AU SERENISSIME KOY DE LA GRANDE-BRETAGNE
I l'uris, J 5 septembre 1 <>'i 3
Sire ,
Si j'ay différé jusques icj à tesmoiguer par mes lettres à Vostre Majesté l'inclination que j'ay pour son service, je la supplie très-humblement de croire que j'ay esté retenu par le peu de pouvoir que j'a\ eu de luv en rendre des preuves par des effets qui fussent proportionnés à mon désir. Outre cela j'ay estimé que je me pouvois dispense] avec bienséance d'un devoir que je tenois superflu, sur la confiance que j'ay eue que M. le mylord Montai; 511 ne manquoit pas de 'aire de temps en temps à Vostre Majesté un fidèle rapport de mes bonnes intentions, et sur l'honneur que la Reyne m'a fait de souffrir (pie je lu> en donnasse aussy de temps en temps quelque asseurance. N'ignorant pas, Sire, la très-parfaite union qui est entre Vos Majestés , et ce lieu indissoluble d'amour qui les conjoinct et qui leur rend toutes chose? communes, il m'a esté aysé de me persuader qu'avec une mesme action je m 'acquitterais de deux devoirs, et (pie Vostre Majesté recevroit poui elle les tesmoignages de respect et de zèle que je rendois à la Reyne
Maintenant que le sieur de Gressy la va trouver comme précurseur de M. le comte de Harcourt 2, qui est sur le point de le suivre, je n'aj point voulu perdre celte commodité, sans faire sçavoir à Vostre Ma jesté combien on luv souhaite icj de bonne Fortune, et avec quelle
1 Charles 1". qui régnait en Angleterre sponsalibus comprehensa sunt; ul pax in
depuis 1 635. (Voyez l'introduction.) terna in regnis Britannicis resliluatur. Cui
Grolius (Epiêtolœ inédite, p. 81) parle rei ul via strualur praemissus in tagliain
aussi de cette mission : ir Cornes tlarcnrtius Crassins (il faudrait lire Gressins, Gi
jamjam in IngJiam iturus est; in mandatais dont il est question dans la lettre de Mazarin)
habel baec tria : ul vetera fœdera renoventur; apud Parlamentuni multa declamavil contra
ni reginae IngHfle preestentur quse in pactis Hispanicam factionem - etc.
1 '< mbiH ■ 643.
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Septembre i6'i3.
ardeur on ) désire la voir régner sur le cœur de ses sujets, et de voir revivre entre elle et eux l'obéissance «les enfans avec l'affection (In père. Je la supplie très-humblement, Sire, de me pardonner la liberté que je prens de l'exhorter de vouloir contribuer pour cela tout ce (pu despendra d'elle, et si je luy représente cpie, outre la satisfaction qu'elle aura d'avoir calmé l'agitation de ses peuples et renouvelé la lace de ses Estais, elle se trouvera en posture de pouvoir travailler avec succès au restablissement de ses parens despouillés ' et à l'œuvre de la paix générale, dont la Chrestienté a tant de besoin. Si l'ame de Vostre Majesté, Sire, nesloit pleine de ces sentimens généreux, et si cette matière ne luy estoit exlresmemenl agréable, je n'eusse point entrepris* de lu\ en parler, dans la passion que j'ay de luy plaire et dans le respect avi c lequel je fais profession d'estre, etc.
Yianiisc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, loin. I. f" 1 0/1 recto.