A MONSIEUR DI LIONNE1, ROMA
Di San-Germano, il a k décembre 1 6ia.
Havevo dimenticato di rispondere a Vostra Signoria sopra alcimi punti, e perô aggiungo allô scritto che sarà bene ch' ella conlinui le sue diligenze per acquistare il duca di Modena, massime che si apprende dalla parte del signor prencipe Mauritio di Savoia che il detto signor habbia gran dispositione a prendere il partito di Francia.
Non è praticabile la proposta di far venire in questa Gorte il conte Testi1, poichè per qualunque pretesto non si lassarebbe di dare gelosia agli Spagnuoli, che havrebbero campo di confirmare Sua Altezza nella loro divotione, mentre si tratasse qui con il detto conte, la cui venuta in sostanza non servirebbe ad altro che à migliorare le conditioni del suddetto duca con la corona di Spagna.
A M. DE LYONNE, A ROME
De Saint-Germain, le 2/1 décembre 1662.
J'avais oublié de vous répondre sur quelques points; j'ajoute à ce que j'ai écrit qu'il sera bon que vous continuiez vos efforts pour gagner le duc de Modène, surtout maintenant qu'on sait par M. le prince Maurice de Savoie que ce seigneur est tout disposé à prendre le parti de la France.
Le projet de faire venir à notre Cour le comte Testi n'est pas praticable, parce que, sous un prétexte quelconque, on ne manquerait pas d'inspirer de la jalousie aux Espagnols, qui auraient une belle occasion de s'attacher davantage Son Altesse pendant qu'on traiterait ici avec le comte, dont la venue, en réalité, ne servirait qu'à améliorer les conditions de l'alliance de ce duc avec la couronne d'Espagne.
1 Hugues de Lyonne était alors chargé 2 Le poëte Testi , de Modène , n'est mort
d'une mission en Italie, dont le principal qu'en 1666. Il serait donc possible qu'il s'a Lut était d'y rétablir la paix. gît de lui dans la lettre de Mazarin.
Décembre Mentre Sua Altezza habbia intentionc di dire daddovero, invitata dagli avvantaggi clie infallibilissimamente havra nello stato di Milano unendosi alla Francia, la vera strada sarebbe di concludere costi cori Vostra Signoria, che traitera con Sua Altezza a dirittura desiderandolo eosi, e poi il conte Testi potrebbe venire per la ratificatione del trattato e per quel che più paresse a Sua Altezza d' inrporli; ed in tal caso rispondo che 1' Altezza Sua ed il conte rimarrebbero intieramente sodisfatli, e Vostra Signoria ne puô assicurare il detto conte da mia parte, pcrsuadendomi che farà capitale délie mie parole, e che havendo io sempre fatta professione particolare di stimarlo, vedrà che con molto mio gusto m' impiegherô in quelle cose che possono essere in avvantaggio délia sua persona e del prencipe che serve, del quale per altro ambisco essere conosciuto per particolare servitore.
Le congiunture possono dare commodità al Re di favorire il fratello del duca di Modena1, in modo che habbia occasione di rimancre sodisfatto.
Si tant est que Son Altesse veuille bien dire qu'elle serait tout à fait déterminée par les avantages qu'elle trouverait très-infailliblement dans l'état de Milan en s'unissant à la France , la vraie marche à suivre serait qu'elle conclût sur les lieux avec vous; vous traiteriez avec Son Altesse, en la priant de le faire sans intermédiaire. Ensuite, le comte Testi pourrait venir pour la ratification du traité et pour ce qu'il paraîtrait bon à Son Altesse de lui enjoindre de plus. Dans un tel cas, je réponds que Son Altesse et le comte seront complètement satisfaits, et vous pouvez de ma part en assurer le comte; je suis persuadé qu'il fera fond sur ma parole, et, comme j'ai toujours fait profession d'une estime particulière pour lui, qu'il verra que j'aurai toujours le plus grand plaisir à m'occuper de tout ce qui peut être avantageux pour lui et pour le prince son maître, duquel, d'ailleurs, j'ai l'ambition d'être connu pour le dévoué serviteur.
Les circonstances peuvent donner au Roi la facilité d'être utile au frère du duc de Modène de manière qu'il ait sujet d'être satisfait.
1 II s'agit probablement ici de Renaud, de Modène en 1 65 1 , et fut nommé proteccardinal d'Esté ; né en 1 6 1 6 , il devint évêque teur des affaires de France à Rome.
11 prencipe Mattia è mal avvisato ne! particolare del prencipe Tom- Décembre maso, il quale sapendo che il Re voleva donarli la città e casteilo di Tortona, come efïettivamente ha fatto, non vi è apparenza che tenesse mano a far soccorrere la piazza dagli Spagnuoli.
Mi assicuro che Vostra Signoria saprà far valere da per tutto la generosità del Re nella remissione di un posto tanto importante, e che è tanto costato ai Francesi, con che ognuno dovrà rimanere persuaso che quando Sua Maestà dichiara di non volere un minimo profitto negli acquisti che le sue armi potranno fare nello stato di Milano, dice sinceramente la sua uitentione per effettuarla religiosamente.
Fece ancora rimettere Verua alla duchessa di Savoia, come haveva prima fatto di Coni e Grescentino, onde questo procedere di Sua Maestà congiunto aile prosperità délie sue armi e de' suoi collegati da per tutto, venendosi di ricevere adesso l'avviso délia presa di Leipzic e dell' incaminamento a maggiori progressi, darà forsi campo a Vostra Signoria di negotiare felicemente.
Le prince Mathias est mal informé sur ce qui concerne le prince Thomas. Celui-ci, voyant que le Roi voulait lui donner la ville et le château de Tortone, 'comme il l'a fait effectivement, il n'y a pas d'apparence qu'il tienne la main à faire secourir la place par les Espagnols.
Je suis certain que vous ferez valoir partout la générosité du Roi dans la concession d'une place si importante, qui a coûté si cher aux Français. Aussi, chacun devra être bien persuadé (pie, quand Sa Majesté déclare ne pas vouloir le moins du monde profiter des acquisitions que ses années pourront faire dans l'état de Milan, elle dit franchement ce qu'elle a l'intention de faire et qu'elle tiendra religieusement sa parole.
Elle a encore fait remettre Verrue à la duchesse de Savoie, comme elle avait fait de Coni et de Grescentino; un tel procédé de Sa Majesté, joint à la prospérité de ses armes et de celles de ses alliés partout victorieuses (elle vient de recevoir avis de la prise de Leipzig et de l'acheminement à de plus grands succès), vous donnera peut-être la faculté de négocier heureusement.
Décembre lntendo che il Malvasia ' non riuscirebbe in quesli paesi; il che servira a Vostra Signoria d'avviso; ma di gratia si contenti di appiicare seriamente perché da coteste parti io possi ricevere qualche numéro considerabile di soldatesca italiana.
Già era avvisato che Gesare degli Oddi era un capo esperimentato e proprio a sostenere ogni carica; ma l' avviso m'è giunto quando Sua Maestà haveva disposto délia luogotenenza colonella del mio regimento a favore d'un bravo soldato italiano, che doppo vinti anni serve la Maestà Sua, ed ultimamente haveva l' istesso posto nel regimento di Monsieur le Grande2. Ho perô scritto al Benedetti che, se il detto signor Cesare vorrà venire, non mi mancheranno modi d' impiegarlo.
On me dil que le Malvoisie ne ferait pas bien en France, ce qui vous servira d'avis. Mais, de grâce, contentez-vous de vous occuper sérieusement à m'envoyer de vos contrées un nombre considérable de soldats italiens.
On m'avait déjà informé que César des Oddi était un chef expérimenté et capable de bien servir; mais l'avis m'en est arrivé lorsque Sa Majesté avait déjà disposé de la lieutenance-colonelle de mon régiment en faveur d'un brave soldat italien qui depuis vingt ans sert Sa Majesté, et qui dernièrement avait le même grade dans le régiment de M. le Grand. Toutefois, j'ai écrit à Benedetti que, si ledit sieur César voulait venir, je ne manquerais pas de moyens de l'employer.
1 S'agit-il dans ce passage de vin de Mal- Cinq-Mars, avait conservé cette dignité jusvoisie que de Lyonne voulait envoyer à qu'à sa mort (i3 septembre i64-2). U n'a- Mazarin? C'est le seul sens que présente le vait pas encore été remplacé à l'époque où texte. cette lettre est écrite. Il s'agit donc proba-
2 Ces mots désignent ordinairement le blement ici du régiment de Cinq-Mars. grand écuyer. Henri rl'Effiat. marquis de
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n" 1719, tom. IV, f° 167 recto.