A LA SERENISSIME REYNE DE LA GRAINDE-BRETAGNE
[Paris,] ."> septembre i6i3
Madame,
J'eusse creu manquer au respect que je dois à Vostre Majesté et à la profession particulière que je fais d'estre son très-humble serviteur.
' Allusion à la maison Palatine, alliée de la maison d'Angleterre et dépouillée par les Impériaux. L'électeur palatin , Frédéric V, avait épousé une fille de Jacques I" et était beau-frère de Charles 1°'. On voit, par les lettres de Grolius, que tes Suédois auraient voulu que la France et l'Angleterre unissent leurs efforts pour assurer le rétablisseinciil de la maison Palatine : rrEgo nihil melius reperio quam quaj residenti Angliœ dixi:
debere regem Angliae régime Galiiae [idem lacère se, nisi in colloquio. quod nun> di pace instituetur, obiineri possil ab hostibus Palalinalus reslilulio, arma juncturum cum Suedia Galliaque,» etc. 1 //. Grotii epislolce ineditœ, p. 62-63.) Voyez encore le passage suivant des lettres inédites de Grolius rc Credo lieri posse ut ad Palalinalus reslitu lionera, si ea per colloquia obtineri non polerit, societas ineatur.* ( Ibid. p. '■■'■
si j'eusse laissé partir le sieur de Gressy sans luy eu renouveler les Septembn asseurances par cette lettre; quoy que neantmoins il luy puisse dire de vive voix, et quoy que j'entreprenne de luy escrire, je supplie trèshumblement Vostre Majesté, Madame, de croire que tout cela est audessous des sentimens que j'ay pour tout ce qui la regarde1. Je n'a\ pas, à la vérité, de grands efforts à faire pour la servir auprès de la Reyne, dont l'esprit embrasse tellement les interests de Vostre Majesté, que, si vous n'en recevez point de si utiles ni de si esclatans effets qu'elle le desireroit, il le faut attribuer à Testât présent des affaires de ce Royaume, qui Fempesche d'agir aussy puissamment en faveur de Vostre Majesté qu'elle fairoit en temps calme. Je la puis asseurer avec vérité que c'est la plus sensible douleur quelle souffre au milieu dos prospérités dont Dieu besnit sa Régence et dans la grâce qu'il luy fait de ranger au debors les ennemis de cet Estât et d'estouffer au dedans les semences de la discorde civile. Aussy, Madame, Vostre Majesté peut connoistre, par le soin qu'elle prend de réduire à leur devoir par l'autorité et par la raison vos sujets soulevés, attendant quelque remède plus fort, s'il en est besoin, que, après les affaires du Roy son fils, elle n'en a point qui luy soient tant à cœur que celles de Vostre Majesté.
Pour moy, elle me faira aussy, s'il luy plaist, l'honneur de croire que celles-cy tairont tousjours ma seconde passion, comme, après ce que je dois au Roy et a In Reyne sa mère, je seray de Vostre Majesté plus ([lie de personne <\\\ monde, etc., après m'estre remis au sieur de GresS} de luy dire de vive voix plusieurs autres choses que j'obmets.
Les assertions <l<' cette correspondance pour lui seul, attestent que In conduite du
officielle ne paraîtront peut-être pas sin- parlement d'Angleterre l'inquiétait. (Voyez
cères aui lecteurs qui Bavent qui' Mazarin, cuire autres, le deuxième carnet, p. i5 :
comme Richelieu, évitai! d'intervenir, nuire- ireonsideri quello che lu il parlamento <l En
meni que par des négociations, dans les af- ghilterra,» etc.)
Paires (I taglelern Mazarin craignait que le parlement de
Toutefois les carnets «lu cardinal, écrits France ne voulut imiter les Anglais.
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Septembre ■ 643.