AU SERENISSIME ROY DE LA GRANDE-BRETAGNE
[Paris,] a7 septembre i(i63.
Sire,
La Reyne envoyant M. le comte de Harcourt en Angleterre, conformément au désir qu'en a eu Vostre Majesté, elle pourra juger par là combien ses interests sont chers à cette Princesse, puisqu'elle n'a point fait difficulté de priver cet Estât, pour l'amour d'elle, de la présence d'un prince1 qui luy peul estre si utile, et qui en a mérité l'amour par des plus signalés services qui luy ayent esté rendus de ce siècle.
ne cam cœteris administris ' in proiima oum qui horum oculis obversantur copia. «
principatus mulatione offeoderet, sed huic — Ce retour de De Noyers à la Courparul
consiliam fuisse inox intégra sua apud assez important pour que Grotius, occupé
Keginam gratia, quam proinereri mature surtout de nouvelles politiques, consignai
studueral . in aulam redire . ubi liegni le fait dans ses lettres. On trouvera ci-après
procurationeni essel adepta. in qua ;;r les passages des lettres de Grotius , à la suite
renda sua opéra opus habituram crede- dune lettre de Mazarin au maréchal d< La
bat. M eo sibi persuadebat facilius. quod Molbe. en date du 1 ■>. novembre i643.
non abdicaveral quatuorviratum b, igna- ' Le comte d'Harcourt était prince de
rus quam subito absentium memoria ex la maison de Lorraine, comme le duc de
principum animis effluat, in tanta homi- Guise.
■ Mazarin, Chavigny, le surintendant Bonthillier et Pierre Séguier. ii 11 ge de secrétaire d'Etat.
abn J'espère, Sire que Vostre Majesté en recevra toute la satisfaction quelle s cm esl promise, el qui se peut attendre dune personne de si grand nom et d'une vertu si illustre. Quanl à moy, je diiay à Vostre Majesté que je m' fais pas peu de gloire d'avoir contribué quelque chose à faire prendre une resolution agréable à Vostre Majesté, mais que ma joye sera parfaite, si elle a le succès que Vostre Majesté désire el que lu\ souhaite eeluy qui est avec toute sorte de respect et de vérité, etc.
GGLXX1V.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, nQ 1719. tom. I . f ° 119 recto. Imprimé dans Y Histoire du mareschal de Guébriant par le Laboureur, p. 602-693.
A M. LE MARESCHAL DE GUEBRIANT
[Paris,] 27 septembre i(i&3.
Monsieur,
Je serois insensible si je nestois touché des tesmoignages d'affection (jue vous me rendez par vostre dernière lettre; aussy vous suppliay-je de croire que je rechercheray tousjours avec soin les occasions de m'en 1 evancher, et de vous taire paroistre que ceux qui ont la bonté de m' obliger ne manqueront pas de trouver en moy une très-parfaite reconnoissance.
Le sieur de Tracy vous devant exactement informer de toutes les choses qui concernent l'armée et de l'effort extraordinaire que nous faisons pour vous donner moyen d'agir plus puissamment que jamais en Allemagne, je ne vous en escriray point particulièrement. Je vous dirav seulement, sur le sujet du choix que la Reyne a fait de M. de Rantzau pour commander le secours1 qui vous doit joindre, que, connue il marche avec dessein de vous rendre toute la différence qui vous est dene. je ne doute point aussy que vous ne le considériez comme une
Il s'agit du corps de troupes détaché de l'armée du duc d'Engliien pour renforcer celle du maréchal de Guébriant.
DU CARDINAL MAZARIN. :v.)i>
personne que Sa Majesté estime beaucoup, qui a rendu de grands ser- Septembre vices à l'Estat et qui s'est acquis grande réputation dedans et dehors le Royaume. Mais, outre cela, je me flatte de cette pensée, que, sçachanl que c'est un de mes meilleurs amis et dont tous les interests me sont chers, vous ajousterez quelque chose, pour l'amour de moy, à la civilité et à la bonne intelligence avec laquelle le bien des affaires et son mérite vous obligent de vivre avec luy, vous asseurant que j'y prendray la mesme part et en auray le mesme ressentiment que si cela estoit fait à ma personne.
Au reste je ne sçaurois m'empescher de vous dire encore que, tanl s'en faut que vostre marche vers le Rhin ayt rien osté de la réputation de l'armée, qu'au contraire on en a pris une telle terreur pour la ville de Tresves, qu'on presumoit devoir estre assiégée, que nous avons appris certainement que Hazfeld et Bec avoient reffusé de se jeter dedans. pour ne perdre pas, dans cette place, l'honneur qu'ils auront gagné en plusieurs autres occasions. Je finis avec mes protestations ordinaires et véritables que je seray tousjours plus que personne du monde, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. 1.1° 1 1 <i verso
A M. D'AUMONT
l'ai is. I a8 septembre 1 643.
Monsieur,
J'eusse désiré de tout mon cœur que la conjoncture présente eusl souffert que la Reyne vous eust accordé le congé que M. le duc d'Anguien a demandé pour vous. Mais Sa Majesté ayant jugé qu'il estoil absolument nécessaire que vous servissiez le reste de celle campagne sous M. (I \ii;;oii!<'sme, je ne doute point <|tie voua ne luy donniez relie satisfaction avec jo\c el que vous ne veuilliez prendre pari à un des plus imporlans services <|m puissent estre rendus à cette Couronne.
Octobre \sseurez-vous que vous trouverez auprès de Sadite Majesté toute la
• 643. . 'Il I 1 ^ %
reconnoissaiice que vous pouvez raisonnablement prétendre, et des à présent je m'oblige <l<' vous procurer, à vostre retour, un»' subvention raisonnable pour vous reparer de la despense extraordinaire que vous aurez est écontraint de faire. Ce pendant croyez que je ne perdra y point d'occasion de vous faire paroistre que vos interests me sont fort chers, et que je suis plus que personne du monde, etc.
P. S. Je ne doute point que vous n'appreniez avec joye la résolution de M. le duc d'Anguien touchant le voyage d'Allemagne. Bien qu'il ne se puisse rien ajouster aux termes d'estime dont il m'a parlé de vous, je vous supplie de croire qu'il ne m'a rien dit dont je ne fusse très-persuadé , et que, lorsqu'il s'agira de vos interests, vous n'aurez besoin auprès de moy d'aucune recommandation estrangère.
Ne doutez point que vous ne trouviez auprès de Sa Majesté toute la reconnoissance que vous pouvez prétendre, et qu'elle ne fasse considération sur la despense que vous estes obligé de soustenir.
GCLXXVI.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n" 1719, tom. I, f° îao recto.