‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 102 sur 335 · CLXXXI · texte numérisé non relu

CLXXXI

Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n' 1719, tom. I, 1° 85 recto.

A M. DE G4SSION.

| Paris,] 9 aoust i643.

Monsieur,

Vous ne douterez point de l'extresme desplaisir que ma causé vostre blessure1, si vous estes bien persuadé de l'extresme passion que j'ay pour tout ce qui vous regarde. Je voudrois de tout mon cœur qu'il me f'ust permis de vous aller voir et de vous rendre toutes les assistances que vous pouvez attendre du plus véritable de vos amis. Mais puisque cela ne se peut, je me contenteray de bien espérer, et je me consoleray desjà par l'avis que je viens de recevoir que vostre mal est sans danger, et que la plus grande incommodité que vous en recevrez est qu'il vous empeschera de servir le reste de cette canipagiue. Toutesfois, puisque ce qui «-11 i'sl passé vous est si avantageux, et que vous avez eu tanl de pari au gain d'une grande bataille et à la prise d'une si forte place que Thionville, il me semble que vous en devez estre satisfait , et que la gloire qui rendrdii illustres deux années de travail peut bien suffire à l'action de deux mois. Ne soyez point en peine de ce que la lîeyne vous a promis : outre que sa parole esl inviolable, ce dernier accident qui vous esl

<i;i-sion avait été dangereusement blesse à la tête pendant le siège de Thiomillr. ■AZAHIR. — 1. 35

toûi i643. arrivé ne la fortiffiera pas peu en la resolution de vous la tenir, l'on

moy, (jui fais depuis longtemps de vos intereslsles miens, vous croirez Iticn que, si vous aviez besoin pour cela de solliciteur auprès de Sa Majesté, \mis n'en sçauriez trouver de plus fidèle et plus passionné que moy.

GLXXXIII.

Miinusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719, tom. I, f° 85 recto et verso.

A M. LE MARESCHAL DE RREZÉ

| Paris. j 10 aousi 1 643.

Monsieur,

Je n'ay rien à ajouster à ce que M. Servien'vous doit escrire touchant l'achèvement de l'affaire de M. vostre fils1, sinon que je vous suis garant de l'exécution de tout ce qui a esté résolu pour ce sujet. Je ne vous fairois point cette avance, si je n'en a vois point certitude, comme je n'aurois pas proposé les conditions que la Revue vous a accordées, si je ne les eusse jugées avantageuses à vostre maison. C'est pourquoy vous ne devez point faire difficulté d'escrire à M. le duc de Brezé de ne laisser point languir cette affaire et d'ajouster la grâce de la promptitude au contentement qu'il donnera en cela à Sa Majesté.

M. Servien m'a aussy tesmoigné que vous desiriez que l'on gratiiliast quelqu'un de vos amis d'une pension de deux ou trois mille livrer

' Les lettres de Grotius t'ont connaître l'affaire que Mazarin se horne à indiquer : f-Dux Fronsacus, Bressa?i filins , pro maris imperio accepit dm francicorum , vicariam praei'ecturam Andegavensis Iraclus. et jus succedendi in palrios honores.- (//. Gmtii epistoke inedilw , p. Gy.)

En vendant à la Reine l'amirauté, le jeune duc de Brézé, fils du maréchal, conserva le

commandement de la Hotte, il e'tait occupe, à cette époque , des préparatifs d'une expédition navale : «-Armandus Maillœus Brezaeus, rei navali in Gallia prasfectus. classem in mari Gallico instruxerat navium acluariarum novem , viginli grandiorum qua? velis modo aguntur, duarum ejusdem generis minorum, incendiariarum duodecim.i etc.

(Labardasus, De rébus Gullicis, p. 55.)

sur quelque bénéfice. Pour cela vous n'aurez point peine d'estre Août i643 satisfait, et je vous donne ma parolle que vous le serez à la première occasion qui se présentera. Enfin je vous supplie de croire que je manqueray aussytost à mon propre bien qu'au vostre, et que, tant quej'auray quelque crédit à la Cour, je vous fairay paroistre, à toutes les rencontres où il s'agira de vos interests, que je suis très-veritablement et très-passionnement, etc.

Manusc. do la Bibiioth. Mazarine. n° 1719, tom. I, 1'° 85 verso

\ M. LE DLC DE BREZÉ

lJ;:i i> , | 10 aouât 1663.

Monsieur,

Vous verrez par la lettre de la Reyne, par celle de M. vostre peu et par celle de M. Servien, ce que Sa Majesté a eu agréable qui se fist en l'affaire dont ils vous escrivent. A cela je n'ay rien à ajoustei sinon que, le tout estant à vostre advantage, et l'exécution en devant estre très-ponctuelle, de quoy je vous suis garant, vous devez promptement despescher le courrier qu'on vous envoyé, et ne tarder pas à donner à la Reyne le contentement qu'elle désire de vous. Ce pendant vous ne laisserez pas de continuer à bien servir celle campagne et à confirmer, par les bonnes actions que vous Tairez, la gloire que vous avez desjà acquise.

Pour moy vous estes asseuré que je ne m'espargnerav point à les taire valoir et à porter tousjours vos interests avec l'affection que je doyau mérite de vostre personne et à la mémoire de feu M. le cardinal. Quant a l'affaire dont vous m'escrivez, ne doutez point que je ne fasse tout ce qui despendra de moy pour la satisfaction de vostre am\. el que je ne vous tesmoignc, en toutes les occasions où je voasseraj utile, que personne ne peut estre plus (pie moy, etc.

\im'ii i 663.

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine, n" 1719, tom. l,f° 85 verso.

A M. LE DUC D'ENGHIEN

| Paris, | 1 a aoiifit 1 643.

Monsieur,

Ce que j'ay contribué à faire résoudre le siège de Thionville fait la moindre part de la joye que je ressens de l'heureux succès de cette entreprise. L'utilité qui en doit revenir à cet Estât et la gloire qui vous en revient sont les principales causes du contentement que j'en reçois. Quant à ce second point, vous le croirez facilement, si vous vous souvenez des véritables protestations que je vous ay faites que, après les interests de Leurs Majestés, je n'a vois point de plus grande passion que pour les vostres.

On vous envoyé le brevet que vous avez demandé pour le sieur de Marolles, et asseurez-vous que vous ne désirerez jamais rien où mes offices vous soient nécessaires, que je ne les employé avec toute la chaleur avec laquelle je fais profession d'estre, etc.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 86 recto.

A M. D'AUMONT

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