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ARTICLE À DÉCHIFFRER PAR MONSEIGNEUR LE CARDINAL BICHI LUI-MÊME

J'ai bien réfléchi à tout ce que Votre Eminence m'a écrit au sujet de M. de Beauvais1, et, voyant que, malgré les avances que je lui ai faites pour

' Augustin Potier, évêque de Beauvais, Mazarin. Le Pape était disposée donner la qui avait du crédit au commencement de la dignité de cardinal àl'évêque de Beauvais. régence d'Anne d'Autriche et dont la cabale C'est du moinscequi résulte du passage suides Importants avait voulu faire le rival de vant d'une lettre de Grotius r?De episcopo

d'amicitia e d'affetto, e gl'ordini reiteramente datigli dalla Regina Août i643. di vivere ben' meco, fa tutto il contrario, e con termini pieni di malignité, derivanti dal credere che io gl' occupi il suo posto, e che lui è il solo capace di ben governare gl' affari di questa Corona , sono stato necessitato a cambiare forma di vivere con esso lui, ed a non disingannarela Regina, quando m' ha fatto doglianze di questo soggetto, e dichiaratomi che ha trovato molto différente di quello l'haveva creduto. Il suo interesse lo porta a fare tutto il possibile affinchè, per mezzo de! cardinale Grimaldi, sia considerato dal Papa e cardinale Barberini come il più zelante prelato che habbia la Sede Apostolica in Francia; ma Vostra Eminenza, per mezzo di monsignor suo fratello, potrebbe

obtenir son amitié et son affection, et malgré les ordres réitérés que lui a donnés la Reine de vivre bien avec moi, il fait tout le contraire et en termes pleins de malignité, qui découlent de la croyance que j'occupe sa place, et qu'il est le seul capable de bien gouverner ce Royaume, j'ai été forcé de changer de manière d'être avec lui, et de ne pas contredire la Reine quand elle m'a fait des plaintes sur ledit évoque, et qu'elle m'a déclaré qu'elle l'a trouvé bien différent de ce qu'elle l'avait cru. Son intérêt, à lui, le porte à faire tout son possible pour être, par le moyen du cardinal Grimaldi, considéré par le Pape et par le cardinal Rarbcrini, comme le prélat le plus zélé qu'ait en France le Siège Apostolique; mais Votre Eminence, par le moyen de son frère, pourrait

Bellovacensi, qui apud Reginam regenlcm plurimum potesl, et a Regina erat commendatus ad adipiscendum honorem oardinaliliiiin. respondit Papa se. si sponte sua ex (iailis episcopis aliquem eligere delniisset. non alii potius id honoris fuisse collaturum, quodeleruditioneinipsiusnossetelvirtulcsct reverenliam erga sedemRomanam.Itaquese prima occasione memorem fore petitionis a Regina factae. Cardinalis Mazarinus, qui, si id eveniat, potiorem illnni prœvidetforè auctoritate et gratis, forte etloco,quia Rcllova-

censis et episcopus est et par Galliae, creditur parare se ut eat Romani, et eo misisse magnam vim pecunia:, comparalani ex opulenlissimis beneficiiset largilionibus regni.- (//. Grotii epistolœ ineditœ, p. 266.)

Celte lettre, dont l'éditeur n'a pas lixé la date et qu'il a rejetée parmi les lettres de l'année t645, est évidemment de i643 et des premiers temps de la Régence, à l'époque où l'évêque de Reauvais jouissait de la plus grande faveur et paraissait destiné à succéder à Maxarin.

io

31/i LETTRES

\oni i643. insinuare, senza appartarsi dalla verità , qucllo che ne crede e ne sa, e non sarebbe maie che destramente Vostra Eminenza ne tenesse proposito col cardinale Antonio e Serragallo.

Intanto si scrivc al marcliesc di Fontanè di adoprarsi senza afl'ettazione per il ritardamento délia promotione, in caso che la vedesse pronta; e si gli mandano tutti gl' ordini necessarii per ogni accidente che potesse succedere. Non saprà perô il marchese clie io habbia havulo notifia di questo. E ben vero che se gl'è scritto di conferire tutto con Vostra Eminenza, in caso ch' ella vada a Roma. Ho scritto a parte (juesto capitolo, acciô sia decifrato da Vostra Eminenza, supplicandola a non permettere che se ne penetri cosa alcuna.

Monsignor Sforza m' ha scritto una lunga lettera, nella quale mostra desiderio di succedere qui al cardinale Grimaldi, e mi prega dopo mille protestationi di considerarlo più d'alcun' altro, di maniera che se viene proposto da Roma trà al tri soggetti vi sarà délia pena ad escluderlo, in riguardo massime délie vive inslanze che fa a suo favore il marchese di Fontanè; ma se il suo spirito non fu giudicato proprio

insinuer, sans s'écarter de la vérité, ce qu'elle en croit et en sait; et il ne serait pas mal que Votre Eminence en parlât adroitement au cardinal Antonio et à Serragallo.

En attendant on écrit au marquis de Fontenay de travailler, sans affectalion, à faire retarder la promotion, dans le cas où il la verrait prochaine; on lui envoie les ordres nécessaires pour tous les incidents qui pourraient survenir. Mais le marquis ne saura pas que j'ai eu connaissance de cette dépêche. Il est bien vrai qu'on lui a écrit de conférer sur tout avec Votre Eminence, en cas qu'elle se rende à Rome. J'ai écrit à part cet article, afin qu'il soit déchiffré par Votre Eminence, en la suppliant de ne pas en laisser connaître la moindre chose.

Mgr Sforza m'a écrit une longue lettre, dans laquelle il montre le désir de succéder ici au cardinal Grimaldi, et me prie avec mille protestations d'avoir pour lui plus de considération que pour tout autre, de manière que, s'il est proposé par Rome parmi les autres sujets, il sera difficile de l'exclure, surtout à cause des vives instances que fait en sa faveur le marquis de Fontenay:

per questa Corte in tempo de! cardinale duca, non so corne lo potrà Août i6A3. essere nel cominciamento délia Regenza, nel quale è aperta la porta a tutte le caballe et intrighi.

Bisognerebbe, a mio parère, destraraente procurare, in conformité cli quanto VostraEminenza prudentemente ha scritto al marcliese di Fontanè, si proponessero al solito più soggetti, e se non si potesse impedire che fosse trà essi compreso monsignor suddetto, sarebbe almeno necessario che gl' altri fossero degni e tali che vi si potesse prendere confidenza. Vitelli, Ghisi, Gonti et Bonvisi, crederei che potessero essere proposti. E circa il scegliere uno qui ci rimetteressimo ail' avviso di Vostra Eminenza; benchè io credo che Ghisi o Vitelli sarebbero più proprii. In ogni caso, converrà che Vostra Eminenza faccia conoscere alla persona, che si dimanderà, di doverine ne qualche obligatione.

VostraEminenza vedrà quello si scrive al marchese di Fontanè sopra il cardinale Rosetti, che, mentre non s'impedisca, si crede che possi essere dichiarato legato per assistere ail' assemblea délia pace. Vaglia

mais si son caractère ne fut pas jugé convenable pour notre Cour du temps du cardinal-duc, je ne sais comment il pourrait l'être au commencement de la Régence, pendant lequel la porte est ouverte à toutes les cabales et intrigues.

11 faudrait, à mon avis, faire en sorte que, conformément à tout ce que \ otre Eminence a sagement écrit au marquis de Fontenay, on proposât comme à l'ordinaire plusieurs sujets, et, si l'on ne pouvait empêcher que ledit cardinal fût mis au nombre de ceux-ci, il serait au moins nécessaire que les autres fussent capables et tels qu'on pu! avoir confiance en eux. Vitelli, Ghisi, Gonti ei Bonvisi pourraient, je crois, être proposés. Quant au choix de l'un d'eux, nous nous en rapporterions ici à l'avis de Votre Eminence; toutefois je crois que Ghisi ou Vitelli seraient les plus convenables. En tout cas, il sera bien que Votre Eminence fasse savoir à la personne que Ton demandera qu'elle m'en a quelque obligation.

Votre Eminence verra ce qu'on écrit au marquis do Fontenay sur le cardinal Rosetti, qui, si Ton ne s'y oppose pas. pourrait bien, je crois, être nommé légal pour assister au congrès de la paix. Faut-il dire la vérité? Sa

ûo.

Wit i643. il vero : Sua Santità dovrebbe commettere, perla riputatione délia Santa Sede e per il bene délia Ghristianità , il maneggio d'un a [Tare di tanto rilievo a persona più autliorevole, più rolta ne'negotii, più accreditata <! più capace, potendo assicurare Vostra Eminenza che, quando Rosetti fosse dieci volte più aflettionato al partito austrico di quello che è, e che per aïtro fosse capace di sostenere un si gran peso, la Francia non vi troverebbe niente a ridire.

11 cardinale Sacchetti sarebbe il caso, e come stimo che la pace debba concludersi, non solamente questo impiego non pregiudicerebbe alla sua essaltalione, ma l' assicurerebbe con sua gloria immortale. Anche il cardinale Altieri potrebbe essere proprio; ma, chiunque vada, sarebbe necessario che il signor Zongo Ondedei1 havesse qualche parte nella legatione, e di gratia Vostra Eminenza si contenti di far opéra, perché questo segua, assicurandomi che il cardinale Antonio interporrà volentieri i suoi olfitii per il medesimo effetto, amando il detto signore e dovendo haver a cuore il servitio di questa Corona.

Sainteté devrait confier, pour l'honneur du Saint-Siège et pour le bien de la Chrétienté, la direction d'une affaire si importante à une personne de plus d'autorité, plus rompue aux affaires, plus accréditée, plus capable. Je puis assurer à Votre Eminence que , quand même Rosetti serait dix fois plus attaché au parti autrichien qu'il ne l'est, si d'ailleurs il était capable de soutenir un si lourd fardeau, la France n'y trouverait rien à redire.

Le cardinal Sacchetti serait l'homme qu'il faut, et comme je présume que la paix doit être conclue, non-seulement cet emploi ne nuirait pas à son exaltation , mais ne ferait que l'assurer en le couvrant d'une gloire immortelle. Le cardinal Altieri pourrait aussi convenir; mais, qui que ce soit qui aille à Munster, il serait nécessaire que M. Zongo Ondedei ' fît partie de la légation, et je prie en grâce Votre Eminence d'avoir la bonté de faire en sorte que ce dernier soit attaché à l'ambassade. Je suis convaincu que le cardinal Antonio interposera ses bons offices pour le même effet; ce seigneur aime et doit avoir à cœur le service de notre Couronne.

1 Parent du cardinal Mazarin. Zongo Ondedei devint plus tard évêque de Fréjus.

Vostra Eminenza mi pardoni se liberamente le dico che non oc- loiii i6û3 corre ch' ella pensi di ritornare per adesso a Carpentras, poichè seguito l' accomodamento è necessario che vada a travagliare in Roma per fare una buona fazione alla Francia; e si assicuri che, mentre durera il mio credito, Yostra Eminenza servira quesla Gorona con molta riputatione et avvantaggio.

Quando io era in Roma, conferii col signor marchese di Santo Vito le rissolutioni che potrebbe prendere suo fratello quando fosse cardinale, e si dichiarô meco confidentemente, che si appiglierebbe a quella di essere dichiaratamente del partito di Francia, di maniera che, sapendo che persiste ne! medesimo pensiero , Vostra Eminenza potrà confidentemente dirli che segli darà una abbatia, che valerà almeno quattro mila scudi d'entrata; che sin al tempo che ne venghi la vacanza, se gli darà questa somma effettivamente delli danari del Re, c che in oltre opererô ancora che segli dia un' ajuto di costa di dieci o dodici mila lire,e non sarà difficile l'ottenerc, che il cardinale possa poi rinuutiare 1' abbatia ad un suo nipote. Oltre di che potrà Vostra Eminenza

Que Votre Éminence me pardonne si je lui dis franchement que les circonstances ne permettent pas qu'elle retourne en ce moment à Carpentras, parce que, la paix entre le Pape et le duc de Parme une fois faite, il est nécessaire qu'elle aille à Rome former un parti pour la France; que Votre Éminence soit sûre que, tant que durera mon crédit, elle servira noire Couronne avec beaucoup d'honneur et d'avantage.

Quand j'étais à Rome , je m'entretins avec M. le marquis de Santo Vito sur les différents partis (pie pourrait prendre son frère quand il serait cardinal: il me déclara en confidence qu'il se prononcerait hautement pour la France. Ainsi, sachant qu'il persiste dans les mêmes idées, Votre Eminence pourra lui dire en confidence qu'on lui donnera une abbaye qui vaudra au moins quatre mille écus de revenu: que, en attendant qu'il y ail une vacance, on lui comptera la même somme sur la cassette du Roi; en outre, je ferai en sorte qu'on lui donne une gratification de dix à douze mille livres; puis il ne sera pas difficile d'obtenir que le cardinal puisse plus tard transmettre l'abbaye à l'un de ses

Voùi i643. assicurare il marchese che con il tempo riceverà il cardinale suo fratcllo altri avvantaggj da questa Corona.

Se Vostra Emincnza potrà praticare l' acquisto di qaalche allro soggetto, fa! à attione degna dol zelo ch' ella ha per la Francia, e si facilitera dal mio canto l'essecutione di tutlo (|uello ch' ella crederà espediente, che si debba fare in questo proposito.

Bisogna in ogni modo guadagnare il cardinale Altieri, il qnale ha sempre mostrato gran passione per gl' interessi di questa Corona, e m' ha sempre parlato con rissolutione di non cambiale di volontà in qualunque posto che si vedesse; ma corne è soggetto che puot pervenire facilmentc al Pontificato, concorrô con Vostra Eminenza in abbracciare i rnodi di assicurarlo a noi segretamente, e perciô bisognerà darli una pensione annua délia somma ch' ella concertera, con sicurezza che non se ne havrà notitia da nessun altro che dalla Regina, da Vostra Eminenza e da me, si bene non so come si potrà far dimeno di non darne qualche luce ail' arnbasciadore che sarà in Roma per il Re.

neveux. De plus Votre Eminence pourra assurer le marquis qu'avec le temps le cardinal son frère recevra d'autres avantages de notre Cour.

Si Votre Eminence peut nous gagner quelque autre sujet, elle fera une action digne du zèle qu'elle a pour la France, et, de mon côté, je faciliterai l'exécution de tout ce qu'elle croira bon qu'on fasse dans cette intention.

Il faut de toute manière gagner le cardinal Altieri, qui a toujours montré un grand attachement pour la France, et m'a toujours dit qu'il était bien résolu de ne pas changer de sentiments dans quelque position qu'il se trouvât. Mais comme c'est un sujet qui peut facilement parvenir au Pontificat, je m'entendrai avec Votre Eminence pour trouver les moyens de nous l'assurer secrètement; et pour cela il faudra lui faire une pension annuelle de la somme dont Votre Eminence conviendra avec le cardinal, avec certitude que cela ne viendra à la connaissance d'aucun autre que de la Reine, de Votre Eminence et de moi, bien que je ne sache pas comment on pourra faire pour n'en pas donner au moins quelque notion à l'ambassadeur qui représentera le Roi à Rome.

Oltre la pensione anima, bisognerà dare al suddetto cardinale Août 1 643. un' ajuto di costa, e Vostra Eminenza lo potrà fare subito, valendosi de' miei danari a questo effeto; ne credo se gli possi dare raeno di mille doppie.

Vostra Eminenza si compiacerà darmi parte di quello sarà seguito in questo proposito, afïinchè io possa informarne la Regina, che, mi assicuro, approvarà quanto si sarà operato cl a Vostra Eminenza, rimettendo ancora ail' arbitrio di lei di dare subito un' ajuto di costa al marchese di Santo Vito segretamente, per il cardinale suo fratello.

Rondo gratie a Vostra Eminenza délie diligenze che ha fatte per far conoscere al duca di Parma quanto ingiustamente mi creda avverso alla sua persona et interessi; ma puot essere certo di due cose : la prima, che non m'inquieterô molto di vedermi primo1 délia sua gratia; e l'altra che non lascierô per questo di ben' servirlo, mentre continu i nella partialità e divotione verso questa Gorona.

Outre la pension annuelle, il faudra donner au susdit cardinal une gratification, et Voire Eminencc pourra le faire tout de suite, en se servant à cet elïel de mes deniers; je ne crois pas qu'on puisse lui donner moins de mille pistoles.

Votre Eminencc aura la bonté de me faire part du résultat de cette affaire, ;itii) (pie je puisse en informer la Reine, qui, j'en suis sûr, approuvera tout ce qu'aura fait Votre Eminence; elle s'en rapportera à votre sagesse relativement à la gratification à donner tout de suite et secrètement au marquis de Santo Vito pour le cardinal son frère.

.h' rends grâces à Votre Eminence de ses diligences pour faire connaître au duc de Parme combien il est injuste de me croire de l'éloignement pour sa personne et pour ses intérêts; niais il peul être sur de deux choses : la première, que je ne m'inquiéterai pas beaucoup d'être le premier dans ses bonnes grâces; la seconde, que je ne Laisserai pas pour cela de le bien servir, tanl qu'il continuera d'être attaché et dévoué à cette Couronne.

1 II \ a dans la copie primo i ce qui «i- (Jue Mazarin ne s'inquiétera pas beaucoup gnifie être le premier dans ses lionnes grâces. d'être privé de ses honnes grâces. Il faudrait peut-être lire prt'yo , el entendri

loûi i643. Del Gofrcdi non dico altro,ma so bene clic il suo talenlo sarcbbe più di scrivere un' libro di avventure di cavalieri erranti, cbe di mischiarsi in affari di Stato e di consigliare un'prencipe.

Per l' impiego dcl mio danaro, mi rimetto intieramente a Vostra Eminenza, sapendo essere questa la miglior rissolutione clie io possa ])rendere. Io ne ho una somma a Genova, e procurcrù che pervenga ancor questa quanto prima nelle mani di Vostra Eminenza.

Repplico a Vostra Eminenza, intorno a quel mercante Genovese a cui erano state confidate le robbe in Provenza, che assolutamente non ho ricevuto speditione alcuna da questa parte per ricuperarle ; onde hisogna che vi sia qualche fraude; che supplico Vostra Eminenza di scoprire, e far in modo che il detto mercante non si rida di noi.

In occasione supplico Vostra Eminenza di assicurare il duca di Vlodena, che sono suo servitore, e che, se me ne darà campo, lo vedrà in effeti.

Se Vostra Eminenza crederà possi servire al publico , o a qualche

Quant à Gofredi, je n'en dis rien, mais je sais bien que son talent serait plutôt de faire un livre d'aventures de chevaliers errants que de se mêler d'affaires d'Etat et de conseiller un prince.

Pour l'emploi de mon argent, je m'en remets entièrement à Votre Eminence, sachant que c'est le meilleur parti que je puisse prendre. J'ai une certaine somme à Gênes, et je ferai en sorte qu'elle arrive le plus tôt possible dans les mains de Votre Eminence.

Je réponds à Votre Eminence , au sujet de ce marchand génois auquel avaient été confiés les habillements en Provence , que je n'ai reçu aucun avis de ce pays pour les recouvrer; il faut donc qu'il y ait quelque fraude. Je supplie Votre Eminence de se livrer à des recherches, et de faire en sorte que ce marchand ne se rie pas de nous.

Je supplie Votre Eminence d'assurer, quand elle en aura l'occasion , le duc de Modène que je suis son serviteur, et que, s'il m'en donne le moyen, il le verra par les effets.

Si Votre Eminence croyait qu'il pût être utile au public ou à quelque inté-

interesse priva lo, di stringermi sinceramente in buona intelligenza col Août i643. cardinale Barberini dentro il servitio del Re, do facoltà ail' Eminenza Vostra di farlo con sicurezza che sarà approvata da me ogni sua rissolutione.

Se Vostra Eminenza giudicasse che l'accomodamento di cotesse differenze polesse agevolarsi con fare un viaggio a Venetia, a fine di dare questa apparenza alla Republica, prendo ardire di consigliarla ad in- Iraprenderlo quanto prima, ed a lusingare in ogni miglior forma quel Senato nelle sicurrezze che deve havere dell' affetto et amicitia del Re.

Vostra Eminenza apprenderà da moite parti lo stato mio in questa Corte; onde le dirô solamente che ricevo ogni giorno gratie maggiori dalla Maestà délia Regina e dal signor duca d'Orléans; e per il medesimo caso gi' invidiosi del posto che io fcengo si animano sempre p i Ci , e non lasciano indietro diligenza alcima per precipitarmi. Se io potessi sodisl'are tutti, lo farei volentieri. Ma il mio delitto consistendo in servire bene, et in havere la buona gratia di Sua Maestà, sono obbligato di

rêt particulier que je lusse loyalement en bonne intelligence avec le cardinal Barberini, sans faire tort au service du Roi, je donne à Votre Eminence i;i faculté de le faire en toute sécurité : tout ce qu'elle fera aura mon approbation.

\ dire Eminence pense-t-elle que les différends d'Italie pourraient se terminer plus facilement si elle faisait un voyage à Venise, afin de donner une preuve d'estime à cette République? Je prends la liberté de lui conseiller de l'entreprendre au plus vile, de, flatter le Sénat avec toute l'habileté dont elle est capable, en lui inspirant foule la confiance qu'il doit avoir dans l'affection et l'amitié du Roi.

Votre Eminence apprendra de plusieurs côtés ma position à la cour de France; aussi je lui dirai seulement que je reçois tous les jours les plus grandes grâces de Sa Majesté la Reine et du duc d'Orléans; mais en même temps les envieux du poste que j'occupe s'irritent de plus en plus et ne négligent rien pour me renverser. Si je pouvais contenter tout le inonde, je le ferais volontiers. Mais mon crime consistant à bien servir et à avoir les bonnes de la Reine, je suis obligé de m'efforcer autant (pie je le puis de me

.i; w.utiv. • i. /i i

loiii i643. procurare per quanto potrô di rendermi ogni giorno j > i 1 1 criminale. (lonosco la grandezza del poslo nel quale mi trovo, ma conosco an— cora clic, non essendo tentato da alcun' interesse partieolare, queslo posto non serve che a togliermi ogni riposo. Iddio lia volulo cosi, e nel' conlormarmi alla sua volontà, so di non poter errare; ma vorrei bene che piacessc a Sua délia Maestà di restitnirmi alla quiète. (Ion che resto, ecc

rendre chaque jour plus criminel. Je connais la grandeur du poste où j<; me trouve; mais je sais aussi que, comme je ne suis guidé par aucun intérêt particulier, ce poste ne sert qu'à m'ôter tout repos. Dieu l'a voulu ainsi, fit, en me conformant à sa volonté, je sais que je no puis errer; mais je voudrais bien qu'il plut à Saditfi Majesté do me rendre au repos. Sur ce je demeure, etc.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. tom. I . f " 96 verso.

A M. D'AMONTOT.

| Pnris,] 20 aousl îfi'iH.

Monsieur,

Pour response à la vostre du 29 de juillet, je vous diray que vous ne devez point vous lasser de travailler à conclure l'ajustement de la rançon de Janelin Doria ; car enfin celte affaire traisne trop longtemps, et il est nécessaire que cet ajustement se rompe ou se termine promptement; vous vous y conduirez neantmoins avec vostre prudence ordinaire, et sans tesmoigner de l'impatience d'en voir la conclusion. Il me semble que le procédé des Espagnols ne s'accorde pas bien avec Testât de leurs affaires, et qu'ils devroient estre plus sincères et plus civils, veu l'excessive quantité de prisonniers que nous avons, au prix d'eux.

Asseurez le sieur Janetiu Justiniau que je prendray un tel soin Août i6û3. des interests qu'il a icy, qu'il aura sujet d'estre satisfait de la France, et qu'il ne se repentira point de paroistre partial de cette Couronne. Je fairay aussy considération de ce que vous m'escrivez du sieur Gian Judice,pour faire reconnoistre par quelque grâce la passion qu'il tesmoigne avoir pour cet Estât.

Le gentilhomme qui vous rendra la présente vous consignera un paquet pour M. le cardinal Bichi, que vous lui fairez, s'il vous plaist, tenir le plus promptement et le plus seurement qu'il se pourra. Vous aurez maintenant receu vostre congé, dont vous vous servirez quand il vous plaira, pourveu que les affaires ne souffrent point de préjudice de vostre absence. Celles de Sa Majesté sont, grâce à Dieu, florissantes de tous costés, et le dedans est fort calme, comme le dehors est forl heureux.

Pour ce qui est de vos interests particuliers, asseurez-vous que je les protegeray de tout mon pouvoir, et'que je vous tesmoigneray, aux occasions, que je suis véritablement, etc.

Manusc. de la Bibliolli. Mazarine. n° 1719. lom. II. f" 128 verso.

A M. DE LA MEILLERAYE

I Paris, | s5 aoosj 1 663.

Monsieur,

Si je ne respons règlement à toutes vos lettres, ce n'est pas que je ne fasse grande considération sur tout ce qu'elles contiennent; niais, traitant tous les joins avec MM. de Saintoc 1 et de Bary, je suis cev-

1 Ce nom est ainsi écrit dans la copie. Je ans. Il avoit été longtemps maître des céré-

pi&ume qu'il s'agit de Saintot, ouSaiactot, montes. C'était un homnie tout doucereux,

maître des cérémonies, dont Saint-Simon et avec cela tout avantageux, tout esclave de

parle dans ses Mémoires 1 éd. Hachette, t. X, la faveur aux dépens de vérité et de justice,

p, 399). rrSainetot, dit-il. mourut subite- et qui se croyoit en droit de favoriser qui

ment (en 1 7 1 3 ), à quatre-vingt-cinq ou six il lui plaisoil en passe-droit.*

/il.

32/i LETTRES

\uiw ni'i;;. fain qu'ils vous font sçavoir exactement le résultat de nos conférences. (Test ce qui me dispense de vous escrire souvent, et celle-cy n'a d'autre fin que de vous asseurer que toutes les parolles qui vous ont esté données vous seront ihviolablement observées. C'est pourquoy, comme le monde est plein de taux bruits et de conjectures trompeuses, s'il venoit quelque chose à vos oreilles, contraire à ce qui vous a esté promis, je vous supplie de ne vous en esmouvoir pas, et, de croire que. s'il arrivoit quelque accident impreveu qui obligeast à y apporter quelque changement, ce ne seroit jamais à vostre desavantage, et que vous le sçauriez de moy avec toute la liberté et franchise avec laquelle jay coustume de traicter avec mes amis. Cependant tenez-vous l'espril en repos, et croyez qu'il n'y aura jamais que l'impuissance de vous servir qui m'empesche de le faire, puisque je suis avec autant de vérité que de passion, etc.

CGXIII.

Mamisc. de la Biblioth. Mazarine, ir 1719, lom. I, f° 97 recto.

A M. LE COMTE PALATIN1

[ Paris, | 26 iiousl 1 643.

Monsieur,

Les asseurances que jay données à Vostre Altesse des bonnes intentions qu'a la Reyne pour les interests de sa maison ne sçauroient estre plus véritables. Celles que vostre résident en cette Cour nous donne du dessein quevousavez de vous attacher à la France, par tous les liens quelabienseance pourra souffrir, la confirment encore davantage en cette pensée. Vostre Altesse en ressentira les effets dans le traité de la paix, où la justice de ses prétentions sera appuyée de tout le crédit de cette Couronne. Pour moy, je vous supplie de croire que

' Charles-Louis, fils de Frédéric V, comte qu'à la paix de Westphalie. iNé le -20 dépalatin, ne rentra en possession de ses Etats cemhre 1617. il mourut le 28 août 1 680.

je ne me despartiray jamais de la resolution que j'ay faite de vous servir, tout iG'j.î et comme un allié bien intentionné pour cet Estât, et comme un prince dont j'honore particulièrement la personne et estime infiniment les bonnes qualités, qui m'obligeront tousjours à rechercher les occasions de tesmoigner à Vostre Vitesse que je suis avec toute sorte de vérité et de passion , etc.

GCXIV.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719- tom. I. f" 97 recto.

\ M. D'AVAWGOUK,

RESIDENT PO Ull S\ MAJESTE \ DAiiTZK

| l';iris, | 27 aousl 1 643.

Monsieur,

Je vous envoyé la response à la lettre de M. le grand chancelier de Pologne, que je vous supplie me faire la faveur de luy vouloir faire tenir. C'est véritablement un personnage de grand mérite, et qui est très-digne du grade où il vient désire eslevé dans le royaume de Pologne. Vous m'obligerez de l'asseurer particulièrement de l'estime que j'en lais et du désir que j'ay de vivre avec luy en une très-parfaite correspondance de volonté.

Pour ce (pu est de ce que nous m'escrivez du renouvellement des alliances prétendues que les ministres d'Auslriche taschenl de faire en Pologne, el du secours d'hommes et d'argent qu'ils s'efforcent <l «ut tirer pour continuer la guerre aux Suédois, j'estime que celle Couronne es! trop juste pour vouloir violer le traité de tresve qu'elle a si solennel lemenl fail avec la Suède, el trop prudente pour s'embarrasser dans 1rs houilles d'Allemagne et fournir de la matière pour les allonger, à la veille d'un traité de paix générale, puisqu'il n y ;i point d'Estat dans la Ghrestienté qui ayt plus d interest que la Pologne que celte paix se fasse H que la Ghrestienté respire des travaux de cette longue guerre

w.i i663. pour pouvoir résister au Turc, si elle en esLoit attaquée, ce qui ne

se pourroit faire sans que la Pologne fust la première et la plus dangereusement exposée à cette attaque. C'est oe que, à mon avis, le Roy et messieurs ses ministres sçauroient bien considérer.

\u reste, j'ay à vous dire que. comme les services que vous rendez il y a longtemps à cet Estât ne me sont pas inconnus, je m'employeray avec affection pour les faire valoir auprès de Leurs Majestés, et pour vous en procurer la reconnoissance qu'ils méritent. Asseurez-vous-en donc, et croyez que je suis véritablement, etc.

ccx\ .

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine, n° 1719, tom. 1 , f° 98 recto.

A M. LE COMTE DL PLESSIS-PRASLI.N

[Paris,] 27 aoust i6/i3.

Monsieur,

J'ajouste, par celle-cy, à une autre que vous recevrez en inesme temps, que j'eusse désiré avec passion faire pourvoir du gouvernement de Trin M. de Podeux, si la Reyne ne l'avoit desjà destiné à M. d'Amboise; mais ce coup estant sans remède, il peut s'asseurer que, pour vostre considération, et pour l'estime que je fais de sa personne, je ne perdray point d'occasion de luy procurer quelque autre chose qui luy soit avantageuse.

Pour ce qui est des prisonniers de Milan, on a fait faire des offices si efficaces auprès de don Francisco de Melos, pour le recouvrement de leur liberté, que je ne doute point du succès de cette affaire, dans l'exécution de laquelle les Espagnols sont plus intéressés que nous, comme vous le pouvez facilement juger par l'excessive quantité de prisonniers que nous avons, au prix d'eux.

Je n'ay point rendu de civilité à M. vostre fils qui ne soit deue à vostre mérite et au sien. Je tascheray avec le temps de luy donner des

preuves plus effectives de mon affection, avec la mesme passion avec v<rât i643. laquelle je suis, etc.

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine. n° 1719. tom. !. fJ 98 verso.

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