‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 73 sur 100 · À M. LE MARÉCHAL DE LA FERTÉ · texte numérisé non relu

À M. LE MARÉCHAL DE LA FERTÉ

La Fère, 3o jain 1657.

(bxtbàit.)

Les ennemis avaient feint d'aller au secours de Montmëdy afin d'attirer Turenne et toute son armée de ce côtë-là et de profiter de son ëloignement pour attacper quelque place française. Mazarin ajoute :

En effet, ayant desrobé leur marche assez adroitement, nous avons sceu que toutes les troupes ont repassé la Sambre et TËscaut et ayant laissé Bethune et la Bassée ont encore passé la Lys, et sont allées droit à Ardres, où il n'y a presque personne. On a destaché quelque cavalerie pour s'y aller jeter; mais je ne sçay si elle arrivera assez à temps. Celle de M. de Turenne s'est tellement affoiblie dans les marches qu'il a faictes, que je ne croy pas qu'il y en ayt la moitié en estât de servir; et comme à présent les ennemis sont à près de quatre vingts lieues de vous, vous n'avez plus besoin de retenir dans la circonvsdlation toute celle que vous avez, je vous conjure de nous en envoyer le plus grand nombre que vous pourrez, parce qu'elle sera fort nécessaire de deçà. Vous vous souviendrez que, quand nous 6smes le siège de Stenay\ les ennemis se trouvant engagez ailleurs, nous n'avions pas plus de douze cens chevaux et nous voyons qu'à présent ils [les ennemis] sont encore moins en estât et en volonté qu'alors d'aller secourir Montmedy^, que

' Voy. t. VI, p. 369, des Lettres de M(h ticalement : «rque les ennemis sont enooR

zarm. mouSs en estât et en volonté d*aller secoorir

* La phrase est irrëgnlière, mais die Montmédy quHIs n'estoient alors d'allar se-

8*entend parfaitement li faudrait granuna- courir Stenay».

j*espere que vous réduirez bientost aux abois par les grands soins Juin 1657. que vous prenez et par la vigueur avec laquelle vous faictes advancer le siège.

CCGXIII.

BibL nat., fonds Baluze, t. 176. — Original.

À J.-B. COLBERT

[La Fera, 3o juin 1657.]

Mazarin donne, dans cette réponse à Goibert, des détails financiers qui dénotent ses habitudes mercantiles. Gomme les ambassadeurs qu on devait envoyer en Allemagne étaient chargés de faire des présents aux ministres des Électeurs, Mazarin écrivait à Coibert :

On enverra vingt monstres d or de différentes façons, et j'en prendray soin, en ayant quantité icy. Vous direz cependant à Lescot qu'il m'envoye celles qu'il a avec le prix, et mesme s'il a quelque antre galanterie d or propre à faire des presens. Je vous envoie quatre baudriers, dont deux fort beaux et fort riches, et trois espées; en cas qu'il manque quelque chose aux espées et aux baudriei^, vous prendrez soin de le faire raccommoder.

TABLE CHRONOLOGIQUE

DES LETTRES ANALYSÉES

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