DU SAINT-EMPIRE DE LA BASSE ALSACE
[Paris,] 2 3 septembre i6&3.
Messieurs,
Vous pouvez croire que c'est avec un grand desplaisir de Sa Majesté que l'armée de M. le mareschal de Guebriant a esté contrainte de relascher dans l'Alsace l ; mais comme c'a esté une nécessité inesvitable , vous devez vous asseurer qu'on n'espargnera rien de deçà affin qu'elle soit promptement en estât de changer de postes et de vous descharger des incommodités que vous en recevez, qui ne nous pèsent pas moins qu'à vous-mesmes. Vous sçavez qu'il arrive quantité de choses, à la guerre, qui sont au-dessus du dessein des hommes, et auxquelles la prudence veut qu'on acquiesce, quand il n'y a point moyen de s'en garantir. Je vous dis derechef que vous verrez bientost des effets du soin qu'on a icy de vostre soulagement, et j'espère que nos affaires prendront une telle face que, à l'avenir, vous ne serez plus exposés à de semblables
Septembre i663.
1 Le maréchal de Guebriant avait repassé le Rhin sur un pont jeté à Rhinau , non loin de Schlestadt. Son armée, réduite à environ (j.000 hommes, fut établie dans un camp, à Erstein, entre Strasbourg et Benfeld. Cette dernière ville avait alors un gouverneur suédois, nommé Mochel, qui adressa à Grotius des plaintes sur la conduite de l'armée de Guebriant, Grotius en parle dans plusieurs lettres : rr Ingénies accepi a Benfeldio querelas; mareschalli Guehriani exercitum (quod pridem praevùtuB fuit, tamdiu cessanlibus supplcmcntis ) coartum cis Rhenum secedere, el quidem in cas terras quœ de mullis
solœ Suedis restant in illis regionibus. Est aulem omnis licentiae (probablement pour omni licentiœ) suetus ille exercitus, ita ut mirum non sit magna senliri damna a Benieldensibus , ab Argenlorato et ab omni Alsatia. Hac de causa, lectis 1). Mochelii litteris, aditum ad Reginam petit. . .« (Epist. ined. p. 71-72.) — rrOmnia dicta et facta lum 1). Mochelii . lu m pra-fecti Benfeldiani, sinistrorsum rapit [ Tracyusj. Mos est Gallis ultroqueri, obi injuriais minière. . . » (Ilnd. p. 7.1).) — rrMaivsrliallusGuehrianusscripsit ;nl ne ;ii tiens defendil a militia more qua? cii'ca Benfeldium acta sunt.n \lbid. p. 81.)
Septembre inconveniens. Je vous supplie de croire que j'y apporteray tousjours tout ce qui despendra de moy, ayant une affection particulière de vous servir, sçachant l'inclination que vous avez tousjours eue pour cette Couronne. Prenez, s'il vous plaist, cette asseurance d'une personne qui est véritablement, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 116 recto.