‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 2)Chapitre 59 sur 81 · CCLXXXVI · texte numérisé non relu

CCLXXXVI

Bibl. nat , ms. f. fr. , Mélanges de Coibert, t. 5a A , P i o5. — Copie du temps.

À LA REINE

Gaiais, 6 août ]658.

(kitriit.)

Je suis au desespoir de ne pouvoir vous escrire si au long que je voudrois, puisque la seule consolation qui me reste, c'est de dire sou-vent au Cot^idenl et à vous la passion que j'ay pour vostre service, mais la fluxion, qui m'est tombée sur l'espaule droite, m'empesche de vous escrire qu'avec douleur. Je vous diray donc succintement qu'il n'y a

^ La fonne ordinaire de ce nom est Vil* conseiller d*État et surintendant des bâti-

iacerf. Edoaard Coibert, marquis de Villa- ments du Roi. Il mouinit le 17 ou 18 octo-

oerf, était neveu de Jean-Baptiste Coibert, bre 1699. (Voy. Jowmalde Damgeau, i VU,

intendant de Mazarin. Il devint dans la suite p. 171.)

rien de si obligeant que les marques quil plaist au Confident de me Août t658. donner de son amitié. J'en suis touché au dernier point; mais je vous conjure de luy dire qu'il ne m'en sçauroit donner une plus grande que celle de ne pas vouloir m'attendre à Gompiegne, mais de s'en aller à Paris et de là à Fontainebleau, où asseurement il se divertira davan* tage, et je gagneray des momens pour m'y rendre en diligence à l'instant que je pourray quitter ces quartiers sans préjudicier au service du Roy.

Pour les contestations du Parlement avec les evesques ^ qui sont à Paris, et pour Taffaire de Poitou et pour les nouvelles du siégé de Gravelines, je me remets à M. Le Tellier. Je vous diray seulement qu'il eust esté bon de ne pas permettre à M. d'Ëlbeuf d'aller à Paris; on eust évité une fascheuse affaire, qui donnera de la peine, mais Villequier ne peut pas estre asseuré ^ : il faut que l'authorité du Roy esclate par Tadvis que MM. les mareschaux de France luy donneront.

M. Vallot demande une des deux abbayes vaquantes par la mort dun maistre des requestes nommé Mangot'. Je sçay qu'il y aura procez à cause d'une résignation que celuy-cy avoitfaicte;mais je croy que le Roy, ou vous, luy pourriez dire qu'il en aura une, méritant bien de recevoir cette grâce aprez avoir si bien servy Sa M*^ dans sa maladie.

J'ay satisfaict à tout par le s"^ de Villacerf *. Ge sera seulement au Gmfrkfû et à vous de voir si vous voulez relever ce que l'abbé Ondedei me mande qu'une dame avoit dict à l'autre, qui estoit affligée^, et pour-

' Le i3 aoât i6fi8, Guy Patin écrivait à Chartes Spon : nLe 3o juillet, les chambres assemblées, la com* de Parlement a donné un arrêt contre les évèques qui sont ici en grand nombre, qui les oblige à quitter Paris en bref et aller faire leur résidence dans leurs évéchés.»

* On trouve, dans les Mémoires de Jlf' de M(mipen9ier{i. III, p. 968-969, de Tédit Charpentier), les causes et les suites de la querelle entre le duc d'Elbeuf et le marquis de Villeqaier. Ce dernier, coupable d'avoir

forcé le duc d*E3beuf à se battre mdgré la défense du Roi, et en présence même d'un enseigne de Sa M*^ que Ton avait placé auprès de M. d'Elbeuf pour empêcher une rencontre, fut condamné par le Parlement et contraint de se réfugier en Hollande»

' Matfaurin Mangot, maître des requêtes depuis 16&6, était abbé de Sainte-Colombe et de Montjay.

* Voy. ci-dessus, p. 656 , note 1 . Le nom de YiUacerfest ici écrit correctement*

* On voit, dans les Mémoires de M^ de

Août iGôÂ. V0U que la chose soit véritable, quel«pi6 résolution que vous preniet là«<les9U6, [elle] sera sans aueiin danger.

Vmifl avez beaucoup de rakon et le Confident anssy de ne pas Uin réloge de Tair de Galaîs; mais, pour moy, j'espère qu elle (sic) sera salutaire et que je jouiray bientost dune parfaite santé #.

Je ne puis m'empescher de tous dire que la Mer (Maiarin) a esté fort touchiée d'un endroit de la lettre de 23 (la Reine), où il y avoit •; m^is pour moy je vous conjure de ne vouloir pas oublier ce que vous remets tet de me dire à mon retour, et j'auray bien des choses à vous parler aussy. Je prie Dieu que ce soit bientost. Ce pendant je conjure le Cmt Jidmt de bien recevoir le monde et toutes les compagnies à Paris, lear disant de bonnes paroles et leur tesmoignant le gré qu'il leur sçait des teamoigiiages de tendresse qu'ils [sic) luy ont donnez en cette dernière rencontre.

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