À L'ABBÉ FOUQUET
Calais, 9 5 mai i658.
Je sçay que vous ne perdez aucune occasion de servir le Roy et faire les choses que vous croyez me devoir donner plus de satisfaction et de joye, et quoyque j'eusse esté tres-ayse de la visite que vous aviez résolu de me faire, je le suis encore davantage que vous ayez changé ce voyage en un autre plus utile et plus important, et j'espère que la diligence que vous avez obligé M"** d'Aiguillon de faire ^ luy donnera lieu
' Voy. la lettre du a5 mai i658 à la duchesse d'Aiguillon , qui précède celle-ci. Les revers du commencement de la campagne de 1668 avaient réveille la haine et les espérances des ennemis du ministère. Des troubles éclatèrent en Normandie (voy. cidessus, p. 333), en Anjou et en Sologne. Guy Patin écrivait le t8 juin i658 : «rLes
paysans de Boulogne {sic) se sont si fort attroupés qu'ils fcHit aujourd'hui une armée de sept mille hommes. On avoit donné commission au vice-bailli de Chartres de lever cent ou cent-vingt hommes et d'aller ranger ces paysans révoltez ; mais il n'est point assez fort et s'est retiré dans le château de Sully % où ces mutinez le tiennent assiégé, lui et
' SuHy-«iur-Loire.
de mettre toutes choses en seureté et peut-estre de cbastier exeraplai- Mai i658. rement les coupables; mais, au nom de Dieu, pressez madicte dame de nespargner personne, et, comme je luy escris, que le Roy entend qu'elle change celles contre lesquelles il y aura soupçon et particulièrement le commandant, à qui [il] faudra faire son procez, et que Sa M*^ veut estre informée de celuy qu elle résoudra de mettre en sa place. Je vous prie d'agir aussy, de vostre costé, afin que la chose soit exécutée de la bonne manière , et d'insinuer à M""^ d'Aiguillon qu'elle doit choisir un bon officier, de probité recognue, qui ayt du bien, et qu'il faut qu'elle le traite bien ^
Je n'ay communiqué le contenu de yostre lettre qu'à Leurs Majcslez, et je vous conjure de ne rien oublier pour faire prendre les gentilshommes qui ont conduit cette trahyson, et particulièrement le principal, lequel il me semble qu'il n'estoit pas nécessaire de mander pour revenir à Paris ^, ou, au moins, tascher à ne vous engager pas à luy donner seureté; mais vous aurez eu quelque raison d'en user ainsy.
Il n'y a pas apparence que ces gens retournent au Havre, quand ils sçauront que M"^ d'Aiguillon y est, et ainsy il faudroit arrester le commandant et les autres complices.
Vous pourrez faire donner mille escus, de ma part, à la personne que vous sçavez', et- je vous les feray rembourser par le s*" de Villars* ù l'instant que vous me manderez de l'avoir faict.
J'ay creu plus à propos de vous adresser la lettre pour M°^ d'Aiguillon ouverte, afin que, la luy envoyant rècachetée, vous la puissiez accompagner en la manière que vous jugerez plus à propos, pour l'obliger à faire les choses qu'on désire et qui sont absolument nécessaires.
ses archera, et en ont si bien bouche les ' C'e8t4-dîre, qu'elle lui donne de bons passages, qu'il ne loi peut venir provision appointements, ni secours sans leur permission. Voilà œ * Pour qu*ii revtnt à Piffis. que portent les leUres d'Oiiëans écrites du ' J'ignore quelle est cette personne. 99 mai. 9) D sera question, dans la suite de * Probablement Louis-François de Branla correspondance de Masarin, de cette cas, seigneur de Villars et baron d'Oise; il révolte des paysans de la Sologne. était fils de Georges de Brancas , seigneur
Mai t6b8.
Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges deColbert, t. Sa, f' 183. — Minute.
À LA REINE'
Mardik, 97 mai 1608.
J appréhende que vous ne receviez tard cette lettre, le gentilhomme, que je depesche, estant obligé de prendre le chemin de fiourbourg, car céluy de la mer n est pas bon.
Le Roy arriva icy deux heures aprez midy que la mer se retiroit encore, et Ton auroil dict que Sa M**^ n'arriveroit pas à temps pour passer en seureté auprez de Gravelines^. Toutes les nouvelles que je vous puis donner sont que Tambassadeur d'Angleterre présenta luymesme au Roy les clefs du haut fort [de Mardik], et aprez lavoir faict saluer par trois fois de tout le canon de cette place, la flotte angloise continua avec grand bruit, ayant asseurement tiré six à sept cens coups.
L'on travaille à la communication de plusieurs ponts que Ton faict construire sur les canaux, qui sont en grand nombre, et Ton noubhe rien pour fermer aux ennemis tous les passages qu'ils pourroient tenter pour secourir la place. Il y a dedans, à ce que M. de Turenne escrit, deux mille hommes de pied et cinq cens chevaux.
Nous souffrons un peu, n'ayant ny bois ny fourrages, et souffririons encore davantage si on n'avoit donné ordre à plusieurs provisions qu'on a faictes. Chacun est résolu à supporter les incommoditez, et la chose le mérite bien. On n'a pas nouvelles des ennemis; mais ils ne doivent pas trop tarder à prendre leur resolution.
J'ay tasché de faire cognoistre au Roy, ce matin, que son séjour icy,
de Villars, gouverneur du Havre et de Hon- que ie Roi et Mazarin allaient à Mardiek. fleur, mort en lôSy. * Cette place était encore occupée par
' La Reine était restée à CalaÎB, pendant les Espagnols.
au lieu d'avancer le bien du service, le reculoit; que tout le monde Mai i658. estoit du mesme advis et que la Cour consommoit ce qui auroit plus utilemeot servy pour Tarmée, sans parler des incommodilez que Sa M^*^ souffrira en ce lieu, qui augmenteront tousjours; mais vous croirez aysemeut que la harangue que je luy ay faicte n'a produit aucun effect et ne luy a pas plu. 11 est le maistre; mais rien ne me peut empescher de luy dire tousjours ce que je croiray de son service ^
Il ma recommandé de vous asseurer de son amitié au dernier point et de faire ses recommandations à Monsieur^, de qui je suis treshumbie serviteur* Je ne m estendray pas davantage, car cette lettre peut courre risque, et je suis, sans aucune reserve, ie plus asseuré de vos serviteurs,
Je vous conjure de faire dire à Tabbé Ondedei qu il sollicite Texpedilion de ce que je mande à M. l'Intendant de nous envoyer.
CXGII.
Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de CoWert, t. 5a, P aaS^ — Minute.
À LA REINE
[Mardik]^ a8 mai i658.
La meilleure nouvelle que je vous puisse donner, c'est que le Roy se porte bien; que Sa M^^ vous ayme plus que toutes les choses du monde et qu'il m'a commandé de vous en asseurer, de sa part. Aprez cela, je vous diray que l'on travaille incessamment à la circonvallation et à préparer tout ce qui est nécessaire pour ouvrir la tranchée; ce
* «Le Roi, dit M"* de Montpeosier, allait et veoait pourvoir ie sïbge et la Reine. Il demeai'ait ordiuairemeiit à Mardik oii. il ae toormeota fort II était jour et nuit h che» vai, à ce quil in*a eooté, et allait visiter les gardes, la noit. . .9
* Aa (rare du Roi, que Pon appelait h petit Mamieur, pour le distinguer de Gaston
d'OHëans. Monsieur, quoiqu'il eut dix-neuf ans, était resté avec sa mère et passait sa vie à se promener avee les filles de la Reine. ' On devrait supposer que la lettre est écrite de Calais, puisque le manuscrit Fa placée à la suite de lettres datées de Calais avec k signe ûbm; mais, d'après les détails donnés, Mazarin devait être à Mardick.
Mai i658. qui pourroît bien estre faict vendredy prochain , ou samedy au plus tard, s'il n'arrive quelque accident impreveu*. Tout le monde est fort gay, quoyque tres-incommodé et que les soldats souffrent beaucoup, ne trouvant ny paille, ny bois, ny rien pour se couvrir^.
L'on a pris, la nuit passée, au quartier de M. de Gasteinau, sept officiers de marque^ qui se vouloient jeter dans la place, et c'a esté un capitaine de cavalerie de mon régiment, que commande le comte de BeliuS qui les a arrestez. On les a envoyez à Calais, afin qu'ils soyent gardez dans la citadelle, et, dans le mémoire ci-joint ^ vous verrez leurs noms, au moins de cinq; car je ne sçay pas encore celuy des deux autres, ils partirent samedy de Bruxelles, qui est le jour que la nou*velle y arriva que Dunkerque estoit investi.
ils disent que don Juan avoit eu cinq accez de fièvre, et qu'il estoit encore malade; que le prince de Condé avoit esté saigné, et que Garacene partoit pour assembler les troupes et venir tenter le secours de cette place. Ils ont aussy dict qu'on ne s'attendoit pas à ce siège ; car les mouvements de l'armée du Roy avoienl faict croire tout autre chose, et on a pénétré par le discours de quelqu'un d'eux qu'il y a fort peu d'officiers dans la place.
Je vous supplie très humblement d'ordonner à M. l'Intendant^ et au s' de S* Hilaire "^ de haster toutes choses et vouloir faire assister le che-
^ Le 96 mai, Tarenne avait fait prendre à l'armée ses postes autour de Dunkerque et s'était logé dans les dunes, du côté de Nieuport; le 36, on commença les lignes.
* Le pain, Tavoine et les munitions venaient de Calais dans les barques anglaises.
' Monglat, dans ses Mémoires, donne le cbiffire de quatorze officiers espagnols.
" René-Emmanuel de Faudoas-Averton.
Ce i*égiment se nommait le Carimal étran- « ger.
^ Ce mémoire ne se trouve pas dans le manuscrit.
* Olivier d'Ormesson, alors intendant de Picardie.
' Pierre de Mormès de Saint-HIlaire était , à cette époque, simple officier d'artilierie. Il eut le bras emporté, à Sakbach, par le boulet de canon qui tua Turenne. Nommé maréchal de camp en 1677, il mourut le 9 1 janvier 1 680 , à soixante-six ans. Son fils , Armand de Mormès de S^-Hilaire, qui était à ses côtés à Salzbach , vécut jusqu'en 1 7&0. Il a laissé, sur le r^gne de Louis XIV, des Mémoires publiés en 1766 (& voL in*i9, Amsterdam). Cette édition est loin d'Atre complète.
valier de MontgaiHard, que je vous envoyé, en tout ce qui peut de- Mai i658. pendre de vous.
11 est necess£(ire que le comte de Brienne escrîve souvent à Paris tout ce qui se passe icy, et vous pourrez ordonner à l'abbé Ondedei de luy dire les nouvelles qu'il devra mander. Je suis, sans aucune re* serve, le plus véritable de tous vos serviteurs.
CXGIII.
Bibl. nat, ms. f. ir.. Mélanges de Coîbert, t. 5a, P aSi. — Minute.
À LA REINE
Mardik, âg mai i658.
^ Louvat m'ar rendu la lettre que vous m'avez faict l'honneur de m'escrire, et le Confident (le Roi) a esté tres-ayse de voir ce qui le regarde. H ne faut pas que vous ny moy espérions que les incommoditez l'obligent à s'en retourner*. Au contraire, je remarque qu'il prend plaisir d'en avoir beaucoup, et jamais ne s'est porté mieux, et tout ce qu'il faut faire pour vous revoir au plus tost, c'est de haster ce siège. L'on n'y oublie rien; mais il y a tant de choses à pourvoir que le temps s'escoule, sans qu'on s'en aperçoive.
J'ay esté, avec le Confident, voir M. de Turenne sur le canal, où je luy avois mandé de se trouver. On a tenu conseil et résolu tout ce qu'il y avoit à faire, tant pour se précautionner contre les grands et petits secours que les ennemis pourroient tenter de jeter dans la place, que pour bien examiner les choses auxquelles il falloit pourvoir pour ad*
* Loaval ou Lovât avait été employë à meurer le Roi près de l'armée en un lieu Tarmëe de TËst dans le cours des années froid, mal sain et plein de brouillards; elle précédentes. (Voyrie tome Vil, p. 668 , des menace que, si on ne peut mieux mesnager Lettres de Mazarin,) sa santé, elle le ramènera à Paris. « (Lettre
* Si l'on en croit Guy Patin, la Reine du i8 juin i658.) Mazarin ne nie pas était peu satis&ite du voyage du Roi è Mar- les inconvëniento du séjour de Mardick; dick. Il écrivait à son ami Charles Spon : mais, il déclare que le Roi ne voulait pas le irLa Reine se pbint de ce que Ton fait de- quitter.
MAZARIN. — nu, hS
Mai i658. vancer le bon succez de cette entreprise. En quoy vous devez croire que j*ay la plus grande part de la peine, puisqu'il faut que je me charge de tout. Je vous conjure de m'assister, pressant M. l'Intendant, Saint- Hilaire et ceux que j'envoye à Calais pour solliciter la chose, d'y pourvoir sans delay, gagnant des momens pour cela.
L'on faict estât d'envoyer prez de deux cens malades à Calais, qu'il faudroit faire loger dans la basse ville et assister de ce qu'on pourra. C'est une grande charité, et je m'asseure que vous prendrez volontiers le soin d'employer des personnes pieuses pour travailler à une si bonne œuvre, et je me charge de faire fournir l'argent pour cela. LaCoT^dent est entièrement à vous , et il m'a commandé d'asseurer Monsieur ^ de son amitié. Dieu l'a inspiré de ne venir pas icy; car il estoit presque impossible qu'il ne tombast malade, et, pour l'enuuy, il lu y en fust resté pour longtemps. La Mer^ nous tourmente beaucoup; mais vous avez tout pouvoir sur elle.
GXGIV.
Bibl. nat., ms. f. fr.. Mélanges de Coïbert, t. 59 , f' aSo v*. — Minute.
k L'ABBÉ FOUQUET.
Mardik, 99 mai i658.
(rytbait.)
J'ay retenu deux ou trois jours du Fresne auprez du Boy, afin qu'il pust porter quelques nouvelles du commencecuent de ce siège, où.nous rencontrons de très-grandes difficultez, estant dans les sables, sans pouvoir avoir un morceau de bois ny rien pour faire subsister la cavalerie que de Tavoyne que je fais venir de tous les endroits pour corriger la stérilité du pays, sans pardonner à la despense ny à la fatigue. Le
* Phflippe de France, frère de Louis XIV. mîère partie de la plmne, V&éaieat qui
* Ce mot désigne ordbiaiifemeiitAfasarm; tourmentait les assi^eants, et dans la seil lemUe qa*ici le Cardinal £nt un jeu de ^conde, Mazarin, sur lequd la Reine a toute mots : la Mer paraît désigner, dans la pre- puissance.
s' du Fresne vous dira toutes choses, et vous en pourrez faire part à M» i658. M. le Chancelier, à M. de L'Hospital et auK Surintendans. Je luy ay donné un noemoire des prisonniers qu'on a faicts, avec lesquels on pourra retirer ceux que les ennemis ont faicts à Ostende\ à l'exception de M. le mareschal d'Aumont.
M. de Grandpré, estant auprez de Ham avec piiw de deux mille chevaux, et M. le mareschal de La Ferté, ayant ordre de s'advaocer de ce costé-là, avec l'armée qu'il commande, malaysement les ennemis pourront songer à rien entreprendre sur cette place-là, quelque sollicitation que M. le Prince leur en puisse faire: mais il faut que vous songiez à y faire travailler, et vous pouvez, sur ma parole, advancer pour cet effect six mille livres ; car je vous en feray rembourser par le trésorier de l'Extraordinaire ^ au commencement de juillet.
Je ne sçay pas comment je puis avoir dict que le Roy trouvoit bon que le s*" Portail ' reprist sa place au Parlement, puisque personne ne m'en a parlé. Je sçay, au contraire, que le Roy ne le veut pas; et je ne puis comprendre qu'il puisse songer à le faire, sans avoir par escrit la permission du Roy, ayant eu, de cette manière, l'oordre de se retirer chez luy.
Bibl. Bat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5a, T a3^. — Minute.
À M. DE TURENNE
Mardik, s 9 mai i65S.
(extrait.)
J'ay faict embarquer le gentilhomme qui vous rendra cette lettre, avec sept de mes gardes, sur les sept vaisseaux qu'il vous emmené, l'un chargé de pain, deux de six cens seize septiers d'avoine (mesure de Paris) S deux de psdissades, en l'un desquels il y a dix douzaines
' Voy. sur l'affaire d^Ostende, ci-dessns, ' Voy., sur Portail, le tome V, p. aa,
p. 36o. note & , des Lettres de Mazarin,
* De rexlraordnaire dee guerres. * Le setter d'avoine de Paris ëtant de
Mai i558. de planches de sapin , et deux [vaisseaux] angiois chargez de fascines en nombre, à ce que M. l'Ambassadeur m'a dict, de quatre mille, et l'on vous doit desjà avoir porté aujourd'huy sur des chariots quelques trente douzaines de mesmes planches, lesquelles pourront servir pour faire une baraque pour vous, et pour en commencer une autre pour servir de magasin pour la distribution du pain et de l'avoine ; à quoy Bertier fera travailler, et je continueray demain à envoyer pressamment ^ de ces planches, tant pour les ouvrages que pour ce qui pourra estre nécessaire à l'artillerie.
On a envoyé encore, en deux fois, quarante charretez de bois pour faire des blindes de chevalets et autres choses semblables, et si les officiers de l'artillerie en veulent encore davantage, ils n'ont qu'à envoyer des charettes pour les charger, ou, ne le pouvant pas, je les envoyeray par mer, si quelqu'un m'escrit qu'ils en ayent affaire.
Je vous prie de donner ordre que la distribution de l'avoine soit faicte en sorte que chacun en ayt esgalement et sans dissipation. Les commis de Jaquier s'en pourront charger, et en faisant donner à chaque compagnie un septier, comme vous avez ordonné de faire, il faudrait que les mestres de camp prissent garde d'oster quelque chose* à ceux qui ont leurs compagnies foibles pour le donner à ceux qui les ont fortes^.
Il seroit bon que vous prissiez la peine de donner ordre à quelqu'un de m'envoyer le nombre de compagnies qui sont de vostre costé, afin de prendre mes mesures là-dessus, pour vous envoyer la quantité d'avoine qu'il faudra par jour; car pour celles qui sont de ce costé-cy, je leur feray donner leur compte à part. Je ne scay pas si les six cens seize septiers peuvent suffire pour trois jours, et, en cas qu'il en faille davantage, je vous prie de me le mander; car j'y pourvoieray à l'instant, envoyant ce qu'il faudra davantage.
3i3 litres, la quantité ainsi expédiée était * C'est- à -dire aienl soin d'dter qufifque
de 1,933 hectolitres. chose.
^ On pourrait lire puissamment dans le ^ Voy., dans le tome VII, p. 966, note 3,
sens de en grand nombre, les variations d'effectif des compagnies.
On travaille à mettre le canon sur les alTusts, et je feray passer, de Mai lôss. vostre costé, à tous momens, les fascines, les tonneaux et toutes les choses nécessaires pour l'attaque, et, si vous voulez que Ton commence à envoyer la poudre et les autres munitions de guerre, on le fera aussy.
Je masseure que vous n'oubliez rien pour fermer^ le camp avec toute la diligence possible, particulièrement du costé des Dunes, qui est, à mon advis, lendroit par lequel les ennemis pourroient tenter le secours à force ouverte, et je voudrois bien que vous prissiez la peine d'envoyer une personne entendue pour faire bien accommoder les endroits du chemin pour aller d'icy à vostre quartier, afin que l'on y pust amener le canon sans peine.
Ayant ouï plusieurs coups de canon aujourd'huy, du costé de Bour* bourg, j'y ay envoyé [Geisace] -, qui vient de retourner et m'a rapporté que ceux de Gravelines sont sortis deux fois pour attaquer quelqu'un de nos partis de cavsderie, qui revenoient de Calais; mais que ceux du fort de [Quinqéral^] ayant faict leur devoir, et M. de Schomberg*, estant sorty avec les dragons et trois cens fuziliers, aprez grande escarmouche, les a faict retirer. Il me mande qu'il avoit nouvelles de S* Omer, et qu'il n'y avoit que trois ou quatre cens chevaux des ennemis qui se promenoient fort dans le Boulonnois^.
J'ay fort eschauffé M. l'ambassadeur d'Angleterre, qui a redespesché aujourd'huy aux [Dunes ^] pour avoir une quantité considérable de fascines et toutes les autres choses qu'il a desja demandées.
* On pourrait Kre former; mais, d'après qu'elle appelle : Notre oncle de Cessae (t. 1,
Tensemble de la phrase, je crois le verbe p. âgB, de Tédit. des «Groncb Éerwatm de
fermer prëfërable, puisque Mazarin recom- la France), mande surtout de mettre le camp ë Tabri ^ Encore un mot douteux,
d'une attaque. * Gouverneur de Bourbourg. (Voy. ci-
' Ce nom est très douteux. On peut lire dessus, p. 1 83.) Cusaee ou Cusau. La forme Ceiseaee se rap- ^ Pays de Bonlogne-sur-Mer.
proche du nom de Cessae ou Seissac, qui se '^ Le mot Dunes est ëcrit en interligne et
trouve dans les lettres et mémoires du corrige le mot Douvre efface Cette correc-
XVII- siècle; M"' de Sëvigne', dans une lettre tion, qui est d'une autre main que la mi-
du i** aoât 1667, parle d'un personnage nute, me parait le résultat d'une erreur; ce
Mai 1668.
CXGVI.
Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. Sa, f i85. — Minute.
À LA REINE
Mardik, 3o mui i658.
(extrait.)
Quoyque je n'aye rien à adjouster à ce que je me suis donné Thonneur de vous escrire hyer^ par un gentilhomme qui devoit passer à ParrB, neantmoins, pour ne laisser passer^ aucun jour sans vous donner des nouvelles du Confident^ j comme je vous ay promis, je vous diray qu'il se porte parfaitement bien et qu'il est tousjours à cheval , s'informant de toutes choses et donnant luy-mesme des ordres pour advancer les travaux dans les endroits par oh les ennemis pourroient jeter quelque secours dans la place, et je puis dire que l'ambassadeur d'Angleterre, qui le voit agir et parler de bon sens, en demeure extrêmement édifié.
Tout cela est fort bien; mais je voudrois bien que vous fussiez en lieu où le Confident et ceux qui sont prez de luy vous pussent voir et entretenir tous les jours. Soyez aaseurée qu'on n'oubliera rien, afin que cela soit au plus tost; mais il n'y a personne qui puisse dire rien d'asseuré là-dessus.
Je vous supplie de donner ordre qu'on prenne soin de Thospital.
Le Confident a pour vous la tendresse que vous pouvez souhaiter, et il m'a dict de vous en asseurer de sa part, comme aussy de faire ses recommandations à Monsieur, de qui je suis le tres-humble serviteur.
n*ëtait pas aux Dunes, mais en Angleterre ^ Voy. ci-dessus, p. 877.
et probabiement à Douvres, que l'ambassa- ^ Mot douteux,
deur demandait des munitions. '^ Du Roi.
DU CARDINAL ATAZARIN. 383
• Mai i658.
Bibl. nat. , ms. f. fr. , Mélangée de Colbert, t. 5 1 , f" aSf) v°. — Minute.