s'était un moment flattée), songeait par tous les moyens k devenir impératrice. Elle avait mis tout en œuvre afm de persuader riillecteur, son mari, que le temps était propice pour parvenir à la dignité impériale , et elle le faisait parier, dans ce but, à Tenvoyé de Mazarin tout autrement que ses ambassadeurs ne pariaient à Francfort.
Aoûi 1657. que le Roy donne sa parole royale de Taller assister en personne à la teste de quarante mille hommes contre qui que ce soit qui le voulust empescher dans la paisible possession de TEmpire^
Il seroit bon de voir clair dans les intentions du baron de Benneberg^; car ce seroit une chose fort estrange de luy donner des marques effectives de la bienveillance du Roy et de prendre toute confiance en luy, et qu*à la fin il nous trompast.
J attends avec impatience de sçavoir qui sont les deux personnes que M. de Mayence a faict arrester et s'il y a quelque chose qui regarde le cardinal» de Retz, ou, en quelque autre manière, le service du Roy. Il sera bon que vous obteniez de S. A. EL qu'il les fasse remettre entre les mains de M. de S* Gêniez' à Brisach, afin que Sa M^ les puisse faire examiner et recognoistre ce que c'est. Le baron de Lenoncourt pourroit bien eslre un nommé Marigny, qui est un fort meschant esprit*.
Le reste de la dépêche est consacré à des détails sur Temploi des sommes que Mazarin a envoyées à M. de Gravel.
^ Ces détails prouvent qu'à cette époque Mazarin ne songeait à placer sxvr le trAne impérial qu'un prince de k maison de Bavière.
* Ou Bennebourg , ministre de Félecleur de Mayence.
^ Henry de Montault-Benac, frère du maréchal de Navailles. Saint-Geniez était gouverneur de Brisach. ( Voy. t. IV, p. 484 , note 3, des Lettres de Mazarin,)
^ Uabbé Jacques Garpentier de Marigny, né à Marigny (Nièvre) dont il portait le nom , et que Mazarin soupçonne de s'être affublé du titre de baron de Lenoncourt, a été mentionné dans le tome V, p. 417. At-
taché au cardinal de Retz, il fut Tun des chansonniers de la Fronde les plus acharnés contre Mazarin. On lui attribue le fameux Traité politique oU il est prouvé que tuer un tigron n'est pas un cnme (1 658). Outre ses Mazarinadesy on a de lui un Recueil de lettres en prose et en vers (i655). Il mourut en 1670. 11 est probable que ce n'était pas la première fois que Marigny prenait le nom de Lenoncourt, car, dans une lettre du la décembre i653, Mazarin écrivait déjà k l'abbé Benedetti que notre ambassadeur devait surveiller à Rome un individu disant s'appeler «rie marquis de Lenoncourt ». (Voy. t. VI, p. 687.)
Août 1657.
ffibl. nat, ms. f. fr., Uitangn de Q^bert, t. 5i A, f* 336 v°; minute. France, t. 979, f* ai 5; copie du temps.
Aff. Ar.,
k MM. LES PLÉNIPOTENTIAffiES (GRAMONT ET LIONNE).
(extrait.)
Sedan, 9 août 1657.
Je ne vous fais celle-ci (cette depesche) que pour accompagner le projet cy-joint d une déclaration du Roy, que l'on a jugé nécessaire que vous présentassiez à rassemblée de Francfort touchant les Ëstats que Sa M^ possède, qui, par le traité de paix S ont esté démembrez de l'Empire^. Car, quoyque ladicte assemblée n'ayt pas le mesme pouvoir qu'une diète générale de l'Empire, et qu'elle ne soit composée que de certaines personnes et pour de certaines affaires, neantmoins, si elle reçoit bien la déclaration du Roy, si elle y faicl une response favorable, ou seulement la faict enregistrer, ce sera un préjugé pour la prochaine diète, qui servira, ce pendant, à faire considérer le Roy comme un des membres de l'Empire et comme intéressé en cette qualité en tout ce qui le touche, non seulement comme une des principales parties qui sont intervenues au traité de paix, mais comme possédant souverainement des Estats tres-considerables dans l'Empire^.
^ Le traite de Munster.
* Ces États comprenaient une partie de la Lorraine : les trois ëvéchës et villes de Metz, Toul et Verdan, et TAlsace presque entière ; Jes landgraviats de haute et basse Alsace, le comte de Ferrette, Tavouerie de basse Alsace ou préfecture de Hagueneau, les villes de Brisach et Philipsbourg. (Voy. Himlv, HiêUnre de la formation territoriale det Éiate de l'Europe centrale, Paris , 1 876 , L I,p. 967 et suiv.)
^ Cette théorie, que les territoires nou-
MAZ&MN. VIII.
vellement annexés étaient des «rpays d'Empire v), soutenue en 1667 par Mazarin pour les besoins de sa cause, théorie fort différente de cdle qu'appliquèrent les Chambres de réunion et que les gouvernements français ne cessèrent de soutenir, se rattache aux velléités qu'eut alors Mazarin de faire élire Louis XIV empereur après la mort de Ferdinand III, 3 avril 1687. (Voy. Chéruel, Comptes rendus de V Académie des sciences morales, janvier 1 886 , LXXV, p. 9. — Chéruel, La minorité de Louis XIV, III, p. 98,
lariiiiBnii ■irio'iti.r.
Aoui 1657^ Je croy qu'il sera bon que vous fassiez voir cette deciaration, avant que la présenter, à nos plus confidents amis, afin qu'ils examinent s'il n'y a rien à changer, adjouster, ou diminuer, et que vous concertiez avec eux les moyens de la bien faire recevoir et d'en tirer un bon efEect, sans toutesFois rien changer aux conditions essentielles qui regardent la souveraineté, estant un point qu'on tient de la dernière nécessité de ne relascher pas, et auquel il faut lascher de faire consentir nos amis, et les disposer à nous y assister puissamment. Je pense qu'il faut que cet acte soit donné en latin , et vous prendrez garde ^ s'il vous plaist, que, comcae les ministres impériaux mettent tousjours en teste des ebcrits qu'ils donnent : Sacrœ CœaoFeœ Maje$UUi$ pknipetmtiurii, il est aussy à propos que ceux de Sa M^ mettent tousjours en teste des escrits qu'ils donneront : Sacrœ Cknstiamssime Majestalis pknipo(€9Uiaf*ii^.
Vous vous souviendrez aussy de dire à M. l'électeur de Mayeute qu'il est fort important qu'il ne lesmoigne point d'aigreur aux ministires de Suéde, et de mesnager leur esprit, dans cette conjoncture, par toutes les raisons que vous sçaurez bien lu y représenter.
Mazarin engage ensuite les plénipotentiaires à remercier le prince Ernest d^ Hesse, frire du Landgrave, de ratFectîon qu il témoigne pour la France. Ils doivent traiter avec t électeur de Bavière, dont Tesp rit, ajoute Mazarin, <Tne demeurera pas longtemps en une mesme assiette ».
M. le prince de Baden^ s'est plaint à M. de Saint-Geniez que Ton le négligeas!, et que, depuis deux ans, on ne luy avoît ri«n faîct sçavoir des interests et des intentions du Roy sur les affaires d'Allemagne.
Valfrey, Hugues de Lionne, L 11, p. iSG, se firent appeler ainsi à leur tour. Alors Paris , 1 8â 1 . — Recueil des itutrucdotu , Ba^ TEmpereur, pour maintenir sa prëémiitence vière, pages xm et 6a-63.) sur les autres princes de la chrétienté, se ' On sait qu'au xvu* siècle, la litre de fit appeler «Majesté Sacrée*; le jx>i d'Ea* (r Majesté « était lui-inéoie relativement ré^^* g«gi^ Timita, et Ton voit que Mazarin récent, il navrit guèi*e que cent ans de date. commande ici à nos ambassadeurs de ne On ne se servait auparavant que du titre de pas demeurer eu arrière. Sérénité ou de Grandeur. Le titre de Majesté ^ Le prince héritier de Bade était, en futprispar les rois d'Espagne, lorsque rEm- 1667, Ferdinand MaximilieR, qui mourut pire eut été joint à cette maisoo. Nos m» en 1669 avant le m^irgrave, son père, qui. disaitron, cr sont empereurs en FrQi^çe«,
Gomme c est une maison qui a tousjours tesmoigné de l'affeelion pour Aoàt 1657. la France, en prenant occasion de voir le père et le fils*, vous pourrez les asseurer que Sa M*^ les considère fort et que, s'il se presentoit occasion où elle eust besoin d'eux, elle s'y adresserait en confiance et ne doutoit pas qu'ils ne servissent avec chaleur; que, du reste, elle a beaucoup de desplaisir de l'aigreur que M^ la princesse de Carignan ' conserve pour luy, et qu'Ëlle [Sa M*^] n'oubliera rien pour ramener son esprit, comme, de mon costé, je profiteray de la moindre conjoncture favorable que je trouveray pour l'adoucir et procurer à M. le prince de Baden la satisfaction qu'il désire.
Mazarin parle ensuite aux plénipotentiaires du sieur de Croisic, qu'ils doivent tr caresser V comme Run homme fort intelligent, fort zelë et capable de vous servir utilement^. Il espère que FoiScier qu'il a envoyé, avec des leltres, «pour tirer trois cent mille escus?), aura pu les rejoindre. Pois il revient à la Suède, dont ils doivent flatter les députes, louer les succès du roi Charles-Gustave et travailler à ménager un accommodement entre la Suède et la Pologne.
Le sieur Gourtin^, ajoute Mazarin, m'est venu voir de sa part (de la part du roi de Suéde) pour me dire qu'il estoit tout prest de suivre mon conseil et, pour user de ses termes, qu'il me ferait Varhi^e de tout. Ledict Courtin m'a adjousté mesme que M. le mareschal de Gramont en pourroit escrire à la reyne de Pologne, laquelle defereroit beaucoup à ses bons conseils. En effect, jamais la conjoncture ne fut meilleure, le roy de Pologne pouvant faire une paix utile et honorable et se deslivrer de la tyrannie que la maison d'Austriche exercera asseurement sur luy et sur son royaume, sous prétexte de le secourir, s'il n'y donne bientost ordre; ce que la reyne, sa femme, doit encore plus appréhender que luy. Gar je sçay que, nonobstant tout ce que les ministres de la maison d'Austriche luy tesmoignent au contraire, ils n'auront
' Le margrave de Bade en 1667 était sons. Sa fiHe, la princesse Louise, avait Guillaume, né en 1598, mort en 1677. épousé Louis de Bade, qoi devint un des
' La princesse de Carignan, veuve du plus grands capitaines du mf siècle, prince TlHmaB de Savoie -Carignan, était ' Antoine Courtin. (Voy. le tome Vil,
de la maison de Bourbon, branche de Sois- p. 619, des Lettres de Mûzarin,)
Août 1667. jamais confiance en elle et feront tous leurs efforts pour la séparer d'avec son mary.
Je n*ay rien à adjouster à ce que j'ay mandé pour la distribution de l'argent, si ce n'est qu'en cas que nous ne puissions faire sortir l'Empire de la maison d'Austriche, il faudra employer ce que nous devions donner à ceux qui auroient servy le Roy en cela, à faire des troupes pour fortifier nos armées et nous mettre en estât de nous garantir du mal que l'on nous voudroit faire.