À L'ABBÉ FOUQUET
(iXTBAIT.)
MeU, 18 9epikAtè t65^.
J'Éy esté biët) wrpri^ de toir, par vostre lettre, que Tcms vous wye£ M fort bd9ké de faire signer et sceller la commidëioa du eontrooUe pour M« Le Tillier^, quoy que les intendaus se fussent radviaez et eussent offert de le prendre^ et d'en donper douze cens mille liyres; car quand je vous ay dict que le Roy approuvoit que Ton ccmeiurt avec ledict ^ Le TiUier, c'a esté , parce qu'il n'y avoit personne qui voulust donner de cette charge le mesme prix que luy et dans la prèsupposition que les Intendaus n'en vouloient point; mais puisqu'ils àvoient changé de sentiment; que Sa M^ y trouvoit cent mille francs* de plus de proffit( qu'il estdit, d'ailleurs, plus utile pour son service de leur donner
maintenant à d'amsi grandes fatigues,
* Ce personnage ne doit pas être con* fondu âveè lé secrétaire d'État, Michd Lé Téllië^. imi(fkés Lé TîMier, sieur de La Chapelle -en -Brié, était un intendant des finances.
* De prendre k eontrok.
* li y eut en circulation, dans toute là première partie du xvu* siècle, une monnaie réelle d*âr(fent appelée rr franco, qui datait du règne de Henri IH : elle valoit origiiiai^ renflent une livre; maris, par suite de la hausse de Tor et du changement de rapport
entre les deux métaux précieux qui, de 11.75 en 1609 s'éleva à 1/1.76 en 1660, le franc d'argent était ahîvé peu à peu à valoir s5, 98, 3o sous et davantage. Il diflt^ànH;, ou Aé moins devint fort fàre soos la minorité de Louis XIV et le ministère de Maxarin , mais on continua d'employer parfois ce mot de franc, dans la conversation, les correspondaûces et la liltémturê, jusqu'à la fln du XVII* siède (Molière, par exemple, dit soureni 'franc an lieu de livre) comme «ne monnaie dû «ompte éqoivulont à la livre tournois dont il était synonyme.
DU GARPINAl MAZARIN. m
le controolle que d'en fiaire de nouveau une charge S et que vous sça- Sepi. 16^. viez que cette resolution seroit beaucoup plus approuvée de tout le monde que celle du choix de M.. Le Tillier, qui est un homme qui na pas ïapprçibaliûn geo^ale, et enfin comme j'^y dipt poçitiveip^n^ à Leurs Majestez que, si )«s inteqdanâ vouloient le controolle» on ne pouvoit pas se dispenser de le leur donner preferablement à tous autres, je serois fort embarrassé, et M. le Procureur gênerai aussy, s'ils se venoi^nt plaindre qu'ayant voulu la prendre et en donner cent mille livres^ plus que M. Le Tillîer, on avoit neantmoins rejeté leurs offices.
C'est pourquoy, en cas que Ton n*ayl pas encore délivré l^dicte commission, l'intention du Roy est qu'on ne le fasse poinct, et, si on l'd délivrée, qu'on la retire de quelque manière que ce spiX, et qu'on fasBe l'affiûre avec les intendjinâ, s'ils persistent d^ns leurs offpçi9. Ce que je vous prie de dire à M. vostre frère, quoyque je luy eacrive i^ mesme chose en substance, et que le bien des affaires du }loy d^vaoi nuinçher devant toutes choses, je le prie de sortir le plus bona^rteiPWJt qu'il pourra, aussy bien que vous, de rengagement dan^ lequel voua pouvez estre entré là dessus.
Dans une addition à cette lettre, Mazarin dit à Tabbë Fouquet qu'il vient de recevoir une lettre de J.-B. Colbert, par laquelle il lui annonoe que les intendants ont de nouveau offert douze cent mille livres pour avoir te contrôle et que la commission de cette charge n'a pas encore été remise à M. Le Tiliier. En ton^ quence, il recommande à Tabbë ée faàve 4oBoer aux îptendapts le contrôle dea fipances, aux conditions indiquées.
* En principe, le contrôle gënëral devait Vendre le contrée général aux huit inten^
être une «r commission 9, c'est-à-dire une dants des finances y qui rex^ppceraient eol-
fonction analogue à cdles de nos jours activement, équivalait à le supprimer, puis-,
dont le titulaire est nommé par le gou- qu'ils se contrôlaient ainsi eux-mêmes, vemement et révocable à volonté. En fait, ' Le mot «v livret) confirme ce que nous
ce fut presque toujours un «fofiice», une . disons dans la nofe i de la page précé^
(T charge n c'est-à-dire un emploi vénal, dente.
Sept. 1^7.
XGIIL
BiU. nat, tûb. f. fr., Mélanges de Cotherty t 5i A, f' SaS v"; minute. — Aff. ëtr., France,
t. 973 , f* 969; copie du tempsw