CCLXXXVII
BibLnat, m8.f. fr., Mélangesde Colbert, t. 5a A, f* tio; copie da tenqpA. — Aff. ëlr. , France, t. 977 ; copie da temps.
k LA REINE.
Ctlaît, 7 a^Oi i65S.
Je suis dans la plus grande inquiétude du inonde, n'ayant aucune
M<m^)ensier{t III, p. a6a et suiv. de Tëdit Ghirpcttfti^)> que ploflieim femmes de ia (jour» entre antres M** de Ghoisy et M"* de FiaaiMB, hrerà cooipronnses dans tes iihtrigiMB amqoettes donna tien la naaladie du Roi «t furent exilées. Ces cabales de 0€«r, aoxqueiies liaaariB parait attacher peu d'in»psotaMe, sontateationnées dansGoy Patin.
U damait le «6 jniiet 1 668 k Charles Spon : trll y a bien des dupes pris k la Cour, oà |di]si«ura scignews et dsoMS pensant que le Roi mompoèt ft^étoient défa mélér de fiaM ésÊ eottpiîmena an roi fatar, M. le duc
d* Anjou, et de lui donner des conseils, et enire autres, dès que le Roi seroît naert, de jnre «rréter le cardinal Mazarin <ft de Tdter de» aflhirea «I de lai: firire randfe gev^.» Patin rerient encore sur ces ferais dnns sa lettre du i3 aôât II parie de IVotit de M** de Fienaea, qui, diaprés hii, vteewt de f argent de Mazarin pour réféler les secrets du omofltot et troMpail le Gardkial. Patin a)o«le<|ue ce fut h princesse palafioe, sceor delà reine de Pologne, qui fit eotmattre les détaik de ce9 îfftr%ttes de eoar. (Voy. m» lettrée ds noia d'aeét , jassaîb». )
iMoveHe que voqs ayes recea k lettre que je vous eseriviâ p^ le eh^ AdAt i65«. vaiier de Monfgtâlard^ q«i paràt de Bergues deux jours ayant le vakt de pied et [qui]^ avoit mare de receToir les vostres (vos ordres) et ceui du Qn^uhnt auparavant que d'iAer à Sedan; et je açay que^ le jeudj matin, û partit df Amiens , et cependant Lambert fut depesché de Gompiegne le aamedy au aùitr et le ehevalier n'y estoit pas arrivé. Il faut absolument qu il luy soit arrivé un malheur; de qaoy je sereîs trea-faaché, estant un gentilliMame*; et d'ailleurs M. de Fabert pourra croire qu'on layt oublié, lorsqu'il sçaura que M. de Montdejeux (m) a refeu l'effet de la graee qui luy avoit esté promise'; car j'avois pris le temps ^ de depescber à Arras, comme je fiaiaois à Sedan, adverlissant de tout, le Qmfdenl et vous^, et peutr^stre, par le malheur de ee pauvre chevalier, il sera arrivé que vous ayez sceu la publication de la grâce que le Roy avoit desjà fiedete à ces deux personnes par d'autres que par moy. J'en suis en peine; mais il y a certaines choses que la prudence ne peut pas prévoir.
Je vous envoie le êh^Ucala de la lettre qitô ledict chevalier vous devoit rendre, et vous detea paiier de la promotion de ces deux per-* sonnes comm^ d'une chose qui avoit esté arrestée auparavant de partir d'icy% comme il est vray, en effet; et comme il y poiurroit avoir quel-* qu'uD qui voudroit gloser ldMlessi»,.Ie CanfiderU et vous devez relever le mérite de ces deux personnes, comme il y a sujet et justice de faire, et de ce que le Roy, leur ayaiit promis de reseompenser, par cette marque d'honneur, les services qu'ils avoient rendus en la présence de
' La copie porte fs'tV. ^ Voy. ei-dessM, p. 54i, k lettre da
' Il senUe qa'il devrait y awir une ëpi* 919 juîilei adressée à b Reîae. thète annexée au mot gemd&omme; mais la ' Le sens est : want que k Roi jwrffe Je
cc^'a'«b donne aacune.. Calmé. Dons la Cktonùlogie mUtam (U It,
' On a vu ci-dessuB, p. 5^4, que Mon* p. 606 et 610), lea nominations des de»
dejeux et Fabert avaient été nommÀ mare- maréc)iaiix sont indiquëss eomne ayant mi
chaax. de France. On tM>uvera aui Ana- lieu dès la fin de juin : eelie de Mondejeifx
iysea iadiGation dea lettres «pie Maaarin leur est datée du s€ jmn 1 658 , et eelie de F»-
adressa le «7 et le s A juUet 1658. bert ^ du fA juin. On poorraii peul-étra ex-
* La copie porte bien tempz. Il sêiaUs ^tkfta la contradietioa qiii parait exister
que le mot êoin. conviendrait miaox. aitpe les^ lettres de Matarin et les aelss dont
Août i658. Leurs M*^*, l'un en deffendant si courageusement ArrasS qu'3 avoit donné moyen aux armes du Roy d'acquérir tant de gloire par la deffaite des ennemis, et l'autre ayant pris une aussy importante place comme Stenay^ avec si peu de monde, le Roy, dis-je, leur avoit tenu sa parole^. En voilà assez dict sur ce sujet. Il faudra seulement que je songe à envoyer à M. de Fabert le duplicata des expéditions, si celles que le chevalier portoit sont perdues.
"Tout ce que je vous puis dire du siège, c'est qu'il n*est entré personne dans la place; qu'il y a dans le camp tout ce qui peut estre nécessaire pour travailler dix jours durant et que j'ai gaigné un jour, puisqu'au lieu de demain, M. de La Ferté ouvrira, ce soir, la tranchée et fera deux attaques, l'une à l'opposite de l'autre. J'ay escrit à M. de Turenne* de destacher huict à neuf cens chevaux pour pouvoir s'opposer, conjoinctement avec les autres troupes qui sont sur la fronliere, à celles que les ennemis pourroieut avoir dessein de faire entrer en France, du costé de Hesdin ou de la Somme.
J'attends avec impatience que le Confident soit party pour Paris et pour Fontainebleau; car je suis asseuré qu'il s'y divertira, et la Confr dente aussy, plus qu'en pas un lieu. L'on m'a encore saigné ce matin, et je me porte mieux, et po'urveu quececy aille bien, j'espère de me rendre bientost auprez de l'un et l'autre Confdens.
Je me figure que vous n'aurez pas de peine dans vostre passage de Paris, car tous les dévots et dévotes vous aborderont, et chacun prétendra d'avoir toute la part dans la guerison du Roy; mais vous en
s'est servi Tauleur de la Chronologie mili' etau s 8 juin. Ainsi s'expliquerait Tappareote
taire, en se rappelant que le marquis de contradiction des actes de nomination et des
Gastelnau, qui avait ëté aussi nommé ma- lettres de Mazarin.
rëchal de France à la suite de la blessure ^ Voy. t. IV, p. 539, ^^ Lettres de Ma-
quii avait i-eçue au siège de Dunkerque, zarin.
était mort le i5 juillet. On data sa nomina- * Ibii., p. 539.
tion comme maréchal du 3o juin; mais des Ml y avait donc eu promesse faite à
promesses de la même dignité avaient été Fabert et à Mondejeux. Ce qui confirme
faites antérieurement à Mondejeux et à Fa- ce que nous avons dit ci-dessus, p. 559,
bert. Pour ne pas y manquer, on antidata note 6.
leurs nominations, et on les reporta au 96 * Voy. ci-dessus, p. 55o.
jugerez bien et ne donnerez à un chacun que ce qui lui appartient Août i658. légitimement. Mon inclination et mes obligations me portent à songer continuellement à vous et au Confident, et je trouve que, si je sers avec quelque succez, rien ny contribuera tatit que cela. Car j'advoue que je ne sçaurois songer à chose qui me peut estre plus agréable.
Je suis tres-humble serviteur de Monsieur, lequel je suis persuadé qu il a tousjours eu beaucoup de bonté pour moy, nonobstant toutes les folies qu'on escrit de Paris au contraire^ ****.
GCLXXXVni.
Bibi. nat, mB. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5»1; P m v*. — Copie du temps.
À L^ÉVÊQUE DE FRÉJDS (ONDEDEl).
Calais, 7 août i658.
Mazarin lui parle des intrigues qui ont eu lieu à Paris, pendant la maladie du Roi.
Celle que vous excusez, lui écrit-il, est plus capable que personne à faire du mal^; a tout Tesprit et l'ambition quil faut pour cela, et elle peut estre graduée dans les cabales, s'en estant meslée, et heureusement, il y a longtemps^. Je n'ay veu aucune lettre du s' Bartet plus circonspecte que celle que vous m'avez envoyée. Il faut qu'il repare cette faute en arrivant à la Gour^, et vous le luy direz de ma part^.
^ Nouvelle allusion aux cabales que M"*' de Choisy, de Fiennes et d autres avaient faites pendant la maladie du Roi pour s'emparer de Fesprit du duc d'Anjou et enlever le pouvoir à Mazarin.
' Je pense que Mazarin veut parler dans ce passage de la princesse palatine (Anne de Gonzague) qui, d'après les Mémoires M'" de M(m^enster{t. IH, p. s66, de i'ëdit. Charpentier), avait pris part à ces intrigues.
MUARin. — TlII.
Voy. aussi les Mémoires de Bussy-RiAutin (édit. L. Lalanne, t. II, p. 76).
' Ces traits conviennent bien à la Palatine, qui avait pris une part fort active aux intrigues de la Fronde.
* Bartet était lié a?ec la Palatine, ce qui rend encore plus vraisemblable l'opinion émise dans la note précédente.
* II semble, d'après ce passage, qu'on voulait tirer de Bartet dés révâations sur
IHPHINCBIE SATIOKAtS.
àMt6êS.
CGL&UDL
BibL nat , a», f. fr. , MUmgm de CalkiH ,t6sA«r*ii3.--- Copie du tomps.
À LA REINE
Galatt« 8 août i659.
Toute la eonsolation et toute la joye qu'un absent peut recevoir^ je Tay, recevant à tous momens de vos nouveUes et du Confdent. Le gentilhomme, qui revenoit de Paris, m'a rendu une lettre du 5; mais je ne suis [pas] encore hors de peine de celle que je vous ay escrite par le chevalier de Montgaillard, quoyque ledict gentilhomme m'asseure qu'il avoit esté à Gompiegne et qu'il en estoit party pour Sedan; car asseurement vous m'en auriez mandé un mot, comme vous estes accoustumée de faire de toutes les lettres que vous recevez. En tout cas, je vous escrivis hyer^ assez particulièrement sur ce sujet pour informer le Cor^dent et vous de ce qu'il y avoit à faire. M. de Mondejea m'a desjà de^esché un gentilhomme pour me dire qu'il eavoyoît faire ses tres-humbles remerciemens au Roy et à la Reyne de l'honneur qu'il avoit receu, et il me mande qu'en quelque estât de sanié qu'il pust estre, [il] s'en iroit à la Cour, lorsque j'y serais, pour satisfiûre mieux à son devoir. Ge pendant il nous assiste, en toutes choses, de la bonne manière, ayant envoyé du monde en toutes les places que je luy ay escrit^. Je vous prie de faire bien recevoir du (kn^iderU et de la Qmfdentê la personne que ce nouveau mareschal envoyera.
Je suis en grande inquiétude de ce que le Ccmfdent avoit esté obligé
iMrelatMmdu frère du R«i arec la Ptialifie, (voy. ci*4efttufl), c'a eM pour examiner
rdations dont parie avec ironie M''* de et résoudre ce qa*il y avoit à hm et aoa
Moiltpênajer, è lafinde cette lettre, Maxarin pas po«r autre dioae.*
ajente : vh ne sçay pas oà Bartet fonde ' Voy. d-deams, p. 558, la lettre du
la mauvaise inMHgence de MM. de Turenae 7 aoAt 1 658.
etdeLafertë; en vérité, ils sent très bien ' Le sensiest : Aj$himitni dW m-
ensemble, et si j*ay este à Gasad avec euK ooyer.
DU GARDIlfiL MAZARIN. 563
de 86 mettre au Uct à eause de quelque faiblesee qui Tavoit pns; mak ma i6&8. comme vou» ne m'en mandez rien, je veux eapeter que ce n'aura paa esté grand cbose. Cependant de la manière que j'ay l'h«mnenr de cognoistre le Confident, je ne doute pas qu'il ne s'émancipe en toutes choses, sans avoir nul esgard aux remonstrances de M. Valot, et surtout sur le chapitre de se coucher tard. Au nom de Dieu, empeschœ^e de cela, rien n'estant plus [pernicieux]^ à sa santé; mais je crains que vous n'agissiez pas avec vigueur sur cette matière, car vous ne vous estes jamais pu résoudre de vous coucher de bonne heure, n n'y a rien de nouveau du camp de Gravelines. ##«#«.
CGXG.
BibL mL» in& f. fr., Mëatigu de Colb^rt, 1 69, f* ii3 r.
À L'ÉVÉQUE DE FRÉJUS (OWDEDEl).
Calais, 8 aoât t658.
llanrin lui parle des attaques dingëes C(mtre lui par ia GêzetU de Bruxelles el ne fait qu'en plaisanter. Quant au député, envoyé par les séditieux de Provence, il aurait voulu qu'on f arrêtât. Â cette occasion, il nomme la princesse palatine.
rVous voyez bien, écrit-il, que ce député est adressé à M"^ la princesse palatine^, qui est regardée en cette province-là comme leur proteetriee, à cause de M. de Gordes' et des associes qui se sont tousjours appuyés d'elle, ti
Mazarin parie encore, dans cette lettre, d'une autre dame \ qui est arrivée à la Cour,
«et qui employé librement sa langue à sa défense, est en possession
^ La eopie porte précieux, qui ne donne ^ B est probable, d'après les Mim&ires de
pas un sens raisonnable. Mademûi$ette{t IU,p. 965-36C,édit. Char-
■ Voy* d-dessus , p. 657, note 5. pentter) , qne Mazarin veut parler de M"* de
' Voy. sur François deSimiane, marquis Ghoisy, on de M** de Fiennes, qtd s'étaient
de Gordes, le tome VI, p. ioa , note 9 , des compromises par leurs intrigues pendant la
Lettres de Mazarm. maladie du Roi et qui furent exilées.
Août 1 658. de longue main de bien parler et mesme de persuader bien souvent; mais je voudrois bien, ajoute le Cardinal, que Ton tienne le mesme langage, lorsque le Roy est à l'extrémité, qu'on tient quand il se porte bien, f)
Il termine en recommandant de dire à Tabbé Manzieri, représentant du duc de Modène en France, qu'il attend avec impatience des nouvelles de Lombardie.
GGXCL Âff. ëtr., France « t. 979, P i4. -^ Minute avec corrections autographes.
À M" LA MARÉCHALE D'AUMONT
Calais, 9 aoât i658.
Je fais profession d'estre fort serviteur de M. le marescfaal d'Aumont. Je croy lavoir tesmoigné, en toutes rencontres, à sa personne et à sa famille, et je m'asseure que luy et vous estes bien persuadez de cette vérité. J'ay aussy beaucoup d'estime et d'amitié pour M. de Villequier, et je nay rien oublié pour prévenir le malheur qui lui est arrivé*. Mais je vous prie, Madame, de considérer ce que je puis faire dans cet accident, me trouvant esloigné de la Cour comme je suis, et sçachant que le Roy est justement indigné; car quelque netteté que vous disiez qu'il y a eu^ dans le procéder de M. de Villequier, l'on ne peut ^excuser le peu de respect qu'il a eu pour les ordres et Tauthorité de Sa M**^*. Je verrai, à mon retour en quelle disposition seront les choses, et je seray bien ayse que la justice et la bienséance me permettent de luy rendre mes offices auprès de S. M*"; car je souhaite avec passion de vous tesmoigner, en toutes occasions^, que je suis véritablement, etc.
^ Par suite de sa querelle avec le duc ^ Les mots ne peut sont autographes.
d'Elbeuf. (Voy. ci-dessus, p. 557, note a.) ^ £n se battant en duel.
^ La phrase depuis que le Roi jusqu'à U ^ Depuis /e seray bien ayse jusqu'à toutes
y a eu est écrite en interiigne, de la main occamtis, la phrase est écrite en interligne,
de Mazarin. de la main de Mazarin.
. Aoât i658.
ccacH.
BiM. nat. , 1110. f. fr. , Mélanges de Côlhert; tSû A , f" 1 1 7. ~ Copie da tempsw
k M. DE TURENNE.
Calais, 9 août ]658.
(bubajt.) .,
On me mande que ies ennemia, à l'instant qu'ils ont sceu nostre engagement au siège de Gravelines, ont pris la resolution d assembler généralement toutes leurs forces, mesme le peu de troupes qu'ils avoient laissé dans le Luxembourg et dans le Haynault, et la milice que diverses villes ont levée pour fortifier leur armée, et que leur dessein est de tenter le secours de Gra vélines (ce qu'ils croyent fort difficile), ou d'entreprendre quelque autre chose, s'ils voyent jour à pouvoir réussir.
Ils prétendent pouvoir estre en estât d'agir dans tout le douzième S et croyent, comme nous attaquons Gravelines avec peu d'infanterie, que le siège durera longtemps, quoyqu'ils tombent d'accord que la garnison est tres-foible.
Us ne sçauroient rien faire que vous ne le voyiez, et ainsy je ne suis pas en peine que vous ne preniez les resolutions que vous estimerez les meilleures pour empescher qu'ils ne réussissent en aucune de leurs tentatives.
Quelque chose que je vous aye escrite pour faire un destachement de huit ou neuf cens chevaux, je ne croy pas présentement que vous deviez vous affoiblir, puisque nous voyons que le dessein des ennemis est d'agir avec toutes leurs forces.
Pour ce qui est de la cavalerie, vous en aurez tousjours le mesme nombre que vous en aviez auparavant, et vous serez renforcé du corps
^ Au plus tard le 19 août.
Aoûr i658. de Virtemberg^ qui est assez considérable. En outre, vous aurez cinq cens Anglois, pour lesquels je feray partir les armes d'icy demain, et M. Tambassadeur m'ayant promis que, toutes les fois que je luy en ferois instance, il me donneroit son vieux régiment an^^ois, qui est composé de sept à huit cens hommes, et qui est celuy qui s'est si bien battu prez de la Dune, je croy que vous en pouvez faire estât; et si vous donnez ordre à M. de Schomberg de laisser seulement soixante hommes dans la redoute de Bourbourg et de faire aller à Bergues les deux regimens lorrains, il vous pourra renvoyer les six compagnies des gardes (rançoises, sans riea ^prehender et ssms que vous soyez oibligé de loy do(nner aucuB autre regimient^ coaune je vows avois eserit que vous pouviez faire.
M« de Mondejeux^ a envoyé trois cens hommes de pied à S^- Venant et quatre cens à Gorbie, et quand je luy mandecay de les retirer et de vous donner les cinq cras cfaevaUx qu il a et douze cens hommes de pied, je m'asseure qu'il le feacm, et voua en pouvez faire estât
M. de Ghaulnes a trois cent cinquante chevaux ou environ; M* de Grandpré, qui devoit arriver hyer aux environs de Guîse, avec le régiment de son frère, celuy du Rhingrave et quatre ootnpagnies do sien, [amené] ^environ neuf cens chevaux^ oomjms les quatre regimens qui y estoient desja.
Voila Testât présent de toutes choses, et c'est à vous, à eette heure, à me mander si j'ay à iiadre quelque chose de mon eosté; à quoy on ne perdra pas un moment de temps; et comme fl y a pen d'officiers gène* raux dans vostre armée, je croy que vous pourriez appeler anpres de vous M« de Schomb^g, choisissant quelque personne capable pour commander dans Bergues en son absence.
Gomme les ennemis assemblent grande quantité de troupes à Saiot* Omer, et qu'il est certain que tout ce qu'ils ont pu retirer de Hesdin y est desja, il fiaudi^> prendre garde qu'ils ne tenteilt quelque entre-
^ Ce corps, qui avait d'abord combattu entr^ dans la suite au service de Louis XIV. contre la France (tome V, p. 1 5s , note i , et ' Gouverneur d^Arras.
f.\&3,i&i^eic.,àesLeU.deMatarm)yéùii ' Motdoutemu
pri^ «vde œ «orp»4à^ auquel Marsin se joignant, il est œrtaîn quâ km i6bH. sera ccNiaido^able, et il sera bon, s'il vow plaiat, que yom taschies d'estre auaey bien iofonné des Hiouveaiens que ies ennemis feront avee lediet corps, comme de eeluy qu'ils pourront Seure avee les troupes qui sont à vostre teste.
Au reste, je finiray en vous disant que les Espagnols ne sont pas plus heureux en Italie qu'en Flandres. Le marquis Ville a pris Trin ^ en trois jours, qui est la plus jolie action qui se soit faicte de longtemps. Vous sçavez l'assiette et l'importance de la place qu'il a prise avec quinze cens chevaux et douze cens hommes de pied, ayant d'abord^ emporté tous les dehors et donné une telle espouvante au gouverneur que, ledict marquis estant luy-mesme descendu dans les fossez^ et faict attacher le mineur, ledict gouverneur luy a rendu la place; mais au lieu d'aller rendre compte au comte de Fuensaldagne de son action, on me mande qu il s'en est allé en Suisse.
En suite de cela ledict marquis estant allé à Valence, et Valavoir l'ayant joinct avec huit oens hommes de pied et deux cens chevaux, ils sont allez à Fresverolies^, où les ennemis ont abandonné tous les for* tins et les lignes qu'ils gardoient.
M. le duc de Mercœur, de son costé, après avoir disputé le passage de TAdda, quatre jours durant, l'a desrobé à la fin en un endroit où les ennemis ne l'attendoient pas, le i/i juillet; et toute l'armée estant passée, elle s'estoit approchée aux environs de Milan, où T^oy a esté grand, en ce pays où il n'y a pas eu de guerre depuis six vingt ans. Tous les grands bourgs ouvroient, et jamais il n'y a eu si grande es^ pouvante et confusion dans un pays qu'il y en a présentement en celuylà, ny une plus grande cocaigne^ pour les soldats.
Nous sçaurons au premier jour quelle place M. le duc de Ifodene
* Li ville de Trin on Trino 8*ëtait rendue je n'ai pu lire. 11 semble que c'est une ëpiis aB JQJM i6iâ » d'après ies Mémnm de tiièke «joatée hfotm.
MoHtgki. ^ Ou Fnrveroiie.
* Aassilôt après son amvëel * Coemgne4me90t^M,tmipêieréjwM- ' 11 y a un mot écrit en iotedigiie, que sanee «ù IW boit et mange largemeal.
Août i658. aura résolu d attaquer, et je ne doute pas qu elle ne soit de eonsequence, et qu'il ne le puisse faire avec beaucoup de facilité; et s*il y réussit, comiu^ je lespere, et que nous en fassions de mesme de Gravélines, nous devrons estre bien ayses que le comte de Fuensaldagne et le marquis de Garacene ^ n ayent rien à se reprocher.
CGXCIII.
Aff. ëtr., France, t. 379, f" 19. — Copie du temps.
k L'ÉVÊQUE DE FRÉJUS (ZONGO ONDEDEl).
Calais, 10 août i658.
(UTHAIT.)
Je n avois pas mal preveu sur lempeschement que le comte de Fuensaldaigne donnoit aux ordinaires d'Itdie. Je me resjouis de tout mon cœur de ce qui s'est passé de delà, et si la suite respond à un si bon commencement, nous ne devons pas moins espérer de progrez, cette campagne, en Lombardie qu'en Flandres.
Je receus, hyer au soir, voslre billet du t^^ avec tous les autres papiers, et les lettres de l'ordinaire ne sont arrivées qu'aujourd'huy. Ainsy vous avez esté le premier à me donner les bonnes nouvelles. Je nay encore veu aucune depesche; mais, par une relation que Brachet a envoyée à M. Le Tellier, je ne vois pas que Ton donne tant de part à Longuisciole pour, le passage du Pô, qu'il s'en donne à luymesme par la lettre qu'il nous escrit; mais il sera aysé d'en sçavoir la vérité.
Vous avez bien faict de ne rien escrire à l'abbé Amoretti, et, au contraire, vous pourrez vous resjouir avecluy, de ma part, de la prise de
* Le sens est que ces deux généraux es^ de Milan, et que ce dernier commandait
pagnols ont eu le même sort. On a vu que en Flandres sous lautorité de don Juan, le comte de Fuensaldagne avait remplacé le * Le chiffre est mal formé; on pourrait
marquis de Garacene dans le gouvernement lire : du 7.
Trin, et luy dire que j'espère d'estre bientost de retour à la Cour, et Aoûi i658. que je ne perdray aucune occasion de luy tesmoigner l'amitié et l'estime que j'ay pour luy.
Vous remercierez le s* Bartet, de ma part, de la lettre qu'il m'a escrite. Le tableau qu'il faict de Paris, pendant la maladie du Roy, est dans la perfection; mais comme il est un bon peintre, il se contente de * faire voir de loing certaines choses, qui, regardées de plus prez, pourroient faire de la peine ^ Enfin je sçay qu'il a cognoisaance de tous ceux qui ont joué leur personnage dans cette farce; mais la discrétion et d'autres respects^ l'empeschent de les nommer; mais, pour cela, on ne laisse pas de sçavoir tout ce qui s'est passé. Je cognois le Roy trop délicat sur le point du respect qui luy est deub, pour croire que SaM**^ puisse avoir de la joye dans son cœur de ce que M. de Villequier a faict, dont ses meilleurs amis peuvent bien compatir à son malheur d'avoir faict une action par laquelle il a encouru l'indignation du Roy; mais ils ne peuvent pas soustenir que Sa M^ n'ayt esté offensée.
Il ne sera pas mal que vous disiez, en passant, à M. Amoretti que je n'ay jamais veu tant de sottises comme en dict la Gazette de Turin; car, premièrement, il n'y a homme au monde moins informé des affaires de France que luy'. Vous luy pourrez dire aussy que, si j avois eu l'honneur de conseiller Madame Royale, je n'aurois jamais esté d'advis qu'on eust mis, dans la relation qu'on a faicte de la prise de Trin : pen le sole armi ii S. A.R.; car asseurement personne ne peut songer en France à luy oster la moindre partie de la gloire et de l'advantage de cette action, quoyque l'on puisse dire avec vérité que les seules armes de M. le duc de Savoye ont pris Trin, quand l'armée françoise tenoit occupées toutes celtes des ennemis sur l'Adda.
J'envoye à Rose* l'extrait des depesches de Provence et luy mande
*- Maxaria vent parler des iotrigiies de iement à Tabbë Amoretti; mais il est proba-
cour auxqaeiles la maladie du Roi avait donne bie que Mazarin vent parier du rédacteur de
Keo. la Gazette de Turin.
* Moti&, considérations. ^ Rose ou Rose, secrétaire de Mazarin.
' Luy devrait se rapporter grammatica- (Voy. t. IV, p. 196, des LMresdeMazarm.)
MAZÀBI9. — TIII. 7i
laruatua satioiau.
AoM i6M. d escrire à M. de M^roœur et à M. le président d'Oppede suivant ce qui sera résolu, et vous pouvez dire à M* le mareschal de Villeroy et à M. de Brienne d'appeler ledict Rose, quand on parlera de cette affaire, parcequ'U en est bien instruict^ et il pourra, en son particulier, escrire auxdiets sieurs de Mercœur et président; ce qui fera un tres-bon ^eet.
Addition^.
Je vous prie de vous entendre avec Rose pour tout ce qui regarde la Provefice et de représenter qu'il ne faut pas prendre des résolutions foibles; car elles ne serviroient qu'à nous flatire tomber dans de plus grands inconveniens. Je vois que tout le monde de Provence s'adresse à M^ la princesse palatine à cause que M. de Gordes a l'honneur de luy aj^artenir. Il me semble que cela n'est pas trop bien, et je vous prie de bien observer tes intentions du party contraire à M. d'Oppede, et vous trouverez qu'elles ne valent rien, quelque chose que ces genslà puissent dire.
Les gentiliriionimes qu^e MM. de Mondejeux et de Fabert depescheront à la Cour pour rendre grâces à Leurs Majestés de Tbonneur qu'ils ont receu^, s-adresseroni à vous qui prendrez soin de les présenter à Leurs Majestez et à Monsieur, et de les flaire bi^d recevoir.
CCXGIV.
Kbl. nat., mt. f. fr., Méianges de C^Oert, t. &s A, f tSo r. ^ Copie du temps.
À LA. REINE
Cfliaîs, lo wltiSIS.
[ (UTIilT.)
Je reçois, »vee la vostre du 7, la continuation des bontez do Conr
* Ge/N)#McnpfvffiëUiitprob«bl«meataa- * Ils venaient d*étre nommes niarëdissx
to|fraphe, comme il arrive aeuvent dans les de Fraoce. (Voy. ci-deiBiia, dans la lettre LtÊttn ie iUamm. du7 aoAtàlaReiiie,p. S5f «netea Set 6.)
DU GARDIHAL MAZARIN.
fiient et les voetres, et j'en suis tousjoars plœ confus. J'ay esté fasché Août i65S. que ee que Viliacarf a apporté ayt aussytost esté publié, ayant veu icy des lettres eacrites de Gompiegne, qui en parlent, et il me semble que j ay assep; de. monde sur les bras, sans m'en vouloir mettre eocore davantage, et le Confident et vous verrez que le fils de 22 (de la Reine) ^ voudra grand mal à la Mer (à Ma2»rm), quî^ la croira la &eu\e cause du malheur des personnes qu il ayme*; mais, aprez tout, je feray tousjours mon devoir, et il arrivera ce qu'il pourra, il [ne] me faut qui que ce soit, hors le Qm/ident et vous.
Voyex^ mes lettres, que je vous conjure de biea examiner, pour faire aprez ce que vous estimerez plus à propos; car chacun a ses amys, et je m'asseure que l'abbé Ondedeî aura fort parlé pour excuser la conduite de la personne que vous aimiez tant dans le temps passé ^. Pour moy, je n'ay d'autres amys que ceux qui font leur devoir et qui n'ont d'autre but que de plaire à Leurs Majestez. Je vous réplique pourtant qu'en cette occasion il estoit plus juste que les Atiges (la Reine) ^ se rendissent autheurs de la resolution du ConfdeiU'^. Aprez tout ce qu'on mande de Paris, il eust esté plus à propos de faire arrester Gerzé® que de l'esloigner; et si le premier ordre n'a pas encore esté exécuté, on ne doit pas y hésiter, car il sera mieux à la Bastille qu'en Anjou, où il y a assez de meseba'ns esprits.
Toutes les lettres de Gompiegne portent que le Boy n'a pas esté fasché de ce que M. de Villequier^ a faict, Sa M** estant bien aysc
^ Mazarin désigne évideoimentMonBiear, frère du Roi.
* Le sens est : qu'il le crmra la seule coûte, elo,
* On a déjà vu que M"*' de Fiennee et de Ghoisy avaient été exilées pour iea iu-* trigues par les<juelies elles avaient cherché à s emparer de Monsieur pendant la maladie du Roi.
* Mot douteux.
* Il paraît résulter de^ lettres de Mazarin h Ondedei, nommé évéque de Fréjus,
qu*il a ag;it ici de la princeaae paktiae. ( Voy. ci-dessus, p. 563.)
* D'après la def donnée par M. Ravenel, le mot Ange désignait la Palatine; mais je croia qu'ici il désigae la Bmâ.
^ G'eat-à-dire, da VeaU dm persotmm oc- Guaies d'mtr^ms.
* René du Pleasis de la Roehe^Pichemer, comte de Gerzé, ou Jarsé, toé ai 1679. B avait déjà figuré dans les troubles antérieurs.
* On voit, par Iea Minmre» de W^ de
AoAi j658. d'avoir de braves gens auprez d'Ëlle^ Gela fera asseurement an trèsmeschant effect; car rien n'importe tant pour le soustien de l'anlhorite royale qne d'estre fort ferme à Tesgard de ceux qui perdent le respect. Je prie donc le Cof^ident de se bien comporter en cette affaire et de tesmoigner qu'il est fort indigné de la manière dont on en a usé; et sans cela les edicts^ sont à .vau-l'eau, et son authorité dans le mespris '.
Il est important qu'on n^expedie pas à M. de Constances^ ce qu'il demande pour resigner son evesché , nonobstant que j'aye escrit au père Ânnat ^ d'en parier au Roy. C'est pourquoy je vous prie de luy dire, lorsque ledicl père en parlera au ùmfdent ou à vous, qu'il faut remettre la chose à mon retour^. Je vous supplie de n'oublier pas, car la chose est de conséquence par les raisons que j'auray l'honneur de vous dire de vive voix.
Le ùn^ideni et vous, vous souviendrez que M. de Beaufort devoit
retourner à Anet ^, aprez avoir faict la révérence au Roy et à la Reyne.
Cependant il est estably à Paris; il gouverne son père, et il est à
craindre qu'on aura bientost sujet d'estre mescontent de sa conduite.
C'est pourquoy il sera à propos de ne luy donner pas grand accez
auprez du ùmfdent et de la Confidente et [de] faire cognoistre qu'on
évite de se familiariser avec lui ****.
MùtUpeMier que Vilietpiier, croyant avoir à vry, dont il a été question t. IV, p. & 16,
se plaindre du duc d*Elbeui\ Tavait attaqué note 3 , des Lettres de Mazarin,
et avait é\é accusé de tentative d'assassinat. ' Jésuite, confesseur du Roi. Ou trouvera,
^ ViUequier était un des quatre capitaines aux Analyses , Vindication de ia lettre de Ma-
des gardes du corps. zarin au père Annat.
' Les édits contre les duels. * C3aude Auvry voulait renoncer k la di-
' Le cas de ViUequier était plus grave que gnité d*évèque de Goutances. Il en obtint
celui des duellistes oixlinaires , parce que le Tautorisation et ne conserva que la charge
Roi était déjà au courant de sa querelle avec de trésorier de la Sainte-Chapelle. D vécut
M. d'Elbeuf et qu*on lui avait défendu de se jusqu'en 1687.
battre. Quant aux édits sur le duel, bien ' Le château d*Anet était situé près de
qu'on les renouvelât de temps k autre, ils Dreux (auj. Eure-et-Loir). D avait été bâti
ne furent guère appliqués sous la r^ence pour Diane de Poitiers et appartenait, en
d'Anne d'Autriche. i658, au duc de Vendôme, père du dac de
* L'évèque de Goutances était Claude Au- Beaufort.
,,,,=^,^,:,—^^:^,^=^^,^^,—=^,==^:=^,:^^ Août l658.
GCXGV.
BibL nat., tqb. f. fr., Mélanges de CoJbert, t. 5a A, f ia5 y\ — Copie da temps.