‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 112 sur 335 · V MM. LES CONSULS DE LA VILLE DE STRASBOURG · texte numérisé non relu

V MM. LES CONSULS DE LA VILLE DE STRASBOURG

[Paris,] 38 aoust i643.

Messieurs,

Vous connoistrez tousjours, par les effets, que vous ne vous trompez point en l'opinion que vous avez que je favoriseray tousjours les interests de vostre République. L'inclination que vous avez de tout temps* eue pour la France et la preuve que vous en avez depuis peu rendue, laissant passer sur vostre pont des troupes de madame la landgrave de Hesse, obligent tous les bons François d'en avoir du ressentiment. Aussy devez-vous croire que la Revue en faira tousjours grande considération, et qu'elle employera son authorité pour divertir les desseins que le duc Charles pourroit faire de s'en venger. Quand mesme l'interest de cette Couronne n'y engageroit pas Sa Majesté, les oflices que madame la Landgrave a faits pour ce sujet par ses lettres et par son agent la convieroient assez de vous protéger en une occasion d'où elle a tiré tant d'avantage.

Pour ce qui est du procédé que le sieur de Peselvre9(?) ;i teneu en vostre endroit il y a quelques années, on lu\ faira sçavoir de bonne façon combien il est désagréable à Sa Majesté, et Ton donnera si bon ordre que rien de semblable ne se fasse point à l'avenir, que je me promets que vous en serez satisfaits et que vous aurez sujet de vous louer des officiers du Ro\ qui sont dans vostre voisinage. On faira mesme perquisition si ce qui vous a esté pris est en nature, afin qu il vous soit restitué.

Brel. voua devez estre certains que vous recevrez de ce Gouverne-

\ofii i663. ment tous les tesrnoignages de protection et (Je bonne volonté que vous en pourrez raisonnablement désirer. De cela je vous suis caution, et vous puis protester, par la connoissance certaine que j'en a\, que vous ne vous approchez jamais de si près par affection de celte Couronne, qu'elle ne s'avance encore davantage par de bons ollices vers vostre Republique. Pour mon particulier, je vous supplie de croire que je rechercheray tousjours avec soin les occasions de vous faire paroistre que je suis véritablement, etc.

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine. 11° 1719, tom. I. f" 99 recto.

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