‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 140 sur 335 · A M. LE BARON SIROT · texte numérisé non relu

A M. LE BARON SIROT

WARESIHAl DE CAMP DES ARMÉES DU ROY.

[Paris,] 1" octobre i6Zi3.

Monsieur,

J'ay veu, par le mémoire que vous m'avez envoyé, le soin que vous prenez de la subsistance de l'armée, et l'ordre que vous avez mis pour la faire vivre avec le moins de charge qu'il est possible pour le peuple.

' Claude de Letouf, baron de Sirot, était dans ses Mémoires, à l'occasion du combal un des capitaines formés pendant la guerre de Jargeau, où Sirot fut tué. <■<• H avoit reçu , de Trente ans. M"" de Montpensier en parle , dit-elle, un honneur assez extraordinaire

Je vous puis asseurer qu'en cela vous ne sçauriez faire chose qui fust Octobre plus agréable à Sa Majesté, ni qu'elle désire avec plus de passion. Vous aurez appris, par M. de Rantzau, le retour de M. le duc d'Anguien et les résolutions qu'on a prises icy pour le reste de cette campagne. Quelque employ que vous y ayez, je suis certain que vous vous en acquitterez tousjours à vostre accoustumce, c'est-à-dire très-dignement, et que vous continuerez à me donner moyen de vous rendre auprès de la Reyne les tesmoignages que vous méritez, et que je désire, parce que je suis plus que personne du monde, etc.

CCLXXVII. Manusc. de la Hiblioth. Mazarine, n° 1719, loin. I . f ■ 120 recto.

V M. D'AMONTOT.

| Paris, ] a octobre 1 6ù3.

Monsieur,

Je n'ay rien à adjouster, par celle-cy, à ce que je vous a y escrit palmes précédentes touchant la rançon de Janetin Doria, et comme elle avoit esté adjustée icy. Je vous rends grâces du soin que vous avez pris de m'envoyer la liste des prisonniers faits sur l'armée du Pape. S'il y avoit de ce costé-là quelque pensée cachée de continuer la guerre, cet eschec la pourra dissiper et y apporter la disposition pour entendre à la paix que Sa Majesté désire passionnément. J'espère neantmoins qu'on concourra sincèrement de tous costés pour donner l'entière perfection à une si bonne œuvre.

d'avoir, dans des batailles, l'ait le coup de été altéré dans les antres éditions des Mé

pistolet contre trois rois, savoir : ceux de moires de Mademoiselle, et le nom de Sirot

Bohême (Frédéric \ ! de Pologne (Wla- changé, on ne saii comment, en celui de

dislas \ II) et île Suède < Gustave- Adolphe I, Vitaux.

et même perça le chapeau de ce dernier.» Les Mémoires du limon de Suai uni été

[Mém. de mademoiselle de Vontpensier, édit. publiés ;i Paris (i683. 9 vol, in-ia). Charpentier, 1. II. p. 7-8.) — Ce passage a

Octobre Pour la quantité de l'estoffe dont \ous m'escrivez l, ie crov que ce

que \<ms mande/ suffira.

Nous avons do bonnes nouvelles de tous costés : les Portugais sonf

entrés avec une puissante armée dans l'Estramadure ; VI. le duc de

Brezé a fait un combat, fort heureux, avec perte de six grands vaisseaux

du costé des ennemis-, et la prise de quantité de prisonniers; M. le

maresclial de La Mothe a secouru Flix3, que les Espagnols avoient as-

siegé, et j'espère qu'on apprendra quelque chose de plus mémorable

avant la lin de la campagne.

CCLXXVI1I.

Vtanusc. de la Biblioth. Mazanne, n° 1719. tom. I. t° isi recto.

A M. D'AIGUEBONNE

[Paris,] s octobre i663.

Monsi

leur.

Je ne vous donneray point de nouvelles asseurances de l'estime que je fais de vostre personne et de la passion que j'ay pour ce qui vous touche, puisque vous en devez demeurer persuadé, et que je prétends que, dans les occasions, les effets vous confirment cette créance. Jp respondray seulement aux principaux points de la vostre du cinquième de septembre, et vous diray que, encore qu'il ne t'aille point se lasser de travailler à entretenir, autant qu'il se pourra, la bonne intelligence entre Madame [Royale] et MM. ses beaux-frères, et qu'on ne doive jamais manquer de luy rendre les respects et la complaisance

1 Dans une lettre précédente, Mazarin de Brézé. dans les premiers jours de sep-

avait demandé à M. d'Amontot de lui en- tembre.

voyer diverses étoffes et particulièrement 3 Fleix. ville de Catalogne, sur l'Ebre.

du velours. Roquelaure, secondé par le Catalan Erillo.

! \llusion à la victoire navale de Car- y tailla en pièces un corps de quatre cents

thagène . qui avait été remportée par l'amiral Espagnols.

qui est deue à sa qualité et à son sexe, que neantmoins Sa Majesté Octobre estant fort satisfaite de la conduite de MM. les Princes, il est important pour son service que ses ministres soustiennent leurs interests dans la justice et qu'ils luy conservent leur bonne volonté, qui est utile au bien de ses affaires, pourveu toutesfois que cène soit pas au préjudice de celles de Madame, qui seront tousjours très-chères et très-consid érables à Sadite Majesté. Dieu ayant mis entre les mains de la Reyne la conduite d'un si puissant Estât et besny jusques icy sa régence par de si grandes prospérités, qu'elles ne sont point inférieures à celles du règne passé, la raison veut que ses vrays serviteurs doivent faire en sorte que son autorité ne soit pas moins respectée, et qu'aux protections que cette Couronne donne, tout se règle par la justice et par l'équité, sans qu'ii y ayt rien qui sente la mollesse et la crainte.

Je suis bien de vostre sentiment qu'il faut purger Tannée de la licence qui s'y est introduite, et faire rendre au gênerai le respect qui I u \ est deu, sans qnoy il est impossible que le service se maintienne à la longue. Je contribueray, pour cet effet, tout ce qui despendra de ni<»\. ei fortiffieray tousjours de mon crédit les moyens qu'on prendra pour ce dessein; sur quoy je ne mestendray point, m'en remettant aux despesrhes de M. Le Tellier et aux ordres que le sieur de La Noue portera à l'armée.

Si M. le prince Thomas vient cet hiver à la Cour, il \ recevra tout l'honneur et bon traitement que sa naissance, sa vertu et ses services méritent; et je m'asseure que la satisfaction qu'il rapportera de la part de Leurs Majestés surpassera mesme ce qu'il s'en promet. \<>us devez favoriser, en tout ce qui despendra de vous.lYL le comte Philippe1 comme une personne que la Reyne estime et qui se montre bien intentionné» pour la France. Vous apprendrez des despesches de M. de Brienne plusieurs autres choses que j obmels ic\ , pour finir et pour vous asseurer que je seray tousjours plus que personne du monde, etc.

.le VOUS exhorte sur toutes choses (le bien tenir VOStre régiment ' \ oyez plus haut . p. /|K , note.

'iOO LETTRES

Octobre fort, cl d'avoir soigneusement l'œil à la seureté de la ville et citadelle de Turin comme à la plus importante pièce de ce pas s-là.

Maimsc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. loin. [,f* 121 verso.

Page 1