‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 2)Chapitre 22 sur 81 · CVI · texte numérisé non relu

CVI

Bibl. nat, ms. f. fir. , Mihnges de Co&ert, t. 5i A, f"" Sgo v**; minute. — Aff. ëtr.^ France, t. 979, f*" 986; copie du temps.

AUX PLÉNIPOTENTIAIRES (GRAMONT ET LIONNE)

Mets, ti octobre 1667 *.

(izraiiT.)

Masarin parle d'abord des ccmditions que Lionne aTait proposées à Madrid en i656 ^, et qui ont été communiquées à Télecleur de Mayence :

Je me contenteray de vous dire qu'il auroit esté bon qu'en infor^^ mant M. l'électeur de Mayence de ce qui s'est passé dans la négociation de Madrid, on ne se fust pas si fort advancé qu'on a faict sur la restitution de la Lorraine, puisque, quand j'en parlay au comte Guillaume de Fûrstemberg, je luy dis bien que le Roy consentiroit à reprendre le traité de la paix sur le fondement de ce qui avoit esté offert par M. de Lionne à Madrid, mais qu'il y avoit le point de la Lorraine et quelques autres dont on n'estoit pas encore convenu. Quelque confiance que nous fassions paroistre en M. de Mayence, elle ne doit pas s'eslendre jusques à luy dire d^Sibord nostre dernier mol touchant la paix. La prudence veut qu'on voye auparavant si Pegnaranda a pouvoir et envie d'entrer en négociation', et de quel pied il y marchera; et, en tout cas, si^ious avons à nous relascher d'un point aussy important que celuy de la Lorraine, en la manière qu'on donna pouvoir à M. de Lionne de faire à Madrid , ce ne devroit estre qu'à un coup près^, quand la conclusion du traité ne seroit arrestée que par là, en sorte que Sa M^ s'acquière, au moins, le mérite envers le public

* La minute porte la date du a 1 octobre , de Mayence , avait consenti h ouvrir, à Frano-

et la copie celle du 90. fort, des n^odations pour la paix avec

' Voy. t. VII, p. 993, des Lettres de TEspagne, sous la médiation de cet électeur.

Mazariru ^ Au dernier moment, à la dernière ex-

Mazarin, sur la demande de Télecteur trémité.

Octobre 1657. d avoir sacrifié une conqueste de cette considération à Testablissement du repos de toute la chrestienté.

Puisque le mal est fait, il faut tâcher d'obtenir de TÉlecteur qu'il garde le secret sur ce point. Mazarin se plaint aussi de ce que Télectenr de Mayence a dit au Nonce des dispositions de la France à la paix. Mazarin parle ensuite de la mission d'Atto à Munich et ne parait pas satisfait du résultat. Il ajoute :

Si, par malheur, la chose ne réussit pas pour Bavière, il ue faut pas se rendre pour Neubourg, mais mettre le tout pour le tout pour son élévation, n'espargnant quoy que ce soit de ce qui y pourra contribuer. En cas que M. de Lionne eust avec luy, ou pust faire prendre, à point nommé, à Paris, la copie d'un escrit espagnol que je luy envoyay à Rome pour le faire voir au Pape, qui contenoit les propositions par les ambassadeurs d'Espagne à M« le Protecteur, et «ignées d'eux, pour luy faire prendre Calais, et autres choses semblables qui y sont contenues, il seroit advantageux de la publier en ce rencontre, commençant par la monstrer à M. l'électeur de Mayence.

Mazarin leur parle ensuite du changement de Télecteur de Brandebourg, qui, sous Tinfluence de Tlsola et du haron de Schewrin, s'était lié avec TAutriche et la Pologne, à condition quon lui céderait la Prusse et Elbing, une des principales places de la Prusse royale, occupée alors par les Suédois.

Je croy, ajoute Mazarin, qu'on luy faict espérer encore de le faire rentrer dans la partie delà Pomeranie, qu'il céda à la couronne de Suéde par le traité de Munster, quoyqu'il en ayt tiré rescompense en exécution du mesme traité ; moyennant quoy, outre qu'il s'engage dans tous les interests de la maison d'Autriche , il promet particulièrement de donner son suffrage au roy de Hongrie dans la prochaine élection, et l'on me mande que c'estoit de concert avec Isola qu'on publioit un traité de neutralité pour endormir le roy de Suéde et ses amis et pouvoir ainsy leur donner une botte plus franche et plus impreveue.

GVII. Bibl. naL, ms. fouds Balaie, t 876, f* 36i. — Original.

À J.-B. COLBERT

Metz, 93 octobre 1667.

(extbait.)

Réponse marginale de Mazarin à une dépêche de J.-B. Colbert en date du 30 octobre ^. Le Cardinal, à Toccasion des accusations que suscitait contre lui Talliance anglaise, écrivait à Colbert : *

Il seroit à souhaiter qu il n y eust ny mal intentionnez ny de ceux qui, sous prétexte de dévotion, sont pires que les autres, mais sont des gens qu'on ne déracinera jamais, et il se faut mettre l'esprit en repos de toutes leurs extravagances, taschant de punir celles qu'on pourra. Le Roy n a remis aux Anglois que le fort de Mardik, où il n'y a personne, et, pour Bourboiirg, S. M*^ l'a faict fortifier et le garde, et l'on a pris deux mille hommes de pied, de toute l'armée, et quatre regimens de cavalerie, qu'on y a desja establis. Peut-estre on y mettra cinq cens Anglois de ceux qui sont à la solde du Roy, qui y demeureront en la mesme manière que firent les autres dans le Boulonnois et ailleurs.

Voilà la vérité qu'on ne peut cacher, et il est estrangeque, la guerre s estant faicte près de cent ans conjointement^ avec les Hollandois, la France ayt continuellement assisté ceux-cy pour leur faciliter la co"hqueste de tant de places, sans que personne en ayt murmuré, et qu'on crie à présent à cause des Anglois qui n'ont encore rien et qui sont

' On trouve une grande partie de cette ' Le texte de M. P. Clément porte con/idépéche et de la réponse de Mazarin dans nuelkment, au lieu de conjointetnent. Ce chaule recueil de M. P. Clément (t I, p. a88); gement rend le passage peu intelligible. mais comme il y a des lacunes et des alté- Mazarin veut justifier son alliance avec les rations du texte, il m*a paru nécessaire de Anglais en alléguant l'exemple de Tancienne reproduire cette réponse de Mazarin aux at- alliance de la France avec la Hollande , puis^ taques contre Talliance anglaise. sance protestante comme TAngieterre.

HAZAMlf. Yllf. 95

Octobre 1657»

i«rni«Eiiic XATioviir.

Octobre 1657. obligez par un traicté à des conditions plus advantageuses, pour les catholiques, qu'on n'avoit jamais songé d'exiger des Hollandois, ny des Suédois, en cas qu'on prist^ [quelque ville], et en leur donnant Dunkerque^, comme il est aysé de voir dans le mesme traicté, quoyque les Espagnols ne se fussent pas trop mis en peine là-dessus' lorsqu'ils sollicitoient l'attaque de Calais avec les Anglois pour les mettre en possession de la place.

GVin.

Bibl. nat., ms. f. fr., Mëanges de Colbert, t. 5i A, f° 878; minute. — Aff. ëtr., France

t. 979 , f* 990 ; copie du temps.

À M. DE THOU

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