‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 2)Chapitre 7 sur 81 · AU LIEUTENANT CIVIL · texte numérisé non relu

AU LIEUTENANT CIVIL

Stenay, 1 5 juillet 1657.

J'ay esté bien ayse de voir, par vostre lettre du 2 de ce mois, la diligence avec laquelle on a remédié au desordre que les pages et laquais vouloîent recommencer dans Paris, en portant de nouveau des espées contre les deflenses de Sa M^^. Le Roy n'a pas approuvé que l'on ayt faict deslivrer les siens, parce qu'estant encore plus obligez que les autres à obeyr à ses ordres, ils meritoient aussy d'estre plus sévèrement chastiez *. Je n'ay pas manqué de faire valoir vos soins

' Des vacances; le mot tr vacations?) ne taient, ainsi que Mazarin le craignait déjà

se prend plus aujourd'hui dans cette accep- en 1657.

lion ancienne que lorsqu'il s'agit des tribu- ' Le s' Dreux-Daubray. (Voy., sur lui,

naox. te lome III, p. 897, et le tome VU, p. 3o6,

* Cet enfant mourut Tannée suivante, à des Lettre» de Mazarin.) quatorze ans ; il promettait avoir de Tintel- ^ Voy. la Muze historique de Loret (letti'e

ligencé, tandis que ses frères promettaient du 98*"' juillet 1657); Guy Patio écrit ëga-

n'en avoir pas et ont tenu ce qu'ils promet- lement : crll y avoit id des laquais qui vou-

/lO LETTRES

juiiiot 1657. eir ce rencontre, comme je feray en toutes les autres occasions où j'en auray matière, estant véritablement, etc.

Addition,

Le Roy me commande d'adjouster qu'il entend que vous fassiez faire perquisition de celuy de ses pages qui estoit de la révolte des pages et des laquais qui avoient repris les espées , et que vous le fassiez remettre en prison, parce que Sa M*^ a résolu de luy faire oster la livrée et de le faire chastier^ en sorte qu'il serve d'exemple. J'ay escrit au sieur Colbert de vous voir, de ma part, et de vous entretenir à l'esgard des autheurs des libelles et des imprimeui^. Je vous prie de luy donner entière créance et d'employer tous vos soins pour desraciner une semblable peste.

BiH. nal., ms. f. fr.. Mélanges de Colbert, t. 5i A, f° i4a; minute. — Afil ëtr., France,

t. 37a , f" i5t ; copie du temps.

À LA REINE

Slenay, i5 juillet 1657.

Je prends la plume bien plus pour vous tenir la parole que je vous ay donnée de vous escrire tous les jours que pour avoir aucune chose à adjouster à ce que j'ay eu l'honneur de vous escrire hyer au soir. On n'a pas esté au camp, parce que ce que le Confidetit y doit voir n'est pas encore prest^; mais M. leMareschal asseure que demain, pour tout le jour^, il le sera. Apres quoy, je vous envoyeray un gentilhomme pour

ioicnt recommencer à porter des ëpëes; ^ Il s agissait d'une mine que Ton devait

maïs iis en ont été mauvais marchands; ils faire jouer en présence du Roi, et qui joua

en ont eu ie fouet par les carrefours, et seulement trois jours plus tard, même on saisit ici tous ceux qui portent des * Tel est le texte. Le sens est : demam*

ppëesT). (Lettre du 10 aoât 1687.) au plus tard.

DU CARDINAL MAZARIN. Al

vous rendre compte de toutes choses en détail, comme je vous ay Juillet 1657. mandé que je le ferois. Un soldat de la place, qui s'est venu rendre, asseure que, de la sortie de lautre jour \ les assiégez ont perdu quatrevingt-douze hommes. Le sieur de Marivaut^ a esté emporté d'un coup de canon.

Le Roy a esté à la chasse, et Sa M*^ prétend se baigner à dix heures. Il m'a dict positivement, sur ce que je l'entretenois de l'ennuy de la Reyne et de son desplaisir à cause d'une si longue absence, que le plaisir qu'Elle [Sa M**^] a d'estre icy n'est pas comparable à l'envie qu'Elle a de plaire à la Reyne et que, si vous me mandez que Sa M^ désire qu'il s'en retourne, il quittera tout pour [luy] obéir. Parmy les desplaisirs qu'on a dans vostre esloignement, ce n'est pas le moindre, celuy de ne pouvoir escrire avec liberté à cause du risque que les lettres courent d'estre prises. Le Confident faict ses recommandations à Monsieur^ de qui je suis tres*humble serviteur, et le vostre sans aucune reserve**.

Bibl. nat., ms. f. fr,, Mélanges de Colbert, t. 5 1 A, T 1^9; minute. — AiT. ëtr., France,

t, 97a, r 169; copie du temps.

À LA REINE

Stenay, 16 juillet 1657.

Je viens de recevoir le billet du i ii que j'ay faict voir au Confident, lequel je puis vous asseurer qu'il souhaite fort de vous revoir, et après ce que j'ay eu l'honneur de vous escrire hyer là-dessus, il n'y a rien à adjouster. Il est party ce soir pour s'en aller promener au camp, et il m'a dispensé de le suivre, sçachant que j'avois beaucoup à travailler. Le niareschal de Villeroy est avec luy et M. le Premier', et je vous

^ Voy., d-dewus, la lettre à Turenne en de camp en 17011. G*est peut-être ie fils de

date du i4 juillet. celui dont parle Mazarin.

' La Chronologie militaire ne mentionne ' Le premier ëcuyer Henri de Beringheu.

pas ce Marivaut Elle cite un marquis de (Voy. t. V, p. 6&5, des Lettres de Mazor

Marivaut ou Marivault, <|ui devint niar^hal rin,)

VAlABll. — fin. 6

l^rVIMCRIl KATieHALC.

Juillet 1657. responds qu il n ira en aucun lieu où il y ait le moindre danger, et [il] sera de retour icy à la pointe du jour*

Je crois bien que j'y pourray aller apres^iemaîn avec le Cof^ident, car le travail qu'on faict sera en estât de nous donner de la joye; et quoyque ces sortes de choses soient incertaines, neantmoins ceux qui s'y entendent asseurent que nous en aurons contentement. Je diffère jusque-là à vous envoyer une pei'sonne de croyance ^ dont je vous ay escrit; car à présent il ne pourroit vous mander rien dasseuré, et alors je le feray un jour plus ou moins ^.

Je renvoyeray demain l'homme que M. de Brienae a depesché, et le Confident fera response à la lettre de Monsieur, que je lui ay rendue.

On me mande de Paris qu'on ne peut rien adjouster à la bonne intelligence qui est entre *- [Mazarin] et * [ia Reine], et j'en suis bien ayse, car vous sçaves bien que je l'ay tousjours souhaité avec passion, et croyez-moy que, quelque chose qu'on vous ayt pu dire, * est une bonne personne.

xxvm.

Bibl. nat, ms. f. fr., Mélange» de Colbet*t, t. 5i A, f* iSa v*"; minute. — AfT. ëtr., Fronce,

t. 97 a , r i€3 ; copie da temps.

À LA REINE

Stenay, 17 juillet 1667.

Le Roy est retourné du camp à cinq heures du matin; il ne s'y est rien passé cette nuict; mais je ne vous diray rien de sa part, car il repose encore, quoy qu'il y ayt neuf heures qu'il est couché, et je m'asseure que vous ne trouverez pas à redire que je ne Taye [pas] réveillé.

Nous irons demain au soir au camp, et je vous diray positivement, à un jour prez, le temps dans lequel on sera maistre de cette place. Les assiégez ne sortent plus et le feu est médiocre à présent; ils n'ont

^ On voit pki8 loin qm Mtzarin voulait ' Je ie feray partir un jo«r plus M ou

parler du comte de Moret. pim tard.

biessé pas un soldat la nuict passée, et Ton s'est accommodé en sorte JuUiet 1657. que malaysement ils nous feront quitter à l'advenir les postes que nous tenons.

L'abbé Ondedei vous dira ce que je luy escris, et à l'esgard du voyage de là personne que vous sçavez\ il le faut rompre à quelque prix que ce soit, et je crois que vous avez bien creu que je serois de cet advis. Je suis sans aucune reserve le plus asseuré et véritable de tous vos serviteurs, et * l'est au delà de ce que vous pouvez croire.

Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, l. 5i A, f i55; mioute. — Aff, ëlr., France,

t. 97A, r 399; copie du temps.

À LA REINE

Lorsque j'estois sur le point de vous depescher le comte de Moret pour vous informer en détail de toutes choses et vous proposer des moyens pour vous voir, sans plus de remise, vous et le Confident , Talon arrive du camp pour nous dire que la grande mine doit jouer ce soir, à huit heures, de façon que nous allons monter à cheval pour nous y rendre en diligence et appuyer les logemens qu'on a résolu de faire par la présence du Roy, et par un renfort de gens que l'on donnera, de la dernière résolution.

Je remets donc à faire partir demain de bonne heure Moret, et je m'asseure que vous n'oublierez rien pour faciliter les moyens de voir le Confident, lequel ayme fort d'estre à l'armée; mais il voudroit au mesme temps voir et entretenir ce qu'il ayme plus que toutes les armées du monde, et vous pouvez croire qu'il y a quelqu'un auprez de luy qui n'est pas fasché de le voir dans ces sentimens et moins encore de pouvoir espérer que les deux cours soient bientost [prez l'urie

' On voit, par la lettre de Mazarin è Ondedei, qui est indiquée aux Analyses, en date du 17 juillet 1667, qu'il s^agissait du duc de Modène.

Ml LETTRES

Jiiiiiot 1657. de l'autre] S et qu'au lieu d'escrire^ on pourra vous entretenir de vive voix.

Je vous envoyé une lettre du Confident et celle qu il escrit à Monsieur, de qui je suis tres-liumble serviteur, et le vostre sans aucune reserve.

Vous trouveVez encore cy-joint la copie d'une lettre que Na vailles^ escrivit hyer. J'adjousteray que, s'il nous reussist, comme il y a apparence, de nous rendre maistres de la contre-garde, ou bastion destacht^, qui est dans le fossé, la place sera bien malade; car le corps ne vaut jpas grand chose.

BibL na(., ms. f. fr., Mélatiges de Colbert, l. 5i A, f" 343; minute. — Les passages à chifirer sont soulignés.

Stenay, 17 joiJiet 1657.

(bxtbait.)

J'ay veti toutes vos lettres du 1 /i et du 1 5 avec la copie de celle du lieutenant de roy de Bapaume. Il n'y a rien à adjouster aux ordres que vous avez donnez pour eslre bien adverti de la marche des ennemis et au destachement que vous avez fait de M. de Varennes' avec un corps de cavalerie pour nous venir joindre icy, en cas qu'il se trouve véritable que Marsin * ayt esté destaché avec une brigade de cavalerie pour venir en Luxembourg. Et quoyqu'il me semble que les raisons soient encore plus fortes à présent qu'il y a trois semaines pour croire

' Au lieu des mots entre crochets, on lit attaques; le marquis d^Uxelles dirigeait

dans la copie : prestei l'une et l'autre; mais Tautre*

Tautre version est la seule bonne : la Reine, ' Roger de Nagu* (Voy. t. V, p. ^it,

qui était demeurée à la Fère, devant venir des Lettres de Mazarin.) incessamment rejoindre son fils. * Voy. , sur Marsin ou Marchin , t. 1 ,

* Le duc de Navailles dirigeait Tune des p* 9^9 1 des Lettres de Mazarin.

que les ennemis ne songent pas à secourir Montmedy, neantmoins Taf- Juillet 1607. faire est de telle importance qu'il ne faut négliger aucune des precau^ lions que la prudence peut suggérer pour nous mettre à couvert de tout inconvénient, et je suis tres-persuadé que vous irez au-devant de toutes les choses qui peuvent contribuer à cela.

Je vous ay escrit par deux endroits différents tout ce que j'estimois que vous pourriez faire en cas que Tinteniion des ennemis fust, ou d'envoyer icy, ou d'y venir avec toutes leurs forces ^ C'est pourquoy je n'ay rien à adjouster là dessus, si ce n'est que peut-estre vous jugerez à propos pour mettre l'affaire en une entière seureté et n'estre pas obligé d'harasser [sic) les troupes, faisant de grandes marches pour venir icy en cas que les ennemis vous obligeassent à cela, de vous advancer présentement à Âubenton^, ou tel autre lieu qui vous semblera plus propre, aGn de nous pouvoir joindre, à vostre aise, avec toute l'armée, lorsque nous aurions advis que celle des ennemis passast la Meuse; ce qu'il est impossible qu'elle fasse en cachette et sans que vous en soyez adverti de dix endroits à point nommé, mais particulièrement d'Hemery ^, d'où l'on peut envoyer des partis à la Bussiere * et tout le long de la Sambre, et de Champagne qui est au Chasteau-Regnault ^, lequel pourroit donner des advis à Roquespinc *, et celuy-cy les envoyer en toute diligence au lieu où vous serez.

Souvenez-vous, s'il vous plaist, que, si l'armée des ennemis venoil toute entière, à quoy je vous réplique que je ne vois nulle apparence, il faut que vous ameniez toute l'infanterie et artillerie avec le corps angiois, et que vous laissiez seulement M. de Castelnau, ou tel autre lieutenant gênerai que vous jugerez à propos, avec dix ou douze escadrons de cavalerie pour couvrir la Somme, sans rien retenir du Quesnoy et de Landrecy, avec ordre pourtant que ce corps de cavalerie vous

* Voy., ci-dessus, la lettre à Turenne en * Lu Bussière-sur-la-Sambre. date du li juillet, p. 99. ' Voy. ci-dessus, p. 36, note 9.

* Auj. d^. de r Aisne, arr. de Vcrvins. ' Louis-Gilles du Bouzet, marquis de ' Probablement Emmerin, auj. dëp. da Roquëpine, maréchal de camp en i65i>

Nord, arr. de Lille* mort en 1679.

Juiii6i 1657. suivist, lorsqu on verroit les ennemis tout-à-fait engages en deçà de la Meuse; et il faudrpit aussy que Hocquincourt, Linville, Baas et les gardes françoises et suisses, qui sont à Monstreuii et du costé du Boulonnois, revinssent vers Guyse, afin que tout ce corps fut prest à exécuter ce qui luy seroit ordonné.

Je ne sçay pas si l'argent, que Ton a escrit, à Paris, d'envoyer en diligence pour le payement des Anglois, est arrivé au camp; mais comme il est impossible qu'avant que vous receviez cette lettre il ne soit à Saint -Quentin, il seroit bon d'en advertir M. le chevalier Reynolds, afin d'envoyer quelqu'un pour le faire venir à l'armée, s'il le désire ainsy.

Vous verrez Testât du siège par la copie d'une lettre que M. de Navailles escrivist hyer; et tous les cognoisseurs asseurent que, selon toutes les apparences, demain l'on sera maistre de tous les dehors, y compris la demy-lune, contregarde ou bastion destaché qui est dans le fossé, que l'on passera bien aisément, estant fort estroit, et Ton n'a pas sujet d'appréhender de grandes difScultez pour le corps de la place; car tout le monde convient que c'est le moins fort. Les assiégez ne font plus aucune sortie, et il est asseuré qu'ils eurent. plus de cent hommes hors de combat dans la dernière qu'ils firent

J'ay oublié de vous dire que, si les ennemis passoient la Meuse, il faudroit aussy tirer du Quesnoy le régiment d'Alsace et quelques vieilles compagnies de Suisses, comme aussy de Landrecy, au lieu des nouvelles que vous auriez envoyées dans l'une et l'autre place.

Bibl. nat, ms. f. fr., Mélanges de ColbeH, t. 5i A,f i46; minute. — Aff. ëlr., Franc*,

t. 274, {" t65; copie du temps.

À LA REINE

Stenay, 17 juillet 1657.

Nous revenons du camp après avoir veu jouer la mine, laquelle n'a

pas faict tout l'cffect quon avoit espérée Neantmoins on s est logé sur Juillet 1657. la pointe [aie) et Ton a attaché de nouveau le mineur pour faire un fourneau, qui sera prest à trois heurefâ apres-midy. Ainsy Ton croit que, malgré toute la résistance que les ennemis sçauroient faire, on sera maistre de cette pièce dans laquelle seulement les assiégez fondoient le salut de cette place.

On nous menace d'un secours, et on faict courre le bruit que Marsin est destaché aves quinze cens chevaux et quatre regimens d'infanterie, et que l'armée ennemie a pris la route vers Mons avec dessein de venir en ce pays; mais je n'en crois rien; car outre que la resolution seroit un peu tardive, M. de Turenne sera tousjours icy deux jours plus tosl que les ennemis avec des forces supérieures aux leurs.

Le comte de Moret vous informera de toutes choses, et il vous fera des propositions aGn que vous et le Confident puissiez vous voir plus tost. C'est à vous à choisir, et tout ce que vous voudrez sera exécuté à l'instant; car le Confident ne veut et ne voudra jamais, à ce que je puis cognoistre, que ce qui vous plaira. Pour moy, je ne vous dis rien; car il est superflu de vous répliquer ce que vous sçavez aussy bien que moy et que rien au monde n'est capable de le faire changer. En cas que vous résolviez le voyage^, ledict comte vous dira tout ce qui regarde la seureté, et il sera bon que vous vous reposiez de cela sur le mareschal Du Plessis^.

' «rEn effet, dit Montglat, la brèche fut petite, et les régiments de Lorraine, MasarÎD et Boulaimont se logèrent à la moitié , ne rayant pu en haut, à cause de io grande quantité de grenades que jetaient ceux de dedans. On poussa un second fourneau pour ouvrir davantage la demi-lune, qui était fort dure à entamer, étant toute de maribre qui est fort commun en ce poys-là. 1 Mais cette seconde mine ne lut pas prête aussitôt que Maxarin Vannonçait à h Reine; elle ne joua que dans la nuit du ai au 99 joîHet.

' Le voyage de la Reine à Sedan ou a Stenay.

' Le maréchal Du Plessis, gouverneur de Monsieur, accompagnait la Reine , et il eut désiré profiter de Toccasion pour faire faire au jeune prince Tapprentissage du métier militaire. (^Monsieur, dit ce maréchal dans ses Mémmreê (éd. Michaud, p. hM), était sans cesse avec la Reine, sa mère. . ., et chacun sait que les belles qualités des femmes ne servent d ordinaire pas beaucoup à rinstruction des jeunes princes, principalement, sur le fait de la guerre. 9

àS LETTRES

Juillet 1657. Le Boy oublia de mettre hyer dans le pacquetles lettres pour la Reyne et pour Monsieur. Ainsy vous les trouverez cy-jointes. Je me resjouys fort dans Tesperance de pouvoir bientost avoir Tesperance de faire la révérence à Sa M**^ et à S. A. R. , comme aussy de vous pouvoir confirmer de vive voix que vous n aurez jamais serviteur plus fidèle, plus passionné et dévoué que ****.

Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. Si A, f* i55 v*. — Minute.

À M. DE TURENNE

Skenay, 19 juiilel iSSy.

(bxtbait.)

J'ay receu presqu'en mesme temps trois de vos lettres, deux du 16 et l'autre du 17 de ce mois, avec celle que RoncheroUes m'a envoyée; mais avec tout ce qu'on vous a escrit, je ne voy pas quel fondement peut avoir l'advis de la marche de Marsin avec un corps pour venir à Luxembourg; car comme cela ne pourroit servir de rien pour le secours de Montmedy, je ne sçay pas quel advantage les ennemis se pourroient promettre de l'envoyer en deçà, si ce n'est qu'appréhendant peut-estre qu'aprez la prise de Montmedy le Roy ne veuille pousser plus avant SCS progrez dans celte province (de Luxembourg), ils ayent voulu y pourvoir, fortifiant le prince de Simay (stc)^ du corps qu'on dit avoir esté donné à Marsin pour passer la Meuse.

Il se pourroit faire aussy que le prince de Gondé, qui a grande envie de faire une course en France pour estendre les contributions de Rocroy, eust faict trouver bon à don Juan et à Garacene d'y envoyer Marsin avec ledict corps qui seroit fortifié d'une partie des troupes de Rocroy ; mais enfin il faudra que nous soyons bientost esclaircis de ce mystère; car, asseurement, il y en a quelqu'un dans ce destachement

^ On a dit d-dessas que, par ce mot, il faut entendre sans doute le prince de Siinmern.

DU CARDINAL MAZARIN. /j9

qu'on publie partout et dans la inarchti de Tarmée ennemie vers Mons. Juillet 1657. Et comme il est malaisé que vous ne soyez adverti, à point nommé, de plusieurs endroits, des mouvemens des ennemis, je ne doute pas que vous ne preniez vos resolutions avec la diligence qui vous est ordinaire; sur quoy vous ayant mandé mes pensées plusieurs fois et hyer particulièrement par un de vos gardes et par la voye de M. de Varennes, je n'ay rien à adjouster si ce n'est que les ordres à M. de Varennes et à M. de Grandpré, qui sont à deux lieues lun de l'autre vers Relhel, de marcher droit icy, leur doivent venir de vostre part, puisque vous serez informé devant nous si le corps de Marsin passe la Sambre pour venir à Givet.

Je vous fis envoyer hyer par M. Le Teliier des ordres du Roy pour retirer les gardes françoises et suisses et tout ce qu'il y a du costé du Boulonnois, en cas que vous le jugiez à propos, comme je crois que vous ferez sans doute si vous voyez les ennemis marcher vers la Sambre.

J accompagnay hyer le Roy au camp où il alla pour voir jouer la mine du bastion destaché, mais Teffect n'ayant pas esté tel que Saint- Amand avoit faict espérer, et les ennemis y ayant un retranchement, il n'a pas esté possible de se loger sur le haut de la pointe que la mine avoit emporté, et l'on a seulement faict une tentative vigoureuse pour voir si les ennemis lascheroient le pied; mais on n'y a pas reussy, parce que les ennemis estoient retranchez et logez en sorte qu'ils n'avoient rien à appréhender. Tout le malheur est tombé sur le pauvre Beaupré ^ que vous cognoissez assez pour les belles actions qu'il fit l'an passé à Valenciennes, lequel estant du nombre des vingt mousquetaires que le Roy avoit commandez pour assister à cette action a esté d'abord tué tout roide, parce que c'est le premier qui a paru sur le haut de la demy-lune après que la mine eut joué. La resolution donc qu'on a prise sur-le-champ, c'est de pousser un fourneau sur les ruines de la

' On trouve, ^ cette époque, Louis-Pran- La date de sa mort n est pas indiquée dans

eois de Choiseul, baron de Beaupré. Je ne Morëri, ni dans le Dictionnaire de la no-

sais si c*e6t le Beaupré dont parle Mazarin. bk^e,

HiziBiN. '^ vin. 7

lurHiwcRii lAria^iue.

Juillet 1667. demy-iune, lequel ira jusque sous le retranchement àes ennemis et sera prest à deux ou trois heures apres-midy, et quelque résistance que les ennemis puissent faire, Ton croît que nous serons maistres de )a demy-lune dans demain au malîn.

Je fais partir tout présentement le comte de Moret pour aller informer la Reyne de toutes choses en détail et pour luy proposer de venir à Sedan. Sur ce qu il ne faut pas douler qu Elle ne s^^muye extrêmement à la Fere , estant esloignée du Roy, lequel est asseurement tout prest d'y retourner si Sa M**^ le désire ainsy. En cas qu Elle prenne la resolution de faire ce voyage, comme je nen doute pas, je croy que le mareschal Du Plessis, par son ordre, s'adressera à vous pour adjuster le moyen dasseurer son passage. Ce qui ne sera pas fort difficile, y ayant deux grands corps de cavalerie à Rethel et vous estant aisé de [leur] donner les ordres nécessaires pour venir jusque-là, outre que Sa M^ pourra amener les trois compagnies des gardes qui sont à la Fere, qu'Elle pourra faire partir un jour avant Elle.

La seule considération que Ton doit faire sur ce voyage, c'est d'examiner si nous ne recevrons point quelque préjudice de ce que les ennemis verront qu'on abandonne tout-à-fait le pays de delà, puisqu'ils [jugeront]^ bien que le Roy n'y doit pas retourner, voyant que la Reyne vient de ce costé-cy.

J'adjousteray sur le voyage de la Reyne que, quand Elle prendra resolution de le faire et qu'il y auix)it quelque chose à entreprendre du costé de delà, cela ne vous doit pas faire de peine, car, en ce cas. Elle s'en retournera, lorsqu'il sera temps, aussy volontiers comme Elle viendra.

En ce moment arrive M. de Faberl, qui vient de l'attaque des gardes, et il nous a dict que, dans les ruines de la mitie, on a faict un bon logement de quinze soldats; que le mineur travailloit au fourneau; qu'il ^ a conclu, comme je vous ay desjà marqué cy-dessus, que, cette pièce estant perdue, la place ne peut plus tenir.

' Mot douteux. — ' Fabert.

^^^ Juillet 1657.

Bibi. nat., ids. f. fr., MéUn^eê Je Colieri, t. 5i A, f" i6a; mînuie. — Aff. ëtr., Fronce,

t. 373, {* 167; copie du temps.

AU MARÉCHAL DE GRAMONT

SUsnay, ao juillet 1667.

Vostre lettre du 1 5 Me ce mois m apprend que vous estes parti de Paris; de quoy je suis bien ayse. Il n est pas nécessaire que vous preniez la peine daller voir M. l'électeur de Cologne; il ne le désire pas luy-mesme; il me l'a escrit luy-mesme^. Geste visite feroit trop d'esclat. Quant à M. l'électeur de Trêves, vous n'avez qu'à suivre vostre chemin parce que, quand meame il seroit besoin que vous le vissiez, vous y pourrez aller par le Rhin.

Pour M. l'électeur palatin, je ne doute pas que M* Servien ne vous ayt communiqué ce que je luy en escrivis l'autre jour*. Nous n'avons pas d'argent; mais quand je devrois vendre ma vaisselle et engager tout ce que j'ay, vous n'en manquerez pas pour celte affaire, pourveu qu'on aoit asseuré qu'il sera bien employé; car pour le plus ou le moins, il ne faoi pas perdre l'occasion d'acquérir ledict s' Electeur.

Voilà ce que je vous puis dire en peu de mots, en attendant l'Inàtruction, laquelle je vous envoyeray par courrier exprez avant que vous aoyez à Francfort ^.

Je vous prie de donner part du contenu de cette lettre à M. de Lionne et de croire que je suis tousjours, etc.

Addidon de la main de S. £m. à la lettre à M. le M*^ de Gramant^. Je VOUS réplique que l'argent pour ayder au bon succez de vostre

' On poarrail lire i$. ^ Oq trouvera onedëpâche relative à celte

' La répétition de hty-meone est bien Instruction à la date du 39 juillet 1687. dans le manuserit. * Cette addition se trouve au f* 1 64 du

* Voy., ci-dessus, laiettreàServien^p.sS. ms. 5i A des Milangee de Colbert.

Juillet 165;. uegociatiou- sera fourny, quand je devrais pour cela eslre en chemise; mais il faut estre asseuré que ce qu'on y employera produise TeAFect que nous souhaitons; car il ne seroit pas trop plaisant de donner de grandes sommes pour rien, et c'est alors qu'on mettroit en burlesque le Cardinal et les ambassadeurs\ Pour l'électeur palatin, M. Servien vous fera sçavoir ce que je lui ay escrit; car je croy que vous estiez desja parti, quand il aura receu ma depesche sur ce sujet.

On nous faict grand bruict icy du passage de Marsin avec quelques regimens de cavalerie et d'infanterie; mais quoyqu'il soit bon officier, fort pratic [sic) ^ du pays et bieu plus zélé pour son party qu'il n estott pour le Roy, je croy qu'il aura peine à réussir au secours de Monlmedy, quelque assistance qu'il puisse recevoir du prince de Simay, lequel ne nous a fait jusqu'à présent sentir de sa colère que de retenir prisonniers et traiter rigoureusement un gentilhomme de mes domestiques.

Tout présentement revient Choupes* du camp, où je l'avois envoyé. 11 me rapporte que nous avons deux grands logemens dan» le fossé, à droict et à gauche; que nous avons porté sur le haut celuy que nous avions dans les ruines de la pointe du bastion séparé, et que la mine [qui] doit faire sauter le retranchement que les ennemis tiennent sur ledict bastion, pourra jouer dans tout demain. Apres quoy, on attachera deux mines au corps de la place et on la fera sommer.

Vous pouvez estre asseuré que vous n'avez serviteur plus passionné et véritable que le cardinal Mazarin; lequel vous souhaite et à vostre collègue un heureux voyage.

' Ce fut pourtant ce qui arriva à T^ard pays. Le comte de Marsin ou Marchin était,

de Mecteur de Trêves, qui se vendit mais comme on Ta dit, originaire du pays de

ne se livra pas. Il est vrai qu'on parvint, liège.

quoique non sans peine, à obliger cet Éleo- ' Voy., sur le marquis de- Ghoupes, la

leur à restituer. (Voy. p. Saa, t. VII.) table alphabétique du tomel" des Lettru

* Qu'il ait une grande connaissance du de Mazarin,

, Juin«t 16B7.

UXIV.

Bibi. nat, dm. f. fr., Milmge$ d* Cdhert, \. Si À, ft s&3;.iiiiaÉlei:^ Aff.élr.^- France,

t. 973, f* t66;copie du (QiDps. <. . • . .

À LA REINE

Steoay, %o juillet 1^57.

Àprez le départ du comte de Moret, on s'edt logé à drbict et à gauche dans le fessé, et Ton a poussé la mine bien avant dans le bastion destaché; car, au lieu du fourneau dont je vous avois escrit, on a résolu d'avancer la mine jusque dans le retranchement des ennemis. Demain, elle jouera, et on sommera la place. Car on prétend^ attacher à Tinstant deux mineurs au corps de la place. '

Marsin vient avec un corps, lequel a passé la Meuse; mais j'espère qu il aura la peine de ce voyage inutilement. Nous avons pourtant esté obligez de faire advancer la cavalerie qui estoit à Bethel. C'est pourquoy j'ay escrit à M. de Turenne de pourvoir d'ailleurs à la seureté de la personne que vous sçayez ^ en cas qu'elle prenne la resolution d'aller au lieu que je vous ay dict pour y voir \q (j/nfiàent^ lequel m'a escrit de faire ses complimens à ce qu'il ayme le plus et à Monsieur, de qui je suis tres-obeissant serviteur.

Aff. ëtr., France, t. 37*, P 4 10. — Minute.

À LA REINE

Slenay, 91 juillet 1657.

(extrait.)

Jay receu deux de vos lettres, dont la dernière est celle qui m'a ' On a vu plus haut qu'il s'agfissait du voyage de la Reine à Sedan.

jtiiiioi 1657. esté rendue par M. de Vitry» J'ay donné part au Confident du contenu. Je nie suis servy Ires-à-propos de tout ce qu'il vous a plu de me mander. Il vous remercie de tout ce que vous dictes si obligeamment à son e^gard, et je fais ia mâame. chose avec la dernière soumissioii; mais le Confident espère, et moy aussy, de vous pouvoir faire bientost des complimens que vous recevrez mieux que ceux qu'on vous faict, puisqu'on [les faict] ^ par lettre, et M. de Turenne a donné bon ordre pour la seureté du chemin, quand il aura sceu que toute la cavalerie, qui astoit advaneée h Rethel, est arrivée icy,

lye Cotifident voudroit bien que les mousquetaires et mes gardes au6sent l'honneur de vous accompagner avec les compagnies que vous ave^ à la Fère et m^m^ les autres qui estolent à Montreuil , si elles soDJt arrivée^ à )a Fère asse^ à temps pour cela.

On faict courre le bruict que le roy d'Angleterre, le prinee de Condé et Marsin sont daB$ }e Luxembourg et qu'ils ont £aict couler assez de troupes pour teati^r le secours de Montmedy. Pour Marsin, il eet certain quil y est arrivé; mais, pour )e« autres, on ne le sçaytpas bien; et pour le» troupes» t il y a quelque nombre qui a passé la Meuze, mais non pas considérable ^t bien inférieur à ce qui nous a desja joint de l'armée de M. de Tureiotne. Ni^us verrons^, et je vous a^aeure que no^tre armée a«ra icy devant celle des ennemis» s^ib ont resoiti de passer la Meuze avec toutes leurs forces; ce que j'ay peine i croire^.

La mine ne jouera que demain, et on prétend se rendre maistre de tout le bastioii destaché, et à l'instant attacher deux mineurs au corps de la place. Enfin, à moins que Dieu nous voulust chastier, c'est une affaire faicte, et je demeure le plus fidèle de toujs vos serviteurs.

^ Mots douteux. de suite; après être demeurés un jour à Ri-

' Les mots tums verrons sont douteux. bemont, ils se retirèrent et abandonnèrent

^ Eq effet* Tirtt^qiie des ennemis n'eut pas Montmëdy k son sort

sdts. JuUtei 1657.

Aff. âr., Framie, t. 974, fil a. — MÉtote.

i^ L'ABBÉ FOUQUET.

(«XTKilS.)

SlCrtay, 31 juillet 1657.

Je A ay pas besoin ^ d'estine e&cité à embrasser les intei^sls de mes( amis par la considération des miens ^ propres, ayiaM faict assez cognoistre que je ne man<{ue pas de fermeté ny de tendresse pour les somteoir; et comme yous deviez douter moins que nu} autre de cette Terilé, vous m'eussiez faict grand plaisir d'avoir recours à moy seul sur )e sujet de ]\ladel»oise)ie^ et ne le faire pas api^z y avoir inutile^ ment employé MM. de Bournonviile et d'Amié^s^ et tant d'autres; car vous auriez veu, comme y'espere que vouis recognoistrez à présent, que je n'abandonne pas mes amis, et qtie vous auriez grand tort, si voua doutez n'estre pas de ce nombre, aprez vous en avoir donné tant de marques et vous l'avoir dîct tant de fois, au mesme temps que je vous tesmoignois de n'estre pas satisfaict de vostre conduite en plusieurs choses, dont la meilleure peut-estre regardoit vostre repos et vostre advantage. Je vous réplique, en ce rencontre, tout ce que je vous ay dict, vous asseurant que le plus véritable de vos amis ne vous scauroit donner un meifleur conseil ny plus salutaire que de faire une

' Ces moto sont de la maki de Mazafin.

* De mes intëréto.

' H 8*agiflmit de propos insdento teons par rabbë sar te compte ée Mademoii^, au moment où elle était autorisée à repan raltre à la Cenr. Ces propos, réjpétés à la prinetpale iat^essée, l'arraieiit fortement indisposée contre leur auteor. (Voy. les Jlfs* nmru de M^ de Mim^^emier, éd, Micliaud, p. a&7 et suiv.)

^ On peut lire : Danriens, Daneiens, Daneieux, Dourieux, Dooeieux, ele. Je crois que Mazartn veut parler de l'éTéque d'Amiens, François Paure, é'abord moine franciscain, confesseur de la reine Anne d'Autriche, ensuite ëvéqne de Glandèves et enfin d'Amiens. ( Voy. ci-dessus , t. VI , p. 97, des Lettrée de Mtouerm.) Cette lecture est d'autant plus certaine qu'effsctivement ce prêtât s^étaît entremis, an dire de Made*

Juillet 1667. vie conforme à vostre profession S faisant cesser tous les bruicts^ et vous retirant de certaines conversations' qui sont capables de vous perdre, quelque protection que je vous veuille tousjours donner, outre que la personne, dont f entends parler S ayt toute autre affection que celle pour l'Estat et pour moy.

Tay esté fasché de n avoir veu rien aulre chose depuis quinze jours dans toutes les lettres de Paris, et de [l'affaire]* de vos différends avec Mademoiselle, la continuation de celles^ avec M°^ de Ghastillon'' et vostre resolution de. mettre tout en œuvre pour la deffense de la comtesse de Fiesque; car, une fois pour toutes, ces entretiens ne valent rien pour vous, et s'il y a des gens qui vous flattent au contraire, ce sont les plus grands ennemis que vous ayez. Personne ne vous parlera avec la liberté que je fais, et vous devez par là estre persuadé que je vous ayme plus que tout autre; car si cela n'estoit pas, je iairrois aller les choses comme elles pourroient.

I^our revenir à l'affaire dont il est question, je vous déclare que la protection du Roy vous est asseurée et que je vous y serviray de la bonne manière, ne sçachant pour moy rien faire à demy; mais je vous déclare aussy que la seule amitié que j'ay pour vous et pour vostre famille m'oblige à cela, dans l'occasion présente, ne demeurant pas

moiselie, dans cette offaire : irL'ëvéqae d'Amiens, raconte>t-elie, qui est de mes amis, me vint voir, et le duc de Bournonville avec lui ..... ; ils me dirent qne Tabbë Fouquet les avait chargés de me témoigner le déplaisir qu*il avait de n*avoir psë me rendre ses respects, dans la crainte que je ne les eusse pas agréables t»

^ On a vu que Basile Fouquet était abbé commendalaire de Barbeaux.

' On sait que Tabbé Fouquet mena durant nombre d'années une vie des plus iicen•^ cieuses. ( Voy. , sur lui, i addition du tome V, p. 787, des Lettre de Mazarin.) Il eut pour maîtresses plusieurs grandes dames de la

Cour qn il récompensait avec des faveurs ou même avec de l'argent. D'aiileure^ malgré son nom d'abbé, ce frère aîné du surintendant ne reçut jamais les ordres majeurs.

* Le mot conversation a ici le sens de «ocUli, fréquentatùm,

* Probablement, la comtesse de Fiesqae, d'apràs ce qui suit. ( Voy. sur la comtesse de Fiesque, t. V, p. 49 5, des Lettrée de Matarin, )

* Mot douteux. On peut lire : la force.

* Ce mot fait supposer que, plus haut, il faut lire : affaire.

' Voy. t. VII, p. &i3, note a , des Letb^t de Maiarin.

d'accord que ia mauvaise volonté cpie Ton a contre vous procède de JuiUeiiCGy. ce que vous avez tousjours servy le Boy sans avoir considération pour personne; et quand vous voudrez sçavoir en détail pour quelle raison Mademoiselle, M"*® de Ghastilion, le mareschal d'Hocquincourt, le marquis de Cœuvre* et d'autres ne sont pas satisfaicts de vous, je vous l'apprendray, et vous advouerez que le service du Roy n'y a aucune part, ny le peu de secret que j'ay gardé des choses que vous avez pu me dire; car personne n'en a jamais eu cognoissance, et si M"** de Bethune^ ou [M.] de Cœuvres disent que je leur ay dict un seul mot de ce dont vous m'escrivez, je veux perdre tout ce que j'ay au monde, car i] est impossible que des personnes qui ont de la naissance ayent renoncé à l'honneur et à la bonne foy, en sorte qu'elles advancent des choses qui n'ont jamais esté, et qui ^ se perdroient si elles le vouloient soustenir, de façon que vous pouvez hautement déclarer que vous ne m'avez rien dict; et, en effect, je ne me souviens pas que vous m'ayez parlé du marquis de Cœuvres, et, pour le testament, vous sçavez que j'ay des originaux en main, qui font assez cognoistre les intentions de Mademoiselle à l'esgard de M. le Prince, dans le temps qu'elle n'avoit pas les sentiments pour le Boy et pour l'Estat qu'elle a présentement ^

J'ay dict au s' du Fresne beaucoup de choses, dont il vous entretiendra, et estant arrivé hyer à midy, je le depesche aujourd'huy à la mesme heure, et je luy fais donner escorte pour aller en seureté à sept ou huit lieues d'icy.

' François-Annibal II, marquis de GoBavres, fils du maréchal d'Estrëes, devint doc d'Bstrëes après la mort de son père et mourut en 1687 (^^ janvier).

' Anne-Marie de Beauvitliers, mariée h Hippdyte deBéthane, comte de Selles. Elle mourut le 19 novembre 1688, h 'j'j ans. Elle était dame d'atour d'Anne d'Autriche.

' n y a bien ^t dans la minute; il faudrait : et elles [ces perêotmeê se perdraient),

■AlABIV. — fin.

* 11 8*agit d'un tealament qiie Mademoiselle aurait fait en faveur du prince de Condé, et par lequel elle lui laissait la totalité de sa fortune. Cette pièce était entre les mains du Cardinal; mais rien ne prouve, et Maiarin lui-même a Tair d'en douter dans une conversation qu'il a avec M. de Béthone, que ce testament fdt authentique. Mademoiselle accuse à peu près la com^ tesse de Piesque de Tavoir fabriqué.

ui»HiiiiiMi «Arrosu*»

Juillet 1667. Après de nouvelles plaintes, suivies de protestations d'amitië, Mazarin ajoute qu'il ëcrit à Paris au sujet de l'affaire de i'abbë Touquel avec Mademoiselle ^ et qu il espère que Tabbé obtiendra satisfaction.

xxxvn.

Aff. ëtr., France, t 37/j , f kiL — Minute. AU COMTE DE BÉTHUNE.

Stenay, 91 jaifieti657.

(extrait.)

Vos lettres des 7 et 8 de ce mois m'ont esté rendues, et j'ay veu avec beaucoup de confusion celles qu'il a plu à S. A. R. ^ et à Made* moiselle de m'escrire en mesme temps. Vous trouverez cy-joinctes les responses que je me donne l'honneur de leur Éaire *, et comme je ne puis exprimer à beaucoup prez les sentimens respectueux et zelez que j'ay pour leur service, je vous prie d'y vouloir suppléer de vostre mieux.

Je vous conjure aussy de dire, de ma part, à Mademoiselle que, comme je ne puis croire que l'abbé Fouquet ayt esté jamais capable de manquer au respect qu'il doit à une personne de la naissance de S. A., et qu'asseurement tous les rapports quon luy a faicts à sou préjudice sont des artifices de ses ennemis, j'oze la supplier tres^iumblement d'agréer qu'il ayt l'honneur de luy rendre ses respects; que j'en auray une obligation particulière à S. A., et recevray cette gi*ace comme une marque sensible de sa bienveillance ; et je vous prie d'y contribuer aussy tout ce qui dépendra de vous, en sorte que la chose

* Voy. la iHtre suivaBte. " ' Ces réponses, datées du ao juillet

* Gaston d'Orléans, père de M"* de 1687, sont indiquées aux Analyses. Ler^ Montpensier, pour lequel on usait désor- deux lettres importantes sont adressées à mais de ce titre; le duc d'Anjou, frère de Tabbé Fouquet et au comte de BétbuAc. Louis XIV, étant seul en droit de porter On en trouvera ici les parties ks plus escelui de (tMoneieum. sentidieB.

se fasse de bonne grâce. Ledict abbé est une personne qui à tousjours esté ^«3^ «<>^7tres-attachée à mes interests, et je ne doute pas que Tamitié que jay pour luy ne luy ayt suscité beaucoup d'ennemis, qui cherchent de tous costez des occasions de luy nuire; mais cela m'oblige d'autant plus à* m'interesser en tout ce qui le regarde, comme je fais en ce rencontre, aprez avoir sceu qu'il n'a rien oublié pour rendre Mademoiselle persuadée de ses respects et desadvouer tout ce qu'on avoit inventé pour l'aigrir contre luy. Vous m'obligerez donc de vous employer dans cette affaire, en sorte que, ledict sieur abbé estant restably dans l'honneur des bonnes grâces de Mademoiselle, j'aye la satisfaction de me confirmer de plus en plus qu'elle a beaucoup de bonté et de considération pour moy, et que l'amitié que vous avez pour moy ne vous permet pas d'hésiter quand il s'agit de me la tesmoigner dans des choses qui me sont à corar au point qu'est celle-cy.

J'ay peine de voir que tant d'accîdens, les uns sur les autres, ayent empesché Mademoiselle de se rendre auprez de Leurs M^, et surtout que la résistance qu'on a rencontrée dans ce siège, qui véritablement a esté audelà de ce qu'on avoit creu, ayt retardé si longtemps le retour du Roy à Sedan. Je ne sçay sy la Reyne prendra la resolution d'y venir. En cas qu'EUe y vienne, si Mademoiselle avoit agréable de s'y rendre aussy, elle y seroit la très-bien venue, et, sur l'advis que vous m'en donneriez, on pourvoieroit à la seureté de son passage; mais vous prendrez garde, s'il vous plaist, à m*advertir de bonne lieure, et que Mademoiselle ne se mette pas en cbemin, s'il luy plaist, sans estre auparavant bien asseurée» que la Reyne soyt partie de la Fère pour venir icy*.

^ Toat le passage, depuis en sorte que quelques jours plus tard; la Reine y était josqu a plus à, est écrit sur la marge. déjà, et le Roi, à son tour, vint Ty rejoindre

' Mademoisene arriva, en efiet, à Sedan ao commeneement d*août.

xxxvm.

Bibl. nat, ma. fl fi*.. Mélanges de Colbert, t. 5i A, f* 167. — Minute. À M. DE TURENNE.

Stenay, ût jaiHct 1667.

(bitrait.)

Je vous depesche en toute diligence pour vous envoyer les advis que je viens de recevoir de M. de Fabert, ne sçachant pas s il vous en aura donné part. lis sont considérables et viennent de deux personnes seures et très affectionnées au service du Roy, qui peuvent estre fort bien informées de ce qui se passe en ce pays-ià. Je ne doute pas pourtant qu'au moindre advis que vous aurez eu de la marche de larmée ennemye, ou que Ton ayt destaché un corps considérable d'infanterie, vous n'aurez pas manqué de vous advancer de ce costé-cy, laissant, comme je vous ay escrit, M. de Gasteinau, ou autre lieutenant gênerai, avec un corps du costé de la Somme; mais ce qui me faict peine, c'est l'appréhension que les ennemis n'ayent destaché, auparavant de venir à Inchy ^ quelque corps derrière eux pour aller droit à Namur, et qu'ils ayent au mesme temps envoyé Marsin avec peu de chose pour nous amuser. Je me meffie aussy du voyage de don Juan à Bruxelles, qui est le chemin [pour aller] à Namur, du bruit que l'on a faict encore de la maladie du prince de Gondé et de l'affectation qu'il semble que Marsin a faicte de n'avoir personne avec luy.

Nous sommes dans la crise de cette affaire, et vous devez estre asseuré qu'on n'oubliera rien icy pour la soustenir jusques au bout. MM. de Lislebonne, Varennes et Grandpré sont à deux lieues d'icy, et de tout cela, y adjoustant ce que le Roy a près de sa personne, nous ferons plus de trois mille chevaux, sans y comprendre les officiers, de façon qu'y en ayant encore trois mille au camp, sans y comprendre

^ .\ujourd'hiii village du dëp. da Pas-de-Calais, arr. d'Arras. Il y a encore lochy-en-Beaumont, dép. du Nord, arr. de Cambrai.

les dragons el les carabins \ ce ne sera pas un corps de cavalerie peu Juillet 1657.

considérable. J'espère aussi d'avoir après-demain matin quinze cens

bons hommes, quon tire des garnisons de toutes les places voisines,

auxquels on joindra le régiment de Guyse, que vous avez envoyé. Mais

pour asseurer l'affaire jusques au bout, il faudroit que vous deslaclias-

siez un corps d'inFanterie qui vinst en diligence et sans bagage pour

nous joindre, si ce n'est qu'ayant eu nouvelles que toute l'armée enne-

mye marche, vous ne soyez obligé de vous advancer avec toute ceHe^

que vous commandez.

Je vous prie aussy de songer si, dans la meffiance où l'on est de pouvoir estre surpris par les ennemis, il ne seroit pas à propos que vous vous advançassiez avec toute l'armée, et laissant seulement un corps de delà , comme je vous ay marqué cy-dessus. Je me remets à tout ce que vous jugerez plus à propos, et je m'asseure que le party que vous prendrez sera le meilleur, après avoir considéré les advis que je vous envoyé et tout ce que je vous escris là-dessus.

La mine, à laquelle on travaille, ne pourra jouer que demain matin, parce qu'on l'a voulu pousser plus de trente pieds en avant, afin de faire sauter le retranchement que les ennemis trouvent dans ce bastion destaché, et se rendre maistre de la pièce pour attacher à l'instant deux mineurs au corps de la place.

M. le mareschal de La Ferté et M. de Navaiiles m'ont mandé que, quelqu'accident qui puisse arriver par la résistance des assiégez, ils me respondoient que la place seroit au Roy dans la semaine prochaine, et tout le monde le croit ainsy.

Sur l'advis que j'ay receu de Paris de la maladie de M"* de Bouillon'^ et de M"** vostre sœur, j'y ay envoyé Langlade pour les visiter, de ma

' Cavalerie ingère, employëe surtout dont il est ici question, elle on laissoil une

pour éclairer la marche des armées, depuis autre ^ mariée depuis un an et demi avec le

le règne de Henri IV. . prince d'Harcourt, de la maison de I.or-

' Lorsque Mazarin écrivait cette leître, raine, et un Ois, le duc de Bouillon, qui

la duchesse de Bouillon, belle-sœur de Tu- épousa Marie-Anne Mancini, la dernière des^

renne, venait de mourir. Outre la fdle nièces de Mazarin.

JuiiiH-«657. pari, et m'inforuier de Testât de leurs santez. J'en suis en p^e; mais j'espère quelles sortiront heureusement de cette maladie, car je prie Dieu de tout mon cœur.

Aff. étr., France, \. 991, f" 356. — Original signe, en pnrtie cbiflré.

À M. SERVIEN

Stenay, 99 juiflet 1667.

(extrait.)

J'ay veu la lettre du prince de Hombourg, celle de M. de [Croisic] ^ ^t du résident de Telecteur palatin; mais on est bien embarrassé k asseoir un fondement certain sur les discours qu'elles contiennent, veu qu'ils sont tous remplis de soupçons, lesquels il me semble de voir plustost réglez par la passion de ceux qui eserivent qu'autrement. Nous allons estre bientost esclaircis de toutes choses, et pourveu que l'électeur de Mayence aille bien, comme nous avons sujet de croire jusques icy, nous ne devons pas désespérer de venir à bout de nostre dessein, et, en ce cas, tout l'argent qu'on a projeté d'y mettre sera bien employé; mais, à la vérité, si nous le despensions sans que l'effect s'ensuivist, on se mocqueroit bien de nous, de façon qu'il faut que MM. les ambassadeurs ayent pour but de faire réussir une élection qui nous soit agréable, ou d'espargner nostre argent. Autrement, M. le mareschal de Gramont auroit grande raison de se desBer qu'on ne mist l'ambassade en burlesque.

Je n'ay rien à vous répliquer sur le contenu de la lettre du prince de Hombourg, si ce n'est que vous luy pouvez confirmer les bons sentiments que le Roy a tousjours pour M. le duc de Neubourg, et que, s'il croit, ainsy qu'il mande, que, si M. le landgrave de Darmstadt en estoit informé, il s'employeroit bien plus efficacement auprès de

' Ce nom est devenu h peu près illisible , parce qu on a *a^pliquë dessus le chiffre du folio. La suite de la lettre prouve qu'il s'agit de Croisic Ce nom est quelquefois écrit Croigicq.

M. lelecteur de Saxe pour ie gagner en sa faveur, il a grand tort de iwWet 1657. ne 1 avoir pas encore faict agir auprès dudict s' Electeur.

li y a deux choses qui me font peine présentement : la première, qoe je vois, par une depesche de M. d'Avaugour, que le roy de Suéde se doutoit^ de la fermeté de Brandebourg, estant combattu, de tous costés, pour le detascher de son party. C'est pourquoy il avoit prié ledict sieur d*Avaugour d'aller vers luy en diligence; et, en eiïect, il estoît desja en chemin pour cela. Peut-estre que noslre depesche, et loffre qu on luy a faicte, dissipera tous ces ombrages et affermira plus que jamais Brandebourg dans ce party-]à; mais vous jugez bien que nous en devons estre en grande inquiétude jusqu'à ce que nous en sçachions le succez, et l'Isola"^, que les Espagnols employent auprès de luy, est un trop grand machinateur d'ingami^ pour ne Tapprehender pas.

L autre chose est que le comte de Wagnée, ayant faict un second voyage vers M. l'électeur de Cologne, conformément à Tordre qu'il en avoit recea, il me mande que ledict sieur Electeur l'avoit satisfaict en toot, luy parlant positivement de l'exclusion du roy de Hongrie, mais qu'il n avoit jamais pu l'engager de mesme à celle de l'archiduc Léopold% et, si je ne me trompe, il y a bien du Fiirstemberg^ là dedans, lequel, se déclarant nettement qu'il veut profiter de ce rencontre pour faire ses affaires de façon ou d'autre, sera lousjours tenté, par Tevesché de Strasbourg que possède ledict archiduc^, à porter son maistre en faveur de celuy-cy. Je crois pourtant que, si l'on pouvoit eslever^ Neubourg, Fûrstemberg y trouveroit plus son compte, et ainsy il n'hesi-

^ Le déchiffrement porte bien se doutait. Je crois qu*il faudrait lire : doutoit.

* Voy., sur Lisola, le tome VJI, p. /lii, des Lettrée de Mazarin.

* De tromperies.

* Voy. sur cet aiiphiduc, frère de Ferdinand III et ancien gouverneur des Pays-Bas , t. Vil , p. 1 97 et ^i& 1 , des Lettres de Mazarin.

* On a va plus haut que le comte de

Fûrstemberg ëtait le ministre principal de l'électeur de Cologne.

^ Le titulaire de Tëvéchë de M^lz était Léopold - Guillaume d'Autriche, frère du deTunt empereur. Ce prince , bien entendu , n'était jamais entré dans les oixlre? et percevait simplement les revenus.

' Le déchiffrement porte bien etlever. Je crois qu'il faudrait eslire.

Juillet 1657. teroit pas à sacrifier i'Archiduc, et je ne songe que, si la chose se reduisdit à gaigner ledict Fûrstenaberg, l'evesché de Metz feroit peut-eslre plus d'effect que celuy de Strasbourg ^

Vous avez bien respondu à M. de Groisic touchant la pension de M. le Landgrave, et, si on voit qu'en la payant on puisse en attendre quelque advantage considérable dans la conjoncture présente, il faudra s'y résoudre^. Pour les cinq cents escus qu'on doit audict sieur de Groisic de reste de la sienne*, il faut le payer absolument, et si vous prenez la peine de la faire advancer, vous en serez remboursé sur le comptant du mois prochain. Je vous conjure de ne pas perdre un moment de temps à la luy faire tenir et luy mander en mesme temps de donner toutes les lumières à MM. les ambassadeurs et les assistances qui pourront dépendre de luy, afin qu'ils puissent mieux réussir dans leur négociation. Ge que j'ay leu dans la lettre de Groisic à l'esgard de la ligue projetée^ m'oblige à vous dire que le roy de Suéde n'y est compris [que] pour les Estats qu'il possède en Allemagne, comme luy estant adjugez par le traicté de Munster. Gar si le principal but de cette ligue est la manutention^ dudict traicté, comment le pourroit* on conclure en abandonnant les interest de ]a Suéde ?

* L'évéchë de Melz ëtait possède par des laïques depuis 1619, où Ton avait donné ce siège à Henri, duc de Verneuii, Tun des bâtards de Henri IV. Ge seigneur, s'ëtant marie « se démit de son évéché, que le cardinal Mazariu s'attribua (i653), Mazarin, à son tour, en i658, abandonna oe siège au comte de Furstenberg pour prix de son dévouement politique, suivant le plan qu*il suggère ici à Servien,

* Nul n'ignore qu'à celte époque, concéder une pension était une faveur, mais en

payer les arrérages à cdui auquel on l'avait concédée était une autre faveur, beaucoup plus grande que la première. Aussi les ministres ne se croyaient-ils engagés par une promesse de ce genre, à l'égard du bénéficiaire, que dans la mesure où ils avaient intérêt à la tenir.

^ De sa pension.

^ Il sera , plus loin , question de ce projet de ligue entre les princes allemands, qui n'aboutit qu'en 1 658.

' Le maintien.

... - Juillet 1657.

Bibi. nat, ms. f. fr., Méiange$ de Colbert, t. 5i A, P 170 v**: minute. — Aff. ëtr., France,

t. 37a, f* 170; copie du temps.

À LA RELNE.

Stenay, 9 3 juillet 1667.

(iXTRAIT.)

Je reviens du camp avec le Confdenly où nous eslions allet pour visiter les postes sur ce qu*on dict que les ennemys doivent tenter lé secours de Montmedy, el dia de Santiago^. On donne bon ordre pour les recevoir, et desja la cavalerie, qui a esté destachée de l'armée de Turenne, est arrivée et postée, comme aussy deux mille hommes de pied et deux cents chevaux, que je me suis advisé de tirer de toutes les places de cette frontière.

Jay receu voslre lettre du 20, que la Rocque-Saint-Chamarand * ma rendue, et je me suis fort resjoûy, avec le Confident, de voir que vous attendiez avec impatience les moyens de le revoir ; car il faut que Moret soit arrivé à la Fere six heures après le départ dudict La Rocque ; et ainsy nous espérons que vous aurez pu prendre vos mes.ures avec M. de Turenne pour la seureté du voyage, et que peut estre vous Taurez commencé dez hyer. Au moins delà façon dont vous m'escrivez, je suis asseuré que vous n aurez pas perdu un moment de temps.

^ Le jour de Saint-Jacques. La fête de ce * Antoine de La Rocque Saint-Ghama-

saint correspond au 9 5 juillet. rond était maréchal de camp depuis i65i.

NAlAlltR. — fin. 9

Juillel 1657. ,

Aff. ëtr., France, t. 376, P 417. — Minute.

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