A M. LE DUC D'ANGOULESME
[Paris,] 27 septembre 1 6 i M .
Monsieur,
L'importance du service que vous allez rendre à l'Estat vous est trop connue pour n'en embrasser pas l'occasion avec joye, et Sa Majesté est trop juste pour n'avoir pas le ressentiment que mérite l'effort que vous allez faire1. Je l'appelle tel pour la condition de la saison et pour celle de vostre âge 2; car, au demeurant, je sçay que vous avez du courage et de la capacité de reste pour surmonter les difficultés qui se rencontreront dans 1 exécution de cette campagne, où vous devez agir pour empescher que la fin ne responde [pas] au bonheur de son commencement et de sa suite. Je ne vous exhorte donc point à un dessein qui est si digne de vostre vertu et de vostre ambition; je vousdirav seulement que, dans la despense que vous estiez nécessairement obligé de faire, la Reyne, présumant que vous pourriez n'estre point dans l'abondance d'argent, vous a ordonné dix mille livres de subvention. Ce n'est pas, à la vérité, que ce ne soit peu de chose, mais la bonne grâce et le sentiment d'estime et d'affection avec lesquels Sa Majesté l'a fait vous doivent estre fort considérables et vous servir de préjugé de quelque plus juste reconnoissance. J'y contribuera)' tousjours ce qui despendra de moy, puisque je suis avec une parfaite passion, etc.
' Le duc d'Angoulème lut chargé de à porter en Allemagne (mil l'effort <le la
couvrir la frontière de la France entre la guerre.
Meuse et la Moselle, [tendant que le duc ' Charles de Valois, duc d Angoiilèiiu
d'Enghien opérai! sa jonction avec le mare- était fils naturel de Charles I \ . »l avait alors
chai de Guébriant el que l'on se préparait soixante et dix ans
Seplembr* i6G3.
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Sepli ;
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. lom. I, f° 118 reclo.