‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 2)Chapitre 23 sur 81 · AMBASSADEUR EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

AMBASSADEUR EN HOLLANDE

MeU, 9 h octobre 1667.

^IXnAIT.)

Mazarin commence par se plaindre de l'état de sa santé, qui ne lui a pas permis de répondre plus tôt aux dépêches de M. de Thou. Il continue en ces termes :

L'advis que vous avez receu' de Londres ne peut avoir aucun fon* dément pour ce qui regarde la mauvaise satisfaction que le Protecteur a de nous^. Car je vous puis asseurer qu'il est fort content de nostre procédé et qu'il a touché au doigt qu'il a esté faict, de nostre costé, tout ce qui se pouvoit imaginabiement pour exécuter ce qui avoit esté projeté au commencement de la campagne, et à présent qu'on a remis aux Anglois Mardick, où ils se fortifient en grande diligence, avec l'assistance de l'armée^, M. le Protecteur aura sujet de croire de plus en

^ Le texte de M. P. Clément porte : en ^ Olivier Cromwdl s'ëtait plaint de Tin-

cas qu'on hpiut. exécution du traité de Paris, condn le

* 11 faut soua-entendre qu' en cédant Dun- a 3 mars 1 667 , comme on a pu le voir dans

kerque aux Anglais, on a stipulé des con- le tome précédent, mais avant la prise de

ditions en faveur des catholiques, comme Mardid^. on peut le voir dans le traité. ^ De Tarmée française que commandait

^ Sur le maintien de notre religion. Turenne.

plus qu'on n'a pas noo seulement envie de le tromper, mais de luy Octobre 1657. donner la moindre meffiance.

GIX.

Bibl. nat., ms. f. fr. , Milmge* de CMtH, t. 5i A, f* 879. — Minnte.

À M. DE TURËNNË.

Meti, a 5 octobre 1657,

(iRIIÀlT.)

Je croy qu'avant que vous receviez celle-cy, le sieur Jaquier aura fait toutes les choses que vous pouviez souhaiter tant pour la fourniture qu il fallait faire à Tarmée que pour les cinq mille sepliers que l'on avoit jugé nécessaire de mettre en magasin à Bourbourg ; et aGu d'asseurer de plus en plus la chose , quoyque je n'aye pas veu jusqu icy qu'il ayt manqué de faire ce que j'ay marqué de vouloir de luy, M. Le Tellier luy escrit de nouveau, de ma part, de la bonne manière, luy déclarant, comme vous me mandez, qu'il est nécessaire que, pour le payer de la farine et de ce qu'il fournira extraordiuairement, il n'aura affaire qu'à nous qui nous chargeons de solliciler la chose et de payer sans retardement ce qui luy sera deub pour ce regard-là.

Je luy escris mesme la lettre cy-jointe pour le prier de satisfaire avec ponctualité tout ce que vous luy ordonnerez, me remettant du surplus à ce que M. Le Tellier luy mandera.

L'intention du Roy est que les Anglois soyent payez ponctuellement. Les s" d'Ormesson et Talon feront ce payement. Je vous prie de tenir la main à ce que cela ne se fasse pas S non seulement pour empescher les inconvénients, qui peuvent arriver, de niescontenter ce corps, ne luy donnant pas à point nommé la satisfaction qui luy a esté promise, mais aussy pour l'obliger à servir agréablement et à n'avoir pas d'aversion à demeurer en France.

' Cette phrase irrëgulière est eonforme au manuscrit. Le sens est : à ce qu'on ne manque pae de ks pm^er panetnellement , non setUemeni, etc.

Octobre 1657. Je ne croy pas que Ton puisse prétendre que le Roy paye la garnison angloise que M. le Protecteur establira à Mardik, car c'est un poste qu'on luy remet ainsy qu'il est porté par le traité, et comme il doit eslre possédé par eux sans que le Roy y ayt aucune prétention, l'on ne peut pas mettre en doute que la despense pour la garnison et pour les autres choses ne doive estre faicte par luy. Il sera bon d'en dire un mot à M. l'Ambassadeur, quoyque je ne pense pas qu'il leur puisse estre tombé dans l'esprit d'en user autrement. Ainsy le payement * devra regarder le corps commandé par M. Reynolds; à quoy je vous conjure de nouveau de donner ordre, en sorte qu'il soit payé préférablement à toute autre chose 2. M. Le Tellier doit mesmement avoir escrit lànlessus à M. d'Ormesson , et qu'afin que l'argent ne manquast pas il ne se remboursast pas sur les premiers vingt mille livres des voitures et des autres choses exécutées par vostre ordre.

Je ne doute pas que vous n'ayez receu, il y a desja quelques joui's, le« soixante six mille livres, car il y a longtemps qu'elles sont parties de Paris, et qu'on ne vous fournisse la quantité d'avoyne pour distribuer à la cavalerie, qui luy a [esté] ordonnée. Je ne doute pas aussy que les cent mille livres que je vous ay escrit qu'on envoyeroit, de Paris, à M. d'Ormesson à compte du quartier d'hyver, n'arrivent en mesnie temps que cette lettre; et je vous puis respondre qu'ayant depesché hyer un courrier à Paris, à Colbert qui faict mes affaires, pour luy mander qu'à quelque prix que ce fust, après en avoir dict un mot au Procureur gênerai, il fist partir à l'instant six vingt mille livres et les envoyast au mesme*M. d'Ormesson, dont il poursuivra le remboursement sur le fonds du quartier d'hyver, cette somme sera envoyée en toute diligence, et vous pourrez avec tout cela remédier au plus pressant, estant au desespoir que la misère dans laquelle nous sommes ne m'ayt pu permettre de vous envoyer quelque fonds pour assister les officiers, tant de cavalerie que d'infanterie, qui le méritent bien, et que je suis fort persuadé qui sont en nécessité; mais je vous

* Le payement qiio la France aura è fme, — * A toute aulre dépense.

jure sans exagération que jamais je ne me suis veu dans l'estat où je Octobie 1607. suis à présent, car il nous manque plus de deux cent mille livres pour pouvoir fournir au payement de tout ce que je me suis obligé de payer moyennant le fonds que j arrestoy l'hyver passé, avec MM. les Surintendans, qu'ils donneroient pour Tannée 1667, quoy quà mon grand regret il ayt esté impossible d'envoyer de l'argent pour assister l'armée de Flandres durant la campagne, ainsy que l'on avoit accouslumé de faire les autres années ; mais il y a des choses qui, ne dépendant pas de l'industrie ny de l'application, il faut par force se soumettre à la possibilité de souffrir, malgré les accidens qu'il arrive de ne pouvoir pas faire tout ce qui seroit nécessaire; en quoy les ennemis nous donnent un bel exemple.

Je cognois forl bien qu'il n'y a rien de si difficile que de soustenir Mardik et Bourbourg, comme vous avez entrepris ; mais j'espère que vous aurez la gloire d'y réussir^ et que, moyennant cela, vous aplanirez le chemin pour faire de grandes choses la campagne prochaine et avec facilité, vous asseurant que l'on ne manquera pas de s'appliquer de la bonne manière pour vous donner toutes les assistances qui pourront dépendre de nous.

Je suis bien marry de la maladie de M. l'ambassadeur d'Angleterre ; car il est fort actif et zélé, et il vous eust pu soulager en beaucoup de choses et faciliter les assistances que vous attendez d'Angleterre. J'espère que son mal ne sera rien.

J'avois destiné Bloudeau^ pour S*- Venant, et il seroit bien neces-

^ Les forliGcalions de Mardick étaient in- postât 3oo volontaires, sous peine de voir

signifiantes, ceiies de Bourbourg étaient en- cette place retourner aux Espagnols. Le

fièrement rasées. Turenne aurait été d'avis mauvais temps, le séjour dans un pays tout

de démolir le peu qu'il y en avait h Mar- ouvert, en partie inondé et traversé de ca-

dick, mais il n'osait le faire de crainte de naux bourbeux, le voisinage de Tarmée en-

mécontenter Lockart et Cromwell, puisque nemie, le manque de fourrages dans la

la place devait demeurer à l'Angleterre. sienne qui paralysait sa cavaleôe, tout cela

Cependant les Anglais ne paraissaient pas rendait la situation très critique pour notre

se soucier beaucoup d'y mettre, comme le général en chef.

demandait Mazarin, une garnison à leur * Ce nom est écrit ordinairement Blon-

compte. Q fallut finalement que Tnrenne y dot.

Ociohre 1657. sairc qu'il y allast, croyant qu'à Bourbourg le sieur de Brigny, que je vous depeschay dernièrement, se pourroit bien acquitter des mesmes choses que Blondeau y faisoit. Neantmoins il est remis à vous d'en user comme vous jugerez plus à propos pour le service du Roy, vous priant seulement, en cas que Blondeau demeure à Bourbourg, de faire donner advis au sieur de La Haye qu'il ne le doit pas attendre à S*-Venant.

Je vous prie de faire retirer deux capitaines, de ceux de mon régiment italien, qui ont esté faicts prisonniers. La chose sera aisée en donnant deux autres Italiens, qui ont esté pris à Mardik.

En vostre considération, le Roy a trouvé bon que je mande à M. de Bar^ de traiter M. de Cugnac différemment des autres prisonniers ^ quoyque la manière dont le prince de Gondé en a usé et continue d'en user avec nous sur le faict des prisonniers ne devroit pas nous obliger de relascher tant soit peu de la resolution qu'on a prise icy d'en user de mesme.

Je croy que Leurs M*** partiront d'icy dans deux ou trois jours pour retourner à Paris, après avoir donné ordre à tout ce qu'il y avoit à faire en ces quartiers, particulièrement pour les affaires d'Allemagne^, et je vous confirme que, dans le voyage, et lorsque nous serons à Paris, l'on songera sérieusement à tout ce qui peut regarder le bon succez des choses auxquelles vous travaillez ; et ce pendant je ne doute pas que vous ne mettiez le tout pour le tout à obliger les Anglois à mettre promptement Mardik en estât que les ennemis perdent l'espérance de le pouvoir reprendre, lorsque vous quitterez ces quartiers-là. Sur quoy je vous dois dire que je suis adverty^ et de tres-bon lieu que, les

^ Guy de Bar était goaverneur d'Amieoa. à Nancy, revint h MeU, d'où il partit le

(Voy. 8ur ce personnage, L VU, p. isi, 38 octobre pour coucher à Maiatoar. Il alla,

des LeUres de Mazarin. ) par Verdun et Sainte-Menehoald , à Chàlons ,

* Pierre de Cognac était de la maison de où il passa la Toussaint, et se rendit en- La Force et par conséquent allié de Turenne, suite, par Monbniraii et Meaux, à Paris, qui avait épousé une fille du maréchal de 00 il arriva le 5 novembre. La Force. ^ Cet avis et le suivant sont indiqués sur

' Le Roi, après avoir été passer un jour la minute comme devant être chiffrés.

eimemis espérant que vous vous retirerez bientost, leur intention Octobre 1657. est de rattaquer Mardik et de l'emporter en cinq ou six jours, et ils appréhendent fort que les Anglois ne travaillent pour raccommoder les vieilles fortifications, parce qu en ce cas, s'eslargissant pour avoir communication avec la mer, ils voyent bien qu'ils n y devroyent plus songer.

J'adjousteray encore à ce que dessus un advis que je viens de recevoir tout présentement en confirmation de ce que je vous ay dict cydessus, c'est que les ennemis sont résolus d'attaquer, à quelque prix que ce soit, le fort de Mardik, lorsque Tarraée du Roy se sera retirée, si ce n est qu'on ayt travaillé à restablir les vieilles fortifications. Il sera bon que vous preniez la peine de dire cecy confidemment à M. l'ambassadeur d'Angleterre et au chevalier Reynolds, afin qu'ils redoublent leurs soins pour mettre le fort de Mardik en bon estât, leur donnant pour cela toutes les assistances qui peuvent dépendre de vous^

ex.

Bibl. nat., lus. f. fr., Mélanges de Cotbert, t. 5i A, f* 396; minute. — Air. étr., France, t. 97^, f* 999.

AU MARÉCHAL DE GRAMONT

MeU, 97 octobre 1657.

( EXTRAIT

Mazarin annonce qu'il souffre des atteintes de ia gravelle. Il ajoute :

Je souhaiterois fort qu elles me laissassent la force et la liberté de p<Juvoir pratiquer le remède du comte de Fûrsteniberg de me faire suivre en poste par un tonneau de vin de Moselle; mais ce mal est si

^ En efifei, pressé par le roi d'Angle-. rant toute ia naît, et Turenoe, averti par la

terre qui étaii venu rejoindre Tarmëe espa- canonnade, arriva , le a novembre au matin ,

gnole, don Juan, le 1*' novembre, à huit au secours de Ja place, ce qui obligea les

heures du soir, tenta de reprendre Mardick. Espagnols à se retirer derrière les murs de

Les assiégés se défendirent vaillamment du- Dunkenpie.

ôciobre lôSy. peu traitable, qu'il ne me donne trêve que pour quelques înstaus et semble estre fort opiniastré à ne me laisser pas sytost en repos. Je ne laisse pas de partir demain par un excez de complaisance pour bien des gens qui souspirent icy après nostre retour à Paris, et quoy quon me dise que cest fort m'exposer dans Testât où je suis, je ne veux point retarder le voyage , et j'espère que peut estre l'agitation du carrosse soulagera mon mal, au lieu de l'augmenter.

Mazarin entretient ensuite le Maréchal de la charge de procureur gênerai au parlement de Pau, que Gramont demandait pour un de ses clients. Le Cardinal lui promet son appui. II termine en exprimant le regret que Tëtat de sa santé le mette hors d'état de répondre, sur le même ton, aux aimables plaisanteries du Maréchal.

Aff. étr., France, t. 372, f* gS. — Minute.

AU PROCUREUR GÉNÉRAL

Sainte-Menebould , 3i octobre 1657.

( UTRAIT.)

Quoy que les douleurs de mon mal soient moins violentes que dans le commencement, elles ne cesseront pourtant point que je n'aye jeté quelque pierre, et elles me tourmentent assez pour ne me permettre pas de pouvoir vous faire response de ma main, comme j'ay accoustumé. Il est superflu que vous me fassiez compliment sur mon indisposition. Je suis asseuré que vous y compatissez sensiblement et que vous avez pour moy toute la tendresse que mérite Tamitié que j'ay pour vous.

Je suis bien ayse que l'affaire du Conseil se soit terminée en sorte qu'on ayt faict cognoistte aux Intendans qu'on se pouvoit passer d'eux, et à ceux qui faisoient des cabales pour le ^ leur faire refuser, qu'ils prenoient de fausses mesures.

^ Aucun substantif n^accompagne le pronom k; mais je crois, d'après ce qui précède, qu*il s'agit du contrôle des finances. (Voy. ci-dessus, p. i63.)

Je ne croy pas qu il y ayt eu aucune difficulté à sceller la commis- Novembre 1657. sion d'intendant du s' de Gaumont; mais, s'il est nécessaire, vous en pourrez parler, de ma part, à M. le Chancelier.

Je voy bien que vous n avez pas sujet d estre satisfaict de la conduite du lieutenant criminel dans le jugement de Barbezieres, et j approfondiray un peu la chose quand nous serons à Paris.

Je parleray aussy à M. le Chancelier, à nostre arrivée, de l'arrest pour les secrétaires du Conseil , et je liiy en escrirois si nous n'estions si proches du retour.

Vous aurez veu, par la depesche de M. de Brienne, les intentions du Roy sur ce qui se passe aux Ëstats de Bretagne. Pescris, en mon particulier, sur le niesme sujet à M. de La Meilleraye ^ et à M. Boucherat^. Le Roy est résolu de soustenir vigoureusement son autorité; il ira en Bretagne exprez, s'il est nécessaire pour cela et si les Ëstats persistent dans la mesme conduite qu'ils ont commencé de tenir '.

AS. ëlr., France, t. 277, P 101. — Copie du temps.

AU PROCUREUR GÉNÉRAL

ChAions-sur-Marne, i*' novembre 1657.

Je vous ay desja escrit que le Roy estoit résolu de soustenir vigoureusement l'affaire des Ëstats de Bretagne^. Depuis, le gentilhomme de M. le mareschal de La Meilleraye est arrivé icy, qui m'a rendu

^ On trouvera, aux Analyses, Pindication autres mesures fiscales que la province re-

de ces lettres. fusait d'accepter. Cette discussion recom-

* Le maréchal de La Meilleraye était gou- mençait presque k chaque réunion des trois

verueur de Bretagne, et Boucherat, com* ordres et, chaque fois, Ton ne parvenait à

missaire du Roi pour la tenue des États de tirer de la Bretagne le faible impAt auquel

cette province. elle était assujettie qu*après d'épineux mar-

' n s'agissait du vote, par les États, du chandages. ^doD gratuit» et de l'adoption de diverses ^ Voy. la lettre précédente.

HAXAIIIII. — riii. 96

Noteiïibrei657. vostre lettre du 3o octobre, et aussy tost j'ay faict trouver bon à Sa M**^ que M. le comte de Brienne escrivist à M. le mareschal de La Meilleraye les deux lettres que vous jugerez nécessaires, luneuié la part de Sa M^ pour séparer les Eslats et en remettre rassemblée au mois de septembre prochain, et l'autre, en son particulier, pour luy faire cognoistre que ce n est point une menace, mais, en effect, que le Roy veut que cet ordre soit exécuté sans réplique en cas que, dans les vingtquatre heures, lesdicts Estats n'accordent pas un don gratuit aussy considérable, au moins, que celuy de Tannée dernière, et sans stipuler aucune des conditions qu'ils demandent, ny entrer dans les interests du parlement [de Bretagne] ou d'autres officiers^ de Sa Af^.

Vous recevrez lesdictes lettres par ce gentilhomme que l'on renvoyé en diligence ) et je remets à vous entretenir de vive voix sur toutes les autres choses.

Je vous recommande ce qui regarde la somme que je vous ay prié d'envoyer en Italie.

GXIII.

Bibl. nat, ms. f. fr., Mélange» de Colbert, t. 5i A, P 399; minute. — Aff. ëtr., France ,

t 979, f*" 3oo; copie du temps..

À M. DE GRAVEL

Cbêtons-tnr-Mftme, 1" novembre 16S7.

(iXTIUT.)

Le Roy ayant désiré que M. le prince de Hombourg s'en retournast à Francfort pour continuer à Sa M**^ en ce lieu et aux autres endroits, où il va estre utile, ses services, ainsy qu'il a faict jusques à présent avec beaucoup de zèle et d'affection, je vous fais ce mot afin que vous disiez, de ma part, à MM. les Ambassadeurs d'avoir toute confiance audict sieur prince, comme au plus asseuré et partial serviteur qu'ayt

' Titulaires d^offioes.

Sa M'^ et à un de ses meilleurs amis. Je prie aussy MM. les Ambas- Novembre 1657.

sadeurs de le vouloir assister, afin qu'il puisse retirer l'argent qu'il a

donné à diverses personnes pour faire des levées , parmy lesquels il y

en a un qui a l'honneur d'estre parent de M. l'électeur de Mayence,

lequel asseurement sera le premier à vouloir que ledict prince reçoive

la satisfaction qu'il poursuit.

Le Roy luy accorda, l'hyver passé, une pension de quatre mille e&cus, que^ Sa M^^ veut que, toutes les fois qu'il fera instance à MM. les Ambassadeurs d'en estre payé, vous retiriez ordre d'eux de luy en payer une moitié et, trois mois après, l'autre moitié.

Aff. é(r., Péys-Bas, L Ai, P 653. — Miavie corrigée de ta main de Rotissereau.

À M. DE TURENNE

Paris, 9 novembre 1657.

(extrait.)

J'ay receu les deux lettres que vous avez pris la peine de m'escrire par les s" Fisica et de Brigny, qui m'ont encore rendu un compte particulier de Testât des choses et de tout ce que vous les avez chargez de me dire. J'ay esté fort ayse d'apprendre que la tentative que les ennemis ont faicte pour insulter^ Mardik n'ayt pas reussy et que les Anglois ayent esté satisfaits de la vigueur qu'ont tesmoignée ^ les soldats français que vous y avez envoyez très à propos, et je ne considère pas tant, en ce rencontre, la conservation de Mardik et l'affront que les ennemis y ont receu, que l'advantage d'affermir de plus en plus uostre union avec les Anglois et leur oster les petites mesfiances qu'ils avoient conceues sans aucun fondement ^.

' 11 faudrait grammaiicalemeot : pour ^ Les mois de ia vigueur qu'ont tewioignee

iuqutik. JMMU de la maio de Rooaaereau el eo inter-

* Le mot inêdkr est écrit en inleriigoe ligne, et corrige reprendre. ) Depuis et je ne eatuiderepae jusqu'à la

Novembre 1667. Les advis que j'ay par mes correspondana de Flandres sont que les ennemis, aprez s'estre retirez de Mardik, avoient publié, dans le pays, qu ils n*y estoient aile; que pour raser les travaux que nous avions commencé de faire aH fort bas, et non pour attaquer la place, et qu'ils avoient exécuté feur dessein; ce qui ne s ajuste guère avec la quantité de^ fagots et des^ grenades qu'ils laissèrent en partant, et qui marquent assez que, quoy quils disent, ils estoient venus dans la resolution dattaquer. On adjouste qu ils furent fort estonnez quand ils sceurent que vous vous estiez desja advancé avec l'avant-garde de l'armée jusqu'à Bourbourg, et qu'ils ne l'ont pas moins esté d'apprendre que, le mesme jour dont ils s'estoient retirez la nuit', on avoit recommencé à travailler avec plus de diligence et de chaleur qu'auparavant à la fortification du fort bas, qui leur donna plus d'inquiétude que je ne sçaurois vous dire ^, estant persuadez que, si une fois il est en deffense et que nous y mettions le nombre de soldats qui sont nécessaires pour cela*, il leur sera, aprez, impossible de le reprendre, et qu'ils se trouveront dans un grand embarras; ce qui nous doit encore exciter davantage à faire les derniers efforts ; et les Anglois ont grand tort d'y avoir apporté tant de nonchalance dans le commencement et différé si longtemps à faire venir les palissades, les planches, les matériaux et les autres. choses nécessaires pour cette fortification. Il faut fort les solliciter de reparer le temps perdu ; mais le principal c'est que vous demeuriez de ce costé-là avec l'armée le plus longtemps qu'il se pourra; car les ennemis, vous voyant si prez de Mardik, iront plus bride en main et nous donneront peut-estre le temps d'accommoder ce poste, en sorte que nous en aurons l'esprit en repos, et je vous asfin du paragraphe, ce passage est écrit en . sens est : pendant le jour qui etùvit la nuit interligne et en marge de la main de Roas- dans laquelle ils s'étaient retirés, sereau. * Les onze mots depuis leur donna jus-

^ Les mots la quantité de ont été ajoutés qu'à dire sont écrits en marge de la main de sur la marge par Ronssereau. Roussereau.

* jSrietaétéécriteninieriigneparRous- * Depuis défense jusqu'à pour cela, le

sereau et corrige les. passage a été écrit en interiigne par Rous-

' Cette phrase étrange se comprend. Le sereau.

seure de nouveau que, si vous aviez creu que mon voyage à Calais Novembre 1 657. eustpu contribuer à advancer les choses, je serois party à l'instant pour m'y rendre, quoyque mon mal ne m'ayt pas encore quitté.

Vous ne pouviez pas mieux agir que vous avez faict avec l'ambassadeur d'Angleterre. On a fort approuvé tout ce que vous luy avez dict pour luy faire comprendre que les diffîcultez qu'il y a à la conservation de Mardik ne se sçauroient surmonter si, de leur costé, ils ne font pour cela, aussi bien que nous, les derniers efforts, et le Roy a aussy trouvé bon l'ordre que vous avez donné i M. Reynolds de commander dans ladicte place pour Sa M^, puisque M. le Protecteur Ta souhaité ainsy.

Je ne vous dis rien pour les vivres, parce que le s' de Goulanges porta les ordres nécessaires à Jacquier^ afin qu'ils ne manquassent point, et, après mon arrivée à Paris, M. Le Tellier a parlé à Jacquier [et] a Laisné, et moy* à M. le Procureur gênerai, en sorte qu'il n'y aura point de difficulté ny pour ce qu'il faut mettre dans Bourbourg.

Mazarin promet que l'argent ne manquera pas, et 'û termine en lui parlant de la charge de grand chambellan achetée par un neveu de Turenne.

Bibl. nat, ms. f. fr.. Mélanges de ColbeH, t 5i A; minute. — Aff. ëtr., France, t 97a , f* 3oi ; copie du temps.

AU CHEVALIER DE TERLON

[ Paris] ^ 9 noTembre 1667.

(iXTiAIT.)

li y a tantost six semaines que je suis fort travaillé de la gravelle ,

' Jacquier, munitionnaire général, n'ë- grâce h un grand nombre d'ouvriers venus

tait pas seulement charge des vivres, û eut de Calais.

aussi la mission de rendre les canaux du * Depuis le commencement du parapays navigables, a6n qu'ib pussent servir graphe jusqu'à et moy, ce passage est écrit aux transports de toute sorte que l'on devait en marge de la main de Roussereau. effectuer. 11 y parvint, nous dit Turenne, ' La copie ne porte pas d'indication de

Novembre 1667. et, quoyque je me porte mieux, je ne suis pas encore en estât de m'appliquer aux affaires comme je voudilois. C'est pourquoy il m'a esté impossible de faire une response si particulière que j'eusse voulu à vos depesciies depuis la mort de M. d'Avaugour ^; me remettant donc de vous escrire au long sur toutes choses la semaine prodiaioe, je vous diray seulement que vous pouvez asseurer le roy de Suéde que j'ay desjà travaillé conformément i ce qu'il vous a dict.

Pour ce qui est des assistances, quoy que les finance^ du Roy soient en très-mauvais estât, je fais tout ce que je puis pour luy envoyer quelque somme d'argent. J'espère, dans la semaine qui vient, de vous mander positivement ce que j'auray faict là-dessus. Ce que je demande de tout mon cœur à cette majesté est de ne rien oublier de ce qui peut despendre d'elle pour diminuer le nombre de ses ennemis. Vous luy direz aussy que l'on me mande comme une chose asseurée qu« le roy de Hongrie, pressé par les Espagnols qui voyent leurs affaires en mauvais estât en Flandres, leur doit envoyer tout d'un coup six mille hommes de pied et quatre mille chevaux, sous prétexte d'aller combattre les Anglois qui ont pris pied à Mardik ; et quoy que cela reculera sans doute les affaires en ce pays icy, nous en sommes bien aises, puisque par là les forces que la maison d'Austriche employé contre la Suéde viendront à estre affoiblies.

Espoir d'un prochain accommodement enh*e la Pologne et la Suède. Le chevalier de Terlon doit rester en Suède jusqu'à nouvel ordre; on lui envoie de l'argent. Le Cardinal termine ainsi sa dépêche :

Vous sçaurez aussy qu'après la mort de M. d'Avaugour, j'ay faict payer quatre mille risdalles qui luy estoient deiies, et que le sieur Massé les a receuos. J'auray aussy soin de ses parens, car on n'en sçauroit assez faire pour une personne qui a si bien servy, comme a faict ledict sieur d'Avaugour.

. lieu ; mais, au 9 novembre, la Cour ëtaii è était mort, comme on Ta dit, k Lobeck, le Paris. 1 1 septembre 1 657. ( Voy. t. V , p. 796 , de»

^ Cet ambassadeur de FraBce en Saède LeUnê de Uazam.)

Novenibi e 1 0»^

Bibl. nat. , m8. f. fr., MiUmgeê de Colbert, t. 5i A, f 4o3 v'; minute. — Aff. ëtr., France,

t. 97a, f* 3o3; copie du lemps.

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