AU CHANCELIER ET AU PROCUREUR GÉNÉRAL
Tay ordre du Roy de vous faire sçavoir qu'il importe d*empescher, par le8 moyens que voua ad viserez, que les arrests que la Cour des aydes d^ Paris a rendus contre le département ^ faict par M. Voysin , pour la levée des tailles dans l'élection deTroyes^, ne soyent exécutez; car, autrement, iedict s"" Yoysin ne pourroit travailler au département dam les autres élections, n*y ayant pas lieu de douter que les autres ealus m suivissent l'ei^emple de ceux de Troyes, s'il n'y estoit pourveu de bonne heure ; ce qui est de très grande conséquence pour la facilité que ce deaordre pourroit avoir à passer dans les autres generalitez. Ce sera donc à vostre prudence h y apporter, s'il vous plaist, le remède e^nvenAbte, et le plus tqst sera le meilleur.
P<mr le Procureur général seul.
Le Roy m'a commandé de faire sçavoir i M. le Procureur gênerai que; l'intention de Sa«M*^ est qu'il faasQ acquitter l'ordonnance de comptant de douze tem livres qui a esté accordée au s"" de Beaulieu pour luy donner moyen d'achever le travail qu'il a commencé '.
* Ce mot avait alora le sens de réparti- entre les vingt-trois gënëraiitës, et, depuis thn. Tannëe 16^0, die ëtait adressée aux inten-
* L'ëlection de Troyes dépendait de la dants, lesquels, avec ou sansTavis du «rbugënëraiilé de Cbâlons dont Voysin était reau des finances n de leur généralité, subdialors intendant La répartition des tailles visaient TimpAt entre les diverses âections. 86 faisait chaque année au Conseil dxtat ' La dernière ligne a été coupée.
Juillet 1667.
AIT. ëtr., France, t. ayû, f* iig. — Minute.
k LA REINE.
Slenay, 3 3 juillet 1657.
Vous ne serez pas faschée d'apprendre qu'on se soit rendu maistre absolument de ce bastion destaché, et qu'on travaille présentement à passer le reste du fossé pour s'attacher au corps de la place. li a paru quelque cavalerie des ennemis à la leste du camp, qui a obligé M. de Navailles d'aller recognoistre ce que c'estoit avec huict cens chevaux, et nonobstant le bruict qu'ils font courre de vouloir secourir la place demain \ fondez plus sur l'assistance qu'ils espèrent recevoir dû saint Jacques^ que sur leurs forces, je suis persuadé qu'ils se trouveront trompez dans leur calcul; car cetapostre sera plus favorable etiuter^ cédera plus volontiers pour ceux qui ne font la guerre que par force que pour ceux qui s'opiniastrent à la continuer.
Pendant que j'escris ce billet, je reçois la vostre du 99, et comme vous ne me mandez rien sur ce que je vous ay escrit par Moret, il faut que la lettre ayt esté prise. Le Confiient fera ce que vous ordonnez ; mais je n'ay pu Tempescher d'aller à vostre rencontre au delà de Donchery ^. Pour moy, le ressentiment de goutte que j'ay ne m'empeschera pas de me faire porter à Sedan, et peui-estre quaprez deux jours je seray guery.
L'escorte que M. de Turenne a donnée, il la faudroit laisser sur la rivière de Bar ^, à trois lieues de Sedan; car, de là, il n'y a aucun péril,
' H faudrait après-deâiaio. * ^joard'hui, ville du di^ajrteiiieBt des
' On voit, par la phrase suivante, que Ardennes, arrondissement et canton de Se- Masarin parle iei , en plaisantant, d'ua pié* dan.
tendu secourt de TapAtre saiiti iaeques, sur * Cette rivière se jette dans la Meose, h
lequel auraient compte les ennemis. peu de distimce de Denchsry.
Juillet 1657. à ce que M. de Fabert asseure. Je vous prie de le dire à M. le mareschal Du Plessis", car on sera peut estre obligé de la renvoyer diligemment à M. de Turenne. Il y a des gens icy qui ont grande impatience de voir la Cour de la Reyne, et vous pouvez bien vous imaginer quels ils sont. ♦
Afil ëtr., France, t. ayA, f 4i8 v*. — Minute.
Slenay, %h juiUet 1667.
C'est plus pour m^acquitter de la parole que je vous ay donnée d'escrîre tous les jours, et pour la satisfaction que j ay de vous asseurer de mes trez-humbles respects de cette manière, ne pouvant pas le faire de vive voix, que je vous fais cette lettre, que pour avoir rien à adjouster à ce que j'ay eu Thonneur de vous mander hyer au soir ; car il n'y a rien de nouveau, si ce n'est qu'on attend les ennemis en dévotion ', pour voir s'ils tiendront la promesse dq vemr demain pour dire : Santiago y ellon^.
Le Con/îflfen/ jouit dune parfaicte santé, et il ma commandé de vous renouveler les asseurances de son amitié, en attendant qu'il le puisse faire luy-mesme, de vive voix, aprez demain, sur les hauteurs de Donchery ; et pour moy, vous excuserez si je ne m'acquitteray (m) de ce devoir qu'à Sedan; mais vous croirez bien que j'accompagneray le Confdenl diy^c mon esprit, qui est sujet, comme il doit estre, à toutes vos volontez. Le Roy faict ses recommandations à Monsieur, que Sa M*^ s'attend d'embrasser de tout son cœur aprez demain. Je vous demande la permission d'asseurer S. A. R. de mes très humbles respects.
^ Prêt à les bien recevoir. un cri de guerre qa on pent interpréter :
* La tradactioQ littërde de ces mots es- Smnt Joefues i notre aide et sus à eux («ux pagnols ^t: Samt Jacques eêt'à eux. C'est ennemis).
L*on ma escrit encore de nouveau de Paris que vous ne sçauriez Juiiu 1657. vous imaginer lamitié que ^ ^ a pour *^. Vous en avez douté ; mais des personnes bien informées m en asseurent, en sorte que la chose ne peut estre autrement.
Aff. ëtr., France, t. 371, f* &30. — Copie du temps.
À LA REINE
Stenay, 95 juillet 1667.
Le Roy vous depesche le sieur de Lessins'. 11 aura l'honneur de vous entretenir de ce qu'il y a de nouveau, et je profile de cette occasion pour vous dire que c est là la dernière lettre que vous aurez de ce voyage. C'est une grande joye de vous parler, au lieu d'escrire ; je suis guery de la goutte, mais je suis encore malade. Le Confident vous le dira; car quelque envie que j'aye de vous aller voir bien loing, je suis forcé de vous attendre dans une chambre à Sedan.
BiU. nat., ma. f. fr.. Mélanges de Colbert, t. 5 1 A, f M 73. — Minute.
AU MARÉCHAL DE LA FERTÉ
Sienay, 29 juillel 1667.
(bxtbait.)
J'ay entretenu le s"^ Polastron^ et, veu la lettre qui a esté escrite au
* Mazarin. de Jeao^Deoys, comte de Poiastron, nonimé
' La Reine. brigadier en 1686, maréchal de camp
' Unmbert de Lionne, premier gentil- en i6gi, lieutenant gênerai en 1696,
homme de la manche du Roi. mort le a 8 février 1 706 , à Tâge de soixanle-
^ Ce Pola<itron est probablement le père quatre ans.
Juillet 1657. de Maiiiinont, et quelque chose qu'on vous puisse dire, je responds que, dans le corps qui s'avance à VirtonS il n'y a pas plus de quatre raille hommes de troupes réglées. Je ne vous dis rien de la milice; mais le frère de Manimont qui les a veu marcher m'a dict qu'il y pour voit avoir six à sept mille hommes, et je croys qu'avec trois mille chevaux, vos dragons et deux mille mousquetaires, on pourroit hien entre* prendre de les combattre et de les battre; car il n'y a pas un Espagnol ny un Italien et Allemand, et don Juan, Garacene cl le prince de Gondé sont avec toute l'armée à Vauchelles^,^en ayant receu encore hyer des nouvelles en cette conformité. Je suis fasché de la surprise de Dieuse*, qui fera une bonne gorge chaude au prince de Giraay {sic); mais je ne crois pas qu'il songe à le garder, et vous verrez que le corps de cavalerie que vous y avez envoyé ne trouvera personne au logis.
Je m'estonne fort que La Louviere vous ay dict qu'il ne pouvoit faire taire le canon des ennemis parce qu'il manquoit de poudre ; car, mercredy passé, il me dict l'apres-disnée qu'il avoit laissé la tranchée et les batteries pourvues jusques au jeudy matin, et qu'il avoit au parc huit milliers de poudre, et Talon en ayant faîct porter six milliers vendredy à la pointe du jour, je ne sçay pas ce qui le peut avoir empesché de tirer; mais je sçay bien qu'il eust eu peine à faire taire le canon des ennemis, puisque* la batterie, avec laquelle il prétend en venir à bout, ne de voit estre achevée que la nuict passée.
J'en ay faict venir dix milliers de Sedan, et je la fais charger présentement avec les autres choses qu'on a demandées, afin que le tout arrive de bonne heure au camp, où il y arrivera aussy en mesme temps quatre cens cinquante soldats des gardes françaises et suisses, et la garde du Roy est toule preste à vous aller joindre au moment que vous me manderez de le souhaiter.
^ Petite ville da Lu^Lembourg, thëâtre de ment d'Abbeville, Vaacbelles-lès-Aathies,
fréquents combats au xvi* siède. arrondissement de Douliens, etc.
* On trouve plusieurs villages de ce nom ' Dieuse ou Dieuxe, aujourd'hui dëpar-
dans le département de la Somme et de tement de ia.Meurdie, arrondissement da
rOise : Vaucbelles-le-Quesnoy, arrondisse- ChAteaU'-Salinft.
Pay aussy depesché, pour faire advancer les régiments de Rambures, iuiiiet itiS;. de La Fere et Limosin avec cent chevaux, le tout commandé par M. de Rambures; et si vous voulez encore des troupes » faictes le moy sçavoir» et j'en feray envoyer incontinent les ordres à M. de Turenne.
Il fsiut se garantir d'un secours de trois cens hommes ; car pour croire que Marsin s engage de le tenter à force ouverte, je n'en puis estre d'advis. Je suis en peine de celle que vous vous donnez continuellement, et il u*y a rien que je ne Gsse pour vous en soulager, estant asseurement le plus passionné et véritable de tous vos serviteurs.
Addition.
Je viens de faire donner six mille livres pour les travaux.
Bibl. nal., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5i A, f* 1 79 v*; miuute. — A£ étr., France,
t. 972, P 176; copie du temps.